« Ma vie compte pour Dieu, Il a voulu avoir besoin de moi »

Joana est économiste et fonctionnaire à la Commission Européenne. Mariée et mère de huit enfants, elle habite en Belgique depuis plus de vingt ans.

Témoignages personnels

Comme avez-vous connu l’Opus Dei ?

Quand j’étais au lycée, à Lisbonne, j’ai été invitée par une amie de la famille à faire une retraite organisée par des personnes de l’Opus Dei. Pendant ces journées de prière, une phrase du prédicateur m’a beaucoup marquée : « il y a des personnes qui passent leur vie à coudre avec une aiguille sans fil ». Et je me suis dit : « Et moi ? Est-ce qu’il y a du fil dans mon aiguille ? »

J’ai été interpellée par les participantes — toutes des jeunes filles de 13-14 ans comme moi —, par la façon dont elles étaient attentives pour rendre de petits services (me laisser la meilleure place, par exemple…) et surtout leur art de le faire en toute discrétion. À travers leur exemple j’ai aussi mieux découvert la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, j’ai commencé à prier devant le Saint-Sacrement, à ressentir un véritable besoin de Le fréquenter davantage.

Est-ce qu’il y a eu quelque chose de décisif qui vous a fait demander l’admission à l’Opus Dei ?

Il y a une idée de fond qui m’a impressionnée. Comme je venais d’une famille pratiquante et d’une école catholique, Dieu avait, naturellement, déjà une place dans ma vie. Mais ce qui m’a fort frappée et que j’ai découvert grâce à l’esprit de l’Opus Dei, c’est de savoir que moi je compte pour Dieu, que ma vie ne lui est pas indifférente, que mon quotidien l’intéresse, qu’Il est en permanence attentif à moi ! Maintenant que je suis mère de famille, je le comprends mieux que jamais, parce que nous n’arrêtons jamais de faire attention à nos enfants, même s’ils sont à des milliers de kilomètres de nous.

Ce qui a été décisif, c’est de sentir que Dieu voulait avoir besoin de moi. En fait, Dieu, qui est tout-puissant, n’a besoin de personne, mais, d’une certaine manière, Il nous aime à un point tel qu’Il ne peut pas se passer de nous, et Il nous le fait sentir.

Comment vivez-vous vos tâches quotidiennes ?

Je tâche de faire mon travail face à Dieu et de le lui offrir. Avant, j’étudiais pour étudier, par obligation, mais dans l’Opus Dei j’ai découvert qu’étudier pouvait devenir un plaisir, car je pouvais l’offrir à Dieu et ainsi l’aimer davantage.

Face au travail d’une mère de famille, aussi bien que face au travail professionnel, on peut avoir la tentation de se dire : « Il faut le faire : au plus vite on s’en débarrasse, au mieux ». On voit le travail come le méchant personnage du tableau, comme un obstacle à dépasser. Or notre mission de chrétiens ne s’accomplit pas malgré ces travaux mais dans ces travaux. Toutes les choses ont un sens. Même l’enfant qui pleure la nuit ou l’imprévu ennuyeux au bureau, ce n’est pas pour rien, Dieu compte précisément sur cela pour accomplir notre rédemption à tous.

Je pensais que la vocation à l’Opus Dei allait me compliquer la vie, mais en réalité elle la simplifie, parce qu’elle m’aide à voir clair dans ce que je dois faire à chaque instant. Parfois il est difficile de savoir à qui ou à quoi on doit donner du temps : A tel enfant ? A l’autre ? Au mari ? Au travail ? On peut finir par s’angoisser : au travail on a le sentiment qu’on prend du temps à la famille et à la maison on pense au travail.

Dans ce contexte, savoir que Dieu est à mes côtés et pouvoir lui demander « Tu me veux ici ou là-bas ? », cela simplifie énormément la vie ! Saint Josémaria disait « Fais ce que tu dois et sois à ce que tu fais ». Si on parvient à voir la main de Dieu dans toutes les situations, cela nous procure une très grande paix.

Quel est l’impact de l’Opus Dei sur votre façon de vivre le mariage ?

Le message de saint Josémaria sur le mariage et sur l’amour humain m’a beaucoup plu. Il parle d’une véritable vocation à la sainteté dans le mariage.

Pendant notre voyage de noces, nous sommes passés par Rome et nous avons rencontré don Alvaro del Portillo, le successeur de saint Josémaria. Il m’a dit « Ton chemin de sainteté s’appelle Armando »,  et à mon mari : « Le tien s’appelle Joana ». Il nous a dit aussi que lorsque l’un appelle l’autre, c’est Dieu qui appelle. Maintenant je l’applique à mes enfants, parce qu’ils m’appellent souvent. Le mot le plus répété à la maison, c’est  « Maman » …

Pour vous, que signifie le fait de témoigner du Christ ?

Partager ce qu’on a de meilleur dans sa vie. J’ai découvert un Père, et ce serait dommage que mes amis ne le connaissent pas. Toutes proportions gardées, c’est comme si, en faisant les soldes, je découvrais de formidables opportunités dans un magasin : il serait impensable de ne pas le faire découvrir à mes amies !

Par exemple, dès que j’en ai l’occasion, j’organise des exposés sur la foi ou les sacrements, chez moi ou dans mon bureau, pour les amies ou collègues qui s’y intéressent.

Comment transmettez-vous la foi à vos enfants ?

Il y a une série de choses essentielles à donner aux enfants : les soins du corps, la formation de l’intelligence, mais aussi la croissance de l’âme. Nous partons du principe qu’ils sont libres et qu’ils doivent le rester. Mais, même si ce sont eux qui fixent des choix dans leurs activités, nous les invitons à ne jamais négliger la dimension chrétienne dans leurs occupations et dans leur formation.

Il va de soi que l’essentiel se fait par l’exemple : en essayant d’être cohérents avec ce que nous croyons, la foi se transmet par osmose dans la famille… la meilleure façon de faire comprendre à un enfant le véritable sens de la messe, par exemple, c’est qu’il voie l’effort et parfois les sacrifices que font leurs parents pour pouvoir y assister même pendant la semaine.

Comment obtenez-vous qu’ils aillent à la Messe tous les dimanches ?

Dans notre famille, les enfants trouvent naturel d’aller le dimanche à la messe. Ils comprennent que, si nous avons un Père au ciel, il est normal de s’adresser à lui tous les jours dans un moment de prière et d’aller à sa rencontre le dimanche à la messe.

De la même façon, ils trouvent normal de consacrer un moment le soir à la récitation du chapelet en famille, c’est notre petit moment dédié à notre Mère à tous !