La Transfiguration du Seigneur

À travers les différentes solennités du Seigneur que la liturgie nous propose tout au long de l’année, nous pouvons contempler sous des angles divers l’inépuisable mystère de Dieu et permettre que sa lumière baigne notre existence chrétienne dans le monde. Nous contemplons ici la Transfiguration. Cette fête exprime toute la théologie de la divinisation par la grâce de la nature humaine qui, en revêtant le Christ, est éclairée par la splendeur de la gloire de Dieu.

La solennité de la Transfiguration est née, probablement, de la commémoration annuelle de la dédicace d’une basilique, bâtie sur le Mont Thabor, en l’honneur de ce mystère. La fête a été introduite en Occident au IXe siècle et, plus tard, au cours des XIe et XIIe siècles, elle a commencé à être aussi célébrée à Rome, dans la basilique vaticane. Le pape Calixte III (1547) l’a intégrée dans le calendrier romain, en reconnaissance pour la victoire des troupes chrétiennes face aux Turcs à la bataille de Belgrade, le 6 août 1456.

Dans l’Orient chrétien, la Transfiguration de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ est une des solennités les plus importantes de l’année, en même temps que Pâques, Noël et l’Exaltation de la Sainte Croix. La fête exprime toute la théologie de la divinisation par la grâce de la nature humaine qui, en revêtant le Christ, est éclairée par la splendeur de la gloire de Dieu. Unis à Jésus, nous dit l’office des lectures du rite romain, « nous brillerons pour les regards spirituels, nous serons renouvelés et divinisés dans les structures de notre âme et, avec lui, comme lui, nous serons transfigurés, divinisés pour toujours et transférés dans les hauteurs »[1].

« Seigneur, nous voici pour écouter ce que tu veux nous dire. Parle-nous ; nous sommes attentifs à ta voix. »

Seigneur, nous voici pour écouter ce que tu veux nous dire. Parle-nous ; nous sommes attentifs à ta voix.

Unis à Pierre, à Jacques et à Jean, cette fête nous invite à faire de Jésus le centre de notre attention : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le »( Mt 17, 5). Nous devons l’entendre et permettre que sa vie et ses enseignements divinisent notre vie ordinaire. Saint Josémaria priait ainsi : « Seigneur, nous voici pour écouter ce que tu veux nous dire. Parle-nous ; nous sommes attentifs à ta voix. Que tes paroles, en descendant dans notre âme, enflamment notre volonté pour qu’elle s’élance avec ferveur pour te servir.  »[2]

Écouter le Seigneur ayant la disposition sincère de s’identifier à lui nous fait accepter le sacrifice. Jésus se transfigure pour « préparer ainsi le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix »[3] pour les aider à affronter les moments obscurs de sa Passion. La Croix et la gloire sont intiment unies. De facto, si la fête de la Transfiguration a été fixée au 6 août c’est par rapport à l’Exaltation de la Sainte Croix : en effet, les quarante jours qui les séparent constituent, dans certaines traditions, comme un second carême. Ainsi, l’église Byzantine vit cette période comme un temps de jeûne et de contemplation de la Croix.


[1] Anastase, évêque du Sinaï, Homélie pour la Transfiguration (Lectio altera de l’office des lectures de la Liturgie des heures du 6 août)

[2] Saint Josémaria, Saint Rosaire, Quatrième mystère lumineux.

[3] Missel romain, Préface de la Transfiguration du Seigneur.