Sainte Thérèse d'Avila et saint Josémaria Escriva

Le 15 octobre, l'Église célèbre la fête de sainte Thérèse d'Avila. Une sainte pour laquelle saint Josémaria, fondateur de l’Opus Dei, avait une grande affection, comme en témoignent les quelques extraits compilés dans cet article.

Opus Dei - Sainte Thérèse d'Avila et saint Josémaria Escriva

Points de Chemin témoignant de l’influence de Sainte Thérèse dans la façon d’écrire du fondateur de l’Opus Dei.

Volonté. — Énergie. —Exemple. — Ce qu'il y a à faire on le fait... Sans hésiter... Sans ménagements.

Sans cela, Cisneros* n’aurait pas été Cisneros, ni Thérèse d’Ahumada, sainte Thérèse... ; pas plus qu'Iñigo de Loyola, saint Ignace...,

Dieu et audace! Regnare Christum volumus!"

* Cisneros (1436-1517), cardinal espagnol, régent du trône d'Espagne et confesseur de la reine Isabelle la catholique. Le cardinal Cisneros entreprit de réformer l'Église en Espagne, devançant ce que le Concile de Trente devait faire pour toute la chrétienté des années après. Il était connu pour la trempe et l'énergie de son caractère.

Chemin, 11

Homme libre, soumets-toi à une servitude volontaire : que Jésus n'ait pas à dire de toi ce qu'il a dit, paraît-il, d'autres à sainte Thérèse d'Avila : "Thérèse, j'ai voulu..., mais les hommes n'ont pas voulu."

Chemin, 761

Clame, enfant audacieux : quel amour que celui de Thérèse d'Avila ! - Quel zèle que celui de François-Xavier ! - Quel homme admirable que saint Paul ! - Ah, Jésus, eh bien moi... je t'aime plus que Paul, que François-Xavier et que Thérèse !

Chemin, 874

Ne demande pas seulement à Jésus le pardon de tes fautes : ne l'aime pas seulement dans ton cœur... Répare toutes les offenses qu'on lui a faites, qu'on lui fait et qu'on lui fera... Aime-le de toute la force de tous les cœurs de tous les hommes qui l'ont le plus aimé.

Sois audacieux : dis-lui que tu es plus éperdument amoureux de lui que Marie-Madeleine, plus que Thérèse et la petite Thérèse..., plus fou qu'Augustin, Dominique et François, plus qu'Ignace et François-Xavier.

Chemin, 402

Dans le livre de sa vie, sainte Thérèse d'Avila dit de saint Joseph : "Si vous ne trouvez pas de maître qui vous enseigne l'oraison, prenez ce glorieux saint pour guide et vous ne vous égarerez pas en chemin." - Le conseil vient d'une âme expérimentée. Suis-le.

Chemin, 561

Une mauvaise nuit dans une mauvaise auberge. - C'est ainsi, dit-on, que la Mère Thérèse de Jésus définissait la vie terrestre. - N'est-ce pas là une comparaison pertinente ?

Chemin, 703

Doucement. - Considère ce que tu dis, qui le dit et à qui c'est dit. - Car ce parler hâtif, qui ne laisse place à aucune réflexion, n'est que concert de casseroles.

Et je te dirai, avec sainte Thérèse d'Avila, que je n'appelle pas cela prier, même si tu remues abondamment les lèvres.

Chemin, 85

Et par ailleurs, dans ses autres écrits :

Je vais poursuivre ce moment de conversation devant le Seigneur en me servant d'une fiche que j'utilisais il y a quelques années et qui conserve pour moi toute son actualité. J'avais repris à l'époque des considérations de sainte Thérèse d'Avila : tout ce qui passe et ne tourne pas à la gloire de Dieu est néant, et au-dessous même du néant (Sainte Thérès d'Avila, Vie, 20, 26). Comprenez-vous pourquoi une âme cesse de savourer la paix et la sérénité quand elle s'écarte de sa fin, quand elle oublie que Dieu l'a créée pour la sainteté ? Efforcez-vous de ne jamais perdre ce point de vue surnaturel, pas même aux heures de loisir ou de repos, aussi nécessaires dans la vie de chacun que le travail.

Amis de Dieu, 10

Cet adverbe, “ toujours ”, a fait la grandeur de Thérèse d'Avila.

Tout enfant, elle franchit un jour les murailles de la ville, par la porte de l'Adaja, en compagnie de son frère Rodrigue, pour aller au pays des Maures, dans l'espoir d'y être décapités pour le Christ ; et elle murmurait à l'oreille de son frère, qui se fatiguait sur le chemin : pour toujours, pour toujours, pour toujours.

Les hommes mentent quand ils disent "pour toujours" à propos de leurs affaires temporelles. Seul est vrai, d'une vérité absolue, le "pour toujours" face à Dieu. Et c'est ainsi que tu dois vivre, avec une foi qui te fera sentir la saveur du miel, une douceur céleste, lorsque tu penseras à l'éternité qui, elle, est vraiment pour toujours.

Amis de Dieu, 200

L'homme de foi sait juger à leur juste valeur les choses de la terre, il sait que notre passage ici-bas n'est, pour reprendre un mot de Thérèse d'Avila, qu'une mauvaise nuit dans une mauvaise auberge. Il renforce sa conviction que notre existence sur la terre est un temps de travail et de lutte, un temps de purification destiné à acquitter nos dettes envers la justice divine, à cause de nos péchés. Il sait aussi que les biens temporels sont des moyens, dont il se sert avec générosité, avec héroïsme.

Amis de Dieu, 203

Sainte Thérèse assure que "celui qui ne fait pas oraison n'a pas besoin d'un démon pour le tenter ; tandis que celui qui la fait ne serait-ce qu'un quart d'heure par jour se sauve nécessairement"...

En effet, le dialogue avec notre Seigneur, toujours aimable, jusque dans les moments durs ou arides que l'âme traverse, nous révèle le vrai relief et la juste dimension de la vie.

Sois donc une âme de prière !

Forge, 1003

Les personnes qui ont fréquenté saint Josémaria rapportent aussi des événements, des propos qui témoignent de l’influence de Sainte Thérèse.

Voici ce que le bienheureux Alvaro del Portillo en disait : « Dès le début, le Père disait déjà aux premiers membres de l’Opus Dei que pour que la vie intérieure grandisse, il est bon consacrer chaque jour de la semaine à une dévotion solide : à la Très Sainte Trinité, à l’Eucharistie, à la Passion, à la Sainte Vierge, à Saint Joseph, aux Saints Anges Gardiens, aux âmes bénies du Purgatoire. Comme toujours, il tirait ce conseil de son expérience, de sa vie. Je puis vous assurer que ses dévotions principales étaient bien la Très Sainte Trinité, Dieu Un et Trine, avec les Trois Personnes divines qu’il considérait une par une, le Père, le Fils et le Saint Esprit ; Notre Seigneur Jésus-Christ, présent essentiellement en l’Eucharistie ; sa Passion et ses années de vie cachée ; la Très Sainte Vierge ; Saint Joseph ; les Saints Anges Gardiens ; les Saints et tout particulièrement les douze Apôtres, les Saints qu’il choisit comme intercesseurs dans certains aspects de l’apostolat de l’Œuvre, Sainte Catherine de Sienne, Saint Nicolas de Bari, Saint Thomas More, Saint Pie X ainsi que le Saint Curé d’Ars et d’autres saints comme Saint Antoine l’abbé, Sainte Thérèse de Jésus, etc. ; ainsi que les premiers chrétiens ».

Mgr Xavier Echevarria évoque le rapport confiant de saint Josémaria avec Dieu son Père, en dépit de sa fatigue ou de ses difficultés : « Je ne l’ai jamais vu découragé, dubitatif, inquiet. Près de lui, on percevait ce qu’il nous avait tant de fois évoqué en citant Sainte Thérèse de Jésus : « Qui a Dieu, ne manque de rien » Il en parlait ainsi en 1966 : « L’angoisse et la tristesse sont diamétralement opposées à l’essence même de Dieu qui est le bonheur au degré suprême. Si vous êtes fatigués, parlez-en au Seigneur, si vous vous heurtez à des difficultés importantes, mettez-les dans les mains du Seigneur. Et j’insiste, évitez que personne ne puisse se dire devant votre attitude personnelle que le joug du Maître n’est pas doux, n’est pas un fardeau d’amour ».

Saint Josémaria qui a toujours aimé l’état religieux, visitait les couvents où il était invité dès qu’il en avait l’occasion. Au Chili, en 1974, la mère prieure du couvent des Carmélites de Pedro de Valdivia, animée de l’espoir de le recevoir un jour chez elles, lui rappela dans sa lettre d’invitation qu’elle était sûre de ce qu’affirmait sainte Thérèse : « On atteint tout ce qu’on espère ». Saint Josémaria, touché par ce raisonnement, alla leur rendre visite le matin où il reçut sa lettre.

" J’aime d’un grand amour la vocation des âmes contemplatives, leur dit-il. En effet, dans l’Opus Dei nous sommes contemplatifs au beau milieu de la rue. Nous vous comprenons parfaitement, tout comme les Mères Carmélites nous comprennent très bien elles aussi, et nous aident de leur prière. Je viens vous demander l’aumône de votre prière : priez !". Ces commentaires furent appréciés par l’âme de ces carmélites, tout comme les chocolats qu’il leur avait offerts.