14 septembre: la croix de chaque jour

Le 14 septembre, l’Église célèbre l’Exaltation de la Sainte Croix. C’est un jour propice pour réfléchir sur la mort du Christ sur la Croix - à laquelle nous sommes invités à nous unir pour ressusciter avec Lui.

Exaltation de la Sainte Croix

Origine historique de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix

Vers l’an 320, l’impératrice Hélène de Constantinople découvrit la vraie Croix, la croix sur laquelle Jésus-Christ est mort. En 614, le roi Khosro II de Perse envahit et conquit Jérusalem, emportant la sainte relique comme trophée de guerre.

Mais en 628, l’empereur Héraclius récupéra la Croix et la ramena à Jérusalem. Le 14 septembre, l’empereur fit son entrée dans la Ville Sainte en portant lui-même la croix. Depuis lors, ce jour est inscrit dans les calendriers liturgiques comme celui de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Dans cet article :

Autres ressources


Lectures de la messe de l’Exaltation de la Sainte Croix

Première lecture. Livre des Nombres 21, 4-9

Ils quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! ». Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! ». Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie.

Psaume responsorial. Psaume 78, 1-2, 34-38

Écoute ma loi, ô mon peuple, tends l'oreille aux paroles de ma bouche. J'ouvrirai la bouche pour une parabole, je publierai ce qui fut caché dès l'origine. Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient, ils revenaient et se tournaient vers lui : ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur. Mais de leur bouche ils le trompaient, de leur langue ils lui mentaient. Leur cœur n'était pas constant envers lui ; ils n'étaient pas fidèles à son alliance. Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait ; maintes fois, il retint sa colère au lieu de réveiller sa violence.

Deuxième lecture. Apôtre Paul aux Philippiens 2, 6-11

Ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Évangile de st Jean 3, 13-17

Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.


Le pape François sur l’Exaltation de la Sainte Croix

Le mystère de la Croix ne peut être compris qu’un peu à genoux, dans la prière, mais aussi à travers les larmes (Pape François)

« Dieu accomplit ce chemin par amour ! Il n’y a pas d’autre explication : seul l’amour fait de telles choses. Aujourd’hui, nous contemplons la Croix, histoire de l’homme et histoire de Dieu. Nous contemplons cette Croix, où l’on peut goûter ce miel d’aloès, ce miel amer, cette douceur amère du sacrifice de Jésus. Mais ce mystère est si grand et, seuls, nous ne pouvons pas bien le saisir, non pas tant pour le comprendre, oui, le comprendre… mais pour ressentir profondément le salut que recèle ce mystère. Avant tout, le mystère de la Croix. On ne peut le comprendre qu’un peu à genoux, dans la prière, mais aussi à travers les larmes : ce sont les larmes qui nous rapprochent de ce mystère » (14 septembre 2013).

La Croix de Jésus est la parole par laquelle Dieu a répondu au mal dans le monde. Parfois, il nous semble que Dieu ne répond pas au mal et qu’il reste silencieux. En réalité, Dieu a parlé et répondu ; et sa réponse, c’est la Croix du Christ. Une parole qui est amour, miséricorde, pardon. Et c’est aussi le Jugement. Dieu nous juge en nous aimant, Dieu nous juge en nous aimant : si j’accueille son amour, je suis sauvé ; si je le rejette, je me condamne. Non pas à cause de Lui, mais à cause de moi-même, car Dieu ne condamne pas, mais aime et sauve. La parole de la Croix est la réponse des chrétiens au mal qui continue d’agir en nous et autour de nous. Les chrétiens doivent répondre au mal par le bien en prenant sur eux la Croix comme Jésus. (30 mars 2013)


Textes de saint Josémaria pour la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix

Alors que tu célébrais la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix, tu as supplié le Seigneur, de toutes les forces de ton âme, de t’accorder la grâce « d’exalter » la Sainte Croix dans tes facultés et tes sens… Ce sera comme une vie nouvelle ! Comme un sceau qui affermira l’authenticité de ta mission… ton être tout entier sur la Croix ! Nous verrons, nous verrons bien ! (Forge, 517)

Souvent autour de nous règne comme une sorte de peur de la Croix, de la Croix du Seigneur. C’est que l’on a commencé à appeler croix tous les événements désagréables qui surgissent au cours de la vie et qu’on ne sait pas assumer comme un enfant de Dieu, contempler dans une perspective surnaturelle (…). Dans la Passion, la Croix a cessé d’être symbole de châtiment : elle est devenue un signe de victoire. La Croix est l’emblème du Rédempteur : in quo est salus, vita et resurrectio nostra, en elle se trouvent notre salut, notre vie et notre résurrection. (Chemin de Croix, IIe station, no 5 )

Tout comme on taille une pierre ou du bois, peu à peu, il faut limer les aspérités, en éliminant les défauts de notre vie personnelle dans un esprit de pénitence, moyennant de petites mortifications. Il y en a de deux types : les mortifications actives – celles que nous recherchons, comme de petites fleurs que nous cueillons au long de la journée – et les mortifications passives qui viennent du dehors et qu’il nous coûte d’accepter. Ensuite Jésus-Christ ajoute ce qui manque.

- Quel magnifique Crucifix tu vas devenir, si ta réponse est généreuse, joyeuse, entière ! (Forge, 403 )

Les vrais obstacles qui te séparent du Christ – l’orgueil, la sensualité… – se surmontent par la prière et par la pénitence. Et prier, et se mortifier, c’est aussi s’occuper des autres et s’oublier soi-même. Si tu vis de la sorte, tu verras que la plupart de tes ennuis disparaîtront. (Chemin de Croix, Xe station, no 4 )

Au nom de l’amour victorieux du Christ, nous les chrétiens, nous devons nous élancer sur tous les chemins de la terre pour devenir des semeurs de paix (Saint Josémaria)

Jésus, en mourant sur la Croix, a vaincu la mort ; Dieu tire de la mort la vie. Il n’est pas digne d’un enfant de Dieu de se résigner à cette tragique mésaventure ; il doit au contraire se réjouir par avance de la victoire. Au nom de l’amour victorieux du Christ, nous les chrétiens, nous devons nous élancer sur tous les chemins de la terre pour devenir par nos paroles et par nos actes des semeurs de paix et de joie. Nous devons lutter – pacifiquement – contre le mal, contre l’injustice, contre le péché, afin de proclamer par-là que l’actuelle condition humaine n’est pas définitive ; que l’amour de Dieu, constamment manifesté dans le Cœur du Christ, assurera le triomphe glorieux et spirituel de l’humanité. (Quand le Christ qui passe, 168)

Lorsque tu verras une pauvre croix de bois, seule, misérable et sans valeur… et sans crucifié, n’oublie pas que cette croix est ta Croix : celle de chaque jour, cachée, sans éclat et sans consolation… Elle attend le crucifié qui lui manque. Et ce crucifié, ce doit être toi. (Chemin, 178)

Avant de commencer à travailler, place un crucifix sur la table ou près de tes instruments de travail. De temps en temps, jette-lui un coup d’œil… Quand tu sentiras venir la fatigue, ton regard se tournera vers Jésus, et tu retrouveras des forces nouvelles pour persévérer dans ton effort. (Chemin de Croix, XIe station XI, no 5)

Rappelez-vous ces mots du Christ : Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Vous voyez ? La croix, chaque jour. Nulla dies sine cruce ! pas un jour sans la Croix : pas une seule journée sans nous charger de la croix du Seigneur, sans prendre sur nous son joug. C’est pourquoi je n’ai pas voulu omettre non plus de vous rappeler que la joie de la Résurrection est la conséquence de la douleur de la Croix.

N’ayez crainte, cependant, car le Seigneur lui-même nous a dit :Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau : c’est moi qui vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école : je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du soulagement pour votre être, car mon joug est agréable et mon fardeau léger. Venez – commente saint Jean Chrysostome – non pas pour rendre compte mais pour être délivrés de vos péchés venez, car je n’ai pas besoin de votre gloire, celle que vous pouvez m’apporter : j’ai besoin de votre salut. N’ayez pas peur, en entendant parler de joug, car il est doux ; n’ayez pas peur si je parle de fardeau, car il est léger.

Le chemin de notre sanctification personnelle passe, chaque jour, par la Croix : ce n’est pas un chemin morose, car c’est le Christ lui-même qui nous aide : et avec lui il n’y a pas de place pour la tristesse. In lætitia, nulla dies sine cruce ! me plaît-il de répéter ; avec l’âme débordante de joie, pas un jour sans la Croix. (Quand le Christ qui passe, 176)


Angelus du Pape Léon XIV pour la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix (2025)

À l'occasion de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, le pape Léon XIV a médité, lors de l'Angélus, sur la Croix, non pas comme un signe de défaite, mais comme le plus grand témoignage de l'amour de Dieu. Il a rappelé l’origine de la fête — la découverte du bois de la croix par sainte Hélène à Jérusalem — et s’est attardé sur la rencontre nocturne entre Jésus et Nicodème, à qui le Seigneur révèle que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle ».
Le Pape a défini la Croix comme « l’un des instruments de mort les plus cruels que l’homme ait jamais inventés », que Dieu a transformée  « d’un instrument de mort en instrument de vie, nous enseignant que rien ne peut nous séparer de Lui ». Il a demandé, par l’intercession de Marie, que « que nous sachions nous donner les uns aux autres, comme Lui s’est donné tout à tous. ».

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    Photo : Luis Serrano (cc)