"Dieu aime celui qui donne avec joie" : décret sur l'héroïcité des vertus de Guadalupe Ortiz de Landazuri

Le Pape François a autorisé la Congrégation pour la Cause des Saint à promulguer le décret sur l'héroïcité des vertus de Guadalupe Ortiz de Landazuri (1916-1975), fidèle laïque de l'Opus Dei. Ce décret est daté du 4 mai 2017.

Opus Dei - "Dieu aime celui qui donne avec joie" : décret sur l'héroïcité des vertus de Guadalupe Ortiz de Landazuri

CONGRÉGATION POUR LES CAUSES DES SAINTS

MADRID

BÉATIFICATION ET CANONISATION

DE LA SERVANTE DE DIEU

MARÍA GUADALUPE ORTIZ DE LANDÁZURI Y FERNÁNDEZ DE HEREDIA

Fidèle laïque de la Prélature Personnelle de la Sainte Croix et Opus Dei

(1916-1975)

DÉCRET SUR LES VERTUS

« Dieu aime celui qui donne avec joie » (2 Cor 9, 7)

La Servante de Dieu Guadalupe Ortiz de Landázuri y Fernández de Heredia s’est livrée entièrement et avec joie à Dieu et au service de son Église, et elle a intensément fait l’expérience de l’amour divin.

Guadalupe est née à Madrid, en Espagne, le 12 décembre 1916. Elle était la dernière des quatre enfants de Manuel et Euloge. Son père était officier de l’armée et, pour ce motif, il fut muté à plusieurs reprises. De 1927 à 1932 il vécut en Afrique du Nord avec son épouse et sa fille Guadalupe, qui fit ses études au collège des Religieuses de la Compagnie de Marie, à Tetuán. Dès son plus jeune âge, la Servante de Dieu manifesta un caractère fort et courageux.

En 1933 elle acheva ses études secondaires à Madrid et s’inscrivit à l’Université de cette même ville pour faire des études de Chimie. En juillet 1936, peu après le commencement de la guerre civile en Espagne, son père fut arrêté et condamné à mort après un procès sommaire. Guadalupe, avec sa mère et son frère, put consoler son père avant qu’ilsoit fusillé et elle l’aida à accepter la mort dans un esprit chrétien. La Servante de Dieu a pardonné à ceux qui avaient été la cause de la mort de son père.

La guerre civile terminée, elle poursuivit ses études avec beaucoup d’application et d’assiduité. En 1941 elle commença à préparer une thèse pour le doctorat en Chimie et exerça comme professeur dans un Collège d’enseignement secondaire. Le 25 janvier 1944 elle fit la connaissance de saint Josémaria Escriva, fondateur de l’Opus Dei, qui devint son directeur spirituel. Dès lors Guadalupe se consacra intensément à la prière et, après quelques jours de retraite spirituelle, le 19 mars de la même année, demanda l’admission à l’Opus Dei, dans le célibat apostolique. Elle comprit clairement que Dieu l’appelait au service de l’Église par son travail fait avec amour et par l’apostolat dans les circonstances de la vie ordinaire.

Saint Josémaria lui confia la direction de quelques initiatives d’évangélisation à Madrid et à Bilbao. Au mois d’octobre 1947 Guadalupe retourna à l’Université pour poursuivre son doctorat. Fin 1949 il lui fut demandé si elle était disposée à partir pour le Mexique pour y commencer le travail apostolique de l’Opus Dei.

Guadalupe se prépara avec foi et enthousiasme pour remplir cette nouvelle charge. Le 5 mars 1950 elle partit avec deux autres jeunes femmes de l’Opus Dei à Mexico. Au mois d’avril de la même année elles mirent en route une résidence pour étudiantes ; celles-ci gardent aujourd’hui en mémoire la délicatesse et le don d’elle-même avec lesquels la Servante de Dieu prenait soin de leur formation chrétienne. Avec elles elle faisait la catéchèse auprès des enfants des quartiers les plus pauvres ; elle s’occupait des malades dans un dispensaire qu’elle mit en place avec l’aide d’une amie qui était médecin.

En accord avec l’Évêque de Tacámbaro, elle consacra beaucoup d’énergie à la promotion sociale des paysannes de cette région : apprentissage de la lecture et de l’écriture et activités matérielles. Disposant de moyens de transport précaires, elle voyageait dans les diverses localités pour rendre visite à ces jeunes femmes. Elle fit face aux dangers et difficultés avec une force admirable et dispensa à toutes, avec affection et une grande patience, la formation humaine et chrétienne fondamentale. Ces activités apostoliques se répandirent rapidement vers d’autres villes de la République du Mexique. En 1952, Guadalupe collabora aux débuts du travail apostolique entrepris dans une ancienne « hacienda » appelée Montefalco. Avec beaucoup de sacrifices et la coopération de nombreuses personnes, cette « hacienda » est devenue un centre de retraites spirituelles auquel s’est ajouté par la suite une école rurale et un centre de formation professionnelle et d’alphabétisation.

En 1956 la Servante de Dieu fut appelée à Rome pour aider saint Josémaria dans le gouvernement de l’apostolat avec les femmes de l’Opus Dei. Mais peu de mois après Guadalupe tomba malade, d’une grave affection cardiaque, qui nécessita une importante intervention chirurgicale en juillet 1957. A partir de 1958 elle vécut à Madrid (Espagne). Rétablie, elle obtint son doctorat en Chimie avec les félicitationsdu jury, reçut le prix de la recherche Juan de la Cierva et obtint le poste de professeur es-sciences dans l’ÉcoleFéminine des Experts industriels. Malgré une santé délicate, elle se consacra avec sollicitude et enthousiasme à l’apostolat avec des jeunes filles. Elle prit en charge la direction d’un centre de sciences domestiques, et d’autres initiatives apostoliques.

Au début des années 1970 sa cardiopathie commença à s’aggraver et le 1er juillet 1975 elle dut se soumettre à une intervention chirurgicale très risquée. Au cours de la convalescence se produisit une crise aiguë soudaine et le 16 décembre elle rendit pieusement son âme à Dieu.

Les traits saillants de Guadalupe ont été la joie contagieuse, la force pour faire face à l’adversité, l’optimisme chrétien dans les circonstances difficiles et le don d’elle-même au service des autres. Sa foi théologale brillait surtout dans son amour pour la Sainte Eucharistie et dans l’acceptation joyeuse de la volonté de Dieu. Elle cultivait l’espérance, purifiée au fil des ans. Elle vécut à un degré héroïque la charité envers Dieu et son prochain. Elle faisait preuve d’une grande dévotion dans ses pratiques de piété et priait devant le tabernacle. Sous l’impulsion de la grâce de Dieu elle parvint à une unité de vie harmonieuse et elle offrait à Dieu les diverses activités de sa vie quotidienne. Elle avait une tendre affection envers la Vierge Marie tout particulièrement sous l’invocation de Notre Dame de Guadalupe

Elle était très attentive à répondre aux besoins d’autrui. Vis-à-vis des jeunes étudiantes, des femmes de la campagne et des élèves des écoles où elle enseignait elle se comportait avec la même délicatesse et amabilité qu’avec ses amies.

Elle fut toujours prête à se rendre utile aux autres et à obéir. Dotée de nombreuses qualités humaines et professionnelles elle n’en faisait jamais étalage ; au contraire elle était disposée à servir les autres et elle choisissait pour elle les tâches les plus humbles. Elle vécut avec une grande sobriété et accepta avec joie les privations inhérentes au commencement de toute activité apostolique dans une ville. Elle accomplissait avec ténacité et perfection les charges qui lui étaient confiées et employait son temps libre à des occupations utiles, se montrant d’une grande affabilité et disposée à servir les autres. Lorsqu’elle tomba malade, elle s’efforça de poursuivre ses tâches avec persévérance.

Le procès diocésain sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté a été instruit à la Curie de l’Archidiocèse de Madrid. Il débuta le 18 novembre 2001 et fut clôturé le 18 mars 2005. La Congrégation pour la Cause des Saints l’a déclaré valide le 17 février 2006. La Positio achevée, il fut procédé à l’examen de la cause, selon les normes en vigueur, pour s’assurer que la Servante de Dieu avait vécu les vertus avec héroïsme. Le 7 juin 2016 s’est déroulé le Congrès spécifique des Théologiens Consulteurs qui s’est prononcé positivement. Les Cardinaux et les Évêques réunis en session ordinaire le 2 mars 2017, sous ma présidence, Cardinal Angelo Amato, ont reconnu que Guadalupe avait exercé les vertus théologales, cardinales et les autres vertus à un degré héroïque.

Le Souverain Pontife François, ayant reçu du signataire ci-dessous un exposé détaillé de toutes les phases antérieurement exposées, acceptant et ratifiant les avis de la Congrégation pour la Cause des Saints, en date de ce jour a déclaré : il est avéré que les vertus théologales de Foi, Espérance et Charité, à l’égard de Dieu et du prochain, ainsi que les vertus cardinales de Prudence, Justice, Tempérance et Force, et les autres vertus connexes ont été vécues à un degré héroïque par la Servante de Dieu María Guadalupe Ortiz de Landázuri y Fernández de Heredia, fidèle laïque de la Prélature personnelle de la Sainte Croix et Opus Dei, dans le cas présent et avec tous les effets attendus.

Le Saint Père a disposé que ce Décret soit rendu public, en accord avec le droit et qu’il soit inclus dans les actes de la Congrégation pour la Cause des Saints.

Fait à Rome, le 4 mai de l’année du Seigneur 2017

ANGELO Card. AMATO, S.D.B.

Préfet

L.+ S.

Ì MARCELLO BARTOLUCCI

Archevêque tit. de Mevania

Secrétaire