Au fil de l’Évangile de dimanche : La passion pour l’Écriture Sainte

Commentaire du dimanche de la 3ème semaine de Pâques. « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet » (Lc 24,44). Les événements ont été prophétisés parce qu’ils allaient s’accomplir. Ayons confiance dans la Providence divine qui tient compte de nos défaillances.

Opus Dei - Au fil de l’Évangile de dimanche : La passion pour l’Écriture Sainte

Évangile (Luc 24,35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »


Commentaire

Nous sommes le soir du jour de la résurrection. Les disciples d’Emmaüs ont leur cœur tout brûlant. La nouvelle de la résurrection est si grande qu’ils s’empressent de la partager avec les Onze apôtres. Ceux-ci les devancent en leur apprenant que Jésus est apparu à Simon-Pierre.

Pendant cet échange d’expériences inouïes, voici que le Seigneur Jésus se rend présent au milieu d’eux. Il les invite à affermir leur foi encore vacillante. Il leur dit de regarder ses mains et ses pieds, de le toucher : c’est bien lui ! Ils sont joyeux mais ils sont saisis d’étonnement, ils ont du mal à croire que Jésus soit vraiment là. Il faut la foi pour le reconnaître dans son corps glorieux. Alors Jésus mange devant eux du poisson grillé. Saint Luc insiste donc sur la réalité de l’apparition du Seigneur, qui a de la chair et des os (cf. v.39).

Jésus montre ses pieds et ses mains blessés aux Onze : c’est bien lui, Jésus Christ, « un et le même », comme le dira la Tradition de l’Église, qui a été crucifié, est mort et a été enseveli, et qui est maintenant là devant eux, vivant et bien portant. Il est vraiment ressuscité. Son corps était resté uni à la divinité après la mort, mais séparé de son âme humaine, ce corps est ressuscité. Ce grand mystère est le fondement de notre foi.

Le seigneur invite alors ses disciples à croire et il leur montre que c’est de lui que parle l’Écriture : « Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (v. 44) : les événements ont été prophétisés parce qu’ils allaient s’accomplir, et non l’inverse. La loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes – ici compris comme faisant partie des « Écrits » de la Bible hébraïque – constituent la préparation à l’Évangile : ils témoignaient déjà du mystère du Christ. Puissions-nous avoir un vif intérêt pour les Saintes Écritures, Ancien et Nouveau Testaments : c’est la passion pour Jésus Christ ! Lisons et étudions avec passion les Saintes Écritures, afin de grandir en connaissance et amour du Verbe incarné, pour entrer avec lui dans le courant trinitaire d’Amour.

Maintenant ce sera au tour des disciples d’être les témoins du Christ, de prêcher la conversion pour le pardon des péchés aux juifs et à toutes les nations. Pour cela, le Christ leur promettra ensuite l’assistance de l’Esprit Saint (cf. v.49).

La première lecture montre Pierre accomplir auprès des Juifs la mission reçue de Jésus (cf. Ac 3,13-19). Dans la deuxième lecture, saint Jean invite à garder la Parole du Seigneur, à observer les commandements et à vivre ainsi de l’amour de Dieu (cf. 1 Jn 2,5) : Jean aura sans doute vu comment la Sainte Vierge y parvenait.

La joie présente ce soir-là, à Jérusalem (v.41), accompagne toute la vie du chrétien, comme une mystérieuse présence de l’Esprit. C’est une joie que nous sommes appelés à transmettre. Le Christ ne pense qu’à cela : faire de nous des fils et des filles du Père éternel, pour le rayonnement de sa bonté ; Jésus est vraiment le Christ, « l’Oint », rempli de l’Esprit. Il est constamment tourné vers le Père et intercède pour nous dans la joie de l’Esprit : « Cette joie dans l’oubli de soi-même est la meilleure preuve d’amour qui soit. »[1]

Ce que nous demandons au Seigneur dans le psaume de la liturgie de la Parole d’aujourd’hui s’accomplit dans la résurrection : « Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! » (Ps 4,9).



[1] Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 19.