« Au large ! Redonnons à notre vie le sens de la mission », Mgr de Rochebrune

Telle est l’invitation adressée par Mgr de Rochebrune, vicaire de l’Opus Dei en France, lors de l’homélie prononcée le 25 juin en l’église Saint Honoré d’Eylau (Paris) à l’occasion de la Messe pour la fête liturgique de Saint Josémaria.

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Opus Dei - « Au large ! Redonnons à notre vie le sens de la mission », Mgr de Rochebruneà la sortie de la Messe, sur le parvis de l'église Saint Honoré d'Eylau (Paris)

Messe pour la fête liturgique de Saint Josémaria Escriva

Église Saint Honoré d’Eylau, 25 juin 2018

Mes chers amis,

Nous venons d’entendre comment Jésus a fait de Simon Pierre un pêcheur d’hommes. Dès les premiers moments de sa vie publique, notre Seigneur est parti à la recherche de ceux que nous appelons aujourd’hui les Apôtres : André, Simon, Jacques et Jean et tous les autres.

Tout a commencé par une rencontre entre Jésus et quelques pécheurs du lac de Tibériade, parmi lesquels Simon Pierre, propriétaire d'une barque. Dans l’évangile que nous venons d’entendre, nous voyons ce dernier en train de ranger ses filets avec ses associés, Jaques et Jean, après une nuit de pêche catastrophique qui s’est achevée sans aucune prise et avec une énorme fatigue. C’est pourtant le moment que choisit Jésus pour demander à Simon Pierre l’autorisation de monter sur sa barque afin d’enseigner plus facilement la foule massée sur la rive, attirée par la beauté et la puissance de ses paroles.

Saint Josémaria aimait beaucoup ces scènes de l'Évangile nous donnant à voir Jésus au bord du lac de Tibériade, nous montrant comment le Seigneur se place au cœur du travail humain et de la vie quotidienne. Jésus qui monte dans la Barque de Pierre, c'est ainsi Jésus qui entre dans ma vie, dans notre vie. Mais notre saint d’aujourd’hui ne se limitait pas à une pieuse contemplation de l'évangile. Il nous invitait à la cohérence, cette cohérence de vie nous poussant à mettre nos choix personnels en conformité avec l’évangile. N’aspirons-nous pas tous, vous et moi, à donner davantage d’unité de vie à notre existence ? Comment donc y parvenir ? La réponse est claire : en cherchant à faire entrer davantage le Christ dans tous les instants et toutes les circonstances de notre vie quotidienne.

Est-ce à dire qu’il nous faut pour ce faire mener une vie « hors sol », spiritualisée dans des odeurs d’encens et des fumées de cierge ? Évidemment non. L’esprit du fondateur de l’Opus Dei nous conduit au contraire à aimer le concret et à opérer un mouvement ascendant de notre existence vers Dieu. C’est pourquoi il nous invitait toujours à matérialiser notre lutte pour la Sainteté, à la rendre toujours plus concrète. Sans changer d’état de vie, c’est donc à nous qu’il revient d’élever vers Dieu, avec l’aide de sa grâce, toutes les réalités créées, afin que le Christ règne en tous et en tout.

Saint Josémaria disait que « le Seigneur veut se servir de nous ; il désire que nous, les chrétiens, nous ouvrions à son amour tous les chemins de la terre ». Ces chemins sont ceux de la sainteté dans la vie courante. Il ne s'agit pas seulement d'être de bonnes personnes, des chrétiens qui pratiquent le dimanche - ce qui est déjà beaucoup. Non ! Dieu nous appelle à être Saints. Il nous faut donc réveiller, selon l'expression d'un grand philosophe du siècle dernier, le mystique qui sommeille en nous. Écouter la voix de l'absolu de Dieu et obéir à ses appels divins. Alors seulement les chemins divins s’ouvriront sur la terre. Quelle belle mission que celle de réveiller chez nos amis le saint qui sommeille en eux ! Avec pédagogie, avec affection, avec le tact de celui qui respecte la liberté d'autrui, mais aussi avec l'enthousiasme de qui a une merveille à partager.

Redonnons à notre vie ce sens de la mission, fondé sur la qualité de notre prière et notre conviction que c’est dans l’Amour de Dieu, appelé à se diffuser, que réside le secret du bonheur sur terre.

Une fois de plus donc, je vous le redis : Au large ! Sans respects humains, sans retard, avec conviction, avec spiritualité, avec sens de la mission, avec créativité et avec audace. Au large ! Voilà où Jésus nous envoie ! Au large de ces mers sans rivages de l'apostolat chrétien. En cette célébration joyeuse de la fête liturgique de Saint Josémaria, il me plaît de faire écho à cette invitation du Seigneur à renouveler notre dynamisme missionnaire.

Mgr de Rochebrune, vicaire régional de l'Opus Dei en France - homélie pour la fête de Saint Josémaria

Notre cher Pape François a remis au goût du jour cette belle expression de disciple-missionnaire. On peut en effet lire dans l’exhortation apostolique sur la joie de l’évangile (EG 120) : En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). (….) Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ ; nous ne disons plus que nous sommes « disciples » et « missionnaires », mais toujours que nous sommes « disciples-missionnaires ». Si nous n’en sommes pas convaincus, regardons les premiers disciples, qui immédiatement, après avoir reconnu le regard de Jésus, allèrent proclamer pleins de joie : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41). (…)Saint Paul aussi, à partir de sa rencontre avec Jésus Christ, « aussitôt se mit à prêcher Jésus» (Ac 9, 20 ). Et nous, qu’attendons-nous ?

Chers amis : qu’attendons-nous ? Redonnons à notre vie ce sens de la mission, fondé sur la qualité de notre prière et notre conviction que c’est dans l’Amour de Dieu, appelé à se diffuser, que réside le secret du bonheur sur terre.

Permettez-moi de terminer par un appel à la confiance, une confiance toujours plus grande en Dieu. D’un point de vue humain, le miracle de la pêche miraculeuse est particulièrement touchant. Alors que s’achevait une nuit d’efforts sans résultats, Simon-Pierre aurait eu toutes les raisons du monde de se décourager face à l’invitation de Jésus à jeter les filets une dernière fois. La fatigue de ses associés, le manque d’envie, l’heure tardive : Pierre aurait pu donner tant d’explications avant de baisser les bras et d’abandonner. Pourtant, sa réponse fut tout autre : « sur ta parole je vais jeter les filets ». Notre existence peut parfois ressembler à cette nuit de pêche sans poissons. N’oublions pas alors que si nous faisons confiance au Christ, si nous ouvrons notre cœur, nous ne risquons rien : au contraire, nous avons tout à gagner. Je voudrais, pour finir, rapprocher ces mots de Saint Pierre de ceux de Notre Dame, au moment de son Annonciation : qu’il me soit fait selon ta parole. Une réponse de la Sainte Vierge, et le Verbe s’est fait chair. Une parole de Saint Pierre, et la pêche miraculeuse le transforma en pêcheur d’hommes. Et nous, que répondons-nous ?