Fioretti juin 2019

“Est-ce que je renouvelle tous les jours la rencontre avec Jésus?”, Jésus cherche des témoins qui chaque jour disent : “Seigneur, tu es ma vie” : quelques idées du Pape François pour mener une vie chrétienne authentique.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti juin 2019

Jésus ne veut pas de chrétiens de couverture de magazine

Homélie de la messe de saint Pierre et saint Paul, le 29 juin 2019 :
Témoins de vie, témoins de pardon, Pierre et Paul sont surtout témoins de Jésus. […] Devant ces témoins, demandons-nous : “Est-ce que je renouvelle tous les jours la rencontre avec Jésus ?”. Peut-être sommes-nous des curieux de Jésus, nous intéressons- nous aux choses de l’Église ou aux nouvelles religieuses. Nous ouvrons des sites et des journaux et nous parlons des choses sacrées. Mais de cette façon, on en reste aux qu’en dira-t-on, aux sondages, au passé. Ça n’a pas d’importance pour Jésus. Il ne veut pas de 'reporter' de l’esprit, encore moins des chrétiens de couverture de magazine, de statistiques. Il cherche des témoins qui chaque jour disent : “Seigneur, tu es ma vie”. […]

Demandons la grâce de ne pas être des chrétiens tièdes, qui vivent de demi mesures, qui laissent refroidir l’amour. Retrouvons dans le rapport quotidien avec Jésus et dans la force de son pardon nos racines. Jésus, comme à Pierre, te demande aussi : “Qui suis-je pour toi ?”; “m’aimes-tu ?”. Laissons ces paroles entrer en nous et allumer le désir de ne pas nous contenter du minimum, mais de viser plus haut, pour être nous aussi témoins vivants de Jésus. »

À l’ère des ordinateurs on reste à distance : plus “social” mais moins sociaux

Homélie de la messe de la Pentecôte, le 9 juin 2019 :

« Aujourd’hui dans le monde, les discordances sont devenues des véritables divisions : il y a celui qui a trop et il y a celui qui n’a rien, il y a celui qui cherche à vivre cent ans et celui qui ne peut pas naître. À l’ère des ordinateurs on reste à distance : plus “social” mais moins sociaux. Nous avons besoin de l’Esprit d’unité qui nous régénère comme Église, comme Peuple de Dieu et comme humanité entière. Qui nous régénère. Il y a toujours la tentation de construire des “nids” : de se réunir autour de son propre groupe, de ses propres préférences, le semblable avec le semblable, allergiques à toute contamination. Et du nid à la secte, il n’y a qu’un pas, même dans l’Église. Que de fois on définit sa propre identité contre quelqu’un ou contre quelque chose ! L’Esprit Saint, au contraire, relie les distances, unit les lointains, ramène les égarés. Il fusionne des tonalités différentes en une unique harmonie parce qu’il voit tout d’abord le bien, il regarde l’homme avant ses erreurs, les personnes avant leurs actions. L’Esprit modèle l’Église, modèle le monde comme des lieux de fils et de frères. Fils et frères : des substantifs qui viennent avant tout autre adjectif. C’est la mode d’adjectiver, malheureusement d’insulter aussi. Nous pouvons dire que nous vivons une culture de l’adjectif qui oublie le substantif des choses ; et aussi dans une culture de l’insulte, qui est la première réponse à une opinion que je ne partage pas. Puis nous nous rendons compte que cela fait mal à celui qui est insulté, mais aussi à celui qui insulte. En rendant le mal pour le mal, en passant de victime à bourreau, on ne vit pas bien. Celui qui vit selon l’Esprit, au contraire, apporte la paix là où il y a la discorde, la concorde là où il y a le conflit. Les hommes spirituels rendent le bien pour le mal, répondent à l’arrogance par la douceur, à la méchanceté par la bonté, au vacarme par le silence, aux bavardages par la prière, au défaitisme par le sourire. »

Comprendre ce que signifie, pour un jeune, vivre toujours ‘connecté’

Au congrès des Centres nationaux pour les vocations des Églises d’Europe, le 6 juin2019 :

« Parfois nous parlons aux jeunes comme nous sommes habitués à parler aux adultes. Pour eux, souvent, notre langage est de l’ « esperanto » […], parce qu’ils ne comprennent rien. Comprendre leur langage, qui est un langage pauvre de communion, parce qu’ils ont beaucoup de contacts mais ils ne communiquent pas. Communiquer est peut-être le défi que nous devrons avoir avec les jeunes. […]. Leur enseigner que l’informatique, c’est bien, oui, avoir quelques contacts, mais ce n’est pas le langage : c’est un langage “gazeux”. Le véritable langage, c’est de communiquer, parler… Et c’est un travail en filigrane, c’est “faire dans la dentelle”, comme on dit ici. C’est un travail à faire pas à pas. Et il nous revient aussi de comprendre ce que signifie, pour un jeune, vivre toujours “connecté”. Où est partie sa capacité à se recueillir en lui-même ? C’est un vrai travail pour les jeunes. Ce n’est pas facile. Mais on ne peut pas partir avec des préjugés ou avec des formulations purement doctrinales, dans le bon sens du terme : “il faut que tu fasses cela”. Non ! Il faut accompagner, guider et aider, afin que la rencontre avec le Seigneur leur fasse voir quelle est leur route dans la vie. Les jeunes sont différents les uns des autres, ils sont différents partout, mais ils sont les mêmes dans leur inquiétude, dans leur soif de grandeur, dans leur volonté de faire du bien. Ils se ressemblent. Il y a la différence et la ressemblance. »

Nous avons toujours le danger de “ruser” dans nos rapports avec Dieu

À Sainte Marthe, le 11 juin 2019 :

« La grâce du Seigneur est gratuite, et ce que tu as reçu gratuitement tu dois le donner gratuitement. […] Dans notre vie spirituelle nous avons toujours le danger de “ruser” dans nos rapports avec Dieu, comme dans une sorte de do ut des, comme si nous voulions le suborner : “Seigneur, si tu me fais ça, je te donnerai cela.” Non ! On ne négocie pas avec Dieu. […] Ce rapport de gratuité avec Dieu est ce qui nous aidera à l’avoir ensuite avec les autres, que ce soit dans le témoignage chrétien, dans le service chrétien ou dans la vie pastorale de ceux qui sont pasteurs du peuple de Dieu [….] Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. […] Prêcher, servir, oui, mais ne pas “ se servir de”. »

Quand tu as envie de dire du mal des autres, mords-toi la langue

Aux participants du “train des enfants”, le 8 juin 2019 :

« Quand tu as envie de dire du mal des autres, mords-toi la langue. Fort, fort ! Et comme cela, la langue se gonfle et tu ne pourras pas parler. […]

Il y a tant de chemins pour avancer ensemble, pourquoi se disputer ? Les grandes guerres qui existent aujourd’hui, où l’on s’entre-tue, commencent comme cela, avec une petite haine dans les petites choses.

Il nous faut connaître et distinguer les voix : la voix de Dieu, la voix de Jésus, la voix de l’Ange gardien… et la voix du diable… il faut savoir distinguer, pour ne pas se tromper. Lorsqu’on ressent la volonté de faire quelque chose de bon, c’est Dieu qui t’inspire à faire le bien ; et c’est en revanche le diable qui inspire de faire quelque chose de mauvais. »