Fioretti novembre 2020

"Nous devons vivre l’aujourd’hui, mais l’aujourd’hui dirigé vers demain, vers la rencontre, l’aujourd’hui chargé d’espérance."

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti novembre 2020

« La Tradition n’est pas un musée, la vraie religion n’est pas un congélateur, et la doctrine n’est pas statique mais elle grandit et se développe. »

Un temps pour changer, livre d’entretien d’Austen Ivereigh avec le pape François, publié le 2 novembre 2020.

L’Église n’est pas un marché; l’Église n’est pas un groupe d’entrepreneurs

Audience générale du 25 novembre 2020 :

« L’existence de l’Église a un sens si elle reste solidement unie au Christ, c’est-à-dire dans la communauté, dans sa Parole, dans l’Eucharistie et dans la prière. […] La prédication et la catéchèse témoignent des paroles et des gestes du Maître ; la recherche constante de la communion fraternelle préserve des égoïsmes et des particularismes; la fraction du pain réalise le sacrement de la présence de Jésus parmi nous : Il ne sera jamais absent, dans l’Eucharistie ; c’est vraiment Lui. Il vit et marche avec nous. Et enfin, la prière, qui est l’espace de dialogue avec le Père, à travers le Christ dans l’Esprit Saint.

[…] Toute situation doit être évaluée à la lumière de ces quatre coordonnées. Ce qui ne rentre pas dans ces coordonnées est privé d’ecclésialité, n’est pas ecclésial. C’est Dieu qui fait l’Église, pas la clameur des œuvres. L’Église n’est pas un marché; l’Église n’est pas un groupe d’entrepreneurs qui vont de l’avant avec cette entreprise nouvelle. L’Église est l’œuvre de l’Esprit Saint, que Jésus nous a envoyé pour nous rassembler. […] C’est Dieu qui fait l’Église, pas la clameur des œuvres. C’est la parole de Jésus qui remplit de sens nos efforts. C’est dans l’humilité que se construit l’avenir du monde. »

Nous ne sommes pas faits pour rêver des vacances ou de la fin de semaine

Homélie de la fête du Christ Roi, le 22 novembre 2020 :

« Chers jeunes, chers frères et sœurs, ne renonçons pas aux grands rêves. Ne nous contentons pas de ce qui est dû. Le Seigneur ne veut pas que nous rétrécissions les horizons, il ne nous veut pas garés sur les côtés de la vie, mais en marche vers de grands objectifs, avec joie et audace. Nous ne sommes pas faits pour rêver des vacances ou de la fin de semaine, mais pour réaliser les rêves de Dieu en ce monde. Il nous a rendus capables de rêver, afin d’embrasser la beauté de la vie. Et les œuvres de miséricorde sont les plus belles œuvres de la vie. Si tu as des rêves de vraie gloire, non pas la gloire du monde qui va et vient, mais de la gloire de Dieu, telle est la route. Parce que les œuvres de miséricorde rendent gloire à Dieu plus que tout autre chose. … Nous serons jugés à la fin sur les œuvres de miséricorde.

[…]

Au moment du jugement dernier, le Seigneur se base sur nos choix. Il semble presque ne pas juger : il sépare les brebis des boucs, mais être bons ou mauvais dépend de nous. Il tire seulement les conséquences de nos choix, il les met au jour et les respecte.

La vie, alors, est le temps des choix forts, décisifs, éternels. Des choix banals mènent à une vie banale, des grands choix rendent grande la vie. En effet, nous devenons ce que nous choisissons, en bien ou en mal. Si nous choisissons de voler nous devenons des voleurs, si nous choisissons de penser à nous-mêmes nous devenons égoïstes, si nous choisissons de haïr nous devenons colériques, si nous choisissons de passer des heures devant le téléphone portable nous devenons dépendants.

Mais si nous choisissons Dieu nous devenons chaque jour plus aimés et si nous choisissons d’aimer nous devenons heureux. Oui, parce que la beauté des choix dépend de l’amour. Jésus sait que si nous vivons fermés et indifférents nous restons paralysés, mais si nous nous dépensons pour les autres, nous devenons libres. Le Seigneur de la vie nous veut pleins de vie et nous donne le secret de la vie : on ne la possède qu’en la donnant. »

À l’intérieur de l’Église, la corruption est une vraie lèpre, qui rend malade et qui tue l’Évangile

Message vidéo aux participants d’une rencontre virtuelle sur “Amérique Latine : l’Église, le pape François et les scénarios de la pandémie”, le 19 novembre 2020 :

« La profondeur de la crise a besoin proportionnellement d’un niveau de classe politico-dirigeante qui soit capable d’élever le regard et de guider et d’orienter les différences légitimes dans la recherche de solutions réalisables pour nos peuples. Discréditer l’autre ne fait que miner la possibilité de trouver des accords qui aident à atténuer les effets de la pandémie dans nos communautés, mais surtout pour les plus exclus. […] C’est le peuple qui paie. Nous progressons en discréditant l’autre aux dépens des plus pauvres, aux dépens du peuple.

Il est temps que le trait distinctif de ceux qui ont été élus par leurs peuples pour les gouverner soit de se mettre au service du bien commun et non pas de mettre le bien commun au service de leurs intérêts. Nous connaissons tous les dynamiques de la corruption qui va dans cette direction. Et cela vaut aussi pour les hommes et les femmes d’Église ; parce qu’à l’intérieur de l’Église, c’est une vraie lèpre qui rend malade et qui tue l’Évangile.

Je vous exhorte afin que, animés par la lumière de l’Évangile, vous continuiez à sortir avec toutes les personnes de bonne volonté à la recherche de tous ceux qui demandent de l’aide, à la manière du Bon Samaritain, en embrassant les plus faibles et en construisant […] en construisant une nouvelle civilisation, car “le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour” (Fratelli tutti, n. 11). »

Ton cœur est-il comme un quartier fermé ?

Message à des jeunes économistes réunis par télétransmision à partir d’Assise du 19 au 21 novembre 2020 :

« Soyez attentifs à cela : avec l’exclusion est frappée, dans sa propre racine, l’appartenance à la société dans laquelle on vit, du moment qu’en elle on n’est pas dans les bas-fonds, dans les périphéries, ou sans pouvoir, mais on est dehors. C’est la culture du rejet, qui non seulement rejette, mais oblige à vivre dans son propre rejet, rendus invisibles au-delà du mur de l’indifférence et du confort.

Je me souviens de la première fois que j’ai vu un quartier fermé : je ne savais pas qu’ils existaient. C’était en 1970. J’ai dû aller visiter des novices de la Compagnie, et je suis arrivé dans un pays, et ensuite, en me promenant dans la ville, on m’a dit : “Non, on ne peut pas aller dans cette direction, parce que c’est un quartier fermé”. A l’intérieur il y avait des murs, et à l’intérieur il y avait les maisons, les routes, mais fermés : c’est-à-dire un quartier qui vivait dans l’indifférence. J’ai été très frappé de voir cela. Mais ensuite cela a grandi, grandi, grandi…, et c’était partout. Mais je te demande : ton cœur est-il comme un quartier fermé ? »

Si nous nous laissons guider par ce qui nous semble plus attirant, nous n’accumulons aucune réserve d’huile pour notre lampe, et elle s’éteindra avant la rencontre avec le Seigneur

Angelus du 8 novembre 2020 :

« Nous devons être prêts à la rencontre avec Lui. Pas seulement la rencontre finale, mais aussi l’engagement de tous les jours en vue de cette rencontre, pour laquelle la lampe de la foi ne suffit pas, il faut aussi l’huile de la charité et des bonnes œuvres. La foi qui nous unit vraiment à Jésus est celle, comme le dit l’apôtre Paul, qui “agit par la charité” (Gal 5,6). C’est ce qui est représenté par l’attitude des jeunes filles sages. La réserve d’huile, qu’elles ont prise avec leurs lampes, indique les bonnes actions faites en collaboration avec la grâce. Être sages et prudents signifie ne pas attendre le dernier moment pour correspondre à la grâce de Dieu, mais le faire activement tout de suite, commencer maintenant. “Moi… oui, plus tard je me convertirai…” – “Convertis-toi aujourd’hui ! Change de vie aujourd’hui !” – “Oui, oui… demain”. Et le lendemain on dit demain, et demain n’arrivera jamais. Aujourd’hui ! Si nous voulons être prêts pour la dernière rencontre avec le Seigneur, nous devons dès à présent coopérer avec Lui et réaliser de bonnes actions inspirées par son amour.

[…] Quand on absolutise le présent, quand on regarde seulement le présent, on perd le sens de l’attente, qui est si beau, qui est si nécessaire, et qui nous sort des contradictions du moment. Cette attitude […] exclut toute perspective de l’au-delà : on agit comme si on ne devait jamais partir pour l’autre vie. Et alors on se préoccupe seulement de posséder, de se révéler, de s’installer, et toujours plus… Si nous nous laissons guider par ce qui nous semble plus attirant, par ce qui nous plaît, par la recherche de nos intérêts, notre vie devient stérile ; nous n’accumulons aucune réserve d’huile pour notre lampe, et elle s’éteindra avant la rencontre avec le Seigneur. Nous devons vivre l’aujourd’hui, mais l’aujourd’hui dirigé vers demain, vers la rencontre, l’aujourd’hui chargé d’espérance.

Si au contraire nous sommes vigilants et que nous faisons le bien correspondant à la grâce de Dieu, nous pouvons attendre avec sérénité l’arrivée de l’époux. Le Seigneur pourra venir même pendant que nous dormons : cela ne nous inquiétera pas, parce que nous avons la réserve d’huile que nous avons accumulée par les bonnes œuvres de tous les jours, par cette attente du Seigneur, cette attente qu’il vienne le plus tôt possible et qu’il nous emmène avec Lui. »