Le Bienheureux Alvaro et le Cameroun

Le 12 mai est la mémoire liturgique du Bienheureux Alvaro del Portillo, évêque et prélat de l'Opus Dei. À cette occasion, nous vous proposons un article publié lors de sa béatification qui raconte son voyage à notre pays en1989.

L'Opus Dei au Cameroun

Le travail apostolique de l’Opus Dei au Cameroun a commencé l’année 1988 avec l’arrivée des premiers membres de l’Œuvre : deux prêtres et quatre laïcs. Quelques semaines avant de s’installer dans notre pays, ils avaient été à Rome avec don Alvaro qui avait exprimé son désir de voyager au continent africain et d’y passer quelques jours.

Et ce désir est devenu réalité treize mois seulement après les premiers pas de l’Œuvre au Cameroun. Le 27 août 1998, Don Alvaro arrivait à Douala en provenance de Kinshasha, accompagné de Mgr Xavier Echevarría et Mgr Joaquín Alonso. A cause de quelques problèmes du vol Douala-Yaoundé ils sont arrivés à la capitale du pays presque à 22h00.

De l’aéroport ils sont partis pour le premier centre de l’Œuvre qui se trouvait à l’époque au quartier Etoa-Meki de Yaoundé. En passant devant la cathédrale N. D. des Victoires ils ont récité une communion spirituelle et le Salve Regina pour la personne et les intentions de l’Archevêque du diocèse, Mgr. Zoa.

A leur arrivée, don Alvaro était très content. Pendant le dîner il leur a raconté quelques détails de son séjour à Kinshasha. Comme la maison était très petite, don Alvaro et les deux prêtres qui l’accompagnaient ont passé la nuit à l’Hôtel Mont Febé.

Le 28 août don Alvaro a célébré la Sainte Messe à l’oratoire du centre. Peu après, il est parti avec l’abbé Signorelli (premier vicaire régional de l’Opus Dei au Cameroun) et les autres à la Cathédrale, où ils ont récité le chapelet devant l’image de Notre Dame des Victoires. Don Alvaro a prié d’abord devant le Tabernacle et il a utilisé le même agenouilloir que le Pape St Jean Paul II avait utilisé lors de son voyage en 1985.

Après avoir déjeuné avec le Nonce Apostolique, qui devait partir en voyage quelques heures plus tard, don Alvaro a dédié une partie de l’après-midi à une réunion avec les jeunes qui fréquentaient les moyens de formation de l’Œuvre. Comme le travail apostolique n’était pas encore très développé le groupe était réduit. Les jeunes lui ont posé plusieurs questions sur le travail, les tentations dans la lutte pour être un bon chrétien, la pratique de la messe dominicale etc… C’est probablement dans cette réunion que don Alvaro a commenté : « On dit qu’il n’y a pas d’africain athée ; cependant il y en a beaucoup qui ne connaissent pas le vrai Dieu. Je me souviens d’un Archevêque africain qui, enfant, était païen. Il alla voir un missionnaire, qui lui expliqua que Dieu était Père, qu’il voit au fond de nos cœurs et qu’il est un Dieu personnel. Cet homme qui vivait dans une espèce de nébuleuse, croyant que Dieu était cette nébuleuse, en fut comme foudroyé, comme Saint Paul sur le chemin de Damas, il décida de se faire baptiser et de devenir prêtre »

Le 29 août, don Alvaro a célébré à nouveau la messe à l’oratoire du centre. Il a consacré la matinée à avoir quelques réunions avec les six membres de l’Œuvre au Cameroun, en les encourageant à faire beaucoup d’apostolat. Après avoir reçu la visite de quelques personnes qui fréquentaient le travail apostolique, on lui a montré quelques coins de la ville : l’Hôtel de Ville, l’Université, l’église du Saint-Esprit de Mvolyé, où on avait célébré la messe pour St. Josémaria l’année précédente, et le Palais de Congrès.


L’après-midi, après avoir eu une nouvelle réunion avec les membres de l’Œuvre, don Alvaro a écrit une lettre à Mgr Zoa, l’Archevêque de Yaoundé, qui avait une grande envie de le saluer mais qui n’était pas dans la ville.

Après il est parti pour l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen où il devait voyager pour Douala, où il allait passer la nuit en attendant le vol qu’allait l’amener à Zurich. C’est à ce moment-là que Mgr Zoa est arrivé à l’aéroport. Mgr Antonio Torres, ancien vicaire régional de l’Opus Dei, raconte : « Pendant le séjour de don Alvaro au Cameroun, Mgr Jean Zoa ne se trouvait pas à Yaoundé, et il n’avait pas été possible de le contacter. Cependant on lui avait laissé un message à sa résidence afin qu’il en soit informé. Le jour du départ, à 19h00, quelqu’un sonne à la porte du centre de l’Opus Dei : c’était Mgr Zoa qui rentrait de voyage et voulait saluer don Alvaro. On lui a dit qu’ils étaient déjà partis pour l’aéroport car l’avion décollait à 20h00. Il a indiqué au chauffeur: À l’aéroport, vite ! Et là, il s’est entretenu avec don Alvaro et l’a accompagné jusqu’à l’avion».

Don Alvaro a passé sa dernière nuit au Cameroun à l’hôtel Méridien de Douala. Après avoir célébré la messe -sa dernière messe au Cameroun- il est parti à l’aéroport où il s’est envolé vers Zurich.