Sommaire :
DImanche 27
- Rencontre avec les évêques de France
- Messe sur l'esplanade du sanctuaire de Lourdes
- Rencontre avec les malades de l'Accueil Notre-Dame
Samedi 26
- Rencontre avec l'Assemblée synodale, les catéchumènes et les néophytes
- Messe solennelle place de la Concorde
- Prière devant la grotte de Massabielle, à Lourdes
- Vendredi 25
- Rencontre avec les autorités - Palais de l'Élysée
- Visite à l'UNESCO
- Vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris
- Veillée de prière avec les jeunes – « Stade de France » (Saint-Denis)
Du 25 au 28 septembre, le pape Léon XIV effectue son premier voyage apostolique en France. Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz : en quatre jours, le pape parcourt des lieux qui reflètent chacun une facette particulière de la France et de son histoire chrétienne. Nous retraçons ici, jour après jour, les moments clés de cette visite.
Dimanche 27 : Rencontre avec les évêques de France
La troisième journée a débuté à Lourdes par une rencontre privée avec les évêques français. Avant de commencer, le pape s’est arrêté devant une sculpture représentant un enfant en pleurs, symbole des victimes d’abus.
Le pape Léon XIV a encouragé les pasteurs à ne pas céder au découragement malgré les erreurs du passé : « Relevez-vous avec espérance, et ne vous lassez pas d’annoncer l’Évangile. » Il a réaffirmé la place de l’Église dans le débat public — une voix qui « même si elle n’est pas toujours entendue, est attendue » et « nécessaire » — et a appelé à défendre sa liberté d’évangéliser et d’éduquer dans le cadre de la laïcité française.
« Relevez-vous avec espérance, et ne vous lassez pas d’annoncer l’Évangile»
Concernant les abus sur mineurs, il a salué les mesures adoptées et a appelé à poursuivre sur la voie de l’écoute, de la vérité, de la justice et de la réparation « en faisant preuve de la plus grande vigilance ».
Le Pape a placé la famille au cœur de l’avenir de la société, rappelant que c’est au sein du foyer que « l’on apprend à vivre ensemble, à respecter l’autre, à se donner de manière désintéressée ». Fort de cette conviction, il a conclu son message par un vœu explicite : « Que Jésus vive pleinement dans les familles catholiques de France ! ».
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Dimanche 27 : Messe sur l'esplanade du Sanctuaire de Lourdes
Environ 100 000 fidèles, dont de nombreux malades en fauteuil roulant accompagnés par des bénévoles, ont envahi dès l'aube la prairie du sanctuaire de Lourdes, au bord du Gave et face à la grotte, pour la messe dominicale.
Dans son homélie, le pape Léon XIV est revenu au cœur du message que la Vierge a confié à sainte Bernadette : la conversion. Il a évoqué le triple « Pénitence ! » prononcé à Massabielle et a expliqué qu’il s’agissait d’« une œuvre inspirée par l’amour ».
Lourdes, le lieu où « aucune fragilité n’est rejetée »
Il a également rappelé une autre phrase de Marie à Bernadette qui déconcerte une société centrée sur le bien-être : « Je ne te promets pas que tu seras heureuse dans ce monde, mais dans l’autre. » Face aux courants qui prétendent redéfinir la valeur de la vie face à la maladie ou à la vieillesse, il a présenté Lourdes comme le lieu où « aucune fragilité n’est rejetée ». Il a assuré aux malades que leurs fauteuils roulants et leurs larmes cachées « ne sont pas des obstacles », et que leur rôle dans l’Église est irremplaçable.
« Vous ne quitterez pas Lourdes tels que vous êtes arrivés : vous repartirez en tant que missionnaires de l’espérance »
À tous les pèlerins, il a déclaré : « Vous ne quitterez pas Lourdes tels que vous êtes arrivés : vous repartirez en tant que missionnaires de l’espérance ».
Avant l’Angélus, il a rappelé que dans cette grotte, la Vierge était apparue avec un chapelet à la main, et il a invité toutes les communautés chrétiennes à le prier pendant le mois d’octobre afin que « les guerres cessent et que la paix soit rétablie entre les peuples en conflit ».
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Dimanche 27 : Rencontre avec les malades de l'Accueil Notre Dame
Dans l’après-midi, Léon XIV s’est rendu à l’Accueil Notre-Dame, la maison du sanctuaire dédiée à l’accueil et à la prise en charge des pèlerins malades, afin de partager un moment de proximité avec eux et leurs accompagnateurs.
le regard de Marie contemple chaque être humain « comme une personne unique »
« sa dignité ne se mesure ni ne se discute ».
S’inspirant de la scène de l’Annonciation — thème pastoral du sanctuaire cette année —, le Souverain Pontife a axé son message sur le regard de Marie, qui contemple chaque être humain « comme une personne unique » et affirme que « nul n’est invisible aux yeux de Dieu ». C’est sur cette certitude qu’il a fondé la valeur inaliénable de tout individu, rappelant que l’on est « digne » par « le simple fait d’exister et d’avoir pour but l’éternité ». Une condition sur laquelle il s’est montré catégorique : « sa dignité ne se mesure ni ne se discute ».
« nul n’est invisible aux yeux de Dieu »
Conscient des situations marquées par des souffrances « parfois terribles », il s’est clairement positionné dans le débat sur la fin de vie en rejetant « la tentation de mettre fin à la vie sous prétexte d’une fausse compassion », soulignant que « ce qui est légal n’est pas nécessairement moral ».
« En prenant soin des corps, vous prenez aussi soin des âmes »
S’adressant aux médecins, infirmiers, brancardiers et bénévoles, il a défini le cœur de leur vocation : « prendre soin d’une personne qui souffre, et non l’éliminer ». Après avoir appelé à promouvoir les soins palliatifs et à « accompagner avec tendresse les malades » — ce qui fait la particularité de Lourdes —, il leur a lancé un appel ferme : « Soyez des serviteurs passionnés de la vie ! ». Il a également mis en valeur leur dévouement quotidien par une réflexion qui ennoblit leur travail : « En prenant soin des corps, vous prenez aussi soin des âmes ».
Pour conclure cette rencontre, le Pape a adressé quelques mots aux malades : « Vous n’êtes pas un fardeau, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l’Église ».
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Samedi 26 : visite à la Maison Bakhita
La deuxième journée à Paris a débuté à la Maison Bakhita, un centre d’accueil et d’intégration pour migrants de l’archidiocèse de Paris, géré par les Sœurs Scalabriniennes et créé en 2021 à la suite de l’appel du pape François à accueillir, protéger, promouvoir et intégrer.
Le pape Léon XIV, évoquant sainte Joséphine Bakhita — l’esclave soudanaise qui a donné son nom à la maison —, a souligné « le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour ». L’histoire, a-t-il rappelé, n’est pas écrite par ceux qui s’imposent, mais par ceux qui « font de la place » et suscitent la confiance.
Face à la logique des riches et des pauvres, il a proposé un autre regard : « Personne n’est si pauvre qu’il n’ait rien à donner ; personne n’est si riche qu’il n’ait rien à recevoir ». Et il a affirmé une certitude : les pauvres ne sont pas une catégorie, mais « la chair même du Christ ».
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Samedi 26. Rencontre avec l’Assemblée synodale, les catéchumènes et les néophytes
Le deuxième rendez-vous du samedi a conduit le Pape à l’Institut catholique de Paris, pour rencontrer l’Assemblée ecclésiale provinciale et, surtout, ceux qui renouvellent l’Église par leur décision de se faire baptiser : les catéchumènes en préparation et les néophytes fraîchement baptisés.
Après avoir écouté les témoignages de Josué, Marielle et Sophie, le Pape Léon XIV a exprimé son émerveillement face à « ’œuvre imprévisible de Dieu ». Dans un pays aussi sécularisé que la France, a-t-il déclaré, le nombre croissant d’adultes qui demandent les sacrements est paradoxal ; c’est un signe de la grâce qui « dépasse les analyses statistiques et sociologiques » et contredit tout « pessimisme stérile ».
Mais il a mis en garde contre l’autosatisfaction : cet émerveillement « ne doit pas nous enfermer dans une satisfaction naïve », mais doit susciter des actions pastorales concrètes. Il a appelé de ses vœux une Église « en état d’initiation », capable d’accompagner avec « proximité, compassion et tendresse » ceux qui s’approchent, en respectant le rythme de chacun et sans les laisser seuls après le baptême, afin d’éviter ce « vide » dont a parlé l’un des témoins.
Le Pape a souligné que ces nouveaux chrétiens ne se contentent pas de recevoir : « Leur foi est un trésor offert à l’Église de France et à l’Église universelle ». Il a illustré cela par l’exemple de saint Augustin, dont la foi n’était qu’une graine au moment de son baptême et qui est devenu « un arbre si grand » qu’il apporte encore aujourd’hui du réconfort.
Le Pape a encouragé à s’appuyer sur les saints de France — sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et son « petit chemin » de confiance, saint Martin de Tours et sa charité — qui nous rappellent que la mission se construit aujourd’hui « en gardant avant tout la présence du Seigneur dans la vie quotidienne ». Et il a lancé une invitation directe aux nouveaux chrétiens : « Soyez vous aussi des missionnaires de l’Évangile dans cette société ! ».
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Samedi 26. Messe devant une foule immense place de la Concorde
Le rassemblement le plus important de la journée a transformé la monumentale place de la Concorde à Paris — entre le jardin des Tuileries et les Champs-Élysées — en un immense temple à ciel ouvert devant quelque 700 000 personnes. Le Pape Léon XIV a articulé son homélie autour de l’invitation évangélique : « Que celui qui a soif vienne à moi et boive », faisant référence à une soif existentielle « de sens, de vérité et de plénitude » au cœur d’un monde qui va à cent à l’heure.
Au cours de la célébration, le Souverain Pontife a approfondi l’expérience du vide intérieur qui réapparaît de manière paradoxale lorsque nous atteignons nos objectifs ou menons à bien nos projets. Face aux « petites idoles qui promettent monts et merveilles mais laissent le cœur vide », il a rappelé que pour Dieu, « aucun d’entre nous n’est un numéro de série, mais une personne unique et irremplaçable ».
Accepter cette vérité est le premier pas pour s’ouvrir à l’espérance : « Nos vies sont fragiles, vulnérables, destinées à traverser la mort, mais elles sont aussi merveilleuses, miraculeuses, capables de se renouveler dans leurs relations et de s’ouvrir au véritable amour. » C’est pourquoi il a exhorté les familles, les jeunes et les nouveaux baptisés à ne pas confiner la foi à la sphère privée, mais à la laisser déborder jusqu’à ce qu’elle devienne, selon une célèbre image d’Origène, un « puits, une source et un fleuve » de fraternité pour la société.
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Samedi 26. Prière devant la grotte de Massabielle, à Lourdes
Samedi, à la tombée de la nuit, l’avion qui ramenait le Pape de Paris a atterri à 19 h à l’aéroport de Tarbes-Lourdes et les cloches de la ville pyrénéenne se sont mises à sonner. En route vers le sanctuaire, Léon XIV s’est arrêté pour saluer la foule et, depuis un pont sur le Gave rebaptisé pour l’occasion « Pont Léon XIV », il a béni une statue tandis qu’une chorale chantait.
Les voix qui entonnaient l’« Ave Maria » ont cédé la place au silence lorsque le Souverain Pontife s’est agenouillé devant la grotte de Massabielle, là où, en 1858, sainte Bernadette avait vu pour la première fois la « Dame en blanc ».
Comme tout pèlerin, il a touché le rocher de la grotte et bu l’eau de la source, accomplissant ainsi la demande que la Vierge avait adressée à Bernadette : « Va boire à la source et lave-toi là-bas. »
Il a ensuite adressé une prière solennelle à Notre-Dame de Lourdes pour la France. Il a demandé pour son peuple « le don de la concorde fraternelle » et une société « qui bannis toute violence et toute haine », où chacun puisse « travailler, fonder une famille et vivre pleinement sa vie jusqu’à la fin ». Il a prié pour des dirigeants « sages et généreux », capables de défendre les droits de l’homme et de rejeter « à jamais la logique de la guerre ».
Dans la dernière partie, il a confié à la Vierge les familles chrétiennes, les vocations et, tout particulièrement, « les personnes malades et celles qui souffrent » ainsi que ceux qui les accompagnent, venus à Massabielle pour y trouver force et guérison. Après avoir confié les défunts à la Vierge, la visite s’est achevée par un geste de profonde vénération réservé aux pontifes : l’offrande d’une rose d’or à Marie.
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Vendredi 25. Rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique – Palais de l’Élysée
Le Pape a entamé ce vendredi sa visite en France à l’Élysée, où il a été reçu par le Président de la République. Après un bref entretien privé avec le chef de l’État, le Souverain Pontife a prononcé un discours dans lequel il a retracé l’histoire et la vocation de la nation française, en plaçant la dignité humaine au cœur de son propos.
Au cours de son intervention, le pape Léon XIV a défini la France comme un « phare culturel, artistique et spirituel », tout en soulignant que la restauration de Notre-Dame était « le symbole d’un espoir retrouvé, la preuve que ce que l’on croyait détruit à jamais peut renaître grâce à la collaboration de tous ».
De même, évoquant les racines chrétiennes du pays et sa devise officielle, il a souligné que la liberté, l’égalité et la fraternité « renvoient à des exigences éthiques universelles qui trouvent également dans le message évangélique une source inépuisable d’inspiration ».
Le Souverain Pontife a consacré un volet central de son message à la défense de la vie. Face à la tendance à placer des attentes illimitées dans le progrès technique, il a mis en garde contre les « entreprises lucratives » liées à la manipulation génétique, à la gestation pour autrui ou à « l’offre d’une mort programmée ». Dans ce contexte, il a réaffirmé que la protection du droit à la vie « constitue le fondement indispensable de tout autre droit humain » et a plaidé en faveur d’une « laïcité saine » qui, loin d’exclure la religion de la sphère publique, favorise le dialogue entre l’État et l’Église « au service du vrai, du bien et du beau ».
En conclusion, il a lancé un appel ferme à la paix, exhortant à ne jamais se résigner à la guerre ni à la considérer comme « inévitable ». « La paix n’est pas un équilibre des forces, mais elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice », a-t-il affirmé, confiant à la France la vocation de s’ériger en « artisane infatigable de la paix ».
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Vendredi 25. Discours au siège de l’UNESCO à Paris
Invité par son directeur général, le Saint-Père s’est rendu au siège de l’UNESCO pour aborder les thèmes de la dignité humaine, de la paix et du dialogue à l’ère de l’intelligence artificielle.
Au cours de son intervention, le Souverain Pontife a réaffirmé qu’il considérait l’organisation comme « un interlocuteur privilégié au service du bien commun », renouvelant ainsi l’engagement de près de 75 ans du Saint-Siège envers un espace où « l’humanité réfléchit sur elle-même, sur son histoire et sur son avenir ».
Face à la tendance actuelle à tenir pour acquises de nombreuses réponses, le Pape a proposé de revenir à la question essentielle : « Que signifie être humain ? ». À cet égard, il a rappelé que la condition humaine commence par celle d’un enfant — personne ne choisit de naître — et, par conséquent, celle d’un frère ou d’une sœur. Il a également souligné la fragilité inhérente à notre origine : nous sommes « pauvres de naissance : nous avons besoin de pain et de paroles, de soins et d’affection », définissant l’humanité comme « un don et une épreuve, une promesse et une responsabilité ».
De cette dignité commune découle un engagement particulier pour ceux qui œuvrent dans les domaines de l’éducation, de la science et de la culture, appelés « à prendre soin de chaque personne, afin que resplendisse la beauté de notre liberté ». Dans ce contexte, il a mis en garde contre l’impact déshumanisant que peut avoir la technologie : l’intelligence artificielle, a-t-il souligné, « ne peut répondre aux questions sur le sens de la vie humaine ». C’est pourquoi il a insisté sur la nécessité de protéger les plus jeunes, dont la vulnérabilité dans l’environnement numérique « ne doit jamais devenir une occasion d’exploitation ».
Malgré les risques soulignés, le Souverain Pontife a conclu par un message de confiance. Il a opposé la tentation de la domination — symbolisée par la tour de Babel — à la communion de la Pentecôte, où chaque peuple entend le message de paix dans sa propre langue, avant de conclure par une affirmation centrale : « Chaque enfant qui naît apporte avec lui l’espoir ».
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Vendredi 25. Vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris
Après avoir parcouru deux kilomètres et demi en papamobile entre Notre-Dame-des-Champs et la place Saint-Michel, le Saint-Père a présidé les Vêpres à la cathédrale Notre-Dame de Paris devant quelque 8 000 prêtres, religieux et séminaristes. Bien que cette cérémonie ait rassemblé la communauté consacrée, son message a établi un lien direct avec les défis, le travail et les expériences quotidiennes de chacun.
En évoquant le simple geste de franchir le seuil de la cathédrale, le Pape a souligné que la beauté du temple « parle au cœur inquiet et l’appelle à la paix ». Au cœur d’une société « hyperconnectée et bruyante », il a mis en avant que la sobriété du chant et du silence dans la liturgie peut offrir à chacun une véritable « oasis de paix » face à l’agitation quotidienne.
Au cours de son intervention, le Souverain Pontife a insisté sur le fait que la foi n’est pas un refuge où se retrancher pour fuir les problèmes du présent. Rappelant que Dieu a envoyé son Fils dans un monde « déjà habité, en mouvement et marqué par les misères et la bonté humaines », il a plaidé en faveur d’une communauté aux portes ouvertes. Dans cette tâche, il a placé les fidèles laïcs en première ligne, les définissant comme « l’avant-garde vivante de l’Église aux carrefours de la vie quotidienne » : la salle de classe, le bureau, le foyer ou le travail aux champs.
Pour soutenir cet engagement sans céder à l’épuisement, le Saint-Père a souligné la nécessité de cultiver la vie intérieure et l’amitié avec Dieu dans la prière. S'appuyant sur les paroles de la mystique française Madeleine Delbrêl — « Sans prière, nous n'aimerons pas Dieu d'amour ; nous serons peut-être ses serviteurs ou ses combattants, mais nous ne serons ni ses enfants ni ses amis » —, il a mis en garde contre le danger de réduire la foi à un simple activisme. Face au découragement d’une époque marquée par la précipitation et le manque de certitudes, il a conclu par un message clair : « C’est l’espérance qui nous anime, pas la résignation ».
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Vendredi 25. Veillée de prière avec les jeunes au « Stade de France »
Quelque 80 000 jeunes ont rempli le Stade de France, à Saint-Denis, pour une veillée festive et de prière qui a clôturé la première journée de la visite du Souverain Pontife. La soirée a débuté avec Chloé, étudiante en pharmacologie, âgée de 25 ans, engagée dans les quartiers populaires parisiens, et François, un étudiant en agronomie et animateur scout en Bourgogne. Tous deux ont fait part de leurs interrogations sur la manière de transmettre la foi sans l’imposer et de choisir un chemin de vie sans se décourager.
Le Saint-Père les a écoutés avec attention et a mis des mots sur les inquiétudes qui pèsent sur cette génération : la précarité des projets, la fragilité des relations, « la fatigue provoquée par les écrans et l’angoisse face au changement climatique ou à la situation économique et internationale ». Face à la pression liée à l’image et à la performance, il a critiqué sans détour ce mode de vie numérique qui promet la plénitude mais ne laisse que l’isolement, mettant en garde contre le danger d’être poussés « à tout avoir, mais à n’être personne ; à recevoir une multitude de “j’aime”, mais à rester seul avec soi-même ».
ne plus avoir peur de répondre avec générosité : « Me voici, Seigneur ! »
À ceux qui cherchent à découvrir leur vocation, il a rappelé que Dieu ne parle pas par détours, mais qu’« il s’adresse à chacun par son nom ». Comme boussole pour discerner l'appel de Dieu, il a suggéré de s’appuyer sur la prière, l’aide aux plus vulnérables et la recherche d’« un silence si rare et si nécessaire, loin du tumulte des médias », encourageant les jeunes à ne plus avoir peur de répondre avec générosité : « Me voici, Seigneur ! ».
une règle très simple pour savoir si un choix est juste : « Le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais ; le bien prend soin, il ne prend pas pour soi ».
Dans sa méditation qui a suivi, le Pape a fait le lien avec une idée clé de l’identité française : la liberté. Il l’a définie non pas comme un concept abstrait, mais comme « une relation vivante avec Jésus » qui se manifeste dans les décisions quotidiennes. Dans cette optique, il a proposé une règle très simple pour savoir si un choix est juste : « Le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais ; le bien prend soin, il ne prend pas pour soi ».
"Vous êtes les saints de France !"
La soirée a allié la prière à une ambiance festive, avec de la musique, des jeux de lumière, un cinéscénie sur "l’histoire de la France éternelle" retraçant l'épopée des saints de France, accompagnée et couronnée d'un feu d’artifice.
Reprenant le flambeau, le Pape a lancé avec joie aux jeunes : "Vous êtes les saints de France !"
Au centre de la scène, la Sainte Tunique d’Argenteuil était exceptionnellement exposée aux côtés d’une relique de la Croix. La première, vénérée depuis le Moyen Âge comme la tunique sans couture que le Christ porta pendant sa Passion, a quitté exceptionnellement son sanctuaire à l’occasion de cette veillée. Devant ces deux reliques, le Souverain Pontife a offert une dernière image à emporter chez soi : la tunique dont le Christ a été dépouillé et la croix qui lui a été imposée se transforment, unies, en un signe d’espoir pour quiconque cherche aujourd’hui à donner un sens profond à sa vie.
Lisez le discours complet ici.