Le Cœur du Christ, paix des chrétiens

« Il s'est présenté à nous avec un cœur de chair, avec un cœur comme le notre, preuve évidente de son amour et témoignage constant du mystère inconcevable de la charité divine. » À l’occasion de la solennité du Sacré Cœur de Jésus, nous vous proposons de redécouvrir l’homélie de Saint Josémaria intitulée Le Cœur du Christ, paix des chrétiens.

Opus Dei - Le Cœur du Christ, paix des chrétienspanneau de la chapelle dorée de l'église Saints Gervais-Protais, à Paris, peint vers 1630

Dieu le Père a bien voulu nous accorder, avec le cœur de son Fils, infinitos dilectionis thesauros, d'inépuisables trésors d'amour, de miséricorde et de tendresse. Si nous voulons découvrir à quel point Dieu nous aime — à quel point Il écoute nos prières, et même les prévient — il nous suffira de suivre la pensée de saint Paul : Lui qui n'a pas épargne son propre Fils mais l'a livré pour nous tous, comment avec Lui ne nous accordera-t-Il pas toute faveur?

C'est de l'intérieur que la grâce rénove l'homme, qu'elle le convertit — de pécheur et de révolté qu'il était — en serviteur bon et fidèle. Et la source de toutes grâces, c'est l'amour que Dieu nous porte et qu'Il nous a révélé, non seulement en paroles mais aussi en actes. L'amour divin est à l'origine du fait que la seconde Personne de la Sainte Trinité, le Verbe, le Fils de Dieu le Père, prenne chair, c'est-à-dire assume notre condition humaine en tout, hormis le péché. Et le Verbe, la parole de Dieu, est Verbum spirans amorem, la Parole dont procède l'Amour.

L'amour se révèle à nous dans l'Incarnation, dans le cheminement rédempteur de Jésus-Christ sur cette terre, jusqu'au sacrifice suprême de la Croix. Et sur cette Croix, il se manifeste par un nouveau signe : l'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il sortit du sang et de l'eau. Sang et eau de Jésus, qui signifient pour nous le don poussé jusqu'à l'extrême, jusqu'au consummatum est, tout est consomme, par amour.

En considérant une fois de plus, en cette fête, les principaux mystères de notre foi, nous sommes émerveilles de découvrir combien les réalités les plus profondes — cet amour par lequel Dieu le Père livre son Fils, cet amour qui incite le Fils à avancer sereinement vers le Golgotha — se traduisent par des gestes si proches des hommes. Dieu ne s'adresse pas à nous plein de puissance et de domination. Il s'approche de nous en prenant la condition d'esclave et en devenant semblable aux hommes.

Jamais Jésus ne se montre lointain ou altier, bien que, au cours de ses années de prédication, nous le voyions souvent profondément déçu, car l'indignité humaine le fait souffrir. Nous nous rendons compte tout de suite, si nous y pensons un peu, que la violence de ses réactions, et de sa colère, naissent de son amour : elles sont comme de nouvelles invitations à nous détourner de l'infidélité et du pêché. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant — oracle du Seigneur Yahvé — et non pas plutôt à le voir se détourner de sa conduite et vivre ? Ces mots nous expliquent toute la vie du Christ, ils nous font comprendre pour quoi Il s'est présente à nous avec un Cœur de chair, avec un Cœur comme le notre, preuve évidente de son amour et témoignage constant du mystère inconcevable de la charité divine.

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