Fioretti mai 2018

Joie, transmission de la foi, attitude maternelle de l'Église : voici quelques idées extraites de la prédication du Pape François pendant le mois de mai

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti mai 2018

La vraie joie, ce n’est pas la dolce vita

À Sainte-Marthe, le 28 mai 2018 :

« La joie chrétienne est la respiration du chrétien, un chrétien qui n’est pas joyeux dans son cœur n’est pas un bon chrétien. La joie est la respiration, la façon de s’exprimer du chrétien. Ce n’est pas quelque chose qui s’achète ou que je fais avec un effort, non : c’est un fruit de l’Esprit Saint. Si nous oublions ce que le Seigneur a fait pour nous, en nous régénérant à une vie nouvelle […] et si nous ne prêtons pas attention à ce qui nous atttend, la rencontre avec Jésus-Christ, si nous n’avons pas de mémoire, si nous n’avons pas d’espérance, nous ne pouvons pas posséder la joie. Nous pouvons sourire, mais sans la joie.

La joie ce n’est pas vivre de rire en rire. […] La joie ce n’est pas être drôle. La joie chrétienne c’est la paix. La paix enracinée, la paix du cœur, la paix que seul Dieu peut nous donner. C’est la joie chrétienne. Il n’est pas facile de protéger cette joie. Nous vivons dans une culture non joyeuse, une culture où l’on invente tant de choses pour se divertir, tant de petits morceaux de “dolce vita”, qui ne satisfont pas pleinement. Non, ce n’est pas ça. C’est autre chose. La joie ne s’achète pas au marché, c’est un don de l’Esprit Saint .»

Si l’Église n’est pas épouse et mère, elle devient une association de bienfaisance ou une équipe de foot… mais pas l’Église

À Sainte-Marthe, le 21 mai 2018 :

« L’Église est féminine par qu’elle est “église”, “épouse”… Et elle est mère, elle met au monde. Épouse et mère : une caractéristique qui se comprend à la lumière de Marie, qui est Mère de l’Église. Si tel n’est pas le cas, l’Église perd sa véritable identité et devient une association de bienfaisance ou une équipe de foot… mais pas l’Église. […] Seule une Église féminine peut être féconde. L’important est que l’Église soit femme, qu’elle ait cette attitude d’épouse et de mère. Quand nous oublions cela, c’est une Église masculine, sans cette dimension, et tristement elle devient une Église de vieux garçons, qui vivent dans l’isolement, incapables d’amour, incapables de fécondité. Sans la femme, l’Église n’avance pas, car elle est femme. Et cette attitude de femme lui vient de Marie. »

Quand on vit pour l’autoconservation, ce n’est pas bon signe

Homélie pour la fête de la Pentecôte, le 20 mai 2018 :

« Quand on vit pour l’autoconservation et qu’on ne va pas vers ceux qui sont loin, ce n’est pas bon signe. L’Esprit souffle, mais nous baissons pavillon. Pourtant tant de fois nous l’avons vu faire des merveilles. Souvent, précisément dans les moments les plus obscurs, l’Esprit a suscité la sainteté la plus lumineuse ! Il est l’âme de l’Église, il la ranime toujours par l’espérance, la comble de joie, la féconde de nouveautés, lui donne des germes de vie. C’est comme quand, dans une famille, naît un enfant : il bouleverse les horaires, fait perdre le sommeil, mais il apporte une joie qui renouvelle la vie, en la faisant progresser, en la dilatant dans l’amour. Voilà, l’Esprit apporte une ‘‘saveur d’enfance’’ dans l’Église ! Il réalise des renaissances continuelles. Il ravive l’amour des débuts. L’Esprit rappelle à l’Église que, malgré ses siècles d’histoire, elle a toujours vingt ans, la jeune Épouse dont le Seigneur est éperdument amoureux. Ne nous lassons pas alors d’inviter l’Esprit dans nos milieux, de l’invoquer avant nos activités : ‘‘Viens, Esprit Saint ! ’’. »

Le diable est comme un chien enragé et enchaîné, qui mord celui qui lui fait une caresse

À Sainte-Marthe, le 8 mai 2018 :

« Le prince de ce monde est condamné (cf. Jn 16, 5-11), mais il n’est pas mort ! S’il est moribond et défait, il n’est pas facile de s’en rendre compte, car c’est un séducteur ; il sait quels mots utiliser […], et nous aimons tellement être séduits. […] Il nous séduit avec le paquet, sans que nous sachions ce qu’il y a à l’intérieur. […] Les chasseurs savent bien qu’il ne faut jamais s’approcher d’un crocodile sur le point de mourir, car il peut encore donner un coup de queue mortel. […] Soyons attentifs au diable, en veillant, en jeûnant et en priant, comme le dit Jésus. C’est ainsi que l’on vainc la tentation. Mais sans nous approcher, car comme l’a dit un Père de l’Église, le diable est comme un chien enragé et enchaîné, qui mord celui qui lui fait une caresse. […] En dialoguant avec le diable, Ève s’est crue grande théologienne, et elle est tombée. Jésus lui-même, au désert, n’agit pas ainsi. Il ne répond que par la Parole de Dieu. Et quand il chasse le démon, il lui demande parfois son nom mais sans entrer en dialogue avec lui. »

Le thermomètre pour savoir la température de mon amour, c’est ma langue

Visite à la paroisse de Tor de’ Schiavi, le 7 mai 2018 :

« L’amour, ce n’est pas jouer du violon. L’amour est un travail. Combien d’entre vous sont des mamans, pensez à quand les enfants étaient petits : comment aimiez-vous vos enfants ? Par le travail. En prenant soin d’eux. Ils pleuraient… il fallait les nourrir, les changer ; celui-ci, celui-là… L’amour est toujours un travail pour les autres. Parce que l’amour se montre dans les œuvres, et non dans les mots. Rappelez-vous cette chanson : “Paroles, paroles, paroles”. Bien souvent, il n’y a que des mots. L’amour, lui, est concret. Chacun doit penser : mon amour pour ma famille, dans le quartier, au travail, est-il service des autres ? Est-ce que je me préoccupe des autres ? […] L’amour est dans les œuvres, et non dans les mots. “Je t’aime”. “Et que fais-tu pour moi si tu m’aimes ? ” Si tu aimes tes enfants, qu’ils soient petits ou grands, les parents, les personnes âgées, que fais-tu pour eux ? Pour voir comment est l’amour, il faut toujours dire : qu’est-ce que je fais ? […] Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu ; mais c’est lui qui nous a aimés le premier. Il nous attend avec l’amour. Nous aussi, nous pouvons nous poser la question : est-ce que j’attends les autres avec amour ? ” Et puis faire la liste des questions. Par exemple : les ragots, est-ce de l’amour ? Celui qui jase à propos des autres… Non, ce n’est pas de l’amour. Dire du mal des gens n’est pas de l’amour […] Est-ce que j’aime les autres ? Demande-toi : comment ça va, ma langue ? Tu sauras si c’est vraiment l’amour. Dieu nous a aimés le premier. Il nous attend toujours avec son amour. Est-ce que j’aime le premier ou bien est-ce que j’attends qu’on me donne quelque chose pour aimer ? Comme les petits chiens qui attendent le cadeau, le morceau à manger et qui ensuite font la fête à leur maître. L’amour est gratuit, le premier. Mais le thermomètre pour savoir la température de mon amour, c’est ma langue. »

« Transmettre la foi », ce n’est pas trouver des adeptes pour un club

Á Sainte-Marthe, le 3 mai 2018 :

« Transmettre la foi ce n’est pas donner des informations, mais fonder un cœur, dans la foi en Jésus Christ. Transmettre la foi, ne peut pas se faire mécaniquement : “Prends ce livret, étudie-le et je te baptise”. Non ! Le chemin de transmission de la foi est différent : c’est transmettre ce que nous avons reçu.Tel est le défi d’un chrétien : être fécond dans la transmission de la foi. C’est aussi le défi de l’Église : être une mère féconde, enfanter des enfants dans la foi. La transmission de la foi traverse les générations, de la grand-mère à la mère, dans une ambiance parfumée d’amour. Le Credo lui-même ne voyage pas seulement avec des paroles, mais aussi avec des caresses, avec de la tendresse, y compris en dialecte. […] Si la première attitude dans la transmission de la foi est clairement l’amour, la seconde est le bon exemple, le témoignage. […] Il ne s’agit pas de recruter des gens pour supporter telle ou telle équipe de football, tel ou tel club, tel ou tel centre culturel. Très bien, mais la foi n’a rien à voir avec ce type de prosélytisme. »