« Il faut trouver de nouveaux moyens pour communiquer l’Évangile »

Mgr Anthony Muheria, évêque du diocèse de Kitui (Kenya) rentre chez lui après avoir participé au Synode romain consacré à la parole de Dieu.

Anthony Muheria, administrateur apostolique d’Embu, fut consacré évêque en janvier 2004. Il fait partie de l’Opus Dei.

Le diocèse de Kitui a un million d’habitants dont 22% sont catholiques. Le 30 octobre dernier, il s’est entretenu avec des journalistes au Bureau d’information de l’Opus Dei à Madrid. Voici une partie de ses déclarations.

Synode : «Les échanges ont été enrichissants, j’ai rencontré des pasteurs du monde entier, ce fut une excellente occasion de confronter nos objectifs, de constater les réussites et de voir quels sont les défis de l’Église. Tout cela m’a aidé à relativiser mes problèmes. Je pense qu’il faut toucher plus de gens avec la Parole de Dieu. Nous sommes des amplificateurs de la Parole, des câbles transmetteurs qui passent inaperçus. On ne remarque les câbles que lorsqu’il y a des problèmes de transmission. Il faut trouver de nouveaux moyens de communiquer, comme les bandes dessinées, les dessins animés, les histoires pour enfants. L’art est aussi un vecteur d’évangélisation».

Clergé : «J’ai 60 prêtres qui font tout pour s’occuper des gens, dispersés dans le milieu rural. Nous organisons des activités pour nos jeunes servants de messe, pour les jeunes garçons pouvant devenir des séminaristes par la suite. Ces activités sont axées sur le travail, l’étude, le sport, les jeux. En 2007 nous avons rassemblé 400 enfants de chœur et je garde un bon souvenir de cette fête où quatre chèvres ont été rongées jusqu’à la mœlle. Nous nous sommes bien amusés».

Les jeunes et la violence : «L’Église cherche la réconciliation et le pardon, elle veut que la foi soit du vécu. Je crains que la manipulation dont les jeunes sont l’objet ne les entraîne  à la violence. Nous avons organisé des fêtes pour la réconciliation et la paix, avec la possibilité de s’approcher du sacrement de la confession si l’on s’est d’abord réconcilié avec Dieu et avec les autres».

Opus Dei : «Cela fait 50 ans que l’Œuvre travaille au Kenya. J’ai connu l’Opus Dei grâce à l’un de ses projets d’éducation. L’Œuvre comble les Kenyans, spirituels et ouverts, ils sont très accueillants et apprécient la bonté et l’honnêteté. C’est ce que j’ai toujours constaté, en tant qu’ingénieur consultant tout d’abord et comme prêtre par la suite, lorsque je me suis investi, entre autres, dans une pastorale concernant les femmes sans ressources».

Évangélisation : «J’admire et j’apprécie beaucoup le travail des missionnaires. J’ai été baptisé par un missionnaire de la Consolation. Je pense aussi qu’il faut beaucoup entourer les familles. Elles doivent être le foyer de bons citoyens et aussi de bons prêtres. La formation des laïcs est essentielle. C’est ce qui peut changer l’Afrique. Des Africains vont aller évangéliser l’Europe et c’est entre tous que nous ferons le nouveau printemps de l’Église».

L’Europe : «Elle nous a donné la foi et je lui demande maintenant de prier pour nous et de nous donner le bon exemple des frères aînés. Avec cela, je me tourne vers elle pour lui demander de l’aide matérielle pleine de charité, comme du bon pain sorti du four, pétri de la charité du Christ».

Benoît XVI : «Je l’ai trouvé en pleine forme, très attentif aux séances du Synode. Le pape, quel qu’il soit, est toujours le vicaire du Christ. Il n’y a pas longtemps, dans un hameau, une petite vieille s’est réjouie de ma visite : c’était la première fois et sans doute la dernière, qu’elle voyait un évêque, le représentant du Seigneur. Il m’a fallu accepter le cadeau de l’une des quatre chèvres qu’elle possédait. S’ils sont en mesure de vénérer ainsi un évêque, que ne feraient-ils pas pour le Pape !»

Voyage pastoral en Afrique et Synode : «Nous en sommes ravis : en mars prochain, Benoît XVI prévoit de visiter le Cameroun et l’Angola et de remettre le document préparatoire du Synode pour notre continent qui traitera du rôle de l’Église dans le processus de réconciliation et de paix».