Le plus grand salon du monde

Samedi 18 mai, 19h. Le rideau se lève sur le plus grand salon du monde. Le Palacio Vista Alegre de Madrid est métamorphosé. En toile de fond, un avion rose naviguant dans le ciel. Cette rencontre entre les personnes qui ont assisté à la béatification de Guadalupe et le Prélat de l’Opus Dei est une action de grâce d’un genre nouveau.

Opus Dei - Le plus grand salon du mondeAvant l'arrivée de Mgr Fernando Ocariz

Vers 18h, l’entrée du Palacio Vista Alegre se remplit. C’est la deuxième fois de la journée. Quelques heures plus tôt, le Cardinal Becciu, Préfet de la congrégation des causes des saints, déclarait bienheureuse Guadalupe Ortiz de Landazuri. Première laïque de l’Opus Dei à accéder à la gloire des autels. Cette fois, c’est pour célébrer cet événement qu’ils viennent remplir les gradins de l'amphithéâtre. En attendant l’arrivée de Mgr Ocariz, un bénévole tente de faire entendre sa voix dans le brouhaha pour passer quelques annonces et chauffer la salle. Puis viennent les incontournables “Est-ce que dans la salle il y a des personnes de la Suisse? d’Italie… du Vénézuela ? Explosion d’applaudissement. Mgr Ocariz arrive.

décor de scène de la réunion avec le Prélat de l'Opus Dei au Palais de Vistalegre-Arena

Joie et action de grâce

Don Fernando prend la parole, évoque la joie de Guadalupe. Il parle des circonstances qui doivent nous donner envie de rendre grâce à Dieu. Et de la nécessité de comprendre pour toujours que ce qui s'est passé ce matin est un appel. La sainteté n'est pas une utopie, elle est à portée de main, on peut y parvenir avec la grâce de Dieu. Un magicien prend le micro. Santiago de la Puente González-Aller est le Mage Numis. Il a 23 ans et est bien décidé à faire la fête. Sa spécialité, ce sont les tours de magie avec des pièces de monnaie. Aujourd'hui, il anime cette rencontre intergénérationnelle dans ce Palais de Vistalegre. Un rencontre mondiale et festive, organisée pour célébrer la béatification de Guadalupe. Le public est conquis.

Mgr Ocariz répond aux questions de plusieurs participants.

Puis nous partons en Afrique. Anjelica, du Nigéria, rappelle l'intérêt de Guadeloupe pour le développement social. Elle salue l'initiative de l’ONG Harambee, à l'occasion de la béatification, de financer une centaine de bourses d'études pour les femmes scientifiques africaines au cours des dix prochaines années. Puis elle pose une question : comment les personnes qui ont des ressources peuvent-elles vivre en gardant à l'esprit ceux qui n'en ont pas ? Don Fernando encourage les personnes présentes à vivre sobrement, en fuyant ce qui est superflu, en étant détaché des choses matérielles. Ce comportement favorise dans l'âme une attitude qui conduit à collaborer avec les autres, à sortir dans la rue, à tendre la main.


Le Mexique entre en scène

Un cactus apparaît sur scène. Il est haut comme trois pommes, il a des épines et des jambes. “C'est le signe que nous sommes connectés avec le Mexique... Bonjour Mexique !” De l'autre côté de l'écran, les Mexicains se sont rassemblés pour fêter l’événement à distance. Ils s’empressent de rappeler au Père qu'en 2020, ils fêteront les 50 ans de la venue de saint Josémaria au Mexique, à cette occasion il avait fait une neuvaine à Notre-Dame de Guadalupe. "Ce n'est pas pour faire pression, mais c'est quand même un anniversaire rond” ! Éclat de rire général. Le Père est clairement invité à leur rendre visite. Puis ce grand amphithéâtre de 11000 personnes est emporté au rythme de Cielito lindo, une chanson populaire Mexicaine. Quelques participants allument la lampe de leur smartphone et l’agitent à bout de bras. Ils sont suivis par des centaines d’autres… En quelques secondes des centaines de petites étoiles bleues flottent au-dessus des gradins. Aucune distance ne sépare le Mexique de Madrid lorsque tous chantent“Ay, ay, ay, ay… Canta y no llores… Porque cantando se alegran… Cielito lindo, los corazones” (Chante et ne pleures pas… En chantant, les cœurs se réjouissent… cielito lindo..)

Parmi la cinquantaine de français présents sur place, un groupe d’étudiantes de la Résidence Monbièvre (Paris 5e).

La joie et la croix

Retour sur le sol de Madrid. Teresa Navarro, 20 ans, prend le micro. Elle vient de Saint-Sébastien et prépare un diplôme en gastronomie au Centre Culinaire Basque. Voilà plusieurs années qu’elle a décidé de consacrer sa vie à servir les autres comme chef de cuisine. Elle dénonce ceux qui regardent avec suspicion le travail domestique. Elle est entraînée par la vie cohérente et heureuse de Guadalupe. Teresa Robles prend le micro, elle est présente avec son mari, Íñigo. Le couple a 21 ans de mariage et sept enfants. Deux d'entre eux ont un handicap. Le dernier, Josémaria, a le syndrome de Down et une leucémie. Cette situation est difficile pourtant Teresa et son mari témoignent de ce le fait d’accepter la réalité et de surmonter les difficultés sème des fruits positifs insoupçonnés. Josémaria a un compte Instagram (@ponundownentuvida) suivi par plus de 25 000 abonnés. Le Père les regarde avec admiration, ça se voit. Il les remercie de leur exemple, de leur courage et de leur empressement à profiter de cette croix pour semer la joie.

Teresa et Íñigo demandent au Père de bénir la photo de leur famille.

"Nous n'aimons pas la douleur, mais un regard chrétien nous fait percevoir dans la douleur une occasion de nous unir à la Croix du Christ". Plus tard, il ajoute : "On peut souffrir. On peut pleurer. Mais être triste, non. La foi en Dieu, qui nous veut heureux, nous dit qu’une telle attitude serait absurde."

Ana vit à Madrid. Elle a lu les lettres de Guadalupe à saint Josémaria et est tombée sous le charme de son naturel, de sa sociabilité, de son enthousiasme, de son courage et de sa joie de vivre. Elle veut vivre ainsi et transmettre aux générations futures. À la fin de la rencontre, elle a parlé de joie. Cette joie que nous ressentons maintenant, nous devons la conserver. Nous avons toujours des motifs de joie, malgré les difficultés. Dieu veut que nous soyons heureux. C’est la fin, le rideau tombe. Une heure est passée, bien remplie mais trop courte.