Un ingénieur de Montréal sera ordonné prêtre de l'Opus Dei (suite)

Que nous soyons l’instrument de l'amour de Dieu, un pont entre l’être humain et Dieu, pour aider les gens à découvrir la paix et l'amour dans leur vie.

L'Opus Dei au Canada
Opus Dei - Un ingénieur de Montréal sera ordonné prêtre de l'Opus Dei (suite)

La première partie est disponible ici.

Qu'est-ce que cela fait d'être ordonné en pleine pandémie ?

La pandémie a ajouté une touche spéciale à l'ordination, et ce à plusieurs égards. L'ordination diaconale, ici à Rome en novembre dernier, a eu lieu sans qu'aucun invité ne puisse assister à la cérémonie. Cela l'a rendue spéciale, car nous avons pu nous unir à la souffrance de nombreuses personnes qui sont séparées de leurs proches, qui ne peuvent pas les voir, même si parfois elles se trouvent dans la même ville. Ainsi, même s'il était difficile pour nous de ne pas avoir nos familles autour de nous, c'était une façon d'être unis à toute la souffrance qui se vivait dans le monde entier. En même temps, la pandémie montre l'importance de la place de Dieu dans la vie de nombreuses personnes. Beaucoup traversent une période difficile et leur foi leur permet de trouver un sens à cette souffrance, en la transformant en une occasion de servir les autres. Il y a tant de beaux exemples de personnes qui se sacrifient, comme le personnel médical, les infirmières, les personnes travaillant dans les épiceries, les pharmacies, le personnel de nettoyage, tant de personnes qui vont au-delà de leur devoir pour aider les autres, pour rendre la vie plus agréable aux autres.

D'une certaine manière, c'est le travail d'un prêtre. Le but premier du prêtre est de servir les autres, de les rapprocher de Dieu, de les aider à découvrir l'amour de Dieu dans leur vie quotidienne. La pandémie souligne donc l'importance du service et le besoin qu'éprouvent les gens de trouver l'amour, de trouver Dieu, dans leur vie.

C'est très emballant d'être ordonné pendant la pandémie car beaucoup de gens autour de nous ont besoin d'entendre un message d'espoir. Une partie du travail du prêtre consiste à transmettre l'espérance que nous avons : découvrir que Dieu nous aime, se soucie de nous, nous accompagne à chaque instant de notre vie. Et les choses iront mieux parce que Dieu nous aime. « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien », comme le dit saint Paul (Rm 8,28). C'est très emballant pour le prêtre de rappeler aux gens ce message d'espoir que le Christ a apporté.

Avez-vous des intentions spécifiques ?

Depuis que j'ai annoncé que j'allais être ordonné prêtre, de nombreuses personnes m'ont écrit pour me demander des prières et m'assurer de leurs prières également. En fait, je garde une liste des différentes demandes afin de n'oublier personne. Mon intention première est que davantage de personnes dans le monde découvrent l'amour de Dieu pour elles, et que nous tous, ordonnés ensemble, soyons précisément cet instrument de l'amour de Dieu, un pont entre l’être humain et Dieu, pour aider les gens à découvrir la paix et l'amour dans leur vie.

Je souffre beaucoup en considérant la situation en Syrie et le sort des réfugiés dans le monde entier. La situation en Inde, avec tant de personnes qui souffrent et meurent de la COVID, est très présente dans mes prières. Une de mes grandes intentions est que les gens découvrent la paix qu’apporte l'amour du Christ dans leur cœur et que de nombreuses personnes retrouvent leurs proches en ces temps difficiles. J’espère aussi grandement, et je rêve, de voir de nombreux Canadiens se rapprocher de Dieu et découvrir la beauté de l'esprit de l'Opus Dei, et trouver Dieu dans leur vie quotidienne.

Avez-vous pu saluer le Pape personnellement ? Le prélat vous a-t-il dit quelque chose que vous souhaitez partager ?

À cause de la COVID, je n'ai pas pu saluer le Pape personnellement. J'espère en avoir l'occasion avant mon départ, même si ce n'est pas facile, mais j'ai assisté à plusieurs reprises à l'Angélus du dimanche et à d'autres audiences avec lui, ce qui m'a permis d'être proche de lui.

J'ai eu une belle conversation avec le prélat de l'Opus Dei il y a quelques semaines, et il a dit beaucoup de choses merveilleuses, mais les deux qui m'ont le plus frappé sont des messages très simples. D'une part, il m'a dit de ne pas oublier que la sainteté de quelques personnes peut changer le monde, faisant écho aux paroles de saint Josémaria, selon lesquelles « ces crises mondiales sont des crises de saints ». Il m'a rappelé que nos efforts pour aimer Dieu davantage, pour être plus intimes avec lui, peuvent changer le monde. Il a dit en souriant un peu que si les choses ne vont pas plus mal dans le monde, c'est parce que beaucoup de gens prient. Sans la prière, le monde serait dans un état pire. Dans le même ordre d'idées, il a rappelé le pouvoir de la messe, le fait que chaque messe a une dimension qui dépasse l'espace et le temps, qu'elle atteint tout le monde, partout dans le monde, tous ceux qui ont existé, parce qu'elle est unie au sacrifice du Christ sur la croix. Il m’a enfin encouragé à approfondir la signification et l'importance de la Messe et, par conséquent, à célébrer la Messe de mon mieux. C’est là mon travail le plus important : célébrer la Messe, et aider les gens à se réconcilier avec Dieu par le sacrement de la Réconciliation.

Un dernier mot ?

J'ai déjà mentionné certaines des caractéristiques du prêtre, mais je voudrais ajouter l'attitude d'ouverture. Le prêtre est là pour aider tout le monde, pas seulement les catholiques, pas seulement les chrétiens. C'est l'exemple que nous donne notre Seigneur dans l'Évangile. Même si sa principale mission était auprès des juifs, il était ouvert à tous, et le message du prêtre, le message chrétien, n'est pas seulement pour quelques-uns mais pour tous. Le prêtre devrait accueillir tout le monde et essayer d'amener toute personne qu’il rencontre à découvrir l'amour de Dieu et comment elle peut correspondre à cet amour.

Bien sûr, je voudrais remercier toutes les personnes qui m'ont aidé de tant de façons tout au long de ces années : les amis, la famille et toutes les personnes qui prient pour moi. C'est vraiment encourageant et cela apporte beaucoup de consolation et de force de savoir que tant de gens prient pour moi et m'accompagnent sur ma route. Je suis très reconnaissant pour tout le soutien que j'ai reçu au fil des ans, mais surtout au cours des derniers mois.