Prier devant la Crèche

Voici quelques points de méditation sur Noël pour prier avec Benoît XVI et saint Josémaria. « Marie emmaillota l’enfant dans des langes.» Sans aucun sentimentalisme, nous pouvons imaginer l’amour avec lequel Marie attendit son heure et prépara la naissance de son fils.

Pour parler avec Dieu

Marie mit au monde son fils premier-né, l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire (Lc 2,7). Ce verset ainsi que d’autres paroles de l’Écriture rappellent aux chrétiens comment Jésus est venu au monde. Les crèches nous permettent de contempler cet événement de plus près.

Prier avec le Pape:

Sanctuaire franciscain de la Crèche, à Greccio. Fait en terracota par L. Agnini.

Marie emmaillota l’enfant dans des langes. Sans aucun sentimentalisme, nous pouvons imaginer l’amour avec lequel Marie attendit son heure et prépara la naissance de son fils. La tradition des icônes selon la théologie des Pères a aussi interprété théologiquement la mangeoire et les langes. L’enfant bien emmailloté dans des langes apparaît comme un renvoi anticipé à l’heure de sa mort : il est l’Immolé dès le commencement. […]. Aussi la mangeoire était-elle représentée comme une sorte d’autel (Benoît XVI, L’enfance de Jésus, p. 99).

Celui qui aujourd’hui veut entrer dans l’église de la Nativité de Jésus à Bethléem découvre que le portail, qui un temps était haut de cinq mètres et demi et à travers lequel les empereurs et les califes entraient dans l’édifice, a été en grande partie muré. Est demeurée seulement une ouverture basse d’un mètre et demi. L’intention était probablement de mieux protéger l’église contre d’éventuels assauts, mais surtout d’éviter qu’on entre à cheval dans la maison de Dieu. Celui qui désire entrer dans le lieu de la naissance de Jésus, doit se baisser.

Dieu devient un Enfant démuni pour vaincre l’orgueil, la violence, la soif de posséder de l’homme.

Il me semble qu’en cela se manifeste une vérité plus profonde, par laquelle nous voulons nous laisser toucher en cette sainte Nuit : si nous voulons trouver le Dieu apparu comme un enfant, alors nous devons descendre du cheval de notre raison « libérale ». Nous devons déposer nos fausses certitudes, notre orgueil intellectuel, qui nous empêche de percevoir la proximité de Dieu. Nous devons suivre le chemin intérieur de saint François – le chemin vers cette extrême simplicité extérieure et intérieure qui rend le cœur capable de voir. Nous devons nous baisser, aller spirituellement, pour ainsi dire, à pied, pour pouvoir entrer à travers le portail de la foi et rencontrer le Dieu qui est différent de nos préjugés et de nos opinions : le Dieu qui se cache dans l’humilité d’un nouveau-né (Benoît XVI, Homélie de la Messe de Minuit, 24 décembre 2011).

En effet, dans cet Enfant se manifeste Dieu-Amour: Dieu vient sans armes, sans la force, parce qu'il n'entend pas conquérir, pour ainsi dire, de l'extérieur, mais il entend plutôt être librement accueilli par l'homme; Dieu se fait Enfant sans défense pour vaincre l'orgueil, la violence, la soif de possession de l'homme. En Jésus, Dieu a assumé cette condition pauvre et désarmante pour nous vaincre par l'amour et nous conduire à notre véritable identité (Benoît XVI, Audience Générale du Mercredi 23 décembre 2009).

Prier avec saint Josémaria

Un décret de César Auguste, qui ordonne un recensement général, vient d’être promulgué. Chacun doit se rendre pour cela au pays de ses ancêtres. — Étant de la maison et de la famille de David, Joseph va avec la Vierge Marie de Nazareth jusqu’à une ville de Judée appelée Bethléem (Lc 2, 1 5).

Et c’est à Bethléem que naît notre Dieu : Jésus-Christ ! — Il n’y a pas de place à l’auberge : il viendra au monde dans une étable. — Et sa Mère l’enveloppe dans des langes et le couche dans une mangeoire (Lc 2, 7).

Froid. — Pauvreté. — Je suis un petit serviteur de Joseph.

— Comme il est bon, Joseph ! — Il me traite comme un père. — Et même il me pardonne si je prends l’Enfant dans mes bras et passe des heures entières à lui dire des choses douces et ardentes !...

Adoration des Mages. Sarcophage romain du IVe s, au cimetière Sainte Agnès, à Rome.

Et je l’embrasse — embrasse-le toi aussi —, je le berce, je chantonne pour lui, et je l’appelle Roi, Amour, mon Dieu, mon Unique, mon Tout !... Comme l’Enfant est beau... et que la dizaine est courte !

(Saint Rosaire, Troisième mystère joyeux)

Dieu nous a appelés clairement et sans équivoque. Comme les Rois Mages nous avons trouvé une étoile, la lumière, le nord dans le ciel de notre âme. Nous avons vu son étoile en Orient et sommes venus l’adorer. Telle est aussi notre expérience. Nous avons aussi perçu que, petit à petit, notre âme s’embrasait d’une lueur nouvelle : le désir d’être pleinement chrétiens.

(Quand le Christ passe, 32)

Lorsque je parle devant une Crèche, j’ai toujours essayé de regarder le Christ notre Seigneur ainsi, emmailloté dans des langes, sur la paille d’une mangeoire. Et, alors qu’il est toujours un Enfant et qu’il ne dit rien, le voir comme un Docteur, un Maître. J’ai besoin de le considérer ainsi parce que je dois apprendre de Lui.

(Quand le Christ passe, 14)

La Nativité est aussi entourée d’une simplicité admirable : le Seigneur arrive sans apparat, méconnu de tous. Sur terre, seuls Marie et Joseph partagent cette aventure divine. Puis les bergers prévenus par les anges. Et plus tard ces sages d’Orient. C’est ainsi qu’a lieu le fait transcendantal qui fait que le ciel et la terre s’unissent, Dieu et l’homme.

Viens à Bethléem, approche de près l’Enfant, berce-le, dis-lui tant de choses embrasées, serre-le contre ton cœur…

(Quand le Christ passe, 18)

Sommé par cette question, je contemple moi aussi maintenant Jésus, couché dans une mangeoire, un endroit réservé aux animaux. Seigneur, où est donc ta royauté : ton diadème, ton épée, ton sceptre ? Ils lui appartiennent mais il n’en veut pas : il règne emmailloté dans des langes. C’est un Roi démuni, sans défense devant nous, c’est un tout-petit. Comment ne pas penser aux paroles de l’Apôtre : il s’est anéanti lui-même en prenant la forme d’un serviteur ?

(Quand le Christ passe, 31)