Le Père en Uruguay : « La sainteté, c’est la plénitude de l’amour, et non pas l’absence de défauts »

Du 22 au 27 août 2026, Mgr Fernando Ocáriz s’est rendu en Uruguay, à quelques mois du 70e anniversaire de l’arrivée des premiers membres de l’Opus Dei dans le pays. Il a rencontré des familles, des jeunes et des personnes liées à diverses initiatives éducatives et sociales. Le récit, les photos et les vidéos retracent quelques moments de ces journées.

Du samedi 22 au jeudi 27 août, le Père a effectué sa première visite pastorale en Uruguay en tant que prélat de l’Opus Dei, après s’être rendu au Guatemala, au Honduras et au Salvador.

Ce voyage a eu lieu pendant la préparation du 70e anniversaire de l’arrivée des premiers membres de l’Opus Dei en Uruguay, qui sera fêtée en octobre. Cet anniversaire est lui-même un jalon sur la route du centenaire de l’Œuvre.

Sommaire :

- jeudi 27 août : dernier jour du Père en Uruguay 

- mercredi 26 août : Cours à l'université de Montevideo et rencontre avec les jeunes

- mardi 25 août : Rencontre avec les familles

- lundi 24 août : Los Pinos - Los Rosales - Los Ceibos

- dimanche 23 août : Rencontre avec quelques familles à La Cantera

- samedi 22 août : Accueil du Père


Jeudi 27 août. Dernier jour du Père en Uruguay

Lors de son dernier jour en Uruguay, Mgr Fernando Ocáriz a rencontré les groupes promoteurs de différentes initiatives apostoliques. Ceux-ci lui ont fait part des aventures, des projets et des défis liés à leur travail. Le Père les a écoutés avec attention et leur a donné quelques conseils. Avant de prendre le chemin du retour, il a également reçu plusieurs familles.

C’est ainsi que se sont achevées ces journées marquées par de nombreuses rencontres, de Casavalle à l’université de Montevideo, en passant par les discussions avec les jeunes et les familles.

Vers 21 h 30, l’avion du Père a décollé de Montevideo à destination de Rome. À l’aéroport, quelques familles sont venues lui dire au revoir et l’accompagner dans les derniers instants de sa visite dans le pays. C’est au milieu des embrassades et des adieux que ce voyage très attendu a pris fin. Les mots échangés lors de ces rencontres résonnent encore.

À bientôt Père !

Mercredi 26 août. Cours à l’université de Montevideo et rencontre avec des jeunes

Lors de sa visite à l’université, Mgr Fernando Ocáriz a rencontré des responsables, des enseignants, des étudiants et des membres de la communauté éducative, et a donné un cours sur l’identité chrétienne dans la vie universitaire.

Avant la séance, le recteur de l’université de Montevideo, Alejandro Cid, a souhaité la bienvenue au prélat. Il a rappelé le soutien spirituel et l’orientation chrétienne que l’Opus Dei a apportés à l’université depuis ses débuts et a souligné l’actualité du message de saint Josémaria : chercher Dieu dans le travail et dans les activités quotidiennes au service de tous.

Le Père a commencé par le cœur de l’identité chrétienne : Jésus-Christ. « Ce qui marque l’identité chrétienne, c’est la présence de Jésus-Christ », a-t-il affirmé. Il a distingué deux dimensions qui doivent toujours aller de pair : l’identité chrétienne de l’institution et celle des personnes. Une université peut avoir des règles, des principes et des structures qui expriment son inspiration chrétienne, a-t-il expliqué, mais cela ne suffit pas si cette identité ne prend pas vie chez les personnes.

Il a abordé différents aspects de la vie universitaire : de l’harmonie entre la foi et la raison jusqu’au respect de la liberté, en passant par la dimension évangélisatrice de l’université à travers la science, les lettres et tout ce qui constitue la vie universitaire.

Il a également évoqué la mission des enseignants, appelés non seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à se donner aux étudiants et à leurs collègues: « Le christianisme, c’est aussi le don de soi ». Partant de là, il a présenté l’autorité comme un service et le travail collégial comme « une solide garantie d’efficacité, car plusieurs regards voient toujours mieux qu’un seul ».

Il a rappelé qu’une université dépend de tous ceux qui en font partie, « du recteur jusqu’à l’étudiant qui vient d’arriver », et que « l’esprit chrétien se transmet dans la science, dans les lettres, mais surtout dans les relations personnelles ». Concernant ces relations, il s’est attardé sur la justice et la charité, et a rappelé ces paroles de saint Josémaria : « plus qu’à donner, la charité consiste à comprendre ». « Le désir de comprendre — a-t-il ajouté — est le premier pas pour aimer ».

Mons. Ocáriz saluda al nuncio apostólico, Mons. monseñor Gianfranco Gallone, en la Universidad de Montevideo.
Mgr Ocáriz salue le nonce apostolique, Mgr Gianfranco Gallone, à l'Université de Montevideo.

À l’issue de cette intervention eut lieu un dialogue avec les personnes présentes. Sofia, de la Faculté de communication, lui a demandé comment mettre en pratique dans la vie professionnelle, familiale et sociale ce que l’on apprend au cours des années passées à l’université. Le Père a mentionné l’ouverture d’esprit comme attitude nécessaire pour écouter les opinions et les points de vue différents, et pouvoir ainsi allier unité et pluralité au-delà des études universitaires.

Monica, de la Faculté de psychologie, a raconté l’histoire d’un étudiant qui a commencé à s’interroger sur la foi en découvrant que ses amis chrétiens étaient les plus joyeux et les plus disposés à aider. Elle a voulu savoir comment faire pour que l’identité de l’université puisse être vécue librement par tous. Le Père a souligné que le chemin pour transmettre la foi passe par l’amitié : « La vraie amitié est exigeante, car c’est une forme d’amour », a-t-il expliqué.

Claudio, l’un des premiers promoteurs de l’université, a exprimé sa joie de la voir aujourd’hui entre les mains d’une nouvelle génération. Au sein de la Fondation « Amigos de la Universidad », il œuvre à l’obtention de bourses pour les jeunes dépourvus des ressources nécessaires. « Tout le monde compte, et tout ce qui permet d’ouvrir des perspectives aux autres est profondément chrétien », a rappelé le Père.

María José, responsable du service d'intendance et de logistique, a interrogé le Père sur la valeur du travail de ceux qui soutiennent l’université par des tâches non académiques. Le Père a rappelé que ces tâches permettent à tout le reste de fonctionner et que la valeur d’une tâche ne dépend pas de la place qu’elle occupe : se référant à un enseignement de saint Josémaria, il a affirmé que le travail le plus important est celui qui est accompli avec le plus d’amour de Dieu.

Martín, médecin et chirurgien, a fait part de son rêve de créer une faculté de médecine centrée sur la personne et a demandé comment lancer des initiatives qui peuvent sembler trop ambitieuses. « Il faut souvent se lancer à l’aventure », a répondu le Père. Il a encouragé à allier réalisme et audace, en comptant sur l’aide de Dieu pour affronter les difficultés du chemin.

Une question a également été posée sur le travail que les étudiants de l’université mènent auprès des personnes privées de liberté. Le Père a insisté sur l’importance de veiller à ce qu’elles se sentent comprises et aimées. « Ce qui fait le plus mal parfois, c’est la solitude, non pas la solitude physique, mais la solitude de l’âme », a-t-il expliqué.

Vers la fin, les questions ont porté sur le travail, les projets professionnels et l’histoire de l’Opus Dei en Uruguay.

L’Université de Montevideo a tenu à lui offrir quelques souvenirs de sa visite. Il a reçu un carnet orné du blason de l’UM (Université de Montevideo) et une édition de Don Quichotte préparée par l’université, qui conserve l’une des collections les plus importantes consacrées à Cervantes en Amérique hispanique. Cette édition commémore la première publication intégrale de cette œuvre en Amérique du Sud, réalisée à Montevideo en 1880.

La rencontre s’est terminée par les remerciements de la communauté universitaire pour les enseignements, les suggestions et les perspectives que le Père avait ouverts au cours de la matinée. « Vous êtes chez vous à l’Université de Montevideo », lui ont-ils dit avant de prendre congé.

Mercredi 26 août. Rencontre avec des jeunes : le Seigneur compte sur moi pour aider les autres

Dans l’après-midi, le Père a rencontré des jeunes étudiantes et des professionnelles venues de différentes régions de l’Uruguay, ainsi que quelques jeunes femmes d’Argentine, du Paraguay et du Brésil. Sur la scène, une phrase de saint Josémaria, « Tes bras vers l’Uruguay », rappelait des paroles qu’il avait adressées à un jeune Uruguayen en 1974, une invitation à mettre aujourd’hui encore ses bras et son cœur au service du pays.

Pour commencer, le Père les a invitées à placer Jésus-Christ au centre de leur formation et de leur vie. Il a expliqué qu’être chrétien ne consiste pas seulement à apprendre des idées ou à accomplir certaines pratiques, mais à rechercher et à aimer quelqu’un : « Connaître Jésus-Christ, être proche de Jésus-Christ, aimer Jésus-Christ ».

Loin de nous décourager face à nos limites, nous devons être disposés à commencer et à recommencer, a affirmé le Père. « La sainteté c’est la plénitude de l’amour, et non pas l’absence de défauts », a-t-il rappelé, car il est toujours possible de recommencer avec davantage d’amour de Dieu, malgré nos limites.

Pierina, équithérapeute, infirmière et animatrice pour enfants, a raconté qu’une image utilisée par saint Josémaria l’accompagne dans sa vie : celle des canards qui se jettent à l’eau même s’ils ne savent pas nager. Ces « canards qui se jettent à l’eau » l’aident à sortir de sa zone de confort et c’est pourquoi elle a demandé au Père comment parler de Dieu avec ses amis et sa famille. Le Père a mis l’accent sur l’amitié : lorsqu’elle est vraie, a-t-il expliqué, parler de ce que l’on porte en soi vient tout naturellement. Et il a rappelé que la prière est la première étape pour pouvoir ensuite aider.

Abril, qui vit à la Résidence Del Mar, est arrivée cette année de Treinta y Tres — une ville située à 249 km au nord-est de la capitale — pour suivre des études de Comptabilité Publique. Elle n’était jamais entrée dans une église, n’était pas baptisée et ses parents ne sont pas croyants. À son arrivée, elle a commencé à rencontrer des jeunes qui vivaient leur foi avec naturel et a décidé d’assister aux méditations. « Je suis sûre que l’une des meilleures décisions que j’ai prises dans ma vie a été de venir à la Résidence Del Mar », a-t-elle affirmé.

Abril a demandé au Père de prier pour que sa foi continue de grandir. Il s’est alors souvenu d’une demande que les apôtres adressaient à Jésus : « Seigneur, augmente notre foi ». La foi, est un grand don de Dieu, mais elle doit aussi être demandée et accueillie, a-t-il expliqué.

Las jóvenes de Del Mar le regalaron un estuche para sus anteojos con una frase de san Josemaría: «Señor, que vea».
Les jeunes de Del Mar ont offert un étui à lunettes avec une phrase de saint Josémaria : "Seigneur, que je voie !"

Pilar, âgée de 20 ans, a raconté qu’elle avait perdu deux membres de sa famille l’année dernière. La douleur l’a fait douter et elle avait du mal à comprendre comment un Dieu qui l’aimait pouvait permettre quelque chose qui la faisait tant souffrir. Elle a demandé au Père comment s’abandonner entre les mains de Dieu. Le Père l’a invitée à regarder Jésus-Christ sur la croix et a reconnu qu’il y a des moments où les desseins de Dieu sont difficiles à comprendre. « Ce que nous pouvons faire, c’est aimer, même si nous ne comprenons pas », a-t-il affirmé. Et il a ajouté : « L’amour de Dieu ne nous abandonne pas, même si souvent nous ne le comprenons pas. »

Puis vint un moment typiquement « rioplatense » (de la région de la Plata). Deux jeunes lui ont chanté une « payada » — un chant improvisé en vers accompagné à la guitare — qui passait en revue, avec humour, certaines des traditions et rivalités des pays de la nouvelle Région du Plata : le maté, le football et même les disputes avec les voisins. Avant de commencer, deux élèves de Los Pilares lui ont offert un poncho.

La payada s’est terminée en rendant hommage à une région qui, au-delà de ses différences, partage un même cœur.

Julieta, 18 ans, a raconté qu’elle avait traversé une période très difficile pendant son adolescence et que, des années plus tard, elle avait de nouveau clairement ressenti la présence de Dieu au PREU — un lycée de Montevideo — où elle s’est sentie accompagnée et aimée. Par la suite, elle a commencé à participer aux activités d’un centre de l’Opus Dei. Aujourd’hui, elle se demande si Dieu l’appelle à cette vocation et elle a souhaité savoir comment discerner une décision qui peut marquer toute une vie.

Le Père a expliqué que, en général, Dieu ne montre pas le chemin avec une clarté telle qu'il n'y ait plus aucun doute, car il respecte profondément la liberté. Il a parlé de la prière, de la recherche de conseils et de la nécessité d’une décision personnelle généreuse. Dieu laisse « une certaine obscurité », a-t-il expliqué, afin que chacun puisse faire « un geste de générosité en se lançant dans l’aventure ».

Maite, étudiante en communication et passionnée d’aquarelle, a évoqué les réseaux sociaux. Sur Instagram, elle partage ses peintures et s’efforce également de montrer avec naturel sa relation avec Dieu. Le Père l’a encouragée à tirer parti de cet espace pour transmettre la vie chrétienne et favoriser des liens authentiques ; et il a rappelé que même s’il existe une amitié à travers les réseaux, elle n’est pas la même que celle que nous cultivons dans nos relations quotidiennes.

Lula, qui avait conçu la mise en scène de ce moment de réunion, a raconté qu’elle avait découvert l’Opus Dei par une amie et qu’elle était surnuméraire depuis un peu plus d’un an. Sa famille n’accorde pas beaucoup d’importance à la foi et a remis en question certaines de ses décisions. Elle a demandé comment partager avec ses parents la joie de sa vocation. Le Père lui a proposé une voie très concrète : « Aimer davantage et mieux tes parents », car une relation plus profonde avec Jésus-Christ doit aussi conduire à aimer davantage sa propre famille.

Mercedes, joueuse de hockey à Los Ceibos, a demandé comment ne pas réduire le sport à la compétition et à la recherche de résultats, mais le voir comme une façon de grandir et une occasion d’approcher les autres de Dieu. Le Père est revenu sur l’amitié comme moyen de partager la foi et leur a demandé de ne pas être intimidées lorsqu’elles se trouvent dans des milieux où Dieu semble lointain ; il les a encouragées à penser : « Seigneur, compte davantage sur moi pour aider ces personnes ».

À l’approche du centenaire de l’Opus Dei, Mélani a voulu savoir ce que les jeunes peuvent apprendre de ceux qui ont vécu les premières années de l’Œuvre en Uruguay. Le Père a encouragé toutes les participantes à rester fidèles et à persévérer sur le chemin de la sainteté, sans considérer le passé comme « une sorte d’âge d’or », car ceux qui les ont précédées ont fait grandir l’Opus Dei en menant une vie normale, « par un travail ordinaire et en recommençant chaque jour ».

Avant la bénédiction du Père, un groupe de jeunes a chanté « Oración del remanso » (Prière du havre de paix). (en voici une version)


Mardi 25 août. Rencontre avec les familles

Sur la toile de fond, une grande fresque inspirée de l’œuvre de l’artiste Joaquín Torres García rassemblait des scènes représentant chaque département du pays : une tournée de maté, le travail aux champs et au bureau, la vie familiale, le sport, l’éducation et la santé. Une composition qui visait également à illustrer le message de saint Josémaria : trouver Dieu au cœur des activités quotidiennes.

À 16 h 30, tous les assistants ont accueilli le Père avec une grande émotion. Marianne et Juan Pablo, animateurs de la rencontre, lui ont souhaité la bienvenue : « Quelle joie de vous avoir dans notre pays ! ».

Pour commencer, le Père a rappelé que, dans quelques mois, le Pape Léon XIV serait en Uruguay et les a encouragés à préparer dès maintenant sa visite en priant tout particulièrement pour lui, pour son travail et pour ses intentions, en ayant « une grande foi dans la prière », leur a-t-il dit. Parfois, nous demandons quelque chose à Dieu et ce que nous espérons ne se produit pas. Mais cela, a-t-il expliqué, ne signifie pas que Dieu nous ait oubliés ou qu’il ne nous ait pas entendus. « La prière n’est jamais vaine. Dieu nous écoute toujours. »

Le Père a également évoqué les difficultés et la souffrance, qui font partie de la vie d’une manière ou d’une autre, et a invité à regarder le Christ sur la croix et à faire confiance à l’amour de Dieu même lorsque nous ne parvenons pas à comprendre ce qui se passe. « S’il y a de l’amour, nous pouvons être heureux malgré la souffrance, car c’est l’amour qui donne un sens à la vie », a-t-il affirmé. Cette confiance en Dieu, a-t-il expliqué, « ouvre notre âme à la sollicitude envers les autres ».

Les premiers à s’approcher ont été Émilie, âgée de six ans, accompagnée de ses parents, Renato et Paula, qui lui ont remis un bouquet de fleurs pour la Vierge. Renato a raconté qu’il avait vécu loin de Dieu pendant de nombreuses années et que c’était justement sa fille qui l’avait ramené vers la foi : « Elle a été mon pont vers Dieu », a-t-il expliqué. Fort de cette expérience, il a demandé au Père comment retrouver, en tant qu’adultes, cette simplicité enfantine dans notre relation avec Dieu.

Le Père a cité quelques paroles de saint Josémaria : « Prier comme prient les enfants. Croire comme croient les enfants. Espérer comme espèrent les enfants ». Il a expliqué que cette enfance spirituelle doit aller de pair avec une grande maturité et une grande sincérité envers Dieu : se présenter devant Lui tels que nous sommes, avec la simplicité des enfants, et prier ainsi, avec cette même ouverture qu'ont les enfants.

Evangelina a parlé de Familia sin Barreras, une initiative qu’elle mène avec son mari et d’autres couples pour accompagner des familles en situation de vulnérabilité. Elle a demandé au Père comment parler de Dieu à ceux qui, en raison des épreuves qu’ils ont traversées, se sentent abandonnés par Lui, ont perdu espoir ou ne trouvent même pas d’affection au sein de leur propre famille.

Le Père a conseillé de demander à Dieu les mots adaptés à chaque personne : « Seigneur, parle à travers moi ». Il a ensuite invité à chercher à connaître la situation de la personne que l’on a en face de soi et, surtout, à l’aimer : « Le plus important, c’est de transmettre de l’amour, de transmettre de l’affection. C’est une question d’amour ». Car chaque personne, a-t-il rappelé, « vaut tout le sang du Christ ».

Plusieurs familles ont formé une chorale pour accompagner ce moment de réunion avec le Père avec des chansons

Il y eut aussi une évocation des débuts de l’Opus Dei en Uruguay. À l’occasion du 70e anniversaire de l’arrivée des premiers membres de l’Œuvre dans le pays, qui sera célébré à la mi-octobre, d’anciens résidents d’Iará — la première résidence d’étudiants — ont préparé une vidéo contenant des souvenirs, des anecdotes et des témoignages de ces premières années.

Après la projection des images, Luis a orienté la conversation de ces 70 ans d’histoire vers l’avenir et le chemin menant au centenaire de l’Opus Dei. À la fin, les petits-enfants de Luis se sont approchés pour remettre au Père, au nom de tous les Uruguayens, une ancienne boussole avec cadran solaire, utilisée par les marins pour s’orienter en haute mer. Ce cadeau faisait référence à une image que saint Josémaria utilisait pour parler de l’Opus Dei comme d’une « petite barque ». « Nous tenons à vous remercier de continuer à mener ce navire sur la bonne voie, les yeux tournés vers le Soleil », ont-ils expliqué en le lui remettant.

Le Père reçoit une ancienne boussole, munie d'un cadran solaire, utilisée par les marins pour s'orienter en haute mer.

Rosina, originaire de Paysandú, a raconté qu’en 2007, avec d’autres familles, elles avaient fondé une école dans le but d’offrir une formation humaine et chrétienne. À l’approche de la visite du pape Léon XIV, elle a demandé au Père comment tirer parti de cet événement pour renouveler la foi et aider les parents à assumer leur rôle dans la formation chrétienne de leurs enfants.

Le Père les a encouragés à écouter le Pape en recevant ses paroles comme s’adressant personnellement à chacun d’entre eux. Et il a rappelé que face aux nouvelles de guerres et de souffrances même dans des contrées lointaines, nous pouvons faire nôtres ces événements en priant pour ceux qui en souffrent. Concernant l’éducation des enfants, il a rappelé que « ce qui forme fondamentalement les personnes, c’est la famille ». C’est pourquoi il a encouragé les parents à assumer la responsabilité de transmettre la foi et à aider d’autres familles à faire de même, principalement par le contact personnel et l’amitié.

Juan Andrés et Ileana sont venus avec leurs enfants depuis Rocha, une ville située au nord-est du pays, à environ 200 km de la capitale. Lui travaille à la campagne, loin de la ville, et a expliqué que les distances et les horaires l’empêchent souvent de participer à la messe et à d’autres activités qui l’aident à grandir dans sa vie chrétienne. Il a demandé au Père comment rester proche de Dieu dans ces circonstances. Le Père lui a conseillé de faire tout son possible pour participer à l’Eucharistie et de continuer à se former, mais toujours dans la sérénité ; et lorsque les circonstances l’en empêchent, il l’a encouragé à se rappeler qu’il n’est pas seul : « Dieu est avec toi », même au travail et dans tout ce que tu fais.

Les dernières questions ont porté sur d’autres aspects de la vie quotidienne : la beauté comme chemin vers Dieu, l’amitié et le défi de l’équilibre entre le travail, la famille et les autres engagements et activités. Le Père l’a encouragé à vivre dans la joie : « Dieu veut que nous soyons heureux », et à rechercher une beauté unie au bien. Il a également rappelé que « la véritable amitié est une forme d’amour ». Et, en parlant de la manière d’organiser son temps entre tant d’occupations, « La famille d’abord », a-t-il souligné.

Avant de prendre congé, le Père a de nouveau évoqué la prochaine visite du pape Léon XIV en Uruguay et a réitéré la demande par laquelle il avait commencé la rencontre : « Prions beaucoup pour le Pape ». Il a ensuite remercié l’assemblée pour son accueil et a donné sa bénédiction : « Que le Seigneur soit dans vos cœurs, dans vos familles, dans vos travaux, dans toutes vos intentions et dans votre joie  ».


Lundi 24 août

La journée de lundi a débuté à Casavalle, l’un des quartiers les plus défavorisés de Montevideo, où Mgr Fernando Ocáriz a visité la Fondation Los Pinos et Los Rosales, deux initiatives nées sous l’inspiration de saint Josémaria qui accompagnent les enfants et les jeunes de la petite enfance à l’adolescence, en collaborant avec leurs familles pour les aider à développer leurs talents et leur ouvrir des perspectives afin qu’ils puissent construire leur propre projet de vie.

À son arrivée à Los Pinos, le Père a visité les locaux et salué le personnel ainsi que les élèves qu’il croisait sur son chemin ; il a également eu un bref entretien avec le conseil d’administration des deux fondations.

Pendant ce temps, les élèves, les enseignants et d’autres membres du personnel l’attendaient dans le gymnase polyvalent. Lorsque le Père est entré, on a entendu : « Je viens de la rive agitée de l’eau trouble et du courant, qui descend magnifiquement dans ses profondeurs boueuses », les premiers vers de la chanson Prière du havre de paix.

Facundo a été le premier à oser raconter son histoire. Il est arrivé à Los Pinos cette année, après avoir longtemps tenté d’y entrer. Au début, il avait peur de ne pas trouver sa place, mais il a rapidement découvert des professeurs et des camarades prêts à l’aider. C’est là aussi qu’il a commencé à découvrir la foi. Peu à peu, il a appris à prier et, avec le temps, il a pris une décision : recevoir le baptême. Il a demandé au Père comment il pouvait continuer à grandir dans la foi et se préparer à ce moment. Mgr Ocáriz lui a rappelé que la foi est un don de Dieu qui doit aussi être accueilli, et l’a encouragé à la demander au Seigneur : « Un point fondamental de la foi est de croire en l’amour de Dieu pour nous », a-t-il expliqué. Croire que Dieu est avec nous et qu’il nous aime, même lorsque nous ne pouvons pas le voir clairement.

Luzmila a raconté qu’elle était arrivée à Los Rosales il y a quatre ans, après avoir traversé des situations très difficiles durant son enfance qui l’avaient laissée triste et très en colère contre la vie : « Je ne savais pas ce que c’était que de se sentir comprise et accompagnée », se souvient-elle. Peu à peu, elle a appris à se laisser aimer, à s’appuyer sur les autres et aussi à prier. Lorsqu’elle avait besoin d’un peu de calme, a-t-elle expliqué, elle a commencé à se rendre à la chapelle et à y rester un moment. « J’ai le sentiment que Dieu m’a aidée à porter un autre regard sur ma vie », a-t-elle déclaré avant de demander au Père comment pardonner à quelqu’un qui l’avait fait souffrir et apprendre à le regarder comme Jésus le regarde.

Le Père a reconnu que pardonner n’est pas toujours facile ; c’est pourquoi il l’a encouragée à regarder Jésus sur la croix, qui s’est livré précisément pour nous pardonner. Il a également rappelé les paroles du Notre Père : « Pardonne-nous comme nous pardonnons. Nous demandons pardon à Dieu, mais à condition que nous pardonnions aux autres », a-t-il expliqué. Dans ces moments où il est difficile de pardonner, il a invité à demander l’aide de Dieu et à distinguer le pardon authentique, qui implique la volonté, du simple sentiment : même si la douleur persiste, on peut décider de pardonner et de vouloir le bien de l’autre. « Pardonner aux autres est quelque chose de très grand », a-t-il dit, en rappelant ces paroles de saint Josémaria : « Ce qu’il y a de plus divin dans notre vie, c’est de pardonner. »

Gonzalo, ancien élève de Los Pinos et aujourd’hui coordinateur sportif, voulait savoir ce que les éducateurs et les camarades pouvaient faire pour que les jeunes qui la ressentent la foi comme lointaine, s’en approchent. Le Père l’a encouragé à prier beaucoup pour tous : c’est la première étape.

Avec les élèves du lycée

Pour prendre congé, les élèves ont interprété la chanson Virgen Morenita et ont remis un cadeau au Père au nom de l’établissement.

Ensuite, le prélat s’est rendu à Los Rosales. Il a visité les locaux, saluant les familles, les enseignants et les responsables. Il s’est également arrêté quelques instants pour prier dans la chapelle.

Plus tard, le Père s’est rendu à la cathédrale de Montevideo. En entrant, il a rencontré un groupe d’étudiantes venues le saluer et s’est arrêté quelques minutes pour discuter avec elles. Il a prié devant la tombe du bienheureux Jacinto Vera, premier évêque de Montevideo. Il a ensuite partagé un déjeuner avec l’archevêque de Montevideo, le cardinal Mgr Daniel Sturla.

cardenal Mons. Daniel Sturla.

Le Père à Los Ceibos : « Ne baissez jamais les bras »

Dans l’après-midi, le Père a rencontré des jeunes au complexe sportif Los Ceibos. Entre récits personnels, questions et musique, la conversation a abordé des sujets très divers, mais proches de la vie des participants : l’amitié avec Dieu, la vocation, les études, les relations amoureuses, la souffrance, la solidarité et le désir de vivre sa foi naturellement au cœur du monde.

Pour commencer, le Père les a encouragés à lutter pour être de vrais chrétiens, sachant que cela ne veut pas dire ne pas avoir de défauts ni de limites, mais être prêts à recommencer à lutter, encore et encore. Il les a invités à placer la rencontre personnelle avec Jésus-Christ au cœur de la vie chrétienne, en cherchant à lui ressembler de plus en plus. « La vie chrétienne, c’est suivre Jésus-Christ. Voilà la clé », leur a-t-il dit. Et il a suggéré un parcours simple : « Connaître le Seigneur, côtoyer le Seigneur, aimer le Seigneur ».

Il leur a conseillé de persévérer sans se laisser décourager par les difficultés, les défauts, les erreurs. « Nous pouvons toujours compter sur l’aide de la grâce de Dieu pour aller de l’avant, pour ne pas nous décourager, pour lutter ». Et il a expliqué que la certitude doit s’appuyer sur l’amour de Dieu pour chacun.

Santiago, qui travaille à Los Pinos depuis un peu plus d’un an, a raconté comment cette initiative avait aidé de nombreuses familles du quartier à retrouver l’espoir. Même si aujourd’hui on pourrait avoir l’impression que là-bas « tout est déjà fait », il a assuré que ceux qui travaillent à Los Pinos savent que « tout reste à faire ». C’est pourquoi il a demandé au Père comment susciter chez davantage de personnes le désir de s’engager et de mettre leur temps et leurs talents au service des autres. Mgr Ocariz l’a encouragé à partager non seulement ce qui s’y fait, mais aussi sa propre expérience. Il lui a parlé de transmettre, à travers l’amitié, ce que l’on porte en soi, car « lorsqu’il y a une vraie amitié, ce qui nous intéresse intéresse aussi l’autre ».

Leandro, âgé de 24 ans, a raconté que son approche de l’Opus Dei avait commencé de manière inattendue, alors qu’il faisait la queue pour entrer dans une discothèque. C’est là qu’il a rencontré un jeune homme qui est devenu un grand ami et qui l’a invité dans un centre de l’Œuvre. Il s’est alors rapproché de Dieu et s’est préparé à recevoir la confirmation. Il a interrogé le Père sur l’importance de la formation pour grandir dans sa propre foi et pouvoir la transmettre aux autres. « La formation est nécessaire pour que la liberté puisse s’exercer correctement », a expliqué Mgr Ocáriz, l’invitant à former son intelligence afin de pouvoir reconnaître le bien et le choisir librement.

Rafa, un jeune homme de Paysandú, lui a raconté qu’il avait perdu son père l’année dernière, alors que celui-ci travaillait au Venezuela. Il se souvenait de lui comme d’un homme très pieux et particulièrement généreux envers ceux qui avaient besoin d’aide. « Aujourd’hui, ma vie est entremêlée de joie, grâce aux souvenirs que j’ai de lui et à la certitude qu’il est au ciel, mais aussi de moments de tristesse, car il n’est plus là », a-t-il confié. Il a ensuite demandé au Père comment conserver la joie et l’espérance au creux de la douleur. « Nous prions déjà tous pour ton papa », lui a dit le Père, avant de l’inviter à penser au bonheur de son père auprès de Dieu : « un bonheur si grand que nous ne pouvons même pas l’imaginer, le bonheur du ciel ». Et il a ajouté : « Le ciel est avec nous, le ciel, c’est Dieu. Dieu est aussi dans ton cœur et ton père est tout près de toi ».

Entre autres sujets, les jeunes ont discuté des relations amoureuses, des décisions du passé, de l’Eucharistie, de la pureté, de l’engagement social et de la manière de partager son cheminement vocationnel avec sa propre famille. En évoquant les difficultés et la nécessité de repartir à zéro, le Père leur a donné ce conseil : « N’abandonnez jamais ; s’il faut recommencer chaque jour, recommencez chaque jour, car Dieu ne nous abandonnera jamais ».

Avant de prendre congé, le Père leur a donné sa bénédiction et les a incités à rester joyeux même face aux difficultés : « Dieu est toujours avec nous ».


Dimanche 23 : le Père rencontre quelques familles

Dimanche, le Père a passé une partie de l’après-midi à La Cantera, une maison destinée à l'accueil des retraites et des rencontres de formation. Il s’est rendu à l’ermitage où il est resté quelques minutes en prière et a déposé aux pieds de la Vierge quatre roses, une pour chaque pays de la région de la Plata : l’Uruguay, l’Argentine, la Bolivie et le Paraguay.

Au cours de sa visite, le Père a également planté un arbre qui continuera à grandir et à offrir de l’ombre à tant de personnes qui passeront par là à la recherche de quelques jours de formation, de recueillement et de prière. Après avoir planté le cèdre bleu, il s’est approché de Wilson, qui connaît bien chaque recoin du parc, et lui a dit avec affection : « Je te le confie pour que tu en prennes soin, afin qu’il pousse bien. »

Le Père plante un cèdre bleu à la Cantera

Plus tard, le Père a rencontré quelques familles venues le saluer une par une et converser quelques instants avec lui. Beaucoup ont profité de ces moments pour lui demander de prier pour eux, lui raconter une anecdote familiale ou partager un souvenir. Lucas, l’un des enfants, a lui aussi voulu offrir un cadeau au Père. Il lui a expliqué avec simplicité que ses sœurs lui avaient fait des dessins, mais qu’il ne savait pas très bien dessiner lui-même ; c’est pourquoi il a choisi de lui offrir l’une de ses petites voitures, « la petite voiture bleue ». À la fin, le Père a surpris chaque enfant en leur offrant un sac rempli de bonbons.

À la fin, le Père a tenu à leur donner sa bénédiction, et les a encouragés à vivre dans la joie et en leur rappelant que, même au milieu des difficultés et des épreuves, Dieu est toujours près d’eux.


Samedi 22: L'Uruguay accueille le Père avec grande joie 

La nuit était déjà tombée sur Montevideo le samedi 22 août lorsque l’avion dans lequel le Père voyageait a atterri sur le sol uruguayen, après plusieurs jours de visite pastorale au Guatemala, au Honduras et au Salvador. L’avion a atterri quelques minutes avant l’heure prévue, comme s’il voulait lui aussi raccourcir une attente qui durait depuis déjà longtemps.

À l’aéroport, il a été accueilli par Fernando et Guadalupe, accompagnés de leurs enfants, ainsi que par Daniel et Isabel, eux aussi avec leur famille, au nom des nombreux Uruguayens qui attendaient sa visite avec joie.

Parmi les ballons et les pancartes de bienvenue figurait également la Vierge des Trente-Trois, patronne du pays. L’un des enfants avait préparé quelque chose de spécial : il a pris son violon et a joué un morceau pour le Père, qui s’est arrêté, tout sourire, pour l’écouter et saluer chacun avant de poursuivre son chemin.

La Vierge des Trente-Trois, patronne de l'Uruguay, attendait elle aussi le Père à son arrivée