Prosélytisme ? Liberté et proposition vocationnelle

Est-il légitime pour un chrétien de faire du prosélytisme ? Comment le terme prosélytisme a-t-il évolué ? Comment devrait être l'impulsion évangélisatrice des chrétiens ? Nous répondons à plusieurs de ces questions avec des textes de l'Évangile, du Pape François, de saint Josémaria et d'autres écrivains.

Opus Dei - Prosélytisme ? Liberté et proposition vocationnelle

Sommaire :

1. Dieu entre dans notre vie en se servant d’autres personnes

2. Communiquer ce que nous avons reçu, c’est faire un don. Évolution du terme « prosélytisme »

3. Appeler : une nécessité et une obligation

4. L’importance des moyens surnaturels

5. Une sélection pour parvenir à plus de monde

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« Venez, et vous verrez » (Jn 1, 39). Jésus Christ répondit ainsi à deux disciples de Jean-Baptiste qui lui demandaient où il habitait. Ces paroles sont le prélude à un appel divin, celui d’être avec le Christ et de partager sa vie. Sur le plan purement humain, elles manifestent une vérité dont nous avons tous une certaine expérience : le bien, par sa nature même, est diffusif[1].

la vocation que Dieu donne déploie toute sa beauté dans la mesure où l’on cherche à ne pas la garder pour soi

Plus ce bien est grand, plus sa force d’expansion est puissante. Jésus invite à une communauté de vie avec lui. Quoi de plus attirant ? C’est ainsi que l’Évangile s’est répandu à partir de la joie de connaître et de suivre Jésus, de croire à l’amour de Dieu pour nous. Une joie qui porte en elle le désir d’amener autrui à partager cette aventure. Pour Cicéron, l’admiration de quelqu’un qui est monté au ciel et a contemplé la beauté des étoiles serait amère s’il n’avait personne avec qui la partager[2]. De la même manière, la vocation que Dieu donne déploie toute sa beauté dans la mesure où l’on cherche à ne pas la garder pour soi ; pour cette raison, on peut dire que l’appel à se donner à Dieu est contagieux dans l’Opus Dei comme dans les autres réalités ecclésiales.

1. Dieu entre dans notre vie en se servant d’autres personnes

Après le témoignage du Baptiste, l’Évangile de Jean relate l’appel d’André et de Pierre : « Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : ‘Voici l’Agneau de Dieu’. Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : ‘Que cherchez-vous ?’ Ils lui répondirent : ‘Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ?’ Il leur dit : ‘Venez, et vous verrez.’ Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : ‘Nous avons trouvé le Messie’ – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : ‘Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas’ – ce qui veut dire : Pierre » (Jn 1, 35-42).

Saint Jean Paul II commente que « cette page de l’Évangile est l’une des nombreuses pages où la Sainte Écriture décrit le « mystère » de la vocation ; dans le cas présent [les prêtres], il s’agit du mystère de la vocation des Apôtres de Jésus[3] » ;

La vocation à l’Opus Dei est une concrétisation de la vocation baptismale, un des chemins dans l’Église pour suivre Jésus Christ au milieu du monde

et il ajoute que la page de saint Jean « a aussi une signification pour la vocation chrétienne comme telle[4] ». La vocation à l’Opus Dei est une concrétisation de la vocation baptismale, un des chemins dans l’Église pour suivre Jésus Christ au milieu du monde, comme chrétien ordinaire et en même temps avec un engagement sérieux pour vivre la radicalité de l’appel universel à la sainteté et à l’apostolat, par la sanctification du travail professionnel et des occupations ordinaires. L’Évangile que nous venons de citer met en évidence comment la rencontre de certains disciples avec Jésus se fait à travers la médiation de ceux qui le suivent déjà. On ne découvre pas sa vocation par télépathie mais, comme dans le cas d’André et de Pierre, par la médiation d’autres personnes dont Dieu se sert pour entrer dans notre vie. Donner un nom à Simon équivaut par ailleurs à prendre possession de lui. Ainsi, même s’il y a des médiateurs de l’appel, seul Dieu peut prendre possession d’une âme, car il en est le Créateur et c’est de lui que nous venons et à lui que nous retournons. Nul n’est propriétaire des âmes[5]. Et la prise de possession que Dieu fait est une manifestation d’amour ; aussi le Christ s’adresse-t-il à Simon comme « fils de Jean », c’est-à-dire « fils de la miséricorde ».

même s’il y a des médiateurs de l’appel, seul Dieu peut prendre possession d’une âme

Le Pape François a insisté à maintes reprises sur la dimension missionnaire de la vocation chrétienne :

« Je voudrais vous indiquer aujourd’hui le lien étroit qui existe entre la miséricorde et la mission. Comme le rappelait saint Jean-Paul II : ‘L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur[6]‘. En tant que chrétiens, nous avons la responsabilité d’être missionnaires de l’Évangile. Quand nous recevons une belle nouvelle, ou quand nous vivons une belle expérience, il est naturel que nous ressentions l’exigence de la communiquer également aux autres. Nous sentons que nous ne pouvons pas retenir la joie qui nous a été donnée : nous voulons la diffuser. La joie suscitée est telle qu’elle nous pousse à la communiquer. Et ce devrait être la même chose lorsque nous rencontrons le Seigneur : la joie de cette rencontre, de sa miséricorde, communiquer la miséricorde du Seigneur. D’ailleurs, le signe concret que nous avons vraiment rencontré Jésus est la joie que nous éprouvons en le communiquant également aux autres. Et cela n’est pas ‘faire du prosélytisme’, cela est faire un don : je te donne ce qui me procure de la joie. En lisant l’Évangile, nous voyons que cela a été l’expérience des premiers disciples : après la première rencontre avec Jésus, André est immédiatement allé le dire à son frère Pierre (cf. Jn 1, 40-42), et Philippe fit la même chose avec Nathanaël (cf. Jn 1, 45-46). Rencontrer Jésus revient à rencontrer son amour. Cet amour nous transforme et nous rend capables de transmettre aux autres la force qu’il nous donne. D’une certaine façon, nous pourrions dire que depuis le jour du Baptême est donné à chacun un nouveau nom qui s’ajoute à celui que leur donne déjà leur maman et leur papa, et ce nom est ‘Christophe’ : nous sommes tous des ‘Christophe’. Qu’est-ce que cela veut dire ? ‘Porteurs du Christ’. C’est le nom de notre attitude, une attitude de porteurs de la joie du Christ, de la miséricorde du Christ. Chaque chrétien est un ‘Christophe’, c’est-à-dire un porteur du Christ ![7] »

2. Communiquer ce que nous avons reçu, c’est faire un don. Évolution du terme « prosélytisme »

Dans la catéchèse du Pape François citée plus haut, le mot «prosélytisme» est mentionné. Ce terme, fréquent jusqu’à il y a quelques décennies encore dans la littérature spirituelle, dérive de « prosélyte », mot utilisé dans la Bible pour désigner les ger, les gentils qui vivaient de manière stable avec le peuple d’Israël et qui se proposaient d’entrer dans l’Alliance et d’observer la loi de Moïse. De là, il est passé au langage chrétien. Déjà saint Justin, esprit ouvert et bon connaisseur des philosophes de son temps, arrêté pour prosélytisme et exécuté en 166 parce qu’il ne voulait pas renier sa foi, écrivait : « Il ne vous reste guère de temps pour devenir nos prosélytes : si le Christ vous précède dans sa venue, vous vous repentirez en vain[8] ». Justin désignait ainsi le zèle apostolique pour annoncer Christ et accueillir de nouveaux fidèles dans l’Église. C’est en ce sens que dans les temps modernes émergera le terme « prosélytisme » qui, avec l’élan missionnaire, inclut, unie au développement de l’Église, une sollicitude active pour rapprocher les autres des institutions qui sont nées au sein du peuple de Dieu.

Saint Josémaria l’a utilisé de la sorte dès les débuts de l’Opus Dei. Il a conjugué l’encouragement au zèle apostolique et la prédication du fait que c’est Dieu qui appelle, pas nous ; évidemment, les décisions qui déterminent le cours d’une vie doivent être prises par chacun personnellement, avec liberté, sans contrainte ni pression d’aucune sorte, comme il le soulignera à l’envie[9].

Au cours des dernières décennies, une autre acception du terme «prosélytisme» s’est progressivement généralisée : il évoque les tentatives d’attirer autrui vers un « groupe » moyennant la violence, la tromperie, la coercition ou d’autres moyens qui forcent la conscience et manipulent la liberté. Naturellement, cette façon d’agir étrangère à l’esprit chrétien est absolument répréhensible. Ce sens négatif de « prosélytisme » a été évoqué à plusieurs reprises par les derniers papes lorsqu’ils ont affirmé, par exemple, que «nous n'imposons notre foi à personne. Un tel genre de prosélytisme est contraire au christianisme. La foi ne peut se développer que dans la liberté. Mais c’est à la liberté des hommes, à laquelle nous faisons appel de s’ouvrir à Dieu, de le chercher, de lui prêter attention[10]» ; ou encore : « l’Église ne grandit pas par prosélytisme mais par ‘attraction[11][12] ». Cette attraction implique d’abord le témoignage d’une conduite droite, d’une vie pleine d’amour, sans être toutefois synonyme de passivité ; elle n’exclut pas la proclamation verbale d’un message, comme l’enseigne saint Paul : « Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? » (Rm 10, 14-15). Un enfouissement de la foi au Christ ferait rapidement de nous des fossoyeurs sinon du christianisme, du moins de nous-mêmes.

Se référant à ceux qui utilisent le mot prosélytisme comme une accusation pour semer la peur face à l’action apostolique des fidèles, saint Jean Paul II écrit qu’ils le font « peut-être dans le but de priver l’Église du courage et du dynamisme dont elle a besoin pour accomplir sa mission d’évangélisation. Cette mission fait partie de l’essence même de l’Église[13] ».

Dans le droit fil d’une tradition spirituelle ancienne, saint Josémaria utilise le mot « prosélytisme » au sens d’une proposition ou d’une invitation

Quoi qu’il en soit, les langues évoluent et il y a souvent des mots qui n’ont plus de sens univoque et qui acquièrent même une signification contraire à celle de l’original[14]. Compte tenu de l’usage de plus en plus répandu du mot ‘prosélytisme’ au sens négatif, son contenu positif originel est mieux rendu par des expressions comme susciter l’appel divin, aider à découvrir le chemin que Dieu veut pour chacun, inviter à se poser la question de sa propre vocation, discernement vocationnel, apostolat vocationnel, éveiller le sens de la mission, par exemple. C’est pourquoi, dans le chapitre « Prosélytisme » de Chemin, ce mot doit être compris dans sa signification authentique dans la prédication de saint Josémaria, dans le cadre de la mission apostolique des chrétiens, adressée au monde entier (cf. Mc 16, 15). De nombreux auteurs spirituels, dont saint Josémaria, ont utilisé le terme « prosélytisme » en ce sens, comme synonyme d’apostolat ou d’évangélisation : une œuvre de charité qui se caractérise, entre autres, par un profond respect de la liberté, en contraste avec le sens négatif reçu à la fin du XXe siècle. Dans le droit fil d’une tradition spirituelle ancienne, saint Josémaria utilise le mot « prosélytisme » au sens d’une proposition ou d’une invitation par laquelle les chrétiens partagent l’appel de Jésus Christ avec leurs compagnons et amis, et leur ouvrent ainsi l’horizon de son amour[15].

3. Appeler : une nécessité et une obligation

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20). Ce sont les dernières paroles de Jésus recueillies par saint Matthieu. Les chrétiens sont ainsi appelés à rendre témoignage au Seigneur, à faire des disciples, sachant que Jésus vit en eux: ils agiront « au nom » de Dieu, avec sa puissance. Dans la mission apostolique, il y a ce double aspect d’une action personnelle et de l’action de Dieu, laquelle est source de nos libertés.

« Annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu » (Ep 3, 8) était pour saint Paul une « grâce » (ibid.) et une obligation morale : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! (1 Co 9, 16). Cette grâce est partagée par tous les chrétiens. Avec la vocation chrétienne baptismale, le peuple de Dieu « établi par le Christ pour communier à la vie, à la charité et à la vérité, est aussi assumé par lui comme instrument de la rédemption de tous les hommes, et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre (cf. Mt 5, 13-16)[16] ».

L’Église a pour mission de « s’occuper de la naissance, du discernement et de l’accompagnement des vocations[17] ». Le Pape François note que « là où il y a vie, ferveur, envie de porter le Christ aux autres, surgissent des vocations authentiques[18] ». Cela suppose qu’en plus de prier, la communauté chrétienne « a le courage de proposer un chemin[19] », dit François, se référant à l’engagement envers Dieu. En ce sens, parlant des vocations sacerdotales, il n’hésite pas à souligner l’importance de l'appel :

« Appeler. C’est le verbe propre à la vocation chrétienne. Jésus ne fait pas de longs discours, il ne remet pas un programme auquel adhérer, il ne fait pas de prosélytisme, et n’offre pas non plus de réponses toutes faites. En s’adressant à Matthieu, il se limite à dire : ‘Suis-moi !’.


"là où il y a vie, ferveur, envie de porter le Christ aux autres, surgissent des vocations authentiques"

De cette façon, il suscite en lui la fascination de découvrir un nouvel objectif, en ouvrant sa vie vers un ‘lieu’ qui va au-delà du petit bureau où il est assis. Le désir de Jésus est de mettre les personnes en chemin, de les sortir d’une sédentarité mortelle, de rompre l’illusion que l’on peut vivre joyeusement en restant confortablement assis dans ses propres certitudes. Ce désir de recherche, qui habite souvent les plus jeunes, est le trésor que le Seigneur place entre nos mains et dont nous devons prendre soin, que nous devons cultiver et faire germer. Regardons Jésus, qui passe le long des rives de l’existence, en recueillant le désir de qui cherche, la déception d’une nuit de pêche infructueuse, la soif ardente d’une femme qui va au puits prendre de l’eau, ou le profond besoin de changer de vie. Ainsi, nous aussi, au lieu de réduire la foi à un livre de recettes ou à un ensemble de normes à observer, nous pouvons aider les jeunes à se poser les justes questions, à se mettre en chemin et à découvrir la joie de l’Évangile.

De cette façon,Je sais bien que votre devoir n’est pas facile et que parfois, en dépit d’un engagement généreux, les résultats peuvent être faibles et nous risquons la frustration et le découragement. Mais si nous ne nous enfermons pas dans les plaintes et que nous continuons de ‘sortir’ pour annoncer l’Évangile, le Seigneur reste à nos côtés et nous donne le courage de jeter les filets même quand nous sommes fatigués et déçus de ne rien avoir pêché. […] N’ayez pas peur d’annoncer l’Évangile, de rencontrer, d’orienter la vie des jeunes[20] ».

Pour sa part, Jean-Paul II affirmait : « Il ne faut pas avoir peur de proposer directement à un jeune ou moins jeune les appels du Seigneur. C’est un acte d’estime et de confiance. Ce peut être un moment de lumière et de grâce[21] ». Dire à quelqu’un : « viens et vois », ou encore « suis-moi », ce n’est pas rien ; les abribus, les murs de nos villes et nos écrans sont inondés de ce genre d’invitation de la part de sociétés commerciales et de mouvements politiques, parfois même d’appels à la prostitution et à l’adultère, ou encore de grandes leçons de morale laïque, et personne ne s’en offusque.

« Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2), dit Paul à Timothée : « opportune, importune ». « Nombreux sont ceux qui se demandent, comme pour se justifier : et moi, pourquoi irais-je m’introduire dans la vie des autres ? — Parce qu’en tant que chrétien, tu as l’obligation de t’introduire dans la vie des autres, afin de les servir ! — Parce que le Christ s’est introduit dans ta vie et dans la mienne ![22] ».

Saint Josémaria a appris à ses filles et à ses fils spirituels que personne ne peut se sentir dispensé de proposer la vocation quand il rencontre une personne qui pourrait y trouver son vrai bonheur et son plein épanouissement. S’il le faut, des occasions seront suscitées pour parler de l’appel divin, parce que la simple présence ne suffit pas. Le fondateur de l’Opus Dei évoque ces ouvriers de la vigne dont le Christ parle et qu’à cinq heures de l’après-midi personne n’a encore embauchés (cf. Mt 20,7). « Tu as eu une conversation avec celui-ci, celui-là, et aussi cet autre, parce que le zèle pour les âmes te dévore. Celui-là a pris peur ; cet autre a demandé l’avis d’un ‘prudent’ qui l’a mal orienté... — Persévère : par la suite que nul ne puisse s’excuser en affirmant ‘quia nemo nos conduxit’ — personne ne nous a appelés[23] ».

Ce peut être en effet un devoir de justice de proposer la vocation. Il y a des gens qui, peut-être à cause d’une humilité mal comprise, ou d’un manque de sainte ambition personnelle, jugent à tort qu’ils n’en sont pas dignes, ou n’osent pas s’enquérir de savoir si elle est pour eux, comme ces personnages de romans qui ne demandent jamais la main de la femme qu’ils aiment... et qui la perdent. C’est pourquoi saint Josémaria a parlé de « sainte coercition[24] » en encourageant le lecteur de Chemin à considérer sa responsabilité apostolique envers les personnes qui l’entourent, en respectant pleinement leur liberté. Par cet assemblage de mots contradictoires, appelé « oxymore », il a donné une force expressive à l’idée que la mission apostolique n’est pas en contradiction avec l’énergie que l’Esprit Saint nous donne. Cet Esprit est Amour, et c’est donc un Esprit de liberté.Aussi le fondateur de l’Opus Dei peut-il affirmer que celle-ci « non seulement respecte la liberté de ses membres, mais encore elle leur en fait prendre une claire conscience. Pour atteindre à la plénitude de la vie chrétienne dans sa profession ou dans le métier que chacun exerce », ajoutait-il, ils « doivent être formés de manière à savoir administrer leur propre liberté : en présence de Dieu, avec une piété sincère, et une doctrine sûre[25] ».

La liberté est nécessaire pour se donner au Seigneur et renouveler ce don de soi

La liberté est nécessaire pour se donner au Seigneur et renouveler ce don de soi : c’est le don sincère, désintéressé, qui permet à la personne de se trouver, point essentiel de l’enseignement du concile Vatican II, thème central dans le magistère de Jean Paul II[26]. Or la formation dans l’Opus Dei « tend principalement à faire en sorte que parvienne à tous ses membres l'esprit authentique de l’Évangile — esprit de charité, d'entente, de compréhension, absolument étranger au fanatisme — grâce à une solide et nécessaire formation théologique et apostolique. Ensuite, chacun agit avec une entière liberté personnelle et, formant de façon autonome sa propre conscience, il s’efforce de rechercher la plénitude de la vie chrétienne et de christianiser son milieu, en sanctifiant son propre travail, intellectuel ou manuel, en toute circonstance de sa vie et dans son propre foyer[27] ».

Jésus Christ appelle à l’humilité dans le service. Une parabole sur le travail de la terre et le soin du bétail s’applique à l’effort d’évangélisation. Elle nous invite à faire nôtres les sentiments des ouvriers : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » : « Servi inutiles sumus ; quod debuimus facere, fecimus » (Lc 17,10). Le Christ nous exhorte à éviter toute vanité. Il est clair qu’il ne recommande pas d’imiter le traitement abusif du maître ni ne l’approuve. Mais il nous enseigne que la vertu manifestée dans l’accomplissement de ses commandements nous consolera intérieurement et éveillera même l’admiration des autres. Alors, au lieu d’être prétentieux, nous devrions considérer que nous n’accomplissons que le plan de Dieu : « Ne vous rengorgez pas d'être appelé enfant de Dieu - il faut reconnaître la grâce, mais sans méconnaître la nature -, ne vous vantez pas si vous avez bien servi : vous deviez le faire. Le soleil fait son office, la lune obéit, les anges font leur service. […] Ne prétendons pas être loués pour nous-mêmes ; ne devançons pas le jugement de Dieu ; ne prévenons pas l'arrêt du juge, mais réservons-le pour son temps, pour son juge[28] ».

Dans l’histoire de l’Opus Dei, ceux qui ont suivi saint Josémaria ont été héroïques en semant partout son message. À la fin de la guerre civile espagnole, ne faisaient partie de l’Œuvre que saint Josémaria et dix ou douze jeunes gens, c’est tout. Un an plus tard, selon le bienheureux Alvaro del Portillo, ils voyageaient déjà par toute l’Espagne, et il y avait des activités apostoliques dans de nombreuses villes. Ils empruntaient des trains inconfortables ou des routes défoncées par la guerre. Le week-end, qui ne durait alors que le dimanche, servait à aller dans des endroits épars, et bientôt les vocations à l’Opus Dei firent partout leur apparition. Il est beau de voir ce que José María Hernández Garnica écrit à propos d’Isidoro Zorzano qui essayait de le rapprocher de Dieu : « Je l’ai esquivé l’indicible à cause de ma paresse, et lui, avec une patience extraordinaire, il a continué à écrire et à m’encourager, même si souvent il n’a reçu de réponse que longtemps après[29] ». C’est ainsi que du zèle apostolique des fidèles de l’Opus Dei sont nées des vocations pour l’Œuvre, mais aussi pour les ordres et congrégations de religieux et de religieuses, et pour les séminaires diocésains. Ce zèle exprime l’intensité de l’amour et du don de soi, qui naissent dans l’humilité de ceux qui savent que toute fécondité vient de Dieu.

4. L’importance des moyens surnaturels

Les fruits, les décisions de se donner à Dieu, viennent toujours de Dieu lui-même, comme Jésus Christ l’a enseigné : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment » (Mc 4,26-27). Dans la parabole des invités aux noces, Jésus explique la formation de l’Église comme un appel universel au salut. Le banquet symbolise le Royaume de Dieu. Mais quand tout fut prêt, beaucoup rejetèrent le Fils de Dieu et l’appel s’étendit à tous, y compris aux païens : « Le maître dit alors au serviteur : ‘Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie’ » (Lc 14,23). Dans cette surprenante « obligation » saint Josémaria voyait un grand respect pour la liberté de chacun. Par exemple, se référant à l’épanouissement d’une vie chrétienne cohérente, il affirmait que l’expression « compelle intrare » (« forcer à entrer ») « est une invitation, une aide à décider, jamais -ni même de loin- une contrainte » ; « ce n’est pas comme une poussée matérielle, mais l’abondance de lumière, de doctrine ; le stimulus spirituel de votre prière et de votre travail, qui est un témoignage authentique de la doctrine ; l’accumulation des sacrifices que vous savez offrir ; le sourire qui naît sur vos lèvres, car vous êtes fils de Dieu [...]. Ajoutez à tout cela votre allant et votre sympathie humaine, et nous aurons le contenu du compelle intrare[30] ». C’est ainsi que la grâce agit, à travers nous. Saint Basile note que « comme les corps limpides et transparents, lorsqu’un rayon les frappe, deviennent, eux aussi, étincelants et d’eux-mêmes reflètent un autre éclat, ainsi les âmes qui portent l’Esprit, illuminées par l’Esprit, deviennent-elles spirituelles aussi et renvoient-elles sur les autres la grâce[31] ».

C’est une tâche qui ne peut être accomplie isolément, mais dans un authentique sens ecclésial qui manifeste que c’est Dieu qui appelle par son Église. Imprégnée d’une vision surnaturelle, l’obéissance donne sa fécondité à l’effort apostolique. C’est ainsi que saint Josémaria a commenté une pêche miraculeuse : « Duc in altum : au large ! — Repousse le pessimisme qui te rend lâche. Et laxate retia vestra in capturam, et jette tes filets pour pêcher. Ne sais-tu pas que tu peux dire, comme Pierre : In nomine tuo, laxabo rete, Jésus, en ton Nom, je chercherai des âmes ?[32] »

Quiconque soulève la question de la vocation à quelqu’un, demande au Seigneur dans sa prière de remuer le cœur de son ami pour qu’il suive le Christ.

Dans l’Opus Dei, avant de parler à une personne de son éventuelle vocation, on prend l’accord de la personne qui dirige le centre où celle-ci se rend habituellement. Quiconque soulève la question de la vocation à quelqu’un demande au Seigneur dans sa prière de remuer le cœur de son ami pour qu’il suive le Christ. Parler de vocation implique une grande amitié : empathie, confiance réciproque, compréhension mutuelle et capacité d’écoute, dans le respect de la liberté des consciences et avec la réserve due sur le contenu de conversations intimes. Tout cela se construit sur « l’apostolat d’amitié et de confidence[33] » et se fonde sur la prière, sur l’esprit de sacrifice pour le bonheur des autres et sur le témoignage d’une vie cohérente.

Parfois les gens répondront : « Je ne le vois pas, je ne sens pas d’appel » ; et il est possible que Dieu ne les appelle pas, ou peut-être que, plutôt que ne pas voir, il y ait un manque de volonté. C’est pourquoi, en plus de recommander de prendre conseil, il est bon d’encourager à demander au Seigneur la force de vouloir ce qu’il pourrait demander. Il est significatif que, lorsqu’il a senti l’appel divin, saint Josémaria, n’ait pas seulement demandé à voir la volonté du Seigneur -Seigneur, fais que je voie : Domine, ut videam ! - mais aussi qu’il s’accomplisse effectivement dans sa vie -Seigneur, fais que ce que tu veux se fasse : Domine, ut sit !. Ensuite, dire « oui » à Dieu est impossible sans une liberté totale que la grâce divine renforce[34].

5. Une sélection pour parvenir à plus de monde

L’Opus Dei est pour la foule, toutes les âmes « l’intéressent », « car chaque âme est un merveilleux trésor ; chaque homme est unique, irremplaçable. Chacun d’eux vaut tout le Sang du Christ[35] ». Mais tous ne sont pas appelés à ce chemin, et il y a beaucoup de possibilités dans l’Église : pour chacun, ce qu’il y a de mieux c’est ce qui lui revient. Quant à l’Opus Dei, son seul objectif est de « de contribuer à ce qu'il y ait, au milieu du monde, au milieu des réalités et des aspirations séculières, des hommes et des femmes, de toutes races et de toutes conditions sociales, qui s'attachent à aimer et à servir Dieu et les autres hommes, dans et à travers leur travail ordinaire[36] ». Cela implique de s’efforcer de travailler « avec la plus grande perfection possible : perfection humaine (compétence professionnelle) et perfection chrétienne (par amour pour la volonté de Dieu et au service des hommes)[37] ». Un certain prestige professionnel ou dans les études offre de meilleures conditions pour faire un apostolat désintéressé et « s’ouvrir en éventail pour parvenir à toutes les âmes[38] ».

La décision de se donner au Seigneur est un pas que l’on fait personnellement, mais toujours accompagné. Cet accompagnement consiste en une aide afin que mûrisse humainement et chrétiennement l’appel possible du Seigneur, qui est peut-être en train d’éclore. C’est une invitation à s’ouvrir à l’action de l’Esprit Saint dans l’âme. Le développement de la liberté intérieure génère le climat surnaturel d’humilité, de sérénité et de générosité dans lequel il est possible de répondre au plan de Dieu pour sa propre vie.

celles et ceux qui accompagnent des personnes qui souhaitent demander l’admission dans l’Opus Dei doivent savoir apprécier leurs aptitudes spirituelles, physiques et psychologiques, morales et intellectuelles, ainsi que l’authenticité de leurs motivations.

Une partie de cet accompagnement consiste à encourager les gens à agir avec droiture d’intention. « Ce n’est pas de l’arrogance que de vouloir être meilleur. Au contraire, c’est une vertu qui plaît à Dieu : puisque nous connaissons le mal matériel dont nous sommes faits et parce que, pour être meilleurs, nous devrons toujours nous ancrer dans la miséricorde et dans la grâce du Seigneur, et répéter ces mots de saint Paul : omnia possum in eo qui me confortat [Je peux tout en celui qui me donne la force, Ph 4,13]. Nous avons donc l’obligation de former ces âmes de manière à les aider à être de bons catholiques, à corriger leur conduite, à leur inculquer la nécessité de la vie intérieure et à leur faire prendre conscience que le travail de chaque jour est le moyen le plus approprié pour atteindre la perfection chrétienne et pour faire du bien à toutes les âmes[39] ».

La vocation à l’Œuvre pousse à devenir levain pour faire fermenter toute la pâte (cf. Lc 13, 21). En ce sens, celles et ceux qui accompagnent des personnes qui souhaitent demander l’admission dans l’Opus Dei doivent savoir apprécier leurs aptitudes spirituelles, physiques et psychologiques, morales et intellectuelles, ainsi que l’authenticité de leurs motivations.

C’est à chaque personne individuelle qu’il faut penser, c’est chacune qui a besoin d’être aidée à évaluer sa propre situation de façon réaliste, afin de ne prendre aucune décision qu’on ne serait pas capable de mettre en pratique au fil des jours, des mois et des années. Dans ce climat de confiance, la personne concernée cherchera à s’ouvrir et à se faire connaître, afin d’effectuer ensemble un nécessaire discernement de la volonté de Dieu. C’est un chemin que l’on parcourt dans la prière, pour comprendre la réalité de la vie de chaque personne – vertus, caractère, histoire, famille, formation, santé, relations, etc. - et de chercher son bien à la lumière de l’Esprit Saint. Dans le cas de gens très jeunes, ce chemin est parcouru avec leurs parents, qui sont « les principaux et premiers éducateurs de leurs enfants[40] », appelés à faire grandir leurs enfants dans la vie morale, spirituelle et surnaturelle. Le magistère de l’Église enseigne : « De même que l’enfant grandit vers sa maturité et son autonomie humaines et spirituelles, de même sa vocation singulière qui vient de Dieu s’affirme avec plus de clarté et de force. Les parents respecteront cet appel et favoriseront la réponse de leurs enfants à le suivre. Il faut se convaincre que la vocation première du chrétien est de suivre Jésus (cf. Mt 16,25) : ‘Qui aime père et mère plus que moi, n’est pas digne de moi, et qui aime fils ou fille plus que moi n’est pas digne de moi’ (Mt 10, 37)[41] ».

Pour se donner à Dieu dans l’Opus Dei, l’équilibre personnel est important, c’est-à-dire la capacité de vivre ses engagements dans la paix intérieure, sans rigidités ni angoisses disproportionnées. Cela ne signifie pas qu’il faille être impassible ou inflexible, car toutes les personnes qui ont des engagements sérieux - religieux, familiaux, civils - peuvent vivre des moments de tension ou de fatigue. « Ce qui est le plus important dans l’Église, ce n'est pas de voir comment les hommes répondent, mais de voir ce que Dieu fait. L’Église, c'est le Christ présent parmi nous ; Dieu qui vient à l’humanité pour la sauver, en nous appelant par sa révélation, en nous sanctifiant par sa grâce, en nous soutenant de son aide constante dans les petits et les grands combats de notre vie quotidienne[42] ».

Saint Josémaria disait que dans l’Opus Dei " il y a de la place pour : les malades, préférés de Dieu, et tous ceux qui ont un grand cœur, même si leurs faiblesses ont été plus grandes "

Saint Josémaria disait que dans l’Opus Dei « il y a de la place pour : les malades, préférés de Dieu, et tous ceux qui ont un grand cœur, même si leurs faiblesses ont été plus grandes[43] ».La générosité est donc une vertu essentielle. Étymologiquement, le mot « générosité » signifie « de bonne race ». Ceux qui sont généreux peuvent dire : « Nous sommes enfants de saints, et nous attendons la vie que Dieu donnera à ceux qui ne lui retirent pas leur confiance » (Tob 2,18 vg.). Sur le socle de cette générosité pleine de liberté intérieure, chaque personne peut se former dans des domaines différents, en s’appuyant sur son « désir sincère et effectif de tendre vers la vertu[44] ».

Le mystère de la vocation n’est jamais isolé du mystère de l’Église. La croissance d’une famille est un motif de joie pour ses membres. Une famille sans descendance disparaîtra, disait saint Josémaria en appliquant cela à l’importance de chercher des apôtres qui perpétuent la famille surnaturelle de l’Opus Dei. Le bienheureux Alvaro glosait l’idée précédente en disant que le fondateur souhaitait que tous ses enfants aient un grand zèle « qui ne fasse acception de personne, ni aucune discrimination, afin que notre famille s’agrandisse toujours davantage et contribue efficacement à ce que tous les hommes forment un seul troupeau, avec un seul pasteur (Jn 10,16)[45] » : le troupeau de l’Église, conduit par Jésus Christ.

Guillaume Derville

Éléments de bibliographie

Ernst Burkhart - Javier López, Vida cotidiana y santidad en la enseñanza de san Josemaría, Vol. 1, Rialp, Madrid 2010, pp. 537-542.

Javier López Díaz, « Proselitismo », en Instituto Histórico San Josemaría Escrivá de Balaguer, Diccionario de San Josemaría, Monte Carmelo, Burgos 2013, pp. 1029-1033.



[1] « Bonum diffusum sui ». Après Platon et Denys, dans sa Somme de Théologie saint Thomas d’Aquin aborde cet axiome dans le cadre de l’amour de Dieu.

[2] Cf. Cicéron, De amicitia, XIII, 88 : « Si quis in caelum ascendisset naturamque mundi et pulchritudinem siderum perspexisset, insuavem illam admirationem ei fore, quae iucundissima fuisset si aliquem cui narraret habuisset ».

[3] Saint Jean Paul II, Exh. Ap. postsynodale Pastores dabo vobis, n. 34.

[4] Ibidem.

[5] Cf. saint Josémaria, Instruction, 31 mai 1936, note 85. Cf. Benoît XVI, in Jésus de Nazareth, I, 308 : « les enfants ‘appartiennent’ aux parents tout en étant de libres créatures de Dieu, chacune avec sa vocation, avec sa nouveauté et sa singularité devant Dieu » ; cf. ibidem, 143.

[6] Saint Jean Paul II, Enc. Dives in misericordia, 13.

[7] François, Audience jubilaire, 30 janvier 2016. Le Pape François parle de la mission du chrétien dans le monde en de nombreuses occasions, par exemple dans son Message pour la journée mondiale de prière pour les vocations, 27 novembre 2016.

[8] Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 28, 2.

[9] Saint Josémaria, Entretiens, 104.

[10] Benoît XVI, Homélie, Munich, 10 septembre 2006.

[11] Benoît XVI, Homélie, Aparecida, Brésil, 13 mai 2007.

[12] François, Exh. Ap. Evangelii gaudium, 14.

[13] Saint Jean Paul II, Entrez dans l’espérance, Plon-Mame, Paris 1994, 181.

[14] Cf. Jacqueline de Romilly, Dans le jardin des mots, 2007 (Librairie Garnier Flammarion, 2008).

[15] Cf. saint Josémaria, Chemin, 790, 796.

[16] Concile œcuménique Vatican II, Const. dogm. Lumen gentium, 9.

[17] Saint Jean Paul II, Exh. Ap. postsynodale Pastores dabo vobis, 14.

[18] François, Exh. Ap. Evangelii gaudium, 107.

[19] Ibidem.

[20] François, Discours au congrès international de pastorale vocationnelle, 21 octobre 2016, Rome.

[21] Saint Jean Paul II, Message pour la XXe Journée mondiale de prière pour les vocations, 2 février 1983.

[22] Saint Josémaria, Forge, 24.

[23] Saint Josémaria, Sillon, 205. De manière analogue saint Josémaria commentait l’histoire du paralytique de la piscine de Bethzatha ; il soulignait le danger de l’indifférence aux autres : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi » (Jn 5,5-7) : cf. Sillon, 212 ; Forge, 168 ; homélie Loyauté envers l’Église, 4 juin 1972, 6.

[24] Saint Josémaria, Chemin, 387.

[25] Saint Josémaria, Entretiens, 53.

[26] Cf. Concile œcuménique Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 24 ; cf. Jean Paul II, Le don désintéressé, in NRT 134 (2012) ; traduction personnelle et annotations de Pascal Ide ; orig. in « Acta Apostolicæ Sedis », XCVIII (2006), tome II, p. 628-638.

[27] Saint Josémaria, Entretiens, 35.

[28] Saint Ambroise, Expositio Evangelii secundum Lucam, ad. Loc.

[29] José María Hernández Garnica, Lettre du 31 janvier 1948, in José Miguel Pero Sanz, Isidoro Zorzano Ledesma: ingeniero industrial (Buenos Aires, 1902 – Madrid 1943), Palabra, Madrid 1996, 253.

[30] Saint Josémaria, Lettre 24 octobre 1942, 9.

[31] Saint Basile, Liber de Spiritu Sancto, IX, 23, in Sources chrétiennes 17 bis (2002), 329.

[32] Saint Josémaria, Chemin, 792.

[33] Saint Josémaria, Entretiens, 62.

[34] Sur ces aspects, cf. Fernando Ocáriz, Sur Dieu, l’Église et le monde. Entretiens avec Rafael Serrano, La Laurier 2017, cap. IX, « Appels », pp. 133-146.

[35] Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 80.

[36] Saint Josémaria, Entretiens, 10.

[37] Ibidem.

[38] Saint Josémaria, Sillon, 193.

[39] Saint Josémaria, Lettre 24 octobre 1942, 21.

[40] Catéchisme de l’Église catholique, 1653 ; cf. Concile œcuménique Vatican II, Décl. Gravissimum educationis, 3.

[41] Catéchisme de l’Église catholique, 2232.

[42] Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 131.

[43] Saint Josémaria, Instruction, 1er avril 1934, 65.

[44] Bienheureux Alvaro del Portillo, note 59 à saint Josémaria, Instruction, 1er avril 1934, 64.

[45] Bienheureux Alvaro del Portillo, note 78 à saint Josémaria, Instruction, 1er avril 1934, 84. Cf. saint Josémaria, Instruction, mai 1935, 76 et note 132.