«Pour un diacre ou un prêtre, servir c’est comme respirer »

​29 fidèles de l’Opus Dei, originaires de13 pays, ont reçu le diaconat en la basilique Saint-Eugène, à Rome. Ils seront ordonnés prêtres le 23 mai prochain. Voici l’homélie de mgr Philippe Jourdan, administrateur apostolique de l’Estonie, qui les a ordonnés samedi dernier.

Opus Dei - «Pour un diacre ou un prêtre, servir c’est comme respirer »

"Servir, servir: c’est bien la clé, mes chers frères. Pour un prêtre ou pour un diacre, servir c’est comme respirer. Un prêtre qui n’aimerait pas servir serait comme un médecin qui aurait peur du sang".

Ce sont des mots de mgr Philippe Jourdan, administrateur apostolique d'Estonie, qui a ordonné 29 diacres de l'Opus Dei dans la basilique Saint-Eugène.

Ci-dessous le texte intégral de l'homélie.

Voici les noms des nouveaux diacres:

  • Santiago Altieri Massa Daus (Uruguay)
  • Alejandro Armesto García-Jalón (Espagne)
  • José Luis Benito Roldán (Espagne)
  • Guillermo Jesús Bueno Delgado (Espagne)
  • Juan Luis Orestes Castilla Florián (Guatemala)
  • José Luis Chinguel Beltrán (Pérou)
  • José de la Madrid Ochoa (Mexique)
  • Andrew Rowns Ekemu (Ouganda)
  • Pablo Erdozáin Castiella (Espagne)
  • Felipe José Izquierdo Ibáñez (Chili)
  • Kouamé Achille Koffi (Côte d’Ivoire)
  • Santiago Teodoro López López (Espagne)
  • Martín Ezequiel Luque Marengo (Argentine)
  • Andrej Matis (Slovaquie)
  • Carlos Medarde Artime (Espagne)
  • José Javier Mérida Calderón (Guatemala)
  • Claudio Josemaría Minakata Urzúa (Mexique)
  • Andrés Fernando Montero Marín (Costa Rica)
  • Ignacio Moyano Gómez (Espagne)
  • Miguel Agustín Mullen (Argentine)
  • Miguel Ocaña González (Espagne)
  • Ricardo Regidor Sánchez (Espagne)
  • Antonio Rodríguez Tovar (Espagne
  • Manel Serra Palos (Espagne)
  • Juan Esteban Ureta Cardoen (Chili)
  • Giovanni Vassallo (Italie)
  • Roberto Vera Aguilar (Mexique)
  • Juan Ignacio Vergara (Hollande)
  • José Vidal Vázquez (Espagne)

Homélie de mgr Philippe Jourdan en la basilique Saint-Eugène, à Rome, le 9 novembre 2019

Je tiens avant tout à remercier profondément le Père, mgr Fernando Ocariz, prélat de l’Opus Dei, qui m’a invité à venir ordonner diacres 29 de ses fils.

En plus de la joie que nous ressentons tous, membres de la famille de l'Œuvre, en un jour comme celui-ci, imaginez aussi ce que signifie pour moi, évêque du nord européen, le fait d’ordonner d’un seul coup plus de personnes qu’on n’en ordonne en plusieurs années dans toutes “ces froides contrées du nord de l’Europe”, comme saint Josémaria aimait l’exprimer. Puisse le bon Dieu faire que le temps de la moisson arrive vite là-bas, et rendons grâces, en même temps, pour ces nouveaux ouvriers de la vigne du Seigneur.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous demande ”. L’Évangile d’aujourd’hui montre le Seigneur pressé de demander de l’aide à ses disciples.

J’ai eu, cet été, la joie de séjourner en Terre Sainte, à Saxum, ce centre que mgr Alvaro del Portillo et mgr Xavier Echevarria auraient tant voulu contempler. J’y ai pu constater combien le chemin de Jéricho à Jérusalem, que le Seigneur a parcouru si souvent avec ses disciples, est sec et ardu. Ce n’était pas une route facile et cela nous a sans doute aidés à mieux comprendre que la réalité de ces paroles du Seigneur, -vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous demande- ne sont ni un beau principe théorique ni un vœu pieux, mais un appel exigeant, une réalité à vivre, sur un chemin difficile.

Permettez-moi de vous rappeler maintenant ce que le Pape François nous a dit lors de la Sainte Messe à Tallin, en Estonie, sur la place de la Liberté : “Voyez comment l’aigle aide ses petits aiglons à apprendre à voler : il vole avec eux, en se plaçant sous eux pour les protéger en cas de chute. C’est ainsi que vous devez vivre en entourant tout le monde, spécialement les non croyants, majoritaires chez vous”.

Servir, servir : c’est la clef, mes chers frères. Pour un prêtre ou pour un diacre, servir c’est comme respirer. Un prêtre qui n’aimerait pas servir serait comme un médecin qui aurait peur du sang".

Le médecin qui aurait peur du sang pourrait se consacrer, par exemple, à l’étude de l’histoire de la médecine, mais cela nous pousserait à croire que la médecine n’est vraiment pas sa voie.

Mes chers frères, servir est comme le sang de notre sacerdoce. On peut sans doute craindre le sang, cela dit, le sang est la condition pour être utiles. Aussi saint Josémaria aimait-il nous confier cette devise : ‘Pour servir, servir’. Cela peut se comprendre sous différents aspects. Pour moi, cela signifie tout bonnement qu’on n’est jamais plus utile que lorsqu’on rend service, tel qu’on vous le demande, sans chercher à avoir des visées ou des objectifs personnels.

Toute sa vie durant, saint Josémaria, avec ses propos et ses œuvres, fit comprendre à ses enfants que nous devions servir l’Église comme elle souhaite être servie. Ces paroles sont très importantes. Aujourd’hui, ce n'est pas que l'on manque de gens prêts à servir l’Église ou l’humanité. Ils veulent servir mais comme ils l'entendent et non pas tel que le veut l’Église. Or, c’est le service de l’Église tel qu'elle veut être servie qui a une vraie valeur et, dans l’Église, les prêtres de l’Œuvre, nous servons comme notre prélat souhaite que nous servions.

Permettez-moi maintenant d’évoquer un souvenir personnel. Lorsque je suis arrivé pour la première fois en Estonie, je m’étais préparé à toutes les questions qu’on allait me poser, les profondes et les moins profondes. Or, il y eut une seule question à laquelle je ne m’étais pas préparé et ce fut la seule qu’on me posa : « Aimeriez-vous jouer un match de foot avec nous » ? Pour tout vous dire, je n’y tenais pas du tout. J’étais fatigué et je n’ai jamais été fana de foot, mais j’ai pensé qu’il ne fallait pas que je refuse de répondre à la première et seule question qu’on me posait. Ça aurait été bien triste.

“ Quels fans de foot ces Estoniens !”, me suis-je dit.

J’appris par la suite que les Estoniens ne sont pas du tout des fanas de foot. Cela dit, j’étais le premier français qu’ils connaissaient et ils ne savaient pas comment accrocher avec moi. C’était l’époque de Zidane, de Platini, et ils se sont dit : “à coup sûr, ce qu’un Français apprécie le plus, c’est un match de foot, même s’il est tard, qu’il pleut et qu’il fait froid”. Tout compte fait, personne ne voulait jouer au foot, mais nous nous y sommes tous mis, au service des autres. Et le match fut une réussite. Cela dit, j’ai cassé une jambe à la dame, gardienne de but. Involontairement.

Pour finir, j’évoquerai des paroles de saint Josémaria très appropriées à notre temps et spécialement au pays d’où je viens. J’en ai fait ma devise que j’ai l’honneur de partager avec le prélat de l’Opus Dei.

“Offre ta prière, ton expiation et ton action pour cette finalité: Ut sint unum! Afin que tous les chrétiens nous n’ayons qu’une seule et même volonté, un seul cœur, un même Esprit et que –Omnes cum Petrum ad Iesum per Mariam !- tous bien unis au Pape nous allions vers Jésus, en passant par Marie ”.