Une certitude vertigineuse se trouve « au cœur de la vision chrétienne de l’être humain : l’homme et la femme sont créés à l’image et à la ressemblance du Dieu trinitaire » (Léon XIV, encyclique Magnifique humanité §50).
La famille humaine, que le pape n’hésite pas à qualifier de « magnifique », reçoit sa dignité de la majesté divine.
Ce document sur la protection de la personne, dans l’ère de l’intelligence artificielle, marque un jalon dans la doctrine sociale tout en insistant sur son socle théologal. La famille humaine, que le pape n’hésite pas à qualifier de « magnifique », reçoit sa dignité de la majesté divine. « Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Revêtu de magnificence » (Psaume 103,1). En illustrant le Psaume 109 (« Siège à ma droite »), la Bible de Saint Louis (t. 2, f. 29) propose le symbolisme des trois Personnes divines, dans un geste paisible de bénédiction.

la Trinité, plénitude de liberté souveraine, a pris le risque de la liberté des créatures
La Sagesse éternelle a « inventé » l’homme, avec ses qualités et ses limites ; la Trinité, plénitude de liberté souveraine, a pris le risque de la liberté des créatures. La finitude laisse la porte ouverte au mal volontaire, au mauvais usage des biens de la création. « La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore » (Romains 8, 22).
Dieu ne se limite pas à accepter ces éventualités, bien connues depuis l’Eden, et par la suite chez Caïn et autour de Babel ; il les intègre dans son plan de salut. « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » (idem 8, 28). La Providence éternelle se complaît dans les vicissitudes de l’histoire terrestre, pour les redresser avec la force du Rédempteur. « Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes » (Proverbes 8, 30-31). Dieu « joue » avec le diable et l’humilie dans la confusion. « Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l'a fait ; la terre s'emplit de tes biens. Tu fis Léviathan pour qu'il serve à tes jeux » (Psaume 103, 24.26).
Attaché à la Trinité, le chrétien ne craint pas la science, ni les pouvoirs temporels, ni le progrès ni leurs ambiguïtés
Attaché à la Trinité, le chrétien ne craint pas la science, ni les pouvoirs temporels, ni le progrès ni leurs ambiguïtés. « Fondés sur le Christ, pierre vivante, nous faisons l’expérience de l’action puissante et mystérieuse de l’Esprit Saint, et nous croyons que tout effort humain authentique visant à coopérer avec Lui pour le bien sera béni par le Père céleste en qui nous plaçons notre espérance » (Léon XIV, idem §2).
Une enluminure romane (Missel, Bibliothèque municipale de Cambrai, manuscrit n° 234, f. 2), montre en pleine page, au début de la prière eucharistique, un exemple somptueux du modèle dit « Trône de grâce ». L’Eucharistie « est le don de la Trinité à l’Église » (saint Josémaria, Quand le Christ passe §87), qui rapproche, à tout lieu et à tout temps, l’acte de la Rédemption ; dans le don sacrificiel du Fils, l’Esprit palpite et le Père accueille. La Trinité créatrice, qui a voulu réparer nos fautes, est prête à nous sanctifier dans les péripéties de l’histoire et de la technologie. Elle protège notre dignité, nous prête sagesse, nous met en relation juste.

La dignité de chaque personne « ne dépend pas des capacités qu’elle possède, de ses richesses ou du rôle qu’elle occupe, des choix justes ou erronés qu’elle pose, mais elle est un don, qui la précède et la dépasse, placé par Dieu comme expression de son amour qui ne fait jamais défaut » (Léon XIV, idem §50).
