Fioretti décembre 2018

Le pape François nous exhorte à ne pas chercher à "sauver les apparences", ce qui pourrait fausser le jugement de la conscience. En revanche, il nous exhorte à éclairer la conscience par la lumière de la vérité.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti décembre 2018

L’ignorance, c’est le Royaume de satan

« Je crois profondément au diable. Non seulement je crois qu’il existe, mais je le crois très actif. Je crois que plus il y a d’ignorance, plus il prend ses aises. […] L’ignorance, c’est le Royaume de satan. Je le dis comme je le crois. Le diable se manifeste toujours dans l’obscurité. Et là où il y a ignorance, il y a ténèbres, manque de lumière et de clarté. Mettre de la lumière là-dedans et éduquer, c’est faire grandir le bien dans la personne et faire déguerpir le diable »

Du livre La force de la vocation, EdB 2018

L’homme est devenu avide et vorace

Homélie de la messe de Noël 2018 :

« Bethléem: le nom signifie maison du pain. Dans cette “maison“, le Seigneur donne aujourd’hui rendez-vous à l’humanité. Il sait que nous avons besoin de nourriture pour vivre. Mais il sait aussi que les aliments du monde ne rassasient pas le cœur. Dans l’Écriture, le péché originel de l’humanité est associé précisément au manger: “elle prit de son fruit, et en mangea“ dit le livre de la Genèse (3, 6). […] L’homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie. Une insatiable voracité traverse l’histoire humaine, jusqu’aux paradoxes d’aujourd’hui ; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d’autres n’ont pas de pain pour vivre. »

La mission a seulement un billet d’aller, pas de retour

À Sainte-Marthe, le 30 novembre 2018

« L’apôtre, celui qui est envoyé, pour porter l’annonce de Jésus-Christ, le fait en risquant sa vie, son temps, ses intérêts, sa propre chair. […] Il a seulement un billet d’aller, pas de retour. Revenir, c’est apostasier. J’annonce Jésus-Christ par mon exemple, ce qui revient à risquer sa vie. Ce que je dis, je le fais. La parole, pour être annonce, doit être témoignage. C’est un scandale, ces chrétiens qui se disent chrétiens mais vivent comme des païens, comme des non croyants. cohérence, entre la parole et la vie. L’apôtre, celui qui porte la Parole de Dieu, est un témoin, qui joue sa vie jusqu’à la fin, et qui est aussi un martyr.

Dieu lui-même, pour se faire connaître, a envoyé son Fils, fait chair en risquant sa vie. Dieu s’est fait l’un de nous, dans un voyage, avec un seul billet aller. […] Le diable a cherché à le convaincre de prendre un autre chemin, et Il n’a pas voulu, il a fait la volonté du Père jusqu’à la fin. [..] Et notre annonce doit suivre le même chemin : le témoignage, car Il a été témoin du Père fait chair. Et nous devons nous incarner, c’est-à-dire devenir témoins : faire, faire ce que nous disons. »

Les loups terribles prêts à dévorer les âmes innocentes

Vœux à la Curie, 21 décembre 2018 :

« À partir des étincelles de la paresse et de la luxure, et du fait de “baisser la garde”, l’enchaînement diabolique des péchés graves commence : adultère, mensonge et homicide. Prétendant, étant roi, pouvoir tout faire et tout obtenir, David cherche à tromper aussi le mari de Bethsabée, les gens, lui-même et même Dieu. Le roi néglige sa relation avec Dieu, il transgresse les commandements divins, il porte atteinte à sa propre intégrité morale sans même se sentir en faute. L’oint continue à exercer sa mission comme si de rien n’était. La seule chose qui lui importait était de sauvegarder son image et son apparence. Parce que ceux qui ont le sentiment qu’ils ne commettent pas de fautes graves contre la Loi de Dieu peuvent tomber dans une sorte d’étourdissement ou de torpeur. Comme ils ne trouvent rien de grave à se reprocher, ils ne perçoivent pas cette tiédeur qui peu à peu s’empare de leur vie spirituelle et ils finissent par se débiliter et se corrompre» (Exhort. ap. Gaudete et exsultate, n. 164). De pécheurs ils finissent par devenir corrompus. Souvent –par zèle excessif et mal orienté– au lieu de suivre Dieu on se met devant lui, comme Pierre qui a critiqué le Maître et a mérité le reproche le plus dur que le Christ n’ait jamais adressé à une personne: ”Passe derrière moi, Satan! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes” (Mc 8, 33). […] Aujourd’hui aussi, beaucoup de David, sans un battement de paupière, entrent dans le réseau de corruption, trahissent Dieu, ses commandements, leur propre vocation, l’Église, le peuple de Dieu et la confiance des petits et de leurs proches. Souvent, derrière leur gentillesse démesurée, leur travail impeccable, leur visage angélique, ils cachent sans vergogne un loup terrible prêt à dévorer les âmes innocentes. »

La foi n’est pas une question de décor

Audience générale du 12 décembre 2018 :

« La prière du ”Notre Père” plonge ses racines dans la réalité concrète de l’homme. Par exemple, elle nous fait demander le pain, le pain quotidien : une demande simple mais essentielle, qui dit que la foi n’est pas une question ”de décor”, détachée de la vie, qui intervient quand tous les autres besoins ont été satisfaits. Au contraire, la prière commence avec la vie même. La prière, nous enseigne Jésus, ne commence pas dans l’existence humaine une fois que l’estomac est plein : elle se niche plutôt partout où il y a un homme, n’importe quel homme qui a faim, qui pleure, qui lutte, qui souffre et se demande ”pourquoi”. Notre première prière, en un certain sens, a été le vagissement qui a accompagné notre première respiration. Dans ces pleurs du nouveau-né c’est le destin de toute notre vie qui s’annonçait : notre faim continuelle, notre soif continuelle, notre recherche de bonheur.

Dans la prière, Jésus ne veut pas éteindre l’humain, il ne veut pas l’anesthésier. Il ne veut pas que nous atténuions nos demandes et nos requêtes en apprenant à tout supporter. Il veut au contraire que toute souffrance, toute inquiétude, s’élance vers le ciel et devienne un dialogue. »

Marie n’aime pas le Seigneur par à-coups

Angelus du 9 décembre 2018 :

« "Qu’il m’advienne selon ta parole". Marie ne dit pas: "advienne selon moi", mais "selon toi". Elle ne pose pas de limites à Dieu, elle ne pense pas: "Je me dédie un peu à lui, je me dépêche et ensuite fais ce que je veux". Non, Marie n’aime pas le Seigneur quand cela lui va, par à-coups. Elle vit en faisant confiance à Dieu en tout et pour tout. Voilà le secret de la vie. Il peut peut tout celui qui fait confiance à Dieu en tout. Mais le Seigneur souffre lorsque nous lui répondons comme Adam: "J’ai peur et je suis caché". Dieu est le Père, le plus tendre des pères, et il désire la confiance de ses enfants. Combien de fois au contraire, nous le soupçonnons, nous soupçonnons Dieu! Nous pensons qu’il peut nous envoyer quelque épreuve, nous priver de liberté, nous abandonner. Mais c’est une grande tromperie, c’est la tentation des origines, la tentation du diable: insinuer la méfiance envers Dieu. Marie surmonte cette première tentation par son "Me voici". Et aujourd’hui, nous regardons la beauté de la Vierge Marie, qui est née et a vécu sans péché, toujours docile et transparente pour Dieu. »