Une promesse contre la peur de l’oubli
Le Saint-Père part de la promesse que Dieu fait par la bouche du prophète Isaïe : il n’oubliera jamais aucun d’entre nous ; il porte nos visages « gravés dans les paumes de ses mains » et son amour est plus grand que celui d’une mère pour son enfant. Chacun peut aujourd’hui entendre ce « Jamais je ne t’oublierai » comme lui étant personnellement adressé, dans l’intimité de son dialogue avec Dieu.
Léon XIV rappelle que le sentiment d’être oublié – déjà présent dans l’Écriture, en particulier dans les psaumes – est aujourd’hui « commun à beaucoup de personnes, surtout parmi les personnes âgées ». Face à cette expérience de l’anonymat, qui en vient à réduire les personnes âgées « au numéro de leur lit ou à leur pathologie » dans les établissements de soins, l’amour de Dieu apparaît comme un véritable acte de justice.
Une invitation à rendre visite aux grands-parents
Le pape souhaite que cette Journée soit, surtout pour les plus jeunes, l’occasion de reprendre l’habitude de rendre visite à leurs grands-parents, aux personnes âgées de leur famille, mais aussi à celles qu’on ne visite jamais, en leur apportant « la proximité et l’affection du Pape ».
Léon XIV rappelle également quelques mots de son encyclique Magnifica humanitas sur la nécessité d’une véritable proximité dans une époque marquée par l’accélération : la culture numérique multiplie les connexions, tandis que « le cœur humain conserve un besoin irrépressible de proximité ».
L’Église connaît bien la souffrance des personnes âgées
Le message ne passe pas sous silence les causes concrètes de l’abandon : les préjugés qui conduisent à considérer les personnes âgées comme un fardeau, une économie centrée sur le profit qui affaiblit les liens familiaux, ainsi que les familles dispersées par les migrations ou par la guerre. Face à cette réalité, le pape veut redire la promesse du Seigneur : « Jamais je ne t’oublierai. »
Citant le bienheureux Jean-Paul Ier, Léon XIV rappelle que Dieu « garde toujours les yeux tournés vers nous, même lorsqu’il semble faire nuit », et que, même dans la vieillesse, nous demeurons des fils et des filles appelés à revenir dans ses bras.
Un temps favorable pour la foi
Le pape observe que, contrairement aux époques précédentes, il est aujourd’hui de plus en plus fréquent d’atteindre un âge avancé sans avoir fait une véritable expérience de la foi. C’est pourquoi la vieillesse peut devenir le moment privilégié pour commencer ou pour reprendre une vie spirituelle, en s’appuyant sur l’image d’un Dieu qui, selon saint Augustin, « réchauffe », « nourrit », « allaite » et « protège ».
« N’ayez pas peur de votre fragilité »
Reprenant l’expression du pape François qui parlait de « peuple nouveau » à propos des personnes âgées – parce qu’elles n’ont jamais été aussi nombreuses dans l’histoire de l’humanité –, Léon XIV les encourage à ne pas craindre leur propre fragilité. Loin d’être seulement une limite, la fragilité, lorsqu’elle est assumée, « ouvre le cœur à l’entraide » et à l’invocation de Dieu, seul capable d’accorder « la profonde réconciliation des cœurs » et la paix véritable.
Fragiles, mais appelés, en un temps de guerre
Le message présente la vieillesse chrétienne comme un temps de renouveau : des personnes « fragiles », mais aussi « appelées ». Dans une époque marquée par la violence des guerres et des tensions sociales, le pape invite chacun à s’unir à lui dans la prière pour la paix, conscient que nombre de personnes âgées se demandent aujourd’hui dans quel monde grandiront leurs petits-enfants.
Léon XIV conclut son message par des mots de gratitude envers les grands-parents et les personnes âgées qui le soutiennent chaque jour par leur prière, en particulier par la récitation du chapelet. Il souhaite que le Seigneur les renouvelle sans cesse « dans la foi, l’espérance et la charité ».
