Avec les enfants de la rue à Yaoundé

Le Club Solidarité du Centre d’études Nolanga, de Yaoundé, a été créé il y a trois ans par un groupe d’étudiants des Universités de Yaoundé

 Le Club Solidarité du Centre d’études Nolanga, de Yaoundé, a été créé il y a trois ans par un groupe d’étudiants avec l’objectif d’organiser des activités pour que ceux qui fréquentent le Centre viennent en aide aux personnes nécessiteuses, à travers notamment des visites aux malades dans les hôpitaux, des fêtes de Noël pour des enfants souffrants… 

Il y a quelques semaines, un groupe de participants au Club a voulu partager un repas avec des enfants de la rue à Yaoundé. Un des étudiants, Cyrille, nous raconte ce qu’ils ont fait : 

« Tout a commencé d’abord la veille, par l’achat d’une partie du repas nécessaire pour cette soirée. Le lendemain matin nous nous sommes regroupés à 10 heures pour concocter la nourriture du soir. On a préparé d’abord du sirop et ensuite des sandwiches. Plus ou moins, à 18 heures nous sommes allés au grand rond-point de la poste centrale et après avoir rassemblés les enfants, nous avons dû nous déplacer parce que la police est venue nous dire que l’endroit n’était pas adéquat pour ce genre de rassemblement. Nous avons donc trouvé un lieu plus discret non loin de là.

Tous les enfants étaient plutôt calmes et ravis que nous soyons venus leur rendre visite. Grande a été notre surprise de constater que ces enfants, contrairement à ce que l’on pourrait penser, respectaient une organisation suivant les endroits où chacun d’eux vivait et fréquentait le plus. C’est donc suivant cette organisation que nous les avons répartis et que nous avons commencé à bavarder avec eux. Nous avons constaté que les conditions de vie difficiles dans la rue les amenaient parfois à des extrémités comme sniffer la colle, mendier, voler.

Avant de commencer à manger, chaque groupe a dit une prière et nous avons distribué les morceaux de pains et le sirop. Ce qui nous a également marqué c’est le profond respect avec lequel ils nous traitaient. Nous leur avons par exemple demandé de ne rien jeter par terre, consigne qui fut respectée à la lettre et ceux qui n’en faisaient pas cas se virent immédiatement rappeler à l’ordre par les autres.

Avant de nous séparer, nous leur avons distribué quelques paquets de biscuits. Ils nous ont remercié du fond du cœur, non seulement pour la nourriture, que nous leur avons donné, mais surtout d’avoir eu le courage de venir jusqu'à eux pour passer ce moment de fraternité. A la fin, toutes les barrières des deux cotées étaient tombées et nous avions du mal à nous séparer. Une autre chose à noter est la solidarité et le grand respect qu’ils ont envers leurs aînés. L’un d’eux nous a même dit qu’il avait gardé un peu de nourriture pour ses petits frères qui étaient restés à l’endroit où ils dorment ».