L’Opus Dei se prépare à célébrer son premier centenaire, le regard tourné vers l’avenir et les pieds ancrés dans le quotidien. Dans cet entretien exclusif, Claudio Caruso dialogue avec le prélat de l’Œuvre, Mgr Fernando Ocáriz, qui aborde les défis de la famille contemporaine, le véritable impact de l’institution au cours de ses cent premières années d’existence et la vitalité de l’Église en Afrique.
Le centenaire de l’Œuvre est un moment d’action de grâces, de réflexion et de regard vers l’avenir : comment voyez-vous l’Œuvre projetée dans les prochaines années ?
« Mon espoir pour les prochaines années est que l’Œuvre soit une grande catéchèse pour aider à faire de la sainteté une réalité dans la vie de tous les jours. »
Mon espoir pour les prochaines années est que le centenaire de la fondation de l’Opus Dei soit l’occasion pour chacune et chacun de se renouveler intérieurement, et qu’à partir de ce renouvellement intérieur – qui implique aussi de reconnaître ses erreurs et de se corriger – nous puissions mieux servir Dieu, l’Église et toutes les personnes, en travaillant à la transformation du monde selon le cœur du Christ. Qu’il y ait des membres de l’Opus Dei derrière ces familles unies parce qu’elles ont su se demander pardon. Qu’il y ait des journalistes qui disent la vérité, des enseignants engagés à enseigner avec humilité et courage ; des personnes âgées joyeuses et des jeunes solidaires ; des couples qui élèvent leurs enfants dans la foi ; des malades qui supportent leurs souffrances avec sérénité ; des médecins qui traitent leurs patients avec humanité, et des ingénieurs qui emploient leurs talents à résoudre les problèmes des plus vulnérables, même si ce n’est pas l’activité la plus rentable. Tel est mon espoir pour les prochaines années : que l’Œuvre soit une grande catéchèse pour aider à faire de la sainteté une réalité dans la vie de tous les jours et pour contribuer à ce « que l’amour et la liberté du Christ président toutes les manifestations de la vie moderne » (saint Josémaria, Sillon, no 302).
Le pape a effectué un voyage en Afrique, dans plusieurs pays pendant dix jours. Quels ont été pour vous les thèmes principaux de cette visite ?
L’intense voyage apostolique de dix jours en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée Équatoriale a été une éloquente manifestation de la sollicitude du pape et de l’Église envers tout le genre humain et, en particulier, envers le continent africain, une terre d’espérances et également de grands défis. C’est aussi l’occasion de renouveler la gratitude, l’affection filiale et la prière constante pour les fruits du pontificat.
À chaque voyage, le Saint-Père est un témoin de l’Évangile et de la proximité de Dieu avec les personnes qui l’accueillent. Il a réitéré son message de paix et de réconciliation comme réponse chrétienne aux conflits. Son pèlerinage sur la terre de saint Augustin nous révèle sa propre identité de fils spirituel du saint d’Hippone et nous invite à chercher en Jésus-Christ les réponses à nos inquiétudes existentielles. Les célébrations liturgiques, nombreuses et joyeuses, comme la célébration touchante de la messe de clôture à Malabo, démontrent que l’Église en Afrique déborde de vitalité. Le pape nous a rappelé à tous que ce continent est un véritable poumon spirituel et un trésor de foi pour le monde entier.
Et qu’attend l’Œuvre de l’apostolat sur ce continent ?
En deux mots, nous espérons énormément, tant en matière de projets de formation que de fidélité personnelle à Jésus-Christ. Les deux sens sont importants, mais nous accordons dans l’Opus Dei une importance primordiale à la spontanéité apostolique de chacun, à son initiative libre et responsable, guidée par l’Esprit Saint.
Saint Josémaria aimait profondément l’Afrique, avec sa grande variété de cultures et de peuples, et entrevoyait l’immense bien que ses hommes et ses femmes apporteraient à la société et à l’édification de l’Église. Il nous invitait fréquemment à rêver de grands idéaux. Ce qui m’enthousiasme le plus dans la mission de l’Opus Dei en Afrique, c’est que des Africains vivent l’esprit de l’Œuvre. L’Opus Dei n’est pas en Afrique comme quelque chose d’extérieur, mais depuis près de 70 ans, des Africains de différents pays incarnent l’esprit de l’Opus Dei, avec leur propre style, dans leur propre réalité. L’Opus Dei est africain parce qu’il est catholique, universel, comme le message de l’Évangile. Et nous voyons déjà comment l’Opus Dei s’étend depuis l’Afrique vers d’autres parties du monde, portant un témoignage vibrant de foi et de joie.
