«Je ne vois pas d’autre motif pour accepter l’invitation de Dieu que la volonté de l’aimer»

Charlotte M. a 37 ans. Elle est graphiste indépendante et membre de l’Opus Dei.

Témoignages personnels
Opus Dei - «Je ne vois pas d’autre motif pour accepter l’invitation de Dieu que la volonté de l’aimer»

Le pape propose aux jeunes un synode sur le thème de la vocation. Qu’est-ce que la vocation ?

Il me semble que l’idée expliquant le mieux la nature de toute vocation dans l’Église est celle d’une invitation personnelle de Dieu à le suivre.

Comment s’est matérialisé pour vous l’appel de Dieu ?

J’ai ressenti une sorte de conviction intérieure m’assurant que l’Opus Dei était, pour moi, le meilleur chemin pour me rapprocher de Dieu. Cette conviction était associée à l’intuition forte que ce choix me rendrait heureuse et que ma vie serait bien plus passionnante ainsi. J’avais la claire conscience que toutes ces idées ne venaient pas de moi et qu’elles m’étaient inspirées par Dieu dans la prière.

Un chrétien a-t-il l’obligation morale de répondre positivement à cette invitation ?

« En acceptant la vocation, elle se donne la possibilité de vivre heureuse très près de Dieu déjà sur terre »

Je ne me suis jamais posé la question en termes d’«obligation». Dieu ne peut pas imposer à une personne de l’aimer au point de tout laisser pour le suivre. Je ne vois pas d’autre motif pour accepter l’invitation de Dieu que la volonté de l’aimer. La personne choisit de répondre « oui » ou « non », c’est tout. En acceptant, elle se donne la possibilité de vivre heureuse très près de Dieu déjà sur terre.

Au nom de quoi Dieu, qui nous a créés libres, nous demande de renoncer à notre liberté en suivant un chemin déterminé ?

Dieu ne choisit pas à notre place, puisqu’il nous laisse la possibilité de répondre comme bon nous semble à son appel.

Il arrive pourtant que la vocation soit perçue par certains catholiques comme une entrave à la liberté plutôt qu’une voie d’épanouissement. D’où vient cette incompréhension ?

L’effort pour comprendre le sens d’un engagement dans l’Église en dehors du contexte de la foi est vain selon moi. Pour accéder au sens véritable de la vocation, il est nécessaire de se situer dans une logique surnaturelle.

Sur quels critères Dieu donne-t-il la vocation ?

La prédilection de Dieu conserve une large part de mystère que je mets sur le compte de Sa créativité.

Les personnes qu’il choisit sont-elles meilleures que les autres ?

Non, je ne le pense pas ! La vie des apôtres nous empêche de penser que des qualités naturelles ou surnaturelles sont à l’origine de la prédilection de Dieu. Il suffit pour s’en convaincre d’ouvrir l’évangile : Judas vend Jésus contre de l’argent, Pierre nie connaître Jésus pour éviter les ennuis, Thomas ne veut pas croire sur parole qu’il est ressuscité… Je pense plutôt que les qualités communes aux apôtres étaient leur grand cœur et l’humilité qui leur a permis de s’améliorer avec le temps.

Saint Paul, Saint Augustin, Sainte Catherine de Sienne ou Sainte Thérèse d’Avila n’étaient pourtant pas Monsieur et Madame Toutlemonde !

Il est vrai que Dieu a toujours pu compter sur des personnalités hors normes qui ont mis leurs qualités exceptionnelles au service de l’Église. Il en existe encore aujourd’hui mais ils demeurent l’exception.

« Le baptême donne un sens vocationnel à l’existence de chaque chrétien »

Si Dieu choisit certaines personnes pour être ses amis proches, doit-on comprendre par opposition qu’il n’attend rien des autres ?

Le baptême donne un « sens vocationnel » à l’existence de chaque chrétien. En réponse à son amour, Dieu invite chaque baptisé à partager sa vie, à entrer dans son intimité.

Pour aller plus loin : "Sens vocationnel de la vie"