Qu’est-ce que le rosaire ?

Le mois d’octobre est toujours consacré à la Sainte Vierge Marie, invoquée comme Notre Dame du Rosaire. Aussi nous est-il conseillé de dire le chapelet, mais pourquoi et comment le fait-on? Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.

La lumière de la Foi
Opus Dei - Qu’est-ce que le rosaire ?

Sommaire

1. Qu’est-ce que le chapelet ?


2. Depuis quand cette dévotion existe-t-elle, comment est-elle née ?


3. Comment dit-on le Chapelet ?


4. Pourquoi nous est-il conseillé de dire le Chapelet ?


“Chers jeunes: apprenez à prier avec la prière simple et efficace du saint Rosaire. Chers malades, que la Très Sainte Vierge soit votre secours durant l’épreuve et la souffrance ». Pape François, Audience Générale du 3 mai 2017.

“Le Rosaire est la prière qui rythme toujours la vie, l’oraison des humbles et des saints. Elle est la prière de mon cœur”. Pape François, introduction du livre El Rosario. Oración del corazón, aux éditions Shalom.

1. Qu’est-ce que le chapelet?

Le Rosaire est une oraison traditionnelle des catholiques qui cherchent à honorer la Sainte Vierge. Au départ elle était faite de quinze “mystères” qui évoquaient les instants joyeux, douloureux et glorieux de la vie de Jésus et de Marie. En 2002 saint Jean-Paul II y ajouta les mystères lumineux qui permettent de méditer sur la vie publique de Jésus.

Le chapelet est aussi un objet religieux en forme de collier composé de grains enfilés, à chacun de ces grains correspond une prière à la Vierge Marie

" Toutes les générations me diront bienheureuse " Et de fait, depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de ‘Mère de Dieu’ ; les fidèles se réfugient sous sa protection, l’implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins. Ce culte trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Mère de et dans la prière mariale, telle le Saint Rosaire, " abrégé de tout l’Évangile " comme aimait à dire Paul VI.

En effet, le Rosaire est la prière qui concentre le culte spécial dont la Sainte Vierge est l’objet dans l’Église.

Cf. Catéchisme de l’Église Catholique , 971

Méditer avec saint Josémaria

Considérez une des dévotions le plus profondément enracinées chez les chrétiens, la récitation du Saint Rosaire. L’Église nous invite à en contempler les mystères : pour qu’avec la joie, la douleur, et la gloire de Sainte Marie, s’imprime dans notre tête et dans notre imagination l’exemple admirable du Seigneur, dans ses trente années d’obscurité, dans ses trois ans de prédication, dans sa Passion ignominieuse et dans sa glorieuse Résurrection. Amis de Dieu, 299

Le chapelet ne se prononce pas seulement du bout des lèvres, en mâchonnant les "Je vous salue" les uns après les autres. C'est ainsi que marmonnent bigotes et bigots. Pour un chrétien, la prière vocale doit s’enraciner dans le cœur, de sorte que, durant la récitation du chapelet, l'esprit puisse s'engager dans la contemplation de chacun des mystères. Sillon, 477


Sainte Marie est la Reine de la paix : l’Eglise l’invoque sous ce vocable. C'est pourquoi, lorsque le trouble agite ton âme, ton milieu familial ou professionnel, ou encore la vie en société, les relations entre les peuples, ne cesse pas de l'invoquer sous ce titre: "Regina pacis, ora pro nobis!" — Reine de la paix, priez pour nous! As-tu au moins essayé, quand la tranquillité vient à te manquer ?... — Tu seras surpris de son efficacité immédiate. Sillon, 874

Le saint Rosaire. — Les joies, les douleurs et les gloires de la vie de la Sainte Vierge tissent une couronne de louanges, que redisent indéfiniment les anges et les saints du ciel..., et ceux qui aiment notre Mère ici-bas, sur la terre.
— Pratique quotidiennement cette sainte dévotion, et diffuse-la autour de toi. Forge, 621

2. Depuis quand cette dévotion existe-t-elle, comment est-elle née?

L’origine du Rosaire a sa source au IXème siècle, où l’Avemaria est composée pour honorer la Mère de Dieu. Il semblerait que le Rosaire soit né dans l’ordre de Saint Benoît et que, par la suite, les Dominicains en aient répandu la dévotion.

Depuis le consentement apporté dans la foi à l’Annonciation et maintenu sans hésitation sous la croix, la maternité de Marie s’étend désormais aux frères et aux sœurs de son Fils.

C’est à partir de cette coopération singulière de Marie à l’action de l’Esprit Saint que les Églises ont développé la prière à la sainte Mère de Dieu, en la centrant sur la Personne du Christ manifestée dans ses mystères. Dans les innombrables hymnes et antiennes qui expriment cette prière, deux mouvements alternent habituellement : l’un " magnifie " le Seigneur pour les " grandes choses " qu’il a faites pour son humble servante, et par elle, pour tous les humains; l’autre confie à la Mère de Jésus les supplications et les louanges des enfants de Dieu, puisqu’elle connaît maintenant l’humanité qui en elle est épousée par le Fils de Dieu.

Ce double mouvement de la prière à Marie a trouvé une expression privilégiée dans la prière de l’" Ave Maria "

" Je vous salue, Marie (Réjouis-toi, Marie) ". La salutation de l’Ange Gabriel ouvre la prière de l’Ave. C’est Dieu lui-même qui, par l’entremise de son ange, salue Marie. Notre prière ose reprendre la salutation de Marie avec le regard que Dieu a jeté sur son humble servante et à nous réjouir de la joie qu’Il trouve en elle

" Pleine de grâce, le Seigneur est avec toi " : Les deux paroles de la salutation de l’ange s’éclairent mutuellement. Marie est pleine de grâce parce que le Seigneur est avec elle. La grâce dont elle est comblée, c’est la présence de Celui qui est la source de toute grâce. " Réjouis-toi ... fille de Jérusalem ... le Seigneur est au milieu de toi ". Marie, en qui vient habiter le Seigneur lui-même, est en personne la fille de Sion, l’arche de l’Alliance, le lieu où réside la gloire du Seigneur : elle est " la demeure de Dieu parmi les hommes ". " Pleine de grâce ", elle est toute donnée à celui qui vient habiter en elle et qu’elle va donner au monde.

" Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, est béni ". Après la salutation de l’ange, nous faisons nôtre celle d’Élisabeth. " Remplie de l’Esprit Saint ", Élisabeth est la première dans la longue suite des générations qui déclarent Marie bienheureuse : " Bienheureuse celle qui a cru... "; Marie est " bénie entre toutes les femmes " parce qu’elle a cru en l’accomplissement de la parole du Seigneur. Abraham, par sa foi, est devenu une bénédiction pour " toutes les nations de la terre ". Par sa foi, Marie est devenue la mère des croyants grâce à laquelle toutes les nations de la terre reçoivent Celui qui est la bénédiction même de Dieu : Jésus, le fruit bénit de tes entrailles ".

" Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous... " Avec Élisabeth nous nous émerveillons : " Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? " . Parce qu’elle nous donne Jésus son fils, Marie est la mère de Dieu et notre mère ; nous pouvons lui confier tous nos soucis et nos demandes : elle prie pour nous comme elle a prié pour elle-même : " Qu’il me soit fait selon ta parole " . En nous confiant à sa prière nous nous abandonnons avec elle à la volonté de Dieu : " Que ta volonté soit faite ".

" Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort ". En demandant à Marie de prier pour nous, nous nous reconnaissons pauvres pécheurs et nous nous adressons à la " Mère de la miséricorde ", à la Toute Sainte. Nous nous remettons à elle " maintenant ", dans l’aujourd’hui de nos vies. Et notre confiance s’élargit pour lui abandonner dès maintenant, " l’heure de notre mort ". Qu’elle y soit présente comme à la mort en Croix de son Fils et qu’à l’heure de notre passage elle nous accueille comme notre mère pour nous conduire à son Fils Jésus, en Paradis.

Cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2674-2677

Méditer avec saint Josémaria

Qu'elle soit intense, ta dévotion pour notre Mère. Elle qui sait répondre avec tant de délicatesse aux présents que nous lui offrons.

De plus, si tu récites tous les jours le Saint Rosaire dans un esprit de foi et d'amour, Notre Dame se chargera de te conduire très loin sur le chemin qui mène à son Fils. Sillon, 691

Voici une triste manière de dire le chapelet : le laisser pour la dernière minute.
Au moment de se coucher on le récite, pour le moins, de travers et sans méditer les mystères. Alors, on évite difficilement la routine qui étouffe la véritable, la seule piété. Sillon, 476

Voyez : pour notre Mère Sainte Marie, nous ne cessons jamais d’être petits, parce qu’elle ouvre le chemin du Royaume des cieux, qui sera donné à ceux qui se font enfants. Nous ne devons jamais nous éloigner de Notre Dame. Comment lui rendrons-nous hommage ? En la fréquentant, en lui parlant, en lui démontrant notre affection, en considérant attentivement dans notre cœur les scènes de sa vie sur la terre, en lui racontant nos luttes, nos succès et nos échecs.

Nous découvrons ainsi - comme si nous les récitions pour la première fois - le sens des prières mariales que l’on a toujours récitées dans l’Église. Que sont l’Ave Maria et l’Angélus, sinon des louanges enflammées à la Maternité divine ? Et dans le Saint Rosaire — cette dévotion merveilleuse que je ne me lasserai jamais de recommander à tous les chrétiens — les mystères de la conduite admirable de Marie, qui sont les mystères fondamentaux de notre foi, défilent dans notre tête et dans notre cœur. Amis de Dieu, 290

3. Comment récite-t-on le Chapelet ?

On se signe du signe de la Croix avant de commencer à le dire.

Puis on énonce, chacun à son tour, les cinq mystères que l’on contemple ce jour-là. Lundi et samedi, les mystères joyeux ; mardi et vendredi, les douloureux ; jeudi, les lumineux ; mercredi et dimanche, les glorieux. Chaque mystère est composé d’un Notre Père, de dix Avemaria et d’un Gloire au Père.

À la fin des cinq mystères, on dit les litanies de la Sainte Vierge qui sont des prières de louange à Notre Mère. À cette structure de base, on ajoute, selon l’habitude de lieu, des prières qui expriment la richesse de la piété populaire.

Voici un mode d’emploi

Méditer avec saint Josémaria

« Vierge Immaculée, je sais bien que je suis un pauvre misérable, que je ne fais qu'augmenter tous les jours le nombre de mes péchés..." Tu m'as dit que c'est ainsi que tu parlais à Notre Dame, l'autre jour.

Et je t'ai conseillé, en toute certitude, de réciter le Saint Rosaire : merveilleuse monotonie des "Je vous salue" qui purifie la monotonie de tes péchés ! Sillon, 475

Tu remets toujours ton chapelet à plus tard, et tu finis par l'omettre car tu as sommeil. — Si tu n'as pas d'autre créneau, récite-le dans la rue et sans que personne ne s'en aperçoive. En outre, cela entretiendra mieux la présence de Dieu en toi. Sillon, 478

Comme les vertus surnaturelles grandiraient en nous, si nous parvenions à fréquenter vraiment Marie, qui est notre Mère ! Ne craignons pas de lui répéter au long de la journée — avec le cœur, sans que les mots soient nécessaires — de petites prières, des oraisons jaculatoires. La dévotion chrétienne a recueilli beaucoup de ces éloges enflammés dans les Litanies qui accompagnent le Saint Rosaire. Mais chacun est libre d’en rajouter, de lui adresser de nouvelles louanges, de lui dire ce que - par une sainte pudeur qu’elle comprend et approuve - nous n’oserions pas exprimer à voix haute. Amis de Dieu, 293

4. Pourquoi nous est-il conseillé de dire le Chapelet ?

Le Rosaire de la Sainte Vierge Marie est une prière que nous conseille le Magistère de l’Église catholique. Dans la sobriété de ses éléments, elle transmet la profondeur de tout le message évangélique, dont elle est, pour ainsi dire le résumé. Par ailleurs, c’est la Sainte Vierge elle-même qui, lors de ses apparitions sur terre, a encouragé tout le monde à dire cette prière. “Dites le Rosaire tous les jours pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre”. Demanda-t-elle le 13 mai 1917 en sa première apparition à Fatima, où Elle se présenta comme “la Dame du Rosaire”.

L’Église confesse que la Très Sainte Mère de Dieu poursuit au Ciel son travail maternel. Aussi est-il naturel que les chrétiens aient recours à Elle en tous leurs besoins et pour lui confier tous leurs soucis.

Les papes ont été nombreux à attribuer une grande importance à cette prière.

Léon XIII promulgua l’encyclique Supremi Apostolatus Officio, document très important, avec la première de ses nombreuses déclarations sur cette prière et où il propose le Rosaire comme une arme spirituelle effective contre les maux qui affligent notre société. Jean-Paul II écrivit le 16 octobre 2002, la lettre Rosarium Virginis Mariae, pour convoquer une année du Rosaire et commenter la beauté de cette prière qui nous aide “à contempler le Christ avec Marie ”.

Méditer avec saint Josémaría

Le saint Rosaire est une arme puissante. Fais-en usage avec confiance et tu seras émerveillé des résultats. Chemin, 558

Le Rosaire est très efficace pour ceux qui ont pour armes l'intelligence et l'étude: lorsqu'ils implorent Notre Dame, l'apparente monotonie de ces enfants qui supplient leur Mère détruit en eux tout germe de vaine gloire et d'orgueil. Sillon, 474

Je te conseille, pour terminer, de faire, si tu ne l’as pas encore faite, l’expérience personnelle de l’amour maternel de Marie. Il ne suffit pas de savoir qu’elle est Mère, de la considérer de cette façon, de parler ainsi d’elle. Elle est ta Mère et tu es son fils ; elle t’aime comme si tu étais son fils unique en ce monde. Parle-lui en conséquence : raconte-lui tout ce qui t’arrive, honore-la, aime-la. Personne ne le fera pour toi aussi bien que toi, si tu ne le fais pas.

Je t’assure que si tu empruntes ce chemin, tu trouveras aussitôt tout l’amour du Christ : et tu seras plongé dans cette vie ineffable de Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Tu y puiseras des forces pour accomplir entièrement la Volonté de Dieu, tu t’empliras de désirs de servir tous les hommes. Tu seras le chrétien dont tu rêves parfois : débordant d’œuvres de charité et de justice, joyeux et fort, compréhensif envers autrui et exigeant envers soi-même.

Telle est sans plus, la trempe de notre foi. Accourons à Sainte Marie, qui nous accompagnera avec énergie et constance. Amis de Dieu, 293