Le rôle attribué à l’Opus Dei dans le roman

L’Opus Dei, malgré ce que pense le lecteur au début, n’est pas le véritable « méchant » du livre. Le vrai méchant, Leigh Teabing, est hostile à l’Église, et ne se sert de l’Opus Dei que comme couverture. Néanmoins, le Da Vinci Code donne une image très négative de l’Opus Dei, et n’hésite pas à répandre des allégations calomnieuses à son égard.

Le président général de l’Opus Dei est un évêque espagnol, Mgr Aringarosa, qui vit à Murray Hill Place, un vaste bâtiment new-yorkais, présenté comme le siège mondial de l’Opus Dei.

Quelques mois avant l’action, le nouveau pape a fait savoir à ce prélat que l’Opus Dei devait quitter l’Église. C’est alors qu’un mystérieux « Maître » prend contact avec lui, et lui promet des documents secrets contre 20 millions d’euros. Pour le prélat, cette offre est la dernière chance de sauver l’Opus Dei : s’il entre en possession des documents, l’Église ne pourra rien contre lui. Aringarosa accepte le marché, sans savoir à qui il a affaire. Il ignore que des meurtres vont être commis à son insu. Lorsqu’il l’apprendra, il collaborera avec la police, et donnera les 20 millions aux familles des victimes.

Il est en quelque sorte la victime du « Maître » et de son désir, mi-pieux, mi-machiavélique, de maintenir le pouvoir de l’Opus Dei au sein de l’Église.

Le seul autre membre de l’Opus Dei qui apparaît dans l’histoire est Silas, un membre numéraire, dont le portrait est très éloigné de ce que sont en réalité les membres de l’Opus Dei. Alors que ceux-ci sont des laïcs, vivant dans le monde et ayant une activité professionnelle, Silas est présenté comme un moine fanatique, vêtu d’une robe de bure. Il a fait vœu de célibat, et pratique des mortifications sanglantes. Il est dévoué corps et âme à Mgr Aringarosa, qui lui a sauvé la vie. Son obéissance aveugle l’amèneront à perpétrer plusieurs assassinats, en étant convaincu d’agir ainsi pour la gloire de Dieu.

À divers endroits du roman, l'Opus Dei est présenté comme une institution manipulatrice et sectaire, pratiquant le lavage de cerveau, la coercition, et prônant des mortifications corporelles exagérées. L’auteur associe l’Opus Dei à diverses affaires criminelles : des membres de l’Opus Dei auraient drogué des étudiants ; un autre aurait failli mourir des suites d’une infection due au port d’un cilice ; un riche banquier s’est suicidé après avoir légué sa fortune à l’Opus Dei… L’espion américain Robert Hanssen est mentionné, ainsi que l’ODAN, organisme de lutte contre les sectes spécialisé dans l’Opus Dei.

On affirme que l’Opus Dei aurait renfloué la banque du Vatican, et que c’est en échange de ce service qu’il aurait reçu le statut de prélature personnelle (appelé dans le roman « prélature pontificale »).

L’Opus Dei est présenté comme profondément traditionnel, voire réactionnaire : hostile au concile Vatican II, à la science, au progrès, n’hésitant pas à s’opposer au pape jugé trop « libéral ». L’Opus Dei aurait en outre une vision très négative de la femme, et obligerait les femmes de l’Opus Dei à se livrer à des travaux avilissants dans les centres de l’Opus Dei.

Il est concédé que l’Opus Dei a pu aider certaines personnes – plutôt faibles et malléables – à mener une vie droite, mais son existence est présentée comme une sorte d’aberration d’un autre âge.

Alors que ce que dit le roman est constitué principalement d’inventions plus ou moins fantastiques, tout est fait pour donner une impression de véracité, qui peut induire en erreur de nombreux lecteurs.

Pour en savoir plus, voir l’Opus Dei et le Da Vinci Code