Fioretti juin 2021

Les fêtes du mois de juin donnent l'occasion au Pape de nous faire apprécier l'Eucharistie et le sacerdoce.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti juin 2021

Immunisez-vous contre le virus du pessimisme

Aux membres de la Caritas italienne, le 26 juin 2021 :

« La riche expérience de ces cinquante années n’est pas un bagage de choses à refaire ; c’est la base sur laquelle construire pour décliner de façon constante ce que saint Jean-Paul II appelait l’imagination de la charité (cf. Lett. ap. Novo millennio ineunte, 50). Ne vous laissez pas décourager par le nombre croissant de nouveaux pauvres et de nouvelles pauvretés. Il y en a tant et ils augmentent ! Continuez à cultiver des rêves de fraternité et à être des signes d’espérance. Contre le virus du pessimisme, immunisez-vous en partageant la joie d’être une grande famille. Dans cette atmosphère fraternelle, l’Esprit Saint, qui est créateur et créatif, mais aussi poète, suggèrera des idées nouvelles, adaptées à l’époque où nous vivons. »

Jésus n’a pas été un philanthrope

Audience générale du 16 juin 2021 :

« Les Évangiles témoignent que la prière de Jésus est devenue encore plus intense et dense à l’heure de sa passion et de sa mort. Ces événements culminants de sa vie constituent le noyau central de la prédication chrétienne: ces dernières heures vécues par Jésus à Jérusalem sont le cœur de l’Évangile non seulement parce que les évangélistes réservent à cette narration, en proportion, une plus grande place, mais également parce que l’événement de la mort et de la résurrection – tel un éclair – jette de la lumière sur tout le reste de l’histoire de Jésus. Il n’a pas été un philanthrope qui a pris soin des souffrances et des maladies humaines: il a été et il est beaucoup plus. En Lui il n’y a pas seulement la bonté: il y a quelque chose de plus, il y a le salut, et pas un salut épisodique – celui qui me sauve de la maladie ou d’un moment de découragement – mais le salut total, celui messianique, celui qui fait espérer dans la victoire définitive de la vie sur la mort. »

C’est l’homme à la cruche d’eau qui conduit les disciples dans la salle où Jésus instituera l’Eucharistie

Homélie de la messe du Corps et du Sang du Christ, le 6 juin 2021 :

« Jésus envoie ses disciples pour qu’ils aillent préparer le lieu où célébrer le repas pascal. C’étaient eux qui lui avaient demandé : “Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? ” (Mc 14, 12). […] Jésus dit aux siens que là où un homme les conduira avec la cruche d’eau, là on pourra célébrer le Repas de la Pâque. Pour célébrer l’Eucharistie il faut donc reconnaître avant tout notre propre soif de Dieu: sentir que nous avons besoin de lui, désirer sa présence et son amour, être conscients que nous ne pouvons pas y arriver tout seuls mais que nous avons besoin d’une Nourriture et d’une Boisson de vie éternelle qui nous soutiennent sur le chemin. Le drame d’aujourd’hui est que souvent la soif a disparu. Les questions sur Dieu se sont éteintes, le désir de lui s’est affaibli, les chercheurs de Dieu se font de plus en plus rares. Dieu n’attire plus parce que nous ne ressentons plus notre soif profonde. Mais seulement là où il y a un homme ou une femme avec la cruche pour l’eau – pensons à la Samaritaine (Jn 4, 5-30) – le Seigneur peut se révéler comme Celui qui donne la vie nouvelle, qui nourrit d’une espérance fiable nos rêves et nos aspirations, présence d’amour qui donne sens et direction à notre pèlerinage terrestre. […] C’est cet homme à la cruche qui conduit les disciples dans la salle où Jésus instituera l’Eucharistie. C’est la soif de Dieu qui nous porte à l’autel. S’il manque la soif, nos célébrations deviennent arides. Aussi en tant qu’Église, alors, le petit groupe des habitués qui se réunissent pour célébrer l’Eucharistie ne peut pas suffire ; nous devons aller en ville, rencontrer les gens, apprendre à reconnaître et à réveiller la soif de Dieu et le désir de l’Évangile. […] La procession avec le Saint Sacrement […] nous rappelle que nous sommes appelés à sortir en portant Jésus. Sortir avec enthousiasme en portant le Christ à ceux que nous rencontrons dans la vie de chaque jour. Devenons une Église avec la cruche en main, qui réveille la soif et apporte de l’eau »

Les vautours viennent faire un massacre dans la communauté

Audience générale du 23 juin 2021 :

« Après avoir fondé des Églises, Paul s’aperçoit d’un grand danger qu’elles courent pour leur croissance dans la foi. […] Elles grandissent et les dangers arrivent. Comme disait quelqu’un: “Les vautours viennent faire un massacre dans la communauté”. Certains chrétiens venus du judaïsme s’étaient en effet infiltrés, commençant avec astuce à semer des théories contraires à l’enseignement de l’apôtre, arrivant même à dénigrer sa personne. Ils commencent par la doctrine: “Cela non, cela oui”, et ensuite ils dénigrent l’apôtre. […] C’est une pratique antique que de se présenter dans certaines occasions comme les uniques détenteurs de la vérité –les purs– et de chercher à déprécier, également par la calomnie, le travail accompli par les autres.

Ces adversaires de Paul soutenaient que les païens devaient eux aussi être soumis à la circoncision et vivre selon les règles de la loi mosaïque. Ils reviennent en arrière, aux prescriptions d’avant, les choses qui ont été dépassées par l’Évangile. Les Galates auraient donc dû renoncer à leur identité culturelle pour s’assujettir à des normes, à des prescriptions et des usages propres aux juifs. […] Que devaient-ils faire? Écouter et suivre ce que Paul leur avait prêché, ou bien écouter les nouveaux prédicateurs qui l’accusaient ? Il est facile d’imaginer l’état d’incertitude qui animait leur cœur. Pour eux, avoir connu Jésus et cru à l’œuvre de salut réalisée avec sa mort et sa résurrection, était vraiment le début d’une vie nouvelle, d’une vie de liberté. »

Les prêtres « surhommes » tournent mal

Aux prêtres de Saint-Louis des Français de Rome, le 7 juin 2021 :

« En cette année dédiée à saint Joseph, je vous invite à redécouvrir le visage de cet homme de foi, de ce père tendre, modèle de fidélité et d’abandon confiant au dessein de Dieu. La volonté de Dieu, son histoire, son projet, passent aussi à travers la préoccupation de Joseph. Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse (Lettre apostolique Patris corde, 2). Les fragilités ne doivent pas être laissées de côté : elles sont un lieu théologique. Ma fragilité, celle de chacun de nous est le lieu théologique de la rencontre avec le Seigneur. Les prêtres “surhommes” tournent mal, tous. Le prêtre fragile, qui connaît ses faiblesses et en parle avec le Seigneur, ça va. Avec Joseph, nous sommes appelés à revenir à l’expérience d’actes simples d’accueil, de tendresse, de don de soi.

Dans la vie communautaire, il y a toujours la tentation de créer de petits groupes fermés, de s’isoler, de critiquer et de dire du mal des autres, de se croire supérieur, plus intelligent. Les cancans c’est une habitude des groupes fermés, aussi une habitude des prêtres qui deviennent des vieux garçons : ils vont, parlent, médisent. Cela n’aide pas. Et cela nous menace tous, et ce n’est pas bon. Nous devons abandonner cette habitude et regarder la miséricorde de Dieu et y penser. Puissiez-vous toujours vous accueillir les uns les autres comme un don. Dans une fraternité vécue dans la vérité, dans la sincérité des relations et dans une vie de prière, nous pouvons former une communauté où vous pouvez respirer l’air de la joie et de la tendresse. »

Si un prêtre n’est pas humain, qu’il devienne professeur

Discours aux membres du Séminaire pontifical régional des Marches “Pio XI”, le 10 juin 2021 :

« Le monde est assoiffé de prêtres capables de communiquer la bonté du Seigneur à ceux qui ont expérimenté le péché et l’échec, de prêtres experts en humanité, de pasteurs prêts à partager les joies et les fatigues de leurs frères, d’hommes qui se laissent marquer par le cri de ceux qui souffrent. Puisez l’humanité de Jésus dans l’Évangile et dans le Tabernacle, recherchez-la dans les vies des saints et des nombreux héros de la charité, pensez à l’exemple authentique de ceux qui vous ont transmis la foi, à vos grands-parents, à vos parents. Paul le disait déjà à son disciple bien-aimé Timothée : “Souviens-toi de ta mère et de ta grand-mère, de tes racines”. Et lisez aussi ces écrivains qui ont su regarder dans l’âme humaine […] C’est pour les littéraires ! Non, non : c’est pour grandir en humanité. Lisez les grands humanistes. Un prêtre peut être très discipliné, il peut être capable de bien expliquer la théologie, la philosophie, et tant de choses. Mais s’il n’est pas humain, il est inutile. Qu’il sorte et devienne professeur. Mais s’il n’est pas humain il ne peut pas être prêtre : il lui manque quelque chose. Il lui manque la langue ? Non, il peut parler. Il lui manque le cœur ; des experts en humanité ! »