Montsé Grases, une référence pour la jeunesse

Montsé vécut une existence semblable à celle de n’importe quelle fille de son âge, mais sa vie fut remplie de Dieu. Elle rencontra Jésus à travers la normalité du quotidien et elle se donna généreusement à Lui.

Opus Dei - Montsé Grases, une référence pour la jeunesse
Est-il possible d’atteindre la sainteté à dix-huit ou dix-neuf ans ?

Montsé est née à Barcelone le 10 juin 1941. Elle est la seconde d’une fratrie de neuf enfants. Elle aimait le sport, la musique, les danses populaires de chez elle comme Las Sardanas et jouer au théâtre.

Son tempérament était vif et spontané. Parfois, ses réactions étaient un peu brusques, bien que les membres de sa famille ainsi que ses professeurs se souviennent qu’elle luttait pour se dominer, être aimable et joviale avec tout le monde. Grâce à son caractère ouvert et généreux, son relationnel doux et attractif, elle avait beaucoup d’amies.

Une éducation chrétienne

Ses parents lui enseignèrent à prier avec confiance et à se préoccuper des autres. Depuis toute petite, elle demandait chaque soir à Dieu : « Mon Dieu, rends nous bons, Enrique, Jorge et moi ». Au fil des naissances de ses frères et sœurs, cette prière s’allongeait. C’est au sein de sa famille que Montsé forgea certains traits de son caractère : la joie, la simplicité, l’ordre, l’oubli d’elle-même et la préoccupation pour les autres.

Avec quelques camarades d’école, elle rendait visite aux pauvres des banlieues, donnait des cours de catéchisme aux enfants. À certaines occasions, elle leur apportait des jouets ou des bonbons.

L’appel de Dieu

À l’adolescence, sa mère l’encouragea à fréquenter un centre de l’Opus Dei où l’on offrait une formation chrétienne et humaine aux jeunes filles. De façon naturelle, elle s’est efforcée d’améliorer son caractère, d’être plus pieuse et d’approcher les autres de l’amour de Dieu.

Lors de l’été 1957, elle ressentit une grande joie lorsque son frère aîné décida d’entrer au séminaire. Depuis cet instant, elle pria spécialement pour les prêtres.

Peu à peu, elle se rendit compte que Dieu lui adressait un appel personnel et, le 24 décembre 1957, après l’avoir médité calmement et avoir pris conseil, elle demanda à être admise dans l’Opus Dei. Elle expérimenta une immense joie spirituelle dans le don généreux à l’Amour. Ce fut un don de l’Esprit Saint qui l’accompagna jusqu’à la fin et qu’elle sut propager autour d’elle.

À partir de cet instant, elle donna le meilleur d’elle-même dans la vie spirituelle. Elle mit au premier plan la contemplation de la vie de Jésus, la piété eucharistique, la dévotion à la Vierge. Elle se distingua par son humilité et son désir de servir.

Elle avait très clair à l’esprit que la vie chrétienne implique de lutter par amour. Chaque soir, elle s’examinait, se demandant si elle avait correspondu à l’amour de Dieu avec joie, malgré les difficultés petites ou grandes. Dans une lettre qu’elle adressa à Saint Josémaria, le fondateur de l’Opus Dei, elle écrivit : « Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je suis heureuse, même si parfois certains choses me coûtent un peu ».

Don de soi, forgé dans la douleur

En décembre 1957, elle commença à ressentir des douleurs au pied gauche. Les semaines passèrent, mais la douleur ne disparaissait pas. Sa principale préoccupation était d’éviter les dépenses inutiles pour ses parents, car elle se rendait compte des sacrifices qu’ils faisaient pour élever leurs enfants. Six mois plus tard, on découvrit que la cause des douleurs était un cancer du fémur – Sarcome d’Ewing – et qu’il lui restait quelques mois à vivre.

La manière dont elle reçut la nouvelle de sa maladie est significative. Son père lui expliqua tout, de manière claire, sans enjoliver la réalité. Montsé réagit avec une grande paix et vision surnaturelle. Le jour suivant, elle commenta à une amie : « Je suis très tranquille et très contente. Je ressens une grande paix, j’aime la volonté de Dieu.Rappelle-le moi si un jour je l’oublie : je désire la volonté de Dieu. Je me donne à Dieu pour la deuxième fois. » À une autre amie, elle confie : « Souffrir me fait très peur et les médecins m’effraient… mais si Dieu m’envoie davantage de souffrance, comme vous dites, il m’aidera beaucoup, tout comme vous m’aidez. »

À travers sa maladie et sa mort, Montsé transmit la paix parce qu’elle pensait à la croix de Jésus et à Sainte Marie. Lorsqu’elle ne put déjà plus sortir de chez elle, elle reçut de nombreuses visites. Elle évitait alors d’être le centre de l’attention ou qu’on la plaigne. Au contraire, elle se préoccupait des besoins des autres. Pour animer les visites, elle demanda à une amie de lui apprendre à jouer de la guitare. Ceux qui allaient la voir sortaient de sa chambre pleins de paix et désireux de s’approcher davantage de Dieu.

« Je crois que si je suis fidèle à ce que Dieu me demande chaque jour, Il me donnera sa grâce. Je suis disposée à tout parce que cela en vaut la peine ». Ces phrases de Montsé pourraient résumer sa vie, la vie de fidélité d’une fille éprise de Dieu, dans les grandes choses comme dans les petites.

Elle mourut un jeudi saint, le 26 mars 1959, peu de temps avant de fêter ses 18 ans. Les amis et la famille qui vinrent la veiller et assistèrent à son enterrement ne savaient pas s’ils devaient présenter leurs condoléances ou bien féliciter ses parents tant ils étaient convaincus que Montsé était au ciel, intercédant pour eux comme elle l’avait promis. Elle-même avait dit qu’elle ne voulait pas qu’ils pleurent.

En 1994, son corps fut transféré à l’oratoire du Colegio Mayor Bonaigua à Barcelone. Beaucoup de personnes s’y rendent pour demander son aide et son intercession auprès de Dieu.

Le 26 avril 2016, le pape François a approuvé le décret de la Congrégation pour la Cause des Saints déclarant que Montsé a vécu les vertus à un degré héroïque et reconnaît sa renommée de sainteté.