Fioretti Février 2021

Le Pape nous donne quelques pistes pour le Carême : un voyage de l'esclavage vers la liberté, notamment grâce au sacrement de la confession.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti Février 2021

Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière ?

Homélie de la messe des Cendres, 17 février 2021 :

« Le Carême est un voyage qui implique toute notre vie, tout notre être. C’est le temps pour vérifier les chemins que nous sommes en train de parcourir, pour retrouver la voie qui nous ramène à la maison, pour redécouvrir le lien fondamental avec Dieu, de qui dépend toute chose. Le Carême n’est pas une collecte de bonnes actions, c’est discerner vers où est orienté notre cœur. […] Essayons de nous demander : où me mène le navigateur de ma vie, vers Dieu ou vers mon moi ? Est-ce que je vis pour plaire au Seigneur, ou pour être remarqué, loué, préféré, à la première place et ainsi de suite ? Ai-je un cœur “qui danse”, qui fait un pas en avant et un pas en arrière, qui aime un peu le Seigneur et un peu le monde, ou bien un cœur ferme en Dieu? Suis-je bien avec mes hypocrisies, ou est-ce que je lutte pour libérer mon cœur des duplicités et des faussetés qui l’enchaînent?

Le voyage du Carême est un exode, un exode de l’esclavage à la liberté. Ce sont quarante jours qui rappellent les quarante années durant lesquelles le peuple de Dieu a voyagé dans le désert pour retourner à sa terre d’origine. […] Le voyage de retour à Dieu est entravé par nos attachements malsains, il est retenu par les liens séduisants des vices, par les fausses sécurités de l’argent et du paraître, par la lamentation d’être victime, qui paralyse. Pour marcher, il faut démasquer ces illusions.

Nous avons ensuite besoin de revenir vers Jésus, de faire comme ce lépreux purifié qui revint pour le remercier. Ils étaient dix à avoir été guéris, mais lui seul a été aussi sauvé, parce qu’il est revenu vers Jésus (cf. Lc 17, 12-19). Tous, tous nous avons des maladies spirituelles, nous ne pouvons pas les guérir tout seuls ; nous avons tous des vices enracinés, nous ne pouvons pas les éradiquer tout seuls : nous avons tous des peurs qui nous paralysent, nous ne pouvons les vaincre tout seuls. Nous avons besoin d’imiter ce lépreux qui revint vers Jésus et se jeta à ses pieds. Nous avons besoin de la guérison de Jésus, il nous faut mettre devant lui nos blessures et lui dire : “Jésus, je suis ici devant toi. »

Les bons confesseurs qui n’ont pas de fouet à la main

Angélus du 14 février 2021 :

« Dieu s’est fait proche de notre vie, il a de la compassion pour le sort de l’humanité blessée et il vient abattre toute barrière qui nous empêche de vivre la relation avec Lui, avec les autres et avec nous-mêmes. […] Proximité. Souvenez-vous bien de ce mot, proximité.

L’Évangile dit qu’en voyant le lépreux Jésus fut pris de compassion. Et de tendresse. Trois mots qui indiquent le style de Dieu : proximité, compassion, tendresse. Dans cet épisode nous pouvons voir deux “transgressions” qui se rencontrent : la transgression du lépreux qui s’approche de Jésus –il n’avait pas le droit de le faire– et Jésus qui, mû par la compassion, le touche pour le guérir –lui non plus ne pouvait pas le faire. Tous les deux sont des transgresseurs

[…] Ainsi cet homme peut sortir de l’isolement, parce qu’en Jésus il trouve Dieu qui partage sa souffrance. L’attitude de Jésus l’attire, le pousse à sortir de lui-même et à Lui confier son histoire douloureuse.

Et permettez-moi ici une pensée pour les nombreux et bons prêtres confesseurs qui ont cette attitude : d’attirer les gens, tant de personnes qui se sentent nulles, qui se sentent “par terre” à cause de leurs péchés… Mais avec tendresse, avec compassion… ces bons confesseurs n’ont pas de fouet à la main, mais ils sont là seulement pour recevoir, écouter, et dire que Dieu est bon et que Dieu pardonne toujours, que Dieu ne se lasse pas de pardonner. Je demande à vous tous aujourd’hui, ici sur la Place [Saint-Pierre], d’applaudir ces confesseurs miséricordieux. »

Avant de mal parler des autres, mords-toi la langue

Paroles prononcées le 2 janvier 2021, après la messe célébrée à l’occasion de la 25e Journée mondiale de la vie consacrée :

« Ne parlez pas mal des autres. “Ce n’est pas facile, Père, car parfois, ça sort du cœur! ”. Oui, cela vient de ton cœur: cela te vient de l’envie, cela vient de tant de péchés capitaux que nous avons à l’intérieur. Fuir. “Mais, dites-moi, Père, est-ce qu’il n’y aurait pas un remède? Prière, bonté…?”. Oui, il existe un remède, qui est très “fait maison”: mords-toi la langue. Avant de mal parler des autres, mords-toi la langue, et ainsi ta langue gonflera et occupera ta bouche et tu ne pourras pas parler mal. S’il vous plaît, fuir les commérages qui détruisent la communauté!

[…] Ne perdez pas votre sens de l’humour, s’il vous plaît: cela nous aide tellement. C’est l’anti-commérage : savoir rire de soi-même, des situations, et aussi des autres –de bon cœur– mais ne pas perdre le sens de l’humour.»

On « n’écoute » pas la messe

Audience générale du 3 février 2021 :

« Chaque fois que nous célébrons un baptême ou que nous consacrons le pain et le vin dans l’Eucharistie, ou que nous oignons d’huile sainte le corps d’un malade, le Christ est là ! C’est lui qui agit et qui est présent comme lorsqu’il guérissait les faibles membres d’un infirme, ou qu’il remettait son testament pour le salut du monde, à la dernière Cène.

La prière du chrétien fait sienne la présence sacramentelle de Jésus. Ce qui est extérieur à nous devient une partie de nous : la liturgie l’exprime même à travers l’acte si naturel de manger. La messe ne peut pas être seulement écoutée ; l’expression “je vais écouter la messe” n’est pas juste. La messe ne peut pas être seulement écoutée, comme si nous n’étions que des spectateurs de quelque chose qui glisse sur nous sans nous impliquer. La messe est toujours célébrée et pas uniquement par le prêtre qui la préside, mais par tous les chrétiens qui la vivent. Et le centre est le Christ! Nous tous, dans la diversité des dons et des ministères, nous nous unissons tous à son action parce que c’est lui, le Christ, qui est le protagoniste de la liturgie. »