Forces invisibles : les anges, le diable et l’enfer

Les anges sont présentés comme « des esprits chargés d’un ministère » (He 1, 14), ce qui peut se résumer en une double action : louer Dieu sans cesse et prendre soin des hommes, en participant de la providence salvifique de Dieu.

La lumière de la Foi
Opus Dei - Forces invisibles : les anges, le diable et l’enfer

À notre époque, nous sommes facilement amenés à penser que seul existe ce qui fait partie de notre expérience, que seul ce qui se voit et se touche, soit directement soit virtuellement par le biais de l’écran d’un appareil, constitue le monde réel. En même temps, nous voyons certains événements se produire dans le monde, qui ne sont pas uniquement l’effet de causes visibles et expérimentables, compte tenu de leur nature peu commune. C’est-à-dire que des choses arrivent, visibles et tangibles, dont nous ne pouvons voir ni toucher l’origine. Et ce, tant pour le bien que pour le mal. Dans le premier cas, nous nous disons que cela n’est pas humain, mais divin, autrement dit sur-humain, trop bon pour être uniquement humain (par exemple, un miracle) ; dans l’autre, que c’est diabolique, et donc trop mauvais pour être exclusivement dû au pouvoir d’un individu (par exemple, un meurtre brutal). Dans les deux cas, nous pensons que, sans une force surhumaine, certaines actions ne pourraient être menées à terme.

Des êtres purement spirituels

Depuis les temps les plus reculés, la croyance en l’existence de forces invisibles a été un défi pour la raison humain. Dans notre société avancée, alors que beaucoup estiment qu’une telle croyance, étant donné son caractère mythique et symbolique, est destinée à disparaître, elle réapparaît mystérieusement sous diverses formes dans la culture (le cinéma ou la littérature), voire dans le témoignage de personnes qui rapportent des faits prodigieux qu’elles attribuent à des êtres situés au-delà de notre perception sensible (ce qui peut concerner aussi bien la prière d’intercession que les pratiques ésotériques ou le spiritisme).

Dans une tentative de démythifier le Nouveau Testament pour le rendre davantage crédible à l’homme contemporain, un célèbre exégète du siècle dernier affirmait qu’il ne pouvait allumer la lumière électrique ou écouter la radio, tout en continuant de croire aux anges et aux démons. Que n’aurait-il pas dit s’il avait connu l’Internet, les réseaux sociaux et les smartphones ! Est-ce que le progrès technologique, qui nous permet de dépasser de plus en plus nos limites spatio-temporelles, nous éloigne du monde purement spirituel ou au contraire nous en approche ? Qu’en dit notre foi chrétienne ?

LE NOUVEAU TESTAMENT NOUS MONTRE LES ANGES ACCOMPAGNANT LES MOMENTS LES PLUS IMPORTANTS DE LA VIE DU CHRIST ET DE L’ÉGLISE NAISSANTE

Devant cette question, la première chose à admettre clairement est que, tandis que nous devons affirmer l’existence de Dieu pour donner raison de l’existence du monde puisque c’est lui qui l’a créé, il n’est pas possible d’en dire autant des autres êtres, fussent-ils supérieurs à nous. Se fondant sur le fait que Dieu seul est le Créateur, le christianisme a écarté dès le début l’existence de divinités intermédiaires en s’inscrivant en faux contre l’idée que, étant esprit pur, Dieu ne pouvait avoir aucun rapport avec ce qui est loin de lui, c’est-à-dire la matière.

De toute façon, bien que Dieu seul soit nécessaire, le christianisme, qui partageait au début certains éléments avec d’autres cosmovisions, a réussi petit à petit à trouver une explication rationnelle de l’existence d’êtres purement spirituels. Sur ce point, la réflexion de saint Thomas a été d’une grande aide, étant donné que la question avait suscité de nombreuses controverses à la période patristique. Grâce à sa métaphysique de l’être, l’Aquinate a réussi à expliquer que l’existence d’êtres purement spirituels est possible [1]. Quelqu’un pourrait penser que l’âme humaine elle-même en montre pleinement l’existence ; or, la nature de l’homme est aussi corporelle. De même que Dieu a créé des êtres purement matériels et d’autres composés de matière et d’esprit, ainsi l’existence d’êtres créés purement spirituels semble très opportune, selon le principe de l’ordre de l’univers et de la perfection de la création [2].

La médiation pour arriver à Dieu

En réalité, ces réflexions ont pour point de départ et d’arrivée le récit biblique de l’histoire du salut, où nous trouvons, à côté de Dieu, unique Seigneur et Créateur, d’autres êtres dont la force et l’influence, positive ou négative, se font sentir dans ce monde. Les anges sont présentés comme « des esprits chargés d’un ministère » (He 1, 14) qui peut se résumer en deux activités : chanter et voler [3]. Ils chantent, c’est-à-dire ils louent Dieu sans cesse, en formant les cœurs célestes auxquels la liturgie de l’Église se joint de multiples manières. C’est pourquoi il n’est pas étrange que la doctrine sur les anges soit marginalisée, lorsque la dimension liturgico-sacramentelle de la foi est dévaluée. D’autre part, les anges volent, c’est-à-dire qu’ils sont envoyés par Dieu pour prendre soin des hommes, participant de la sorte de la providence salvifique de Dieu. Ainsi, le Nouveau Testament nous les montre accompagnant les moments les plus importants de la vie du Christ et de l’Église naissante. De façon analogue, ils protègent la vie de chaque personne et de chaque institution. C’est pourquoi la tradition chrétienne parle de l’existence d’un ange gardien [4]. La vision chrétienne se caractérise donc par la médiation : la grandeur du Créateur se montre précisément en ce que son projet est conçu pour être accompli avec le concours de ses créatures libres. Plus leur nature est élevée, plus elles prennent part à son gouvernement de la création. Nous aussi, nous avons l’expérience qu’il est plus facile de faire directement les choses que de compter sur d’autres pour qu’ils les fassent librement. Or, cette hypothèse est le signe d’une grande perfection, comme nous le voyons, par exemple, dans le gouvernement d’une famille ou d’institutions de différents types.

Nous comprenons ainsi que les anges aussi, en tant qu’êtres personnels et libres, ont eu pour ainsi dire leur histoire personnelle. La Bible affirme succinctement que certains se sont révoltés contre Dieu pour toujours [5]. En réalité, l’existence du diable et de ses sbires, affirmée par l’Église dès le début et confirmée de nos jours en différentes occasions par le pape François [6], constitue la face cachée d’un message d’espérance : le mal perceptible par tous dans le monde, non seulement la mal causé par autrui, mais aussi celui que nous commettons nous-mêmes, est quelque chose qui nous dépasse. Il provient en un certain sens d’un principe qui, tout en étant au-delà de nous (« ne nous laisse pas entrer en tentation mais délivre-nous du mal »), n’est pas divin ni, par conséquent, originaire et nécessaire. Comme nous le savons bien, les récits d’un bon nombre de traditions culturelles essaient d’expliquer l’origine du bien et du mal dans le monde et en nous en accourant à une opposition originaire de principes opposés. Dans une telle éventualité, le mal serait aussi radical que le bien, il aurait toujours existé et il existerait toujours, si bien qu’en définitive il ne pourrait être guéri. Ce qui aboutit inéluctablement à une vision désespérée de l’être humain [7].

SEUL LE BIEN EST ORIGINAIRE, ALORS QUE L’EXISTENCE DU MAL EST LA CONSÉQUENCE D’UN USAGE ERRONÉ DE LA LIBERTÉ DES CRÉATURES

Le christianisme dit, cependant, que seul le bien est originaire et que l’existence du mal, que nul ne peut contester, est la conséquence d’un usage erroné de la liberté des créatures, à commencer par les anges. C’est pourquoi nous constatons très nettement le pouvoir du mal dans le monde et dans l’histoire, tant et si bien qu’il semble parfois invincible. Or, le message chrétien, plein d’espérance, affirme que Dieu y a apporté un remède, ayant lui-même assumé ce mal en la personne de son Fils, incarné et mort sur une croix, pour que tous ceux qui s’uniront à lui puissent le vaincre, en s’associant au triomphe pascal de sa résurrection. Ce triomphe, après l’Ascension de Jésus-Christ au ciel, apparaît souvent dans l’histoire comme bien petit et vulnérable, voire invisible. Néanmoins, il est bien réel, il pousse mystérieusement et il ne se montrera dans toute sa splendeur qu’à la fin. Dieu ne manque pas de manifester visiblement son pouvoir dans sa providence salvifique au cours de l’histoire, par le truchement des sacrements et de l’effusion de ses multiples grâces qui agissent de façon plus ou moins cachée mais réelle dans la vie des gens, en se servant du concours des anges, des saints et de bien d’autres créatures.

Miséricorde et enfer

Si Dieu est à ce point bon et miséricordieux qu’il prend l’initiative de guérir ses créatures, comment se fait-il qu’il ait agi autrement à l’égard des anges déchus ? Parler de guérison, tout en affirmant l’existence de l’enfer, comme l’Église le fait, en tant que punition éternelle des démons et des hommes qui meurent loin de Dieu, semble un non-sens. On dirait que l’enfer éternise ce que, précisément, la foi chrétienne affirme ne pas être éternel, mais tirant son origine de l’histoire. Si le mal a eu un commencement, il est à supposer qu’il aura aussi un terme, pour qu’à la fin, comme saint Paul le dit « Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 28). De facto, depuis Origène, des voix se sont élevées dans l’Église à différentes époques, y compris de nos jours, pour suggérer, à partir de ces propos de saint Paul, une réconciliation universelle à la fin des temps. Si Dieu est miséricordieux, comment peut-il permettre que certains soient damnés à jamais, loin de lui ?

Néanmoins, quelque chose en nous réplique que les hommes et les anges jouissent d’un don inestimable, à savoir la liberté. Ce don que Dieu leur a accordé, il ne peut pas le leur enlever sans faire violence à la nature qu’il a créée. Il serait inconcevable que Dieu ne prenne pas au sérieux la liberté de ses créatures. En même temps, nous avons en nous un très fort sens de la justice, qui réclame que le mal commis sans pénitence ne reste pas impuni [8] ; quelque chose nous dit qu’il est impossible que l’immoralité l’emporte à la fin, comme cela s’est malheureusement produit tout au long de l’histoire de notre monde, où la justice n’est pas toujours respectée ; qui plus est, un monde où d’authentiques injustices sont commises, manifestant ce mal dont il est ici question. Si Dieu est réellement Dieu, tout-puissant et bon, il ne peut traiter de la même façon celui qui a fait le bien et celui qui s’est obstiné sans repentir dans un terrible mal [9]. Voilà une des convictions des grandes traditions religieuses de l’humanité : Dieu est rémunérateur. Certes, sur cette terre la punition a une claire finalité médicinale. Mais, lorsque l’attente pour entrer dans la dimension définitive de l’existence aura pris fin, le temps du repentir finira par la même occasion, puisque la décision sera en quelque sorte devenue éternelle : tel est le pouvoir énorme de la liberté.

Le christianisme, un dualisme de libertés

En effet, nous sommes en fin de compte devant le mystère de la liberté, aussi bien de la liberté de Dieu que de celle de ses créatures. Dieu a créé librement, sans aucune contrainte, de sorte que l’existence des créatures est le résultat de sa libre décision d’aimer et d’être aimé. Un philosophe moderne expliquait comment précisément la toute-puissance se manifeste sur un mode majeur dans la création des êtres libres [10]. Il s’agit d’un risque que Dieu a voulu courir, comme le disait saint Josémaria [11], étant donné que la liberté de ses créatures est réelle, la preuve en étant qu’elles peuvent non seulement ne pas aimer leur Créateur mais même le haïr. Et ce non seulement pendant un laps plus ou moins long de temps mais aussi pour toujours. C’est pourquoi Benoît XVI parlait de notre liberté comme d’une « toute-puissance à l’envers » [12]. L’homme est réellement maître de sa liberté, si bien qu’il peut décider de l’investir dans la haine et la destruction.

L’EXISTENCE DES ANGES EST LE RÉSULTAT DE LA LIBRE DÉCISION DIVINE D’AIMER ET D’ÊTRE AIMÉ

Aussi est-il vrai que, dans un certain sens, le christianisme est un dualisme puisqu’il soutient que l’histoire est le cadre d’un drame, d’une lutte entre le bien et le mal, entre la grâce et le péché. Cependant, il ne dit pas que les deux pouvoirs possèdent le même rang, mais plutôt que l’un d’entre eux permet l’existence de l’autre sans l’éliminer. Il s’agit, comme le dit Ratzinger, d’un dualisme de libertés ou existentiel, mais en aucun cas d’un dualisme ontologique [13]. Seul le bien est originaire.

Nous avons commencé en affirmant que pour beaucoup seul existe ce qui peut faire l’objet d’une expérience sensible. Nous avons aussi suggéré que nos progrès technologiques expriment peut-être d’une certaine façon des avancées vers une condition de vie qui dépasse les limites spatio-temporelles propres à notre condition dans ce monde. Comme nous avons essayé de le démontrer, l’existence de forces invisibles nous amène à considérer qu’en vertu de notre spiritualité, qui comporte le grand don de la liberté, nous ne sommes pas nécessairement liés au monde des expériences à la fois visibles et caduques, mais que nous possédons une nature ouverte à un monde pareillement réel mais plus large, le monde de l’espérance. Cette réalité se manifeste déjà aux yeux de la foi dans ce monde où le bien et le mal coexistent et poussent ensemble, comme le blé et l’ivraie de la parabole de Jésus (cf. Mt 13, 24-30). Elle se manifestera pleinement à la fin de l’histoire, une fois arrivé le temps de la moisson, lorsque le Seigneur lui-même jugera avec miséricorde ses créatures libres.

Santiago Sanz

Lectures conseillées

Erik. Peterson, Le livre des anges, Ad solem, 1996.

Saint Jean Paul II, Creo en Dios Padre, Palabra, Madrid 1990, pp. 157-170.

Benoît XVI, Enc. Spe salvi, 30 octobre 2007.

Serge-Thomas Bonino, Les anges et les démons : Quatorze leçons de théologie catholique. Parole et silence, 1er février 2007.



[1]. « S’il n’y a pas, dans l’ange, composition de matière et de forme, il y a cependant composition d’acte et de puissance. Il suffit pour s’en rendre compte de considérer les choses matérielles où se trouvent les deux compositions. La première est celle de la forme et de la matière qui constituent une nature. Mais une nature, ainsi composée, n’est pas son être ; l’être est son acte. Par conséquent, même là où il n’y a pas de matière, où la forme subsiste indépendamment d’une matière, la forme est encore vis-à-vis de son être en rapport de puissance à acte. Et c’est une telle composition que l’on doit admettre pour les anges. […] En Dieu, nous l’avons prouvé, l’être et ce qu’il est ne sont pas autres ; lui seul est donc acte pur. » (S. Th. I, q. 50, a. 2, ad 3).

[2]. Cf. saint Thomas d’Aquin, S. Th., I, q. 50, a. 1; q. 51, a. 1.

[3]. Des expressions qui se trouvent dans J. Ratzinger, Allgemeine Schöpfungslehre, Regensburg 1976, pp. 61-64.

[4]. « Nul ne peut nier que chaque fidèle a un ange à ses côtés, comme protecteur et berger pour mener sa vie » (Saint Basile, Contra Eunomio, 3, 1).

[5]. Cf. Catéchisme de l’Église Catholique nos 391-392.

[6]. « Nous n’admettrons pas l’existence du diable si nous nous évertuons à regarder la vie seulement avec des critères empiriques et sans le sens du surnaturel. Précisément, la conviction que ce pouvoir malin est parmi nous est ce qui nous permet de comprendre pourquoi le mal a parfois tant de force destructrice. Les auteurs bibliques avaient certes un bagage conceptuel limité pour exprimer certaines réalités et au temps de Jésus, on pouvait confondre, par exemple, une épilepsie avec la possession du démon. Cependant cela ne doit pas nous porter à trop simplifier la réalité en disant que tous les cas rapportés dans les Évangiles étaient des maladies psychiques et qu’en définitive le démon n’existe pas ou n’agit pas. Sa présence se trouve à la première page des Écritures, qui se concluent avec la victoire de Dieu sur le démon [cf. Homélie lors de la Messe à la Résidence Sainte-Marthe, 11 octobre 2013]. De fait, quand Jésus nous a enseigné le Notre Père, il a demandé que nous terminions en demandant au Père de nous délivrer du Mal. Le terme utilisé ici ne se réfère pas au mal abstrait et sa traduction plus précise est “le Malin”. Il désigne un être personnel qui nous harcèle. Jésus nous a enseigné à demander tous les jours cette délivrance pour que son pouvoir ne nous domine pas ». (Pape François, Exhort. ap. Gaudete et exsultate, 19 mars 2018, n° 160).

[7]. Cf. Benoît XVI, Audience générale, 3 décembre 2008.

[8]. « Il y a quelque chose dans la conscience morale de l’homme qui réagit à la perte d’une telle perspective : Dieu qui est Amour, n’est-il pas aussi Justice définitive, peut-il admettre que ces crimes terribles restent impunis ? Le châtiment définitif n’est-il pas nécessaire pour obtenir un équilibre moral dans l’histoire complexe de l’humanité ? Un enfer n’est-il pas en quelque sorte “la dernière planche de salut” de la conscience morale de l'homme ? » (Jean Paul II, Entrez dans l’espérance, Plon-Mame, Paris octobre 1994).

[9]. Il peut y avoir des personnes qui ont détruit totalement en elles le désir de la vérité et la disponibilité à l’amour. Des personnes en qui tout est devenu mensonge ; des personnes qui ont vécu pour la haine et qui en elles-mêmes ont piétiné l’amour. C’est une perspective terrible, mais certains personnages de notre histoire laissent entrevoir de façon effroyable des profils de ce genre. Dans de semblables individus, il n’y aurait plus rien de remédiable et la destruction du bien serait irrévocable : c’est cela qu’on indique par le mot « enfer » (Benoît XVI, Litt. enc. Spes salvi, 3 octobre 2007, n° 45).

[10]. Cr. S. Kierkegaard, Journal, vol. 1, VII A 181 (édition de C. Fabro, Morcelliana, Brescia 1962, pp. 512-513).

[11]. « Dieu a voulu que nous soyons ses coopérateurs, il a voulu courir le risque résultant de notre liberté » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe n° 113).

[12]. Benoît XVI, Message Urbi et Orbi, 25 décembre 2012.

[13]. Cf. S. Sanz, Joseph Ratzinger et la doctrine de la Création. Les notes de Münster de 1964 (II). Quelques thèmes fondamentaux, « Revue espagnole de Théologie » 74 (2014), pp. 201-248 [231].