La Consécration de l’Opus Dei au Saint-Esprit

En 1971, saint Josémaria voulu couronner les consécrations de l’Opus Dei qu’il avait faites dans les années cinquante avec une nouvelle prière au Saint-Esprit. Il pensait à l’Église qui avait tant besoin de la sainteté de tous ses fidèles à ce moment-là. Il composa lui-même cette prière que tous les Centres de l’Opus Dei font désormais le jour de la Pentecôte.

Saint Josémaria en juin 1971

En 1971, saint Josémaria voulu couronner les consécrations de l’Opus Dei qu’il avait faites dans les années cinquante ( au Cœur très doux de Marie , au Cœur de Jésus , et à la Sainte Famille), avec une nouvelle prière au Saint-Esprit. Il pensait à l’Église qui avait tant besoin de la sainteté de tous ses fidèles à ce moment-là. Il composa lui-même cette prière que tous les Centres de l’Opus Dei font désormais tous les ans, le jour de la Pentecôte.

André Vázquez de Prada rapporte cet événement dans l biographie de saint Josémaria :

À ces paroles qui lui furent données en 1970, et qui l’aidèrent tant dans sa prière persévérante pour l’Église, succéda bientôt une « découverte » : ce fut l’action, l’effusion de l’Esprit Saint à la messe. Sa vision apostolique s’en trouva élargie, Dieu, dans sa bonté, lui ayant fait voir comment l’Opus Dei s’épanouissait dans des âmes de toutes races, langues et nations.

Lui qui était peu enclin à proposer des dévotions particulières, il lui parut cependant nécessaire que toute la famille de l’Opus Dei fasse ensemble une Consécration à l’Esprit Saint afin d’être toujours un instrument fidèle au service de l’Église.

Il la fit, le jour de la Pentecôte, le 30 mai 1971, à midi et demi, dans l’oratoire du Conseil général. Derrière l’autel, un grand vitrail représentait la scène de la Pentecôte. Au cours de la cérémonie, don Álvaro lut le texte de la Consécration.

«Accorde la paix à ton Église afin que tous les catholiques, remplis de l’Esprit Saint, donnent toujours aux hommes un témoignage ferme et vrai de leur foi, une preuve effective de leur amour et la raison de leur espérance ».

On y demandait les dons d’intelligence, de sagesse, de science, de conseil, de crainte, et celui de force « qui nous rende fermes dans la foi, constants dans la lutte et persévérants avec fidélité dans l’Œuvre de Dieu ».

Et pour finir, le don de piété, « qui nous donne le sens de notre filiation divine, la conscience joyeuse et surnaturelle d’être enfants de Dieu et, en Jésus-Christ, frères de tous les hommes ».

« Nous te consacrons l’Opus Dei et toute notre vie. Nous t’offrons tout ce que nous sommes et ce que nous pouvons : notre intelligence et notre volonté, notre cœur, nos sens, notre âme et notre corps ».

Le peuple de Dieu et ses pasteurs, dont la situation lui tirait des larmes, n’étaient pas oubliés : « Nous te prions d’assister toujours ton Église, en particulier, le Souverain Pontife afin qu’il nous guide par sa parole et par son exemple, et qu’avec le troupeau qui lui a été confié, il obtienne la vie éternelle ; pour que les bons pasteurs ne manquent jamais, et pour que nous tous, les fidèles, te servant avec la sainteté de notre vie et l’intégrité de notre foi, nous parvenions à la gloire céleste. »

Pour la cérémonie de la Consécration que l’on renouvelle tous les ans dans les centres de l’Œuvre, le Père composa un texte qu’il présenta à don Alvaro pour toute remarque éventuelle. On ajouta ainsi une référence au fondateur, pour mettre en évidence la fidélité que ses enfants devraient toujours lui vouer. Le Père aurait voulu passer inaperçu et c’est en son humilité qu’il demanda à don Alvaro de lire ce passage-là :

« Conserve toujours dans ton Œuvre les dons spirituels que tu lui a octroyés afin que, selon ta très aimable volonté, indissolublement unis à notre Père, au Père et à tous nos frères, cor unum et anima una, nous soyons saints et un ferment efficace de sainteté parmi tous les hommes. Fais que nous soyons toujours fidèles à l’esprit que tu as confié à notre Fondateur et que nous sachions le conserver et le transmettre en toute sa divine intégrité ». (PR vol. XVII, Documenta)Vol. II, Opus Dei (Consécrations, p.)

« Illumine notre intelligence, purifie notre cœur, confirme notre volonté. Fais que nous recevions toutes choses comme venues de ta main, sachant que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».

Les grâces furent nombreuses. Ce clama, ne cesses ! maintint davantage encore le Père en éveil, le mettant constamment à l’écoute de Dieu. Chaque locution divine était un degré de plus dans l’escalade, un échange silencieux entre Dieu et l’âme pour un plus grand amour.

Sous l’impulsion de l’Esprit Saint, il chercha refuge dans le Sacré Cœur de Jésus, d’où se répand la miséricorde divine. Quand, au début de septembre 1971, il revint de Caglio, il conseilla à ses enfants de dire souvent : Cor Iesu Sacratissimum et Misericors, dona nobis pacem !

«De sorte qu’en vivant toujours dans ton amour, nous parvenions avec Marie notre Mère à la jouissance de ta gloire éternelle, unis alors pour toujours au Père qui, avec le Fils, vit et règne avec toi pour les siècles des siècles. Amen ».

Peu à peu il levait le voile sur l’action de l’Esprit Saint dans son âme, et eux, après le temps de la méditation ou les réunions, en notaient tel ou tel aspect. Ainsi en fut-il de cet acte d’abandon à la volonté de Dieu, qu’il avait composé en octobre 1971 :

Seigneur, mon Dieu : entre tes mains, je remets le passé, le présent et l’avenir, ce qui est petit et ce qui est grand, ce qui est peu et ce qui est beaucoup, ce qui est temporel et ce qui est éternel.

Et il poursuivait : Pour en venir à cet acte d’abandon, il faut y laisser sa peau.

Les locutions divines le menaient au détachement. Peu après le clama, ne cesses ! il confiait avec une grande simplicité à ses fils : Je suis toujours suspendu à Dieu ; je suis davantage hors de terre que sur terre. Elles orientaient sa vie intérieure vers la miséricorde du cœur du Christ. Mais il se lamentait aussi de répondre insuffisamment à la grâce : Dans n’importe quelle profession, après tant d’années, je serais déjà un maître. Dans l’amour de Dieu, je suis toujours un apprenti.

Par petites touches, la grâce se manifestait à travers ces locutions, ces brèves paroles, et l’aidait à lutter contre le découragement. Il avait alors suffisamment d’expérience pour apprécier ce « je ne sais quoi » d’unique des dits de Dieu. Dans son cas particulier, ce « je ne sais quoi » était bref, concret, non entendu par l’oreille… venant sans être recherché.

Vazquez de Prada, Tome III, Les chemins divins de la terre