Le pape fait ses adieux aux Africains : « Je garde dans mon cœur la joie et la foi de ce peuple »

Du 13 au 23 avril, lors de son troisième voyage apostolique, le pape Léon XIV se rendra dans quatre pays africains : l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale. Dans cet article, nous publierons certaines de ses interventions.

Algérie
Lundi 13 - Mardi 14

Cameroun
Mercredi 15 - Jeudi 16 - Vendredi 17 - Samedi 18

Angola
Dimanche 19 - Lundi 20

Guinée Équatoriale
Mardi 21 - Mercredi 22 - Jeudi 23

Programme officiel du voyage avec l'intégralité des interventions du Saint Père


Algérie: Lundi 13 avril

  • Visite du Mémorial des martyrs Maqam Echahid 
Chers frères et sœurs d’Algérie,

que la paix soit avec vous tous ! Assalamu lakom !

Je rends grâce à Dieu qui m’offre la possibilité de visiter votre pays en tant que successeur de l’apôtre Pierre, après l’avoir déjà fait à deux reprises en tant que fils spirituel de saint Augustin. Mais c’est avant tout un frère qui se présente devant vous, heureux de pouvoir renouveler, à l’occasion de cette rencontre, les liens d’affection qui rapprochent nos cœurs.

En vous regardant, je vois le visage d’un peuple fort et jeune, dont j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion d’expérimenter l’hospitalité et la fraternité. Dans le cœur algérien, l’amitié, la confiance, la solidarité ne sont pas simplement des mots, mais des valeurs qui comptent et qui donnent chaleur et solidité à la vie commune.

L’Algérie est un grand pays doté d’une longue histoire riche en traditions, depuis l’époque de saint Augustin et bien avant. Une histoire douloureuse, marquée aussi par des périodes de violence que vous avez toutefois su surmonter, avec courage et honnêteté, grâce précisément à la noblesse d’esprit qui vous caractérise et que je sens vivante encore aujourd’hui, ici.

Me trouver devant ce Monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation.

En ce lieu, rappelons-nous que Dieu souhaite la paix pour toutes les nations : une paix qui ne soit pas seulement une absence de conflit, mais l’expression de la justice et de la dignité. Et cette paix, qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié, n’est possible que par le pardon. La véritable lutte pour la libération ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura enfin été conquise. Je sais combien il est difficile de pardonner. Cependant, alors que les conflits continuent de se multiplier partout dans le monde, on ne peut pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération.

L’avenir appartient aux hommes et aux femmes de paix. En fin de compte, la justice triomphera toujours de l’injustice, tout comme la violence, n’aura jamais le dernier mot contrairement aux apparences.

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  • Rencontre avec les Autorités, la société civile et le corps diplomatique en Centre des Congrès Djamaa el Djazair (Alger) 

Lors de sa rencontre avec les autorités algériennes, le pape Léon XIV a souligné le rôle du pays en tant que pont stratégique entre les cultures, appelant à promouvoir une justice qui garantisse le développement de tous les citoyens. Le souverain pontife a insisté sur le fait que la véritable paix naît de la liberté et d'un engagement sincère en faveur du bien commun, encourageant les dirigeants à bâtir une société où les jeunes soient les acteurs d'un avenir porteur d'espoir.

Il a également souligné l'importance de la liberté religieuse et de l'amitié sociale en tant que piliers de la stabilité nationale. Il a remercié la communauté catholique pour son accueil et a réaffirmé la volonté de l'Église de servir discrètement les plus démunis. Ce message invite à voir dans le service public et la collaboration civile une occasion de semer la concorde et le respect mutuel au sein de la vie sociale.

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  • Visite à la Grande Mosquée d'Alger
  • Visite privée au Centre d'accueil et d'amitié des Sœurs Missionnaires Augustiniennes à Bab El Oued 
  • Rencontre avec la communauté algérienne - Basilique Notre-Dame d'Afrique

    Sous le regard de Lalla Meryem (Notre-Dame), le Saint-Père a adressé un message axé sur l’identité d’une Église qui, bien que peu nombreuse, est appelée à être un « sacrement d’unité » et une graine de paix au sein de la société.
    En rappelant les racines qui remontent à saint Augustin, le Souverain Pontife a encouragé les fidèles à vivre leur foi avec naturel, en manifestant le visage maternel de l’Église à travers le service et le don de soi dans les circonstances ordinaires de chaque jour.

    La mémoire des martyrs d’Algérie a occupé une place centrale dans son discours, les présentant comme des modèles d’une charité qui ne connaît pas de frontières. Leur décision de rester aux côtés du peuple dans les moments les plus difficiles est décrite comme un témoignage de fidélité extrême, où l’amour l’emporte sur la peur. Ce sacrifice invite à réfléchir sur la vocation de tout chrétien à être artisan de réconciliation, en transformant la souffrance en une occasion de resserrer les liens de fraternité avec tous, sans distinction de croyances.

    Enfin, le pape a lancé un appel à l'espoir et au dialogue constructif, soulignant que c'est dans la fragilité que la dépendance mutuelle et la confiance en Dieu sont les plus nécessaires. Il a exhorté la communauté à poursuivre la guérison de la mémoire et à voir en son prochain un compagnon de route indispensable. Pour ceux qui cherchent à sanctifier leur travail et leurs relations sociales, ce message renforce l’idée que la véritable liberté et le dynamisme social naissent d’un cœur qui sert avec joie et contribue au bien commun à travers la simplicité de la vie quotidienne.

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Algérie - Mardi 14 avril

  • Visite au site archéologique d'Hippone
  • Visite à la Maison d'accueil pour personnes âgées des Petites Sœurs des pauvres
  • Rencontre privée avec les membres de l'ordre augustinien à la Maison de la Communauté Augustinienne
  • Homélie du Saint Père - Basilique Saint-Augustin (Annaba)
Chers frères et sœurs,

la parole divine traverse l’histoire et la renouvelle par la voix humaine du Sauveur. Nous entendons aujourd’hui l’Évangile, bonne nouvelle pour tous les temps, dans cette Basilique d’Annaba dédiée à saint Augustin, évêque de l’antique Hippone. Les lieux qui nous accueillent ont changé de nom au fil des siècles, mais les saints restent nos patrons et sont les témoins fidèles d’un lien avec la terre, qui vient du ciel. C’est cette dynamique que le Seigneur met en lumière dans la nuit avec Nicodème : c’est cette force que le Christ insuffle à la faiblesse de sa foi et à la persévérance de sa recherche.

Envoyé par l’Esprit de Dieu, dont « on ne sait ni d’où il vient ni où il va » (Jn 3, 8), Jésus est pour Nicodème un hôte particulier. Il l’appelle à une vie nouvelle en confiant à son interlocuteur - mais à nous aussi - une tâche surprenante : « Il vous faut naître d’en haut » (ibid., 7). C’est l’invitation adressée à chaque homme et à chaque femme qui cherche le salut ! La mission de toute l’Église, et par conséquent de la communauté chrétienne en Algérie, jaillit de l’appel de Jésus : renaître d’en haut, c’est-à-dire de Dieu. Dans cette perspective, la foi triomphe des épreuves terrestres et la grâce du Seigneur fait fleurir le désert. Mais la beauté de cette exhortation s’accompagne d’une épreuve, que l’Évangile nous appelle à traverser ensemble.

Les paroles du Christ ont en effet toute la force d’un devoir : vous devez renaître d’en haut ! Cet impératif résonne à nos oreilles comme un commandement impossible. Nous comprenons cependant, en écoutant attentivement Celui qui le donne, qu’il ne s’agit ni d’une imposition sévère, ni d’une contrainte, et encore moins d’une condamnation à l’échec. Au contraire, le devoir exprimé par Jésus est un don de liberté puisqu’il nous révèle une possibilité inespérée : renaître d’en haut, grâce à Dieu. Il nous faut donc le faire, selon sa volonté aimante qui désire renouveler l’humanité en l’appelant à une communion de vie partant de la foi. Alors que le Christ nous demande de renouveler complètement notre existence, Il nous donne aussi la force de le faire. Saint Augustin en témoigne, lui qui prie ainsi : « Donne, ô Seigneur, ce que tu commandes, et commande ce que tu veux » (Confessions, X, 29, 40).

Alors, lorsque nous nous demandons comment un avenir de justice et de paix, de concorde et de salut est possible, nous posons à Dieu la même question que Nicodème : notre histoire peut-elle vraiment changer ? Nous sommes tellement encombrés de problèmes, d’embûches et de tribulations ! Notre vie peut-elle vraiment recommencer complètement ? Oui ! Cette affirmation du Seigneur, pleine d’amour, remplit nos cœurs d’espérance. Peu importe à quel point nous sommes accablés par la douleur ou le péché : le Crucifié porte tous ces fardeaux avec nous et pour nous. Peu importe à quel point nous sommes découragés par nos faiblesses : c’est précisément là que se manifeste la force de Dieu qui a ressuscité le Christ d’entre les morts pour donner la vie au monde (cf. Rm 8, 1). Chacun de nous peut faire l’expérience de la liberté de la vie nouvelle qui vient de la foi dans le Rédempteur. Une fois encore, saint Augustin nous en donne l’exemple : il faut voir d’abord sa conversion avant de le considérer pour sa sagesse. Dans cette renaissance, providentiellement accompagnée par les larmes de sa mère, sainte Monique, il est devenu lui-même en s’écriant : « Je ne serais pas, mon Dieu, je ne serais pas du tout, si tu n’étais pas en moi. Ou mieux, je ne serais pas, si je n’étais en toi » (Confessions, I, 2).

Oui, assurément : les chrétiens naissent d’en haut, régénérés par Dieu en tant que frères et sœurs de Jésus ; et l’Église qui les nourrit par les sacrements est un sein maternel accueillant pour tous les peuples de la terre. Comme nous venons de l’entendre, les Actes des Apôtres en témoignent en décrivant le style qui caractérise l’humanité renouvelée par l’Esprit-Saint (cf. Ac 4, 32-37). Aujourd’hui encore, nous devons accueillir et mettre en œuvre cette règle apostolique, en la méditant comme un critère authentique de réforme ecclésiale : une réforme qui, pour être vraie, commence par le cœur et qui, pour devenir efficace, concerne chacun.

En premier lieu, en effet, « la multitude de ceux qui avaient embrassé la foi n’avait qu’un seul cœur et une seule âme » (v. 4, 32). Cette unité spirituelle est une concordia : un mot exprimant bien la communion des cœurs qui battent à l’unisson parce qu’ils sont unis à celui du Christ. L’Église naissante ne repose pas sur un contrat social mais sur une harmonie dans la foi, dans les sentiments, dans les idées, dans les choix de vie, harmonie qui a pour centre l’amour de Dieu fait homme pour sauver tous les peuples de la terre.

En second lieu, nous admirons l’effet concret de cette unité spirituelle des croyants : « Tout était commun entre eux » (v. 32). Tout le monde a tout, en participant aux biens de chacun comme les membres d’un seul corps. Personne n’est privé de quoi que ce soit, puisque chacun partage ce qui lui appartient. En transformant la possession en don, ce dévouement fraternel n’est utopique que pour les cœurs qui rivalisent entre eux et pour les âmes avides en faveur d’elles-mêmes. Au contraire, la foi en l’unique Dieu, Seigneur du ciel et de la terre, unit les hommes selon une justice parfaite qui invite chacun à la charité, c’est-à-dire à aimer chaque créature de l’amour que Dieu nous offre dans le Christ. C’est pourquoi, en particulier face à la misère et à l’oppression, les chrétiens ont pour règle fondamentale la charité : faisons à qui se trouve à côté de nous ce que nous voudrions que l’on nous fasse (cf. Mt 7, 12). Animée par cette loi, inscrite par Dieu dans les cœurs, l’Église est toujours naissante, parce que là où règne le désespoir, elle enflamme l’espérance ; là où règne la misère, elle introduit la dignité ; là où il y a conflit, elle apporte la réconciliation.

En troisième lieu, le texte des Actes nous révèle le fondement de cette vie nouvelle qui concerne tous les peuples, quelles que soient leurs langues et leurs cultures : « Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et tous jouissaient d’une grande faveur » (v. 33). La charité qui les anime, avant d’être un engagement moral, est un signe de salut. Les Apôtres proclament que notre vie peut changer parce que le Christ est ressuscité d’entre les morts. La première tâche des pasteurs, ministres de l’Évangile, est donc de rendre témoignage à Dieu d’un seul cœur et d’une seule âme devant le monde, sans que les préoccupations ne nous corrompent par la peur, ni que les modes ne nous affaiblissent par le compromis. Avec vous, frères dans l’épiscopat, et avec vous, prêtres, renouvelons sans cesse cette mission pour le bien de ceux qui nous sont confiés, afin que l’Église tout entière soit, dans son service, un message de vie nouvelle pour ceux que nous rencontrons.

Sur cette terre, chers chrétiens d’Algérie, restez un signe humble et fidèle de l’amour du Christ. Témoignez de l’Évangile par des gestes simples, des relations authentiques et un dialogue vécu au jour le jour : Vous donnerez ainsi saveur et lumière là où vous vivez. Votre présence dans le pays fait penser à l’encens : un grain incandescent qui diffuse son parfum parce qu’il rend gloire au Seigneur, et apporte joie et réconfort à beaucoup de frères et sœurs. Cet encens est un petit élément précieux qui n’est pas au centre de l’attention mais qui invite à tourner nos cœurs vers Dieu, en nous encourageant mutuellement à persévérer dans les difficultés du temps présent. La louange, la bénédiction, la supplication s’élèvent de l’encensoir de notre cœur, en répandant la suave odeur (cf. Ep 5,1) de la miséricorde, de l’aumône et du pardon. Votre histoire est faite d’accueil généreux et de persévérance dans l’épreuve : c’est ici que les martyrs ont prié, c’est ici que saint Augustin a aimé son troupeau en cherchant la vérité avec passion et en servant le Christ avec une foi ardente. Soyez les héritiers de cette tradition en témoignant, dans la charité fraternelle, de la liberté de ceux qui naissent d’en haut comme une espérance de salut pour le monde.

source : vatican.va


Cameroun : Mercredi 15 avril

  • Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique

La paix, en effet, ne se décrète pas : elle s’accueille et se vit. Elle est un don de Dieu qui se développe à travers un travail patient et collectif. Elle est de la responsabilité de tous, en premier lieu celle des Autorités civiles. Gouverner, c’est aimer son pays, mais aussi les pays voisins. Le commandement “aime ton prochain comme toi-même” s’applique également aux relations internationales ! Gouverner, c’est écouter réellement les citoyens, estimer leur intelligence et leur capacité à contribuer à l’élaboration de solutions durables aux problèmes. Le Pape François a souligné la nécessité de dépasser « cette conception des politiques sociales comme une politique envers les pauvres, mais jamais avec les pauvres, jamais pour les pauvres, et encore moins inscrite dans un projet qui rassemble les peuples ». [1]

Dans ce changement d’approche, la société civile doit être considérée comme une force vitale pour la cohésion nationale. Le Cameroun est lui aussi prêt pour cette transition ! Associations, organisations de femmes et de jeunes, syndicats, ONG humanitaires, chefs traditionnels et religieux : tous jouent un rôle irremplaçable dans la construction de la paix sociale. Ce sont eux les premiers à intervenir lorsque des tensions surgissent ; ce sont eux qui accompagnent les personnes déplacées, soutiennent les victimes, ouvrent des espaces de dialogue et encouragent la médiation locale. Leur proximité avec le terrain permet de comprendre les causes profondes des conflits et d’entrevoir des réponses adaptées. La société civile contribue en outre à former les consciences, à promouvoir la culture du dialogue et le respect des différences. C’est donc en son sein que se prépare un avenir moins exposé à l’incertitude. Je tiens à souligner avec gratitude le rôle des femmes. Malheureusement, elles sont souvent les premières victimes des préjugés et des violences ; elles restent cependant des artisans infatigables de paix. Leur engagement dans l’éducation, la médiation et la reconstruction du tissu social est sans égal et constitue un frein à la corruption et aux abus de pouvoir. C’est aussi pour cette raison que leur voix doit être pleinement reconnue dans les processus décisionnels.

[1] François, Discours aux participants à la 3e Rencontre mondiale des mouvements populaires (5 novembre 2016).

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  • Visite à l'Orphelinat Ngul Zamba 

Au cours de sa visite, le pape Léon XIV a adressé un message profondément porteur d'espoir, axé sur la dignité de chaque enfant en tant qu'enfant bien-aimé de Dieu. Le Souverain Pontife a souligné que, même si ces petits ont connu la douleur de l’abandon ou de la perte, ils trouveront toujours un foyer et une famille au sein de l’Église. Ému, il a remercié les éducateurs et les bénévoles pour leur travail, le qualifiant non seulement d’aide sociale, mais aussi de véritable caresse de Dieu qui guérit les blessures de l’âme.

Le Saint-Père a souligné que ces centres sont des oasis de miséricorde où l'avenir de la nation se construit à partir de la fragilité. Il a encouragé les enfants à ne pas laisser la tristesse étouffer leurs rêves, en leur rappelant que leur vie a une valeur infinie et que le Seigneur les accompagne à chaque pas. Pour les autorités et la société civile, ses paroles ont été un appel à la responsabilité, les exhortant à protéger l’enfance comme le trésor le plus précieux de la société, car la manière dont sont traités les plus vulnérables est le véritable baromètre de l’humanité d’un peuple.

Enfin, le Pape a placé ce lieu sous la protection de la Sainte Famille, soulignant que l'amour et le don de soi sont les seuls capables de transformer la souffrance en espérance. Ce message invite chacun à collaborer avec générosité à ces œuvres de charité, en rappelant que servir les plus petits, c’est servir le Christ lui-même. Il a conclu par une bénédiction spéciale pour chaque enfant, en demandant que le sourire ne leur manque jamais, ni la certitude d’être profondément aimés par leur Père céleste.

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  • Rencontre privée avec les évêques du Cameroun au siège de la Conférence Épiscopale

Cameroun, Jeudi 16 avril

  • Rencontre pour la paix avec la Communauté de Bamenda dans la Cathédrale Saint-Joseph
  • Homélie durant la Messe à l'aéroport de Bamenda

Chers frères et sœurs dans le Christ,

comme pèlerin de paix et d’unité, je viens parmi vous et je vous fais part de la joie que j’éprouve à me trouver ici pour visiter votre pays et, surtout, pour partager votre cheminement, vos peines et vos espoirs.

Les manifestations festives qui accompagnent vos liturgies et la joie qui jaillit de la prière que vous élevez vers Dieu sont le signe de votre abandon confiant en Dieu Lui, de votre espérance inébranlable en Lui, de votre attachement, par toutes vos forces, à l’amour de Dieu du Père qui se fait proche et regarde avec compassion les souffrances de ses enfants. Dans le psaume que nous avons prié ensemble, cette confiance en Lui, que nous sommes appelés à renouveler aujourd’hui, est chantée : « Le Seigneur est proche du cœur brisé, il sauve l’esprit abattu » (Ps 34, 19).

Frères et sœurs, les raisons et les situations qui nous brisent le cœur et nous plongent dans la détresse sont nombreuses. En effet, les espoirs d’un avenir de paix et de réconciliation, où chacun est respecté dans sa dignité et les droits fondamentaux sont garantis à tous, sont sans cesse mis à mal par les nombreux problèmes qui marquent cette magnifique terre : les multiples formes de pauvreté qui touchent encore actuellement un très grand nombre de personnes dans le contexte d’une crise alimentaire en cours ; la corruption morale, sociale et politique, liée surtout à la gestion des richesses qui empêche le développement des institutions et des structures ; les graves problèmes qui en découlent et qui touchent les systèmes éducatif et sanitaire, ainsi que la grande migration vers l’étranger, en particulier des jeunes. Et, aux problèmes internes, souvent alimentés par la haine et la violence, s’ajoute également le mal causé venant de l’extérieur, par ceux qui, au nom du profit, continuent de s’emparer du continent africain pour l’exploiter et le piller.

Tout cela risque de nous faire sentir impuissants et d'ébranler notre confiance. Et pourtant, c'est le moment de changer, de transformer l'histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur, le moment est venu de reconstruire, de tisser, de composer à nouveau la mosaïque de l’unité en réunissant les diversités et les richesses du pays et du continent, d’édifier une société où règnent la paix et la réconciliation.

Il est vrai que lorsqu’une situation s’est installée depuis longtemps, le risque est celui de la résignation et de l’impuissance, car nous n’attendons aucune nouveauté. Pourtant, la Parole du Seigneur ouvre des espaces de nouveautés et engendre transformation et guérison, parce qu’elle est capable de mettre le cœur en mouvement, de remettre en question le cours normal des choses auquel nous risquons facilement de nous habituer et de nous rendre acteurs actifs du changement. Rappelons-nous ceci : Dieu est nouveauté, Dieu crée des choses nouvelles, Dieu fait de nous des personnes courageuses qui, en défiant le mal, construisent le bien.

Nous le voyons dans le témoignage des Apôtres, tel que nous l’avons entendu dans la première Lecture : alors que les autorités du Sanhédrin interrogent les Apôtres, les réprimandent et les menacent parce qu’ils annoncent publiquement le Christ, ceux-ci répondent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice » (Ac 5, 29-30).

Le courage des Apôtres se transforme en conscience critique, en prophétie, en dénonciation du mal, et c’est là le premier pas pour changer les choses. Obéir à Dieu, en effet, n’est pas un acte de soumission qui nous opprime ou nous prive de notre liberté ; au contraire, l’obéissance à Dieu nous rend libres, car elle signifie Lui confier notre vie et laisser sa Parole inspirer notre façon de penser et d’agir. Ainsi, comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, rapportant la dernière partie du dialogue entre Jésus et Nicodème : « Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous » (Jn 3, 31). Celui qui obéit à Dieu avant d’obéir aux hommes ou à la pensée humaine et terrestre retrouve sa liberté intérieure, parvient à découvrir la valeur du bien et à ne pas se résigner au mal, redécouvre le chemin de la vie, devient artisan de paix et de fraternité.

Frères et sœurs, la consolation des cœurs brisés et l’espoir d’un changement de société sont possibles si nous nous en remettons à Dieu et à sa Parole. Nous devons cependant toujours garder dans notre cœur l’appel de l’apôtre Pierre et le remémorer : obéir à Dieu, et non aux hommes. Lui obéir parce que Lui seul est Dieu. Et cela nous invite à promouvoir l’inculturation de l’Évangile et à veiller attentivement, y compris sur notre propre religiosité, afin de ne pas tomber dans le piège de suivre ces courants qui mélangent de manière confuse la foi catholique avec d’autres croyances et traditions de type ésotérique ou gnostique qui, en réalité, ont souvent des finalités politiques et économiques. Seul Dieu libère, seule sa Parole ouvre des chemins de liberté, seul son Esprit fait de nous des personnes nouvelles capables de changer ce pays.

Je vous accompagne par ma prière constante et je bénis en particulier l’Église ici présente : tant de prêtres, de missionnaires, de religieux et de laïcs qui œuvrent pour être source de consolation et d’espérance. Je vous encourage à poursuivre sur cette voie et je vous confie à l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Reine des Apôtres et Mère de l’Église.

source : vatican.va

Cameroun - Vendredi 17 avril 

  • Extrait de l'homélie durant la Messe au “Japoma Stadium” (Douala)

Chers jeunes, c’est surtout à vous que j’adresse cette invitation, car vous êtes les enfants bien-aimés de la terre d’Afrique ! Comme frères et sœurs de Jésus, multipliez vos talents par la foi, par la ténacité et par l’amitié qui vous habitent. Soyez les premiers à incarner les visages et les mains qui portent au prochain le pain de la vie : un aliment de sagesse qui libère de tout ce qui ne nourrit pas, détourne nos bons désirs et vole notre dignité.

Beaucoup connaissent la pauvreté, tant matérielle que spirituelle, dans votre pays pourtant si fertile, le Cameroun. Ne cédez pas à la méfiance et au découragement. Refusez toutes formes d’abus et de violences, qui illusionnent en promettant des gains faciles et endurcissent le cœur le rendant insensible. N’oubliez pas que votre peuple est plus riche encore que cette terre, car son trésor, ce sont ses valeurs : la foi, la famille, l’hospitalité, le travail. Soyez donc les acteurs de l’avenir, en suivant la vocation que Dieu donne à chacun, sans vous laisser acheter par des tentations qui gaspillent les énergies et ne servent pas au progrès de la société.

Pour faire de votre noble esprit une prophétie du monde nouveau, prenez pour exemple ce que nous avons entendu dans les Actes des Apôtres. Les premiers chrétiens témoignaient courageusement du Seigneur Jésus face aux difficultés et aux menaces, et ils persévéraient au milieu des outrages (cf. Ac 5, 40-41). Ces disciples « tous les jours, au Temple et dans leurs maisons, enseignaient sans cesse et annonçaient la Bonne Nouvelle : le Christ, c’est Jésus » (v. 42), c’est-à-dire le Messie, le Libérateur du monde. Oui, le Seigneur libère du péché et de la mort. Annoncer sans relâche cet Évangile est la mission de tout chrétien : c’est la mission que je confie tout particulièrement, à vous les jeunes, et à toute l’Église qui vit au Cameroun. Devenez la bonne nouvelle pour votre pays, comme le fut, par exemple, le Bienheureux Floribert Bwana Chui pour le peuple congolais.

Frères et sœurs, enseigner c’est laisser une trace, comme le fait le laboureur avec sa charrue dans les champs, afin que la semence porte du fruit. C’est ainsi que l’annonce chrétienne change notre histoire, en transformant les esprits et les cœurs. Annoncer Jésus ressuscité, c’est tracer des sillons de justice dans une terre souffrante et opprimée, des sillons de paix au milieu des rivalités et de la corruption, des sillons de foi qui nous libèrent de la superstition et de l’indifférence. Nous allons maintenant, avec cet Évangile dans le cœur, partager le Pain eucharistique qui nous rassasie pour la vie éternelle. Dans une foi joyeuse, demandons au Seigneur de multiplier entre nous ses bienfaits, pour le bien de tous.

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  • Visite privée à l'hôpital catholique Saint Paul
  • Rencontre avec le monde universitaire - Université Catholique d'Afrique Centrale (Yaoundé)

Lors de sa rencontre avec le monde universitaire au Cameroun, le pape Léon XIV a souligné la mission fondamentale de l'enseignement supérieur en tant qu'espace dédié à la recherche de la vérité et au service de la dignité humaine. Le Saint-Père a souligné que l’université ne doit pas être seulement un lieu d’enseignement technique, mais un laboratoire d’espoir où se forment des consciences capables de transformer la réalité sociale. Il a encouragé les étudiants et les professeurs à être les protagonistes d’une pensée qui ne se referme pas sur elle-même, mais qui s’ouvre aux besoins des plus vulnérables, en intégrant le savoir scientifique à la sagesse du cœur.

Le Souverain Pontife a lancé un appel particulier aux jeunes universitaires afin qu’ils soient les fers de lance d’une culture de la rencontre face à la division et à la corruption. Il a rappelé que la connaissance s'accompagne d'une responsabilité éthique : mettre son talent personnel au service du bien commun et de la justice. Pour ceux qui cherchent à sanctifier les études, ce message renforce l'idée que la vie intellectuelle est un chemin de recherche de Dieu et une occasion de semer les graines de la paix et de la réconciliation dans la société camerounaise et sur tout le continent africain.

Enfin, le Pape a insisté sur l'importance d'une formation intégrale qui cultive à la fois l'intelligence et la solidarité. Il a exhorté la communauté universitaire à ne pas se laisser envahir par le pessimisme ou le matérialisme, mais à entretenir la passion pour la vérité qui libère. Il a conclu en soulignant que l'avenir de la nation dépend d'esprits brillants qui soient, en même temps, de grands cœurs, capables de rêver et de construire un pays plus fraternel et plus uni.

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Cameroun - Samedi 18 avril
 

  • Homélie à l'aéroport de Yaoundé-Ville

Chers frères et sœurs, que la paix soit avec vous ! La paix du Christ dont la présence éclaire notre chemin et apaise les tempêtes de la vie.

Nous célébrons cette Messe au terme de ma visite au Cameroun, et je vous suis très reconnaissant pour la façon dont vous m’avez accueilli et pour les moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble.

Comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, la foi ne nous épargne pas les tumultes et les tribulations, et il peut sembler à certains moments que la peur l’emporte. Mais nous savons que, même dans ces moments là, Jésus ne nous abandonne pas, comme pour les disciples sur la mer de Galilée.

Trois évangélistes racontent l’épisode que nous avons entendu, chacun à sa manière, avec un message différent en fonction des lecteurs auxquels il s’adresse. Saint Marc (cf. 6, 45-52) présente le Seigneur qui rejoint les disciples alors qu’ils peinent à ramer, à cause du vent contraire qui s’apaise dès qu’Il monte avec eux dans la barque. Saint Matthieu (cf. 14, 22-33) ajoute un détail : Pierre veut rejoindre le Maître en marchant sur les flots. Mais une fois descendu de la barque, il se laisse submerger par la peur et commence à s’enfoncer. Le Christ le saisit par la main, le sauve et lui reproche son incrédulité.

Dans la version de saint Jean qui a été proclamée aujourd’hui (cf. Jn 6, 16-21), le Sauveur s’approche des disciples en marchant sur les eaux et leur dit : « C’est moi, n’ayez plus peur » (v. 20), et l’évangéliste souligne que « C’était déjà les ténèbres » (v. 17). Dans la tradition juive, les “eaux”, avec leur profondeur et leur mystère, évoquent souvent le monde des enfers, le chaos, le danger, la mort. Avec les ténèbres, elles évoquent les forces du mal que l’homme ne peut pas dominer seul. Mais en même temps, elles sont aussi perçues, dans le souvenir des prodiges de l’exode, comme un lieu de passage, un gué par lequel Dieu, avec puissance, libère son peuple de l’esclavage.

L’Église a de nombreuses fois fait l’expérience, dans sa navigation à travers les siècles, de tempêtes et de “vents contraires” ; et nous aussi nous pouvons nous identifier aux sentiments de peur et de doute éprouvés par les disciples au cours de la traversée du lac de Tibériade. C’est ce que nous ressentons dans les moments où nous avons l’impression de nous enfoncer, submergés par des forces adverses, quand tout semble sombre et que nous nous sentons seuls et fragiles. Mais il n’en est pas ainsi. Jésus est avec nous, toujours, plus fort que toute puissance du mal. Il nous rejoint dans chaque tempête et nous redit : “Je suis là avec toi : n’aie pas peur”. C’est pourquoi nous nous relevons après chaque chute, et nous ne nous laissons arrêter par aucune tempête. Nous allons de l’avant, avec courage et confiance, toujours. Et c’est grâce à Lui que, comme le disait le Pape François, beaucoup d’« hommes et de femmes […] honorent notre peuple, honorent notre Église […] : forts faire progresser leur vie, leur famille, leur travail, leur foi » (Catéchèse, 14 mai 2014, 2).

Jésus se fait proche de nous : il n’apaise pas immédiatement les tempêtes mais il nous rejoint au milieu des dangers, et il nous invite, dans les joies comme dans les peines, à rester ensemble, solidaires, comme les disciples dans la même barque ; à ne pas regarder de loin ceux qui souffrent, mais à nous rapprocher d’eux, à nous serrer les uns contre les autres. Personne ne doit être laissé seul face aux épreuves de la vie. Pour cela, chaque communauté a pour tâche de créer et de soutenir des structures de solidarité et d’entraide où, face aux crises – qu’elles soient sociales, politiques, sanitaires ou économiques –, chacun puisse donner et recevoir de l’aide, selon ses capacités et ses besoins. Les paroles de Jésus, “c’est moi”, nous rappellent que, dans une société fondée sur le respect de la dignité de la personne, la contribution de tout le monde est importante et a une valeur unique, indépendamment du status ou de la position de chacun aux yeux du monde.

L’exhortation “n’ayez pas peur” prend alors une dimension plus large, y compris sur le plan social et politique, comme un encouragement à affronter ensemble les problèmes et les défis – en particulier ceux liés à la pauvreté et à la justice –, avec un sens civique et de responsabilité civile. La foi ne sépare pas le spirituel du social. Au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles. Les efforts individuels et isolés ne suffisent pas au salut d’une communauté : une décision commune est nécessaire, qui intègre la dimension spirituelle et éthique de l’Évangile au cœur des institutions et des structures, en faisant de celui-ci des instruments pour le bien commun, et non des lieux d’intérêts, de conflits, ou le théâtre de luttes stériles.

La première lecture en parle (cf. Ac 6, 1-7), dans laquelle nous voyons comment l’Église affronte sa première crise de croissance. L’augmentation rapide du nombre des disciples (v. 1) pose à la communauté de nouveaux défis dans l’exercice de la charité, auxquels les apôtres ne parviennent plus à répondre seuls. Certains sont négligés dans le service des repas, et c’est pourquoi les murmures s’amplifient et un sentiment d’injustice menace l’unité. Le service quotidien aux pauvres était une pratique essentielle dans l’Église primitive ; il visait à soutenir les plus fragiles, en particulier les orphelins et les veuves. Il fallait toutefois l’intégrer aux besoins de l’annonce et de l’enseignement, qui étaient eux aussi pressants, et la solution n’était pas simple. Les apôtres se sont alors réunis, ils ont partagé leurs préoccupations, ils ont échangé leurs points de vue à la lumière des enseignements de Jésus et ils ont prié ensemble, parvenant ainsi à vaincre des obstacles et des malentendus qui, à première vue, semblaient insurmontables. Ils ont ainsi fait naître quelque chose de nouveau, en choisissant des hommes « estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (v. 3), et en les destinant, par l’imposition des mains, à un service concret qui était aussi une mission spirituelle. En écoutant la voix du Saint-Esprit, et attentifs au cri des souffrants, non seulement ils ont évité une fracture au sein de la communauté, mais ils l’ont dotée, par inspiration divine, d’instruments nouveaux et adaptés à sa croissance, en transformant un moment de crise en occasion d’enrichissement et de développement pour tous.

Parfois, la vie d’une famille et d’une société exige aussi cela : le courage de changer les habitudes et les structures, afin que la dignité de la personne reste toujours au centre et que les inégalités et les marginalisations soient surmontées. Dieu s’est identifié aux plus petits en s’incarnant, et cela fait de la sollicitude préférentielle envers les pauvres une option fondamentale de notre identité chrétienne (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 198 ; Exhort. ap. Dilexi te, nn.16-17).

Frères et sœurs, maintenant, nous nous disons au revoir. Chacun va retourner à ses occupations habituelles, et la barque de l’Église poursuit son chemin vers le but, par la grâce de Dieu et l’engagement de chacun. Gardons vivant dans nos cœurs le souvenir des beaux moments que nous avons vécus ensemble. Même dans les difficultés, continuons à faire de la place à Jésus, en nous laissant éclairer et renouveler chaque jour par sa présence. L’Église camerounaise est vivante, jeune, riche de dons et d’enthousiasme, vivante dans sa diversité et merveilleuse dans son harmonie. Avec l’aide de la Vierge Marie, notre Mère, faites fleurir toujours davantage sa présence joyeuse ; faites même des vents contraires, qui ne manquent jamais dans la vie, des occasions de croissance dans le service joyeux de Dieu et des frères, dans le partage, l’écoute, la prière et le désir de grandir ensemble.

Remerciements finaux

Chers frères et sœurs, cette célébration marque la fin de ma visite au Cameroun. Je remercie de tout cœur Monseigneur l’Archevêque ainsi que tous les pasteurs de l’Église de ce pays.

Je renouvelle ma gratitude envers les Autorités civiles et tous ceux qui ont coopéré à préparer et organiser tout cela.

Merci à chacun, en particulier aux malades, aux personnes âgées et aux moniales qui ont offert leurs prières.

Peuple de Dieu qui vis et chemines au Cameroun, n’aie pas peur ! Reste fermement uni au Christ Seigneur ! Avec la force de son Esprit, tu seras le sel et la lumière de cette terre ! Merci beaucoup !

source : vatican.va


Angola, Dimanche 19 avril

  • Extrait de l'homélie durant la Messe à Kilamba

L’histoire de votre pays, les conséquences encore difficiles que vous supportez, les problèmes sociaux et économiques et les différentes formes de pauvreté réclament la présence d’une Église qui sache vous accompagner sur le chemin et recueillir le cri de ses enfants. Une Église qui, à la lumière de la Parole et nourrie de l’Eucharistie, sait raviver l’espérance perdue. Une Église faite de personnes comme vous qui se donnent, tout comme Jésus rompt le pain pour les deux disciples d’Emmaüs. L’Angola a besoin d’évêques, de prêtres, de missionnaires, de religieuses et de religieux, de laïcs qui aient à cœur le désir de rompre leur propre vie et de la donner les uns aux autres, de s’engager dans l’amour et le pardon mutuels, de construire des espaces de fraternité et de paix, d’accomplir des gestes de compassion et de solidarité envers ceux qui en ont le plus besoin.

Par la grâce du Christ Ressuscité, nous pouvons devenir ce pain rompu qui transforme la réalité. Et tout comme l’Eucharistie nous rappelle que nous formons un seul corps et un seul esprit, unis à l’unique Seigneur, nous aussi, nous pouvons et nous voulons construire un pays où les vieilles divisions seront définitivement surmontées, où la haine et la violence disparaîtront, où le fléau de la corruption sera guéri par une nouvelle culture de justice et de partage. Ce n’est qu’ainsi qu’un avenir d’espoir sera possible, surtout pour les nombreux jeunes qui l’ont perdu.

Frères et sœurs, aujourd’hui, il faut regarder vers l’avenir avec espérance et construire l’espérance de l’avenir. N’ayez pas peur de le faire ! Jésus Ressuscité, qui chemine avec vous et qui, pour vous, se donne comme le pain, vous encourage à être les témoins de sa résurrection et les acteurs d’une nouvelle humanité et d’une nouvelle société.

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Angola, lundi 20 avril

  •  Homélie du Saint-Père durant la Messe - Esplanade de Saurimo

Chers frères et sœurs,

Partout dans le monde, l’Église vit comme un peuple qui marche à la suite du Christ, notre frère et Rédempteur : Lui, le Ressuscité, nous éclaire la route vers le Père et, par la force de l’Esprit, il nous sanctifie afin que nous transformions notre mode de vie selon son amour. Telle est la Bonne Nouvelle, l’Évangile qui coule comme le sang dans nos veines, en nous soutenant tout au long de la route. Une route qui m’a conduit ici aujourd’hui, parmi vous ! Dans la joie et la beauté de notre assemblée réunie au nom de Jésus, écoutons avec un cœur ouvert sa Parole de salut, car elle nous fait réfléchir sur la raison et sur la fin pour lesquelles nous suivons le Seigneur.

En effet, lorsque le Fils de Dieu s’incarne, il pose des gestes éloquents pour manifester la volonté du Père : il éclaire les ténèbres en rendant la vue aux aveugles, il donne la parole aux opprimés en déliant la langue des muets, il rassasie notre faim de justice en multipliant le pain pour les pauvres et les faibles. Quiconque entend parler de ces œuvres se met à la recherche de Jésus. En même temps, le Seigneur voit dans notre cœur et nous demande si nous le cherchons par gratitude ou par intérêt, par calcul ou par amour. Il dit en effet à ceux qui le suivaient : « Vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés » (Jn 6, 26). Ses paroles révèlent les intentions de ceux qui ne souhaitent pas rencontrer une personne, mais seulement consommer des objets. La foule voit Jésus comme un instrument au service d’autre chose, un prestataire de services. S’il ne leur donnait pas à manger, ses gestes et ses enseignements ne les intéresseraient pas.

Cela se produit lorsque la foi authentique est remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin, et tant que l’on en a besoin. Même les plus beaux dons du Seigneur, qui prend toujours soin de son peuple, deviennent dès lors une exigence, une récompense ou un moyen de chantage, et sont mal interprétés par ceux-là mêmes qui les reçoivent. Le récit évangélique nous fait donc comprendre qu’il existe de mauvaises raisons de rechercher le Christ, surtout lorsqu’il est considéré comme un gourou ou un porte-bonheur. Même la fin que cette foule se propose est inadéquate : en effet, elle ne cherche pas un maître à aimer, mais un chef à vénérer pour son propre intérêt.

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  • Rencontre avec les évêques, les prêtres, les personnes consacrées - Paroisse Notre-Dame de Fatima (Luanda)


    Guinée Équatoriale, Mardi 21 avril 

    • Rencontre avec le monde de la culture - Campus Universitaire Léon XIV de l'Université nationale (Malabo)

    L’histoire de l’homme peut aussi être lue à travers la symbolique de certains arbres bibliques. Dans le jardin du Livre de la Genèse, à côté de l’arbre de vie, se dresse également l’arbre de la connaissance du bien et du mal (cf. Gn 2, 9), dont Dieu ordonne à l’homme et à la femme de ne pas manger les fruits. Il convient de souligner qu’il ne s’agit pas d’une condamnation de la connaissance en tant que telle, comme si la foi craignait l’intelligence ou considérait avec suspicion le désir de savoir. L’être humain a reçu la capacité de connaître, de nommer, de discerner, de s’émerveiller devant le monde et de s’interroger sur son sens (cf. Gn 2, 19).

    Le problème ne réside donc pas dans la connaissance, mais dans son détournement vers une intelligence qui ne cherche plus à correspondre à la réalité, mais à la plier à ses propres exigences, en la jugeant selon la convenance de celui qui prétend la connaître. Là, la connaissance cesse d’être une ouverture et devient une possession ; elle cesse d’être un chemin vers la sagesse et se transforme en une affirmation orgueilleuse d’autosuffisance, ouvrant la voie à des égarements susceptibles de devenir inhumains.

    Cependant, l’histoire biblique ne prend pas fin devant cet arbre. La tradition chrétienne contemple un autre arbre, celui de la Croix, non pas comme une négation de l’intelligence humaine, mais comme signe de sa rédemption (cf. Col 2, 2-3). Si la Genèse présente la tentation d’une connaissance séparée de la vérité et du bien, la croix révèle au contraire une vérité qui, loin d’imposer sa domination, s’offre par amour et élève l’homme à la dignité avec laquelle il a été conçu dès son origine. Là, l’être humain est invité à laisser guérir son désir de connaître : à redécouvrir que la vérité ne se fabrique pas, ne se manipule pas et ne se possède pas comme un trophée, mais qu’elle s’accueille, se cherche avec humilité et se sert avec responsabilité.

    C’est pourquoi, dans une perspective chrétienne, le Christ n’apparaît pas comme une échappatoire fidéiste face à la difficulté intellectuelle, comme si la foi commençait là où la raison s’arrête. Au contraire : en Lui se manifeste la profonde harmonie entre vérité, raison et liberté. La vérité s’offre comme une réalité qui précède l’homme, lui parle et l’appelle à sortir de lui-même, et c’est pourquoi elle peut être recherchée avec confiance. La foi, loin de mettre fin à cette recherche, la purifie de toute autosuffisance et l’ouvre à une plénitude vers laquelle la raison tend, même si elle ne peut la saisir complètement.

    Ce faisant, l’arbre de la Croix ramène l’amour de la connaissance à sa source originelle. Il nous enseigne que connaître signifie s’ouvrir à la réalité, en accueillir le sens et en préserver le mystère. Ainsi, la recherche de la vérité demeure-t-elle véritablement humaine : humble, sérieuse et ouverte à une vérité qui nous précède, nous appelle et nous transcende.

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    • Visite au personnel et aux patients de l'hôpital psychiatrique « Jean Pierre Olie » (Malabo)

    Lors de sa visite à l'hôpital en Guinée équatoriale, le pape Léon XIV a axé son message sur l'importance d'humaniser les soins de santé, soulignant que chaque patient doit être considéré avant tout comme une personne dotée d'une dignité inaliénable et non pas seulement comme un cas clinique. Le Souverain Pontife a remercié chaleureusement les médecins, les infirmiers et le personnel de santé, qu’il a décrits comme les mains de Dieu qui soulagent la souffrance et sèment l’espérance au milieu de la maladie.

    Le Saint-Père a souligné que les hôpitaux doivent être des sanctuaires de la vie où la compétence professionnelle s’unit indissolublement à la compassion et à la tendresse. Il a encouragé les malades à ne pas perdre courage, en leur rappelant que le Seigneur est particulièrement proche de ceux qui souffrent et que leur douleur, unie à celle du Christ, a une valeur rédemptrice. Pour ceux qui cherchent à sanctifier leur travail quotidien, cette rencontre met en évidence que le service aux malades est une forme éminente de charité et une rencontre directe avec la chair souffrante de Jésus.

    Enfin, le Pape a lancé un appel pour que l'accès à des soins médicaux de qualité soit garanti pour tous, en particulier pour les plus pauvres et les plus oubliés. Il a exhorté les autorités et la société à investir dans la santé, en tant que bien commun fondamental pour le progrès humain et social du pays. Il a conclu en confiant toutes les personnes présentes à la protection de la Vierge Marie, demandant pour le personnel de santé la patience et l’amour nécessaires pour poursuivre sa noble mission de soins et de guérison.

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    Guinée Équatoriale : Mercredi 22 avril 

    • Extrait de l'homélie de la Messe en la Basilique de l'Immaculée Conception (Mongomo) 

    Chers frères et sœurs,

    nous sommes réunis dans cette magnifique basilique cathédrale, dédiée à l’Immaculée Conception, Mère du Verbe incarné et Patronne de la Guinée Équatoriale, pour écouter la Parole du Seigneur et célébrer le Mémorial qu’Il nous a laissé comme sommet et source de la vie et de la mission de l’Église. L’Eucharistie renferme véritablement tout le bien spirituel de l’Église : c’est le Christ, notre Pâque, qui se donne à nous, c’est le Pain vivant qui nous rassasie, c’est la présence qui nous révèle l’amour infini de Dieu pour toute la famille humaine et sa volonté de venir à la rencontre de chaque femme et de chaque homme, aujourd'hui encore.

    Je suis heureux de pouvoir célébrer avec vous, en rendant grâce au Seigneur pour ces 170 ans d’évangélisation sur ces terres de Guinée équatoriale. C’est une occasion propice pour faire mémoire de tout le bien que le Seigneur a accompli et, en même temps, je tiens à exprimer ma gratitude aux nombreux missionnaires, prêtres diocésains, catéchistes et fidèles laïcs qui ont consacré leur vie au service de l’Évangile.

    Ils ont accueilli les attentes, les questions et les blessures de votre peuple, en les éclairant par la Parole du Seigneur et en devenant un signe de l’amour de Dieu parmi vous ; par leur témoignage de vie, ils ont collaboré à l’avènement du Royaume de Dieu, sans craindre de souffrir pour leur fidélité au Christ.

    C’est une histoire que vous ne pouvez oublier, qui, d’une part, vous lie à l’Église apostolique et universelle qui vous a précédés et, d’autre part, vous a accompagnés pour que vous deveniez vous-mêmes les protagonistes de l’annonce de l’Évangile et du témoignage de la foi, accomplissant ainsi ces paroles prophétiques prononcées sur le sol africain par le Pape saint Paul VI : « Africains, vous êtes désormais vos propres missionnaires. L’Église du Christ est vraiment implantée sur cette terre bénie » (Homélie en conclusion du Symposium des Évêques d’Afrique, Kampala, Ouganda, 31 juillet 1969).

    Dans cette perspective, vous êtes appelés à continuer aujourd’hui sur la voie tracée par les missionnaires, les pasteurs et les laïcs qui vous ont précédés. Il est demandé à tous et à chacun un engagement personnel qui implique totalement la vie, afin que la foi, célébrée de manière si festive dans vos communautés et dans vos liturgies, nourrisse vos activités caritatives et la responsabilité envers le prochain, pour la promotion du bien de tous.

    Cet engagement exige de la persévérance, demande des efforts, parfois des sacrifices, mais il est le signe que nous sommes véritablement l’Église du Christ. En effet La première Lecture que nous avons écoutée nous raconte, en quelques versets, comment une Église qui annonce l’Évangile avec joie et sans crainte est aussi une Église qui, précisément pour cette raison, peut être persécutée (cf. Ac 8, 1-8). En outre, cependant, le Livre des Actes des Apôtres nous dit que, tandis que les chrétiens sont contraints de fuir et se dispersent, de très nombreuses personnes s’approchent de la Parole du Seigneur et peuvent voir de leurs propres yeux que les malades, dans leur corps et dans leur esprit, sont guéris : ce sont les signes prodigieux de la présence de Dieu qui suscitent une grande joie dans toute la ville (cf. vv. 6-8).

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    • Visite à la prison de Bata
    • Rencontre avec les jeunes et les familles au stade de Bata

    Lors de sa rencontre avec les jeunes et les familles à Bata, le pape Léon XIV a présenté la famille comme la cellule vivante et la première école d'amour de la société. Le Souverain Pontife a souligné que, face aux difficultés économiques et sociales, les foyers doivent être des lieux où l'on cultive la fidélité et la joie du service mutuel. Il a encouragé les époux à renouveler chaque jour leur engagement, en leur rappelant que leur témoignage d'unité est le fondement le plus solide pour construire une nation forte et en paix.

    S'adressant tout particulièrement aux jeunes, le Saint-Père leur a demandé de ne pas se laisser priver de leur espoir ni de leur capacité à rêver en grand. Il les a exhortés à être les acteurs du présent, en rejetant la tentation de l'indifférence ou des solutions faciles qui portent atteinte à la dignité humaine. Au contraire, il les a invités à bâtir leur vie sur le roc de la foi, en étant de courageux artisans de réconciliation et de service au sein de leurs communautés, en particulier auprès des plus démunis.

    Le Pape a également appelé à prendre soin de nos racines, en encourageant un dialogue profond entre les générations, où les grands-parents transmettent leur sagesse et les jeunes leur enthousiasme. Ce message fait écho à l'idée que le vrai bonheur réside dans le don de soi et dans l'accueil de la vie. Il a conclu en confiant les familles et la jeunesse à la protection de la Sainte Famille, demandant que chaque foyer en Guinée équatoriale soit le reflet de la tendresse de Dieu.

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    Guinée Équatoriale, Jeudi 23 avril

    • Extrait de l'homélie de la Messe d'adieu au stade de Malabo 

    comme le Christ le dit, “seul celui qui vient de Dieu a vu le Père” (cf. Jn 6, 46). Dans le Fils, le Père lui-même manifeste sa gloire : Dieu se fait voir, entendre, toucher. À travers les gestes de Jésus, le Rédempteur, il donne toute sa plénitude à ce qu’il fait depuis toujours : donner la vie. Il crée le monde, il le sauve, il l’aime à jamais. À ceux qui l’écoutent, Jésus rappelle un signe de cette providence constante : « Au désert, vos pères ont mangé la manne » (v. 49). Il fait ainsi référence à l’expérience de l’exode : un chemin de libération de l’esclavage, qui est pourtant devenu une errance épuisante, longue de quarante ans, parce que le peuple n’a pas cru à la promesse du Seigneur, allant jusqu’à regretter l’Égypte (cf. Ex 16, 3). Sous le joug du pharaon, en effet, le peuple mangeait les fruits de la terre ; Dieu, en revanche, le conduit dans le désert, où le pain ne peut venir que de sa providence. La manne est donc une épreuve, une bénédiction et une promesse, que Jésus vient accomplir. À ce signe ancien succède désormais le sacrement de la nouvelle et éternelle Alliance : l’Eucharistie, pain consacré par celui qui est descendu du ciel pour devenir notre nourriture. Si ceux qui ont mangé la manne « sont morts » (Jn 6, 49), celui qui mange ce pain vit éternellement (cf. v. 51) car le Christ est vivant ! Il est le Ressuscité, et il continue à donner sa vie pour tous.

    Par l’exode définitif qu’est la Pâque de Jésus, chaque peuple est libéré de l’esclavage du mal. Alors que nous célébrons cet événement de salut, le Seigneur nous appelle à un choix décisif : « Il a la vie éternelle, celui qui croit » (v. 47). En Jésus, une possibilité surprenante nous est donnée : Dieu se donne lui-même pour nous. Ai-je confiance que son amour est plus fort que ma mort ? En décidant de croire en lui, chacun de nous choisit entre un désespoir certain et une espérance que Dieu rend possible. Alors, notre soif de vie et de justice trouve son apaisement dans la parole de Jésus : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde » (v. 51).

    Merci, Seigneur ! Nous te louons et te bénissons, car tu as voulu devenir pour nous l’Eucharistie, le pain de vie éternelle, afin que nous puissions vivre pour toujours. En ce moment même, chers amis, alors que nous célébrons ce sacrement de salut, nous pouvons nous exclamer avec joie : « Le Christ est tout pour nous ! » En Lui, nous trouvons la plénitude de la vie et du sens : « Si tu es opprimé par l’iniquité, Il est la justice ; si tu as besoin d’aide, Il est la force ; si tu crains la mort, Il est la vie ; si tu désires le Ciel, il est le chemin ; si tu es dans les ténèbres, il est la lumière ; (Saint Ambroise, De Virginitate, 16, 99). En la compagnie du Seigneur, nos problèmes ne disparaissent pas, mais ils sont éclairés : comme chaque croix trouve sa rédemption en Jésus, de même, dans l’Évangile, l’histoire de notre vie trouve un sens. C’est pourquoi aujourd’hui, chacun de nous peut dire : « Béni soit Dieu qui n'a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour » (Ps 65, 20). Il nous aime le premier, toujours : sa parole est pour nous l’Évangile, et nous n’avons rien de mieux à annoncer au monde. Cette évangélisation nous engage tous, à partir du baptême, qui est sacrement de fraternité, bain de pardon et source d’espérance. À travers notre témoignage, l’annonce du salut devient geste, devient service, devient pardon : en un mot, devient Église !

    Comme l'enseignait le Pape François, « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus » (Exhort. apost. Evangelii Gaudium, n. 1). En même temps, lorsque nous partageons cette joie, nous percevons encore mieux le risque d’une « tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour » (ibid., n. 2). Face à de telles fermetures, c’est précisément l’amour du Seigneur qui soutient notre engagement, surtout au service de la justice et de la solidarité.

    C’est pourquoi je vous encourage tous, Église qui vit en Guinée équatoriale, à poursuivre dans la joie la mission des premiers disciples de Jésus. En lisant ensemble l’Évangile, soyez ses annonciateurs passionnés, comme l’était le diacre Philippe. En célébrant ensemble l’Eucharistie, témoignez par votre vie de la foi qui sauve, afin que la parole de Dieu devienne du bon pain pour tous.

    Remerciements à l'issue de la messe

    Chers frères et sœurs,

    Le moment est venu de dire au revoir, à vous, à la Guinée équatoriale et à l’Afrique, à l’issue du voyage apostolique que Dieu m’a permis d’accomplir durant ces dix jours.

    Je remercie Mgr l’archevêque, Mgr Juan, les prêtres et vous tous, peuple de Dieu en chemin sur cette terre. Le Christ est la lumière de la Guinée équatoriale et vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde

    Je tiens à exprimer ma gratitude aux autorités civiles du pays ainsi qu'à tous ceux qui, à divers titres, ont contribué au succès de ma visite.

    Je quitte l’Afrique avec un trésor inestimable de foi, d’espérance et de charité : c’est un grand trésor, fait d’histoires, de visages, de témoignages joyeux et douloureux qui enrichissent grandement ma vie et mon ministère de successeur de Pierre.

    Comme aux premiers siècles de l’Église, l’Afrique est appelée à apporter aujourd’hui une contribution décisive à la sainteté et au caractère missionnaire du peuple chrétien. Que l’intercession de la Vierge Marie vous l’obtienne, elle à qui je confie de tout cœur chacun d’entre vous, vos familles, vos communautés, votre nation et tous les peuples africains.

    Lire l'intégralité de l'homélie