Le monde a-t-il été créé par Dieu ?

La catéchèse sur la création se réfère aux fondements mêmes de la vie humaine et chrétienne : elle explique la réponse de la foi chrétienne à la question fondamentale que les hommes de tous les temps se sont posée : "D'où venons-nous ?" "Où allons-nous ?" Les deux questions, celle de l'origine et celle de la fin, sont déterminantes pour le sens et l'orientation de notre vie et de nos actions.

Questions sur la foi chrétienne
Opus Dei - Le monde a-t-il été créé par Dieu ?

Sommaire :

1. D'où vient-on ? Quelle est notre origine ?

2. Où va-t-on? Pourquoi le monde a-t-il été créé ?

3. Qu’est-ce que la gloire de Dieu ?

4. Si Dieu est Tout-Puissant, Créateur du monde ordonné et bon, qu’il prend soin de ses créatures, pourquoi le mal existe-t-il ?

5. Pourquoi Dieu n’a pas créé un monde si parfait que le mal ne puisse exister ?

6. Une fois le monde créé, Dieu a-t-il abandonné ses créatures ?

7. Si Dieu est le Seigneur de l’histoire et connait notre fin, sommes-nous libres ou bien déterminés ?

8. Qu’est-ce que cela signifie que l’homme est appelé à “dominer la terre”?

9. Quelle est notre fin? D’où vient et où va tout ce qui existe ?


1. D’où vient-on? Quelle est notre origine?

Dieu a créé le monde selon sa sagesse. Ce n'est pas le produit d'un besoin, d'un destin aveugle ou du hasard. Nous croyons qu'elle vient de la libre volonté de Dieu qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté : "Car tu as créé toutes choses ; par ta volonté a été créé ce qui n'existait pas" (Ap 4,11). "Que tes œuvres sont nombreuses, Seigneur ! Tu as fait toutes choses avec sagesse" (Ps 104, 24). (Catéchisme de l'Église catholique, nn. 295)

Contempler le mystère
Bref, que jaillisse de nos lèvres le désir sincère de répondre, d’une manière efficace, aux demandes de notre Créateur, en nous efforçant de nous conformer à ses desseins avec une foi inébranlable, sûrs qu’il ne nous abandonnera pas. (Amis de Dieu, 198)

2. Où va-t-on? Pourquoi le monde a-t-il été créé ?

L'Écriture et la Tradition ne cessent d'enseigner et de célébrer que "Le monde a été créé pour la gloire de Dieu" (Concile Vatican I : DS 3025). Dieu a créé toutes choses, explique saint Bonaventure, "non pour accroître sa gloire, mais pour la manifester et la communiquer. (...) Le seul vrai Dieu, dans sa bonté et par sa toute-puissance, pour manifester sa perfection par les biens qu'il accorde à ses créatures, avec un plan libre, précisément depuis le début des temps, a créé une seule et même créature à partir de rien. (DS 3002). (Catéchisme de l'Église catholique, can. 293)

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Pourquoi sommes-nous dans le monde? Pour aimer Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme, et pour étendre cet amour à toutes les autres créatures. Cela vous semble-t-il peu de chose ? Dieu n'abandonne aucune âme à un destin aveugle. Il a pour toutes un dessein, Il leur assigne à toutes une vocation tout à fait personnelle, sans transfert possible. (Entretiens, 106)

3. Qu’est-ce que la gloire de Dieu ?

La gloire de Dieu consiste à réaliser cette manifestation et cette communication de sa bonté pour laquelle le monde a été créé. Faire de nous "des fils adoptifs par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce" (Ep 1, 5-6). Le but ultime de la création est que Dieu, "le Créateur de tous les êtres, puisse enfin être "tout en tous" (1 Co 15, 28), procurant à la fois sa gloire et notre bonheur" (AG 2). (Catéchisme de l'Église catholique, n. 294)

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Nous appartenons, vous et moi, à la famille du Christ, car c’est ainsi qu’il nous a élus en lui, dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour, déterminant d’avance que nous serions pour lui des fils adoptifs par Jésus-Christ. Tel fut le bon plaisir de sa volonté, à la louange de gloire de sa grâce. Cet appel gratuit que nous avons reçu du Seigneur nous trace un objectif bien précis : la sainteté personnelle, comme saint Paul nous le répète avec insistance. Hæc est voluntas Dei : sanctificatio vestra, la volonté de Dieu, c’est votre sanctification. Ne l’oublions donc pas : c’est pour conquérir ce sommet que nous sommes dans la bergerie du Maître. (Amis de Dieu, 2)

4. Si Dieu est Tout-Puissant, Créateur du monde ordonné et bon, qu’il prend soin de ses créatures, pourquoi le mal existe-t-il ?

Il n'y a pas de réponse simple à cette question aussi pressante qu'inévitable, aussi douloureuse que mystérieuse. Toute la foi chrétienne constitue la réponse à cette question : la bonté de la création, le drame du péché, l'amour patient de Dieu qui vient à la rencontre de l'homme avec ses Alliances, avec l'Incarnation rédemptrice de son Fils, avec le don de l'Esprit, avec le rassemblement de l'Église, avec la puissance des sacrements, avec l'appel à une vie bienheureuse que les créatures sont invitées à accepter librement, mais qu'elles peuvent aussi librement nier ou rejeter en raison d'un terrible mystère. Il n'y a pas un trait du message chrétien qui ne soit en partie une réponse à la question du mal. (Catéchisme de l'Église catholique, n. 309)

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Notre Seigneur veut que nous comptions sur lui pour tout : nous voyons avec évidence que sans lui nous ne pouvons rien, et qu’avec lui nous pouvons tout. Notre décision de cheminer toujours en sa présence s’affermit.

Possédant la clarté de Dieu dans notre intelligence, qui semble inactive, il nous paraît indéniable que, si le Créateur prend soin de tout, même de ses ennemis, à plus forte raison il prendra soin de ses amis ! Nous nous persuadons de ce qu’il n’y a ni mal, ni contradiction qui ne serve au bien : c’est ainsi que s’affermissent dans notre esprit la joie et la paix, qu’aucune raison humaine ne pourra nous arracher, parce que ces visitations laissent toujours en nous quelque chose de spécifique, quelque chose de divin. Nous louerons Dieu notre Seigneur qui a réalisé en nous des œuvres admirables. Et nous comprendrons que nous avons été créés avec la capacité de posséder un trésor infini. (Homélie "Vers la sainteté", Amis de Dieu, 305)

5. Pourquoi Dieu n’a pas créé un monde si parfait que le mal ne puisse exister ?

Dans sa puissance infinie, Dieu pouvait toujours créer quelque chose de mieux (cf. saint Thomas d'Aquin, S. Th., 1, q. 25, a. 6). Cependant, dans son infinie sagesse et bonté, Dieu a librement voulu créer un monde "en marche" vers sa perfection ultime. Dans le plan de Dieu, ce devenir entraîne, avec l'apparition de certains êtres, la disparition d'autres ; avec les plus parfaits, les moins parfaits ; avec les constructions de la nature, les destructions aussi. Par conséquent, avec le bien physique, il y a aussi le mal physique, tant que la création n'a pas atteint sa perfection (cf. Saint Thomas d'Aquin, Summa contra Gentiles, 3, 71). (Catéchisme de l'Église catholique, n. 310)

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La douleur entre dans les plans de Dieu. Voilà la réalité, quoiqu'il nous en coûte de le comprendre. A Jésus-Christ aussi, parce qu'Il était homme, elle fut difficilement supportable: Père si tu le veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. C'est dans cette tension, entre le supplice et l'acceptation de la volonté du Père, que Jésus marche sereinement vers la mort, en pardonnant à ceux qui le crucifient. Pourtant, le fait de reconnaître le sens surnaturel de la douleur, représente, en même temps, la conquête suprême. Jésus, en mourant sur la Croix, a vaincu la mort; Dieu tire de la mort la vie. (Quand le Christ passe, 168)

6. Une fois le monde créé, Dieu a-t-il abandonné ses créatures ?

Une fois la création achevée, Dieu n'abandonne pas sa créature à elle-même. Non seulement il lui donne l'être et l'existence, mais il la maintient en vie à tout moment, lui donne d’agir et la mène à son terme. Reconnaître cette dépendance complète du Créateur est une source de sagesse et de liberté, de joie et de confiance : "Tu aimes tous les êtres et tu ne hais rien de ce que tu as fait, car si tu hais quelque chose, tu ne l'aurais pas créé. Et comment pourrait-il subsister quelque chose que tu n'aurais pas voulu ? Comment serait-il préservé si tu ne l'avais pas appelé ? Mais tu pardonnes tout, car tout est à toi, Seigneur, qui aime la vie" (Sagesse 11:24-26). (Catéchisme de l'Église catholique, n. 301)

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Il faut reconnaître dans nos frères les hommes le Christ, qui vient à notre rencontre. Nulle vie humaine ne peut être considérée isolément: elle s'entrelace aux autres vies. Nul n'est un vers détaché; nous faisons tous partie d'un même poème divin que Dieu écrit avec le concours de notre liberté. (Quand le Christ passe, 111)

Même si tout s'écroule et disparaît, même si les événements se passent à l'inverse de ce qui était prévu, dans une terrible adversité, que gagne-t-on à se troubler? Et puis, souviens-toi de cette prière confiante du prophète : "le Seigneur est notre Juge, le Seigneur est notre Législateur, le Seigneur est notre Roi; c'est Lui qui nous sauvera".

— Récite-la avec piété, chaque jour, pour conformer ta conduite aux desseins de la Providence, qui nous gouverne pour notre bien. (Sillon, 855)

7. Si Dieu est le Seigneur de l’histoire et connait notre fin, sommes-nous libres ou bien déterminés ?

Dieu est le Seigneur souverain de son dessein. Mais pour sa réalisation, il utilise aussi l'aide de créatures. Ce n'est pas un signe de faiblesse, mais de la grandeur et de la bonté de Dieu tout puissant. Car Dieu ne donne pas seulement à ses créatures l'existence, il leur donne aussi la dignité d'agir pour elles-mêmes, d'être des causes et des principes les unes des autres, et donc de coopérer à la réalisation de son plan. (Catéchisme de l'Église catholique, n. 306)

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Notre Sainte Mère l’Église s’est toujours prononcée pour la liberté et a rejeté tous les fatalismes, anciens et moins anciens. Elle a souligné que chaque âme est maîtresse de son destin, pour le bien ou pour le mal : Et ceux qui ne se sont pas écartés du bien iront à la vie éternelle ; et ceux qui ont commis le mal au feu éternel. Nous sommes toujours impressionnés de découvrir en nous tous, en toi et en moi, cette terrible capacité, bien qu’elle soit en même temps le signe de notre noblesse. Il est tellement vrai que le péché est un mal voulu qu’il ne serait nullement péché s’il n’avait son principe dans la volonté : cette affirmation revêt une telle évidence qu’elle fait l’unanimité du petit nombre de sages et du grand nombre d’ignorants qui habitent le monde. (Amis de Dieu, 33)

Il n'est pas digne d'un enfant de Dieu de se résigner à cette tragique mésaventure; il doit au contraire se réjouir par avance de la victoire. Au nom de l'amour victorieux du Christ, nous les chrétiens, nous devons nous élancer sur tous les chemins de la terre pour devenir par nos paroles et par nos actes des semeurs de paix et de joie. Nous devons lutter — pacifiquement — contre le mal, contre l'injustice, contre le péché, afin de proclamer par-là que l'actuelle condition humaine n'est pas définitive; que l'amour de Dieu, constamment manifeste dans le Cœur du Christ, assurera le triomphe glorieux et spirituel de l'humanité. (Quand le Christ passe, 168)

8. Qu’est-ce que cela signifie que l’homme est appelé à “dominer la terre” ?

Dieu donne aux hommes d’être causes intelligentes et libres pour achever l'œuvre de la création, pour parfaire leur harmonie pour leur propre bien et celui de leurs semblables. Les hommes, souvent inconscients de la volonté divine, peuvent entrer librement dans le plan divin non seulement par leurs actions et leurs prières, mais aussi par leurs souffrances (cf. Col 1, 24). Ils deviennent alors pleinement "collaborateurs [...] avec Dieu" (1 Co 3, 9 ; 1 Th 3, 2) et avec son Royaume (cf. Col 4, 11). (Catéchisme de l'Église catholique, n. 307)

Dieu est à l'œuvre dans les œuvres de ses créatures. C'est la première cause qui agit dans et par les secondes causes : "C'est Dieu qui agit en vous pour vouloir et pour faire, comme il lui plaît" (Ph 2, 13 ; cf. 1 Co 12, 6). Cette vérité, loin de diminuer la dignité de la créature, la met en valeur. Tirée du néant par la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu, elle ne peut rien faire si elle est séparée de son origine, car "sans le Créateur, la créature s’évanouit" (GS 36, 3) ; encore moins peut-elle atteindre sa fin ultime sans l'aide de la grâce (cf. Mt 19, 26 ; Jn 15, 5 ; Ph 4, 13). (Catéchisme de l'Église catholique, n. 308)

Contempler le mystère

Pensez ce que vous voudrez dans toutes les matières que la Providence a laissées à la discussion libre et légitime des hommes. Mais ma condition de prêtre du Christ me met dans l’obligation de remonter plus haut, de vous rappeler que, en tout état de cause, nous ne pourrons jamais cesser d’exercer la justice, et si besoin est avec héroïsme. (Amis de Dieu, 170)

9. Quelle est notre fin? D’où vient et où va tout ce qui existe ?

Dieu est le Seigneur du monde et de l'histoire. Mais les voies de sa providence nous sont souvent inconnues. Ce n'est qu'à la fin, lorsque notre connaissance partielle aura pris fin, lorsque nous verrons Dieu "face à face" (1 Co 13, 12), que nous connaîtrons pleinement les voies par lesquelles, même à travers les drames du mal et du péché, Dieu aura conduit sa création jusqu'au repos de ce sabbat définitif (cf. Gn 2, 2), en vue duquel il a créé le ciel et la terre. (Catéchisme de l'Église catholique, n. 314)

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Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle (Mc 1, 15).

Tout le peuple venait à lui, et il les enseignait (Mc 2, 13).

Jésus voit ces barques sur la rive et monte dans l’une d’entre elles […]. Avec quel naturel Jésus monte dans la barque de chacun de nous !

Quand tu t’approcheras du Seigneur, pense qu’il est toujours tout près de toi, en toi : Regnum Dei intra vos est — le Règne de Dieu parmi vous (Lc 17, 21). Tu le trouveras dans ton cœur.

Le Christ doit avant tout régner en notre âme. Pour qu’il règne en moi, j’ai besoin de sa grâce en abondance. C’est le seul moyen pour que tout, le moindre battement de cœur, le moindre souffle, le moindre regard, le mot le plus anodin, la sensation la plus élémentaire se transforment en un hosanna à mon Christ Roi.

Duc in altum — Au large ! — Repousse le pessimisme qui te rend lâche. Et laxate retia vestra in capturam — et jette tes filets pour pêcher.

Nous devons avoir confiance en ces paroles du Seigneur, monter dans la barque, saisir les rames, hisser les voiles et nous lancer sur cette mer du monde que le Christ nous remet en héritage.

Et regni ejus non erit finis — son règne n’aura pas de fin !

N’es-tu pas heureux de travailler pour un tel royaume ?
(Saint Rosaire, Troisième mystère lumineux. L’annonce du Royaume de Dieu)