Marie-Madeleine, privilégiée de l’amour

La fête de Marie-Madeleine, le 22 juillet, nous invite à contempler la force de l'amour suscité par le pardon des péchés.

Temps liturgique
Opus Dei - Marie-Madeleine, privilégiée de l’amour

Le prêche de Madeleine à Marseille (Musée du Vieux-Marseille)

Marie de Magdala est présentée par la tradition comme la pécheresse repentie et la première évangélisatrice de la Résurrection. Un parcours intense pour un grand cœur. À partir des dons reçus, elle a diffusé le Nom qui donne à tous le salut. Privilégiée de l’amour, elle ne l’a pas caché aux autres.

Personne n’est trop loin du pardon. « L’appel à la conversion s’adresse avec plus d’insistance à ceux qui se trouvent éloignés de la grâce de Dieu en raison de leur conduite » (pape François, Le Visage de la Miséricorde §19).

La miséricorde du Maître a éclairé la conscience de la femme et suscité sa componction. Elle sut pleurer de graves péchés. « Purger sa peine, ce n’est pas là le dernier mot, mais le début de la conversion, en faisant l’expérience de la tendresse du pardon » (pape François, ibidem §21). La juste vérité amène à l’amour.

Sa charité était d’autant plus pure qu’elle avait bénéficié d’une compassion exceptionnelle. Quand sa gratitude la fit verser du parfum sur les pieds de Jésus (Luc 7, 46), le Messie — Oint déjà par l’Esprit — applaudit le geste. La pénitente se dévoua généreuse au Bien-aimé enseveli, en apportant des aromates au sépulcre (Marc 16, 1).

« L’appel à la conversion s’adresse avec plus d’insistance à ceux qui se trouvent éloignés de la grâce de Dieu en raison de leur conduite »

« Blessée d’amour » (Cantique 5, 8), Madeleine brûle pour le Royaume. Après l’apparition du Ressuscité, elle éclaire les apôtres et participe à la vie de la communauté naissante. La légende la veut expulsée d’Israël et débarquant en Provence. Le village des Saintes Maries de la Mer en garde le souvenir ; la Sainte-Baume, avant Vézelay, deviendrait un haut lieu de pèlerinage.

Fille active de l’Église, la pénitente convertit les païens. L’épisode a été illustré par l’art, depuis le XIIIe siècle ; à l’époque du roi René, un anonyme peignit Le prêche de Madeleine à Marseille (Musée du Vieux-Marseille). Sur des livrets inspirés dans la Légende Dorée, la sainte rentrera dans l’histoire de la musique, avec les oratorios de Massenet (1873) et de Paladilhe (1892) ; dans ce dernier, Madeleine révèle la clémence du Christ : « Sa douce voix est descendue / sur ma faute et ma douleur » (Les Saintes Maries de la Mer, acte 4).

L’expérience du pardon éveille la miséricorde, fait voir les frères blessés par le péché. Malgré les incertitudes, l’espérance des fruits stimule le témoignage. Personne n’en est exclu : « Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu » (Catéchisme de l’Eglise Catholique §27). Qui ne désire pas des signes de salut ?

À l‘approche du jubilé de la miséricorde, Marie de Magdala nous dévoile son chemin sûr d’amour : recevoir le pardon, l’annoncer et bâtir l’Église sur ce roc.

La parole de l’ancienne pécheresse est devenue instrument de l’Esprit, qui «change l'aridité intérieure des âmes et les transforme en champs fertiles de sainteté» (Jean-Paul II, Le Seigneur qui donne la vie §67). Les conversions comblent sa soif d’âmes. Apôtre de la miséricorde, la femme vaillante devient pilier de la maison de Dieu (Apocalypse 3, 12).

Marie de Magdala nous dévoile son chemin sûr d’amour : recevoir le pardon, l’annoncer et bâtir l’Église sur ce roc.

Abbé Fernandez

  • Marie Madeleine essuie les pieds de Jésus, Basilique de l'Annonciation, Nazareth Photo par Zvonimir Atletic / Shutterstock.com