Interview du nouveau Vicaire général de l'Opus Dei

Mgr Mariano Fazio évoque ici la nouvelle étape ouverte après la nomination d'un vicaire auxiliaire pour collaborer au gouvernement de l'Opus Dei.

Dans son dialogue avec AICA (Agence d'Information Catholique Argentine), Mariano Fazio, prêtre argentin de l'Opus Dei, souligne que cette institution est là pour appuyer les orientations pastorales données par le pape François et évoque les liens amicaux qui le rattachent au souverain pontife.

Mariano Fazio: "Nous sommes là pour soutenir le Pape".


Mariano Fazio, nouveau vicaire général de l'Opus Dei

Dans son dialogue avec AICA, ce prêtre argentin, premier non espagnol à être nommé vicaire général de l'Œuvre, évoque les défis à affronter et ses rapports amicaux avec le Pape. Il précise que cette institution est là pour appuyer les orientations pastorales données par le saint-père et exhorte les fidèles Argentins à être des témoins de joie et de générosité dans leur milieu familial, professionnel ou social.


Comment avez-vous accueilli cette nomination? Que vous a transmis Mgr Echevarria ?
- Ce fut une vraie surprise. Dans l'Église, les nominations visent le meilleur service des âmes ; nous ne sommes pas dans le carriérisme, en quête de nouveaux postes. Le prélat m'a ainsi transmis sa confiance et son affection tout en me disant que ce travail demande de la prière et une grande proximité avec les personnes. C'est pourquoi il a cherché ce renfort qui va lui permettre de voyager et d'entourer les gens qui sont en première ligne, d'être près d'eux pour les écouter et les encourager.


Quand allez-vous assumer vos fonctions, quelles ont été vos premières impressions, que va-t-il changer dans votre vie, en pratique?
- Avant de l'annoncer publiquement, j'ai tenu à le partager avec le Pape. Fort heureusement, j'ai pu avoir une audience jeudi soir pour lui en parler en premier. Très gai, avec une énergie étonnante, il s'est amusé en me disant que les gens allaient penser que j'avais été nommé parce que j'étais l'ami du Pape. Nous nous entendons très bien. En effet, lorsque nous sommes ensemble, le climat est si détendu et si confiant que, à la fin de notre entretien j'ai sorti de mon sac une boîte de chocolats et lui ai dit : « Je vous ai apporté ces chocolats pour fêter avec vous la victoire du River dans la coupe Sud Américaine ».
Concernant ma nouvelle tâche, cette nomination est en vigueur depuis le 10 décembre, mais mon travail à Rome ne démarrera que fin janvier, après avoir passé quelques jours en Argentine puis participé à des journées de formation au Mexique.


Vous êtes le premier non espagnol à assumer cette charge. Quel sens cela a-t-il pour vous?
- Rien de particulier car cela reflète bien deux choses : chronologiquement, l'Œuvre est née et s'est développée d'abord en Espagne. En même temps, l'Œuvre est universelle dès son origine : elle travaille actuellement dans 69 pays. Cette universalité s'exprime à tous les niveaux de son gouvernement et de ses charges. De fait, il y a toujours eu des personnes de beaucoup de pays différents au sein du conseil général et du conseil central, organes de gouvernement qui aident le Prélat.


Que devient le gouvernement de l'Œuvre avec la nouvelle figure d'un vicaire auxiliaire? Quelles sont les tâches que vous devrez assumer?
- En nommant un vicaire auxiliaire, le prélat a désormais deux vicaires avec qui il va travailler directement pour faire face au volume de travail qui a beaucoup augmenté, et pour jouir d'un soutien extraordinaire dans cette étape de sa mission. Il s'agit d'une figure envisagée depuis toujours, bien qu'elle n'ait été mise en place qu'aujourd'hui. Ceci dit, au fil du temps, nous allons trouver les façons les plus appropriées de travailler de notre mieux.

Le vicaire auxiliaire étant désormais en mesure de substituer le prélat dans les tâches de gouvernement, celui-ci va investir une plus grande énergie dans sa fonction de Père et de pasteur. En effet, concernant les tâches exécutives, il peut désormais s'appuyer sur don Fernando Ocariz.


Votre amitié avec le Pape influencera-telle la fidélité de l'Opus Dei envers lui ? Quels défis avez-vous à affronter ? Que vous a-t-il demandé ?
- Il se peut qu'il y ait un peu plus de familiarité, mais, quoi qu'il en soit, notre syntonie avec le Pape est absolue depuis toujours. Mgr Echevarria entretient d'excellents rapports avec lui, il l'a déjà rencontré plusieurs fois. L'Œuvre est bien au service de l'Église et suit la route tracée par le Pape. Notre charisme spécifique consistant à promouvoir la rencontre avec Dieu dans la vie quotidienne, ne cherche qu'à servir l'Église et la société en avançant au rythme marqué par le Saint-Père. Il m'a personnellement conseillé d'écouter attentivement le prélat, de le suivre de très près. Et c'est ce que je vais tâcher de faire.


En cette année de trait d'union entre deux synodes sur la famille, quelle est votre attitude face aux controverses entre les conservateurs et les progressistes ?
- Selon ce que le pape a exprimé, nous sommes dans un processus de réflexion et d'étude propre au synode dans l'attente de conclusions qui seront un grand bien pour l'Église. Le pape a évoqué dans son discours final deux tentations, celle du conservateur et celle du progressiste. Il voudrait qu'on ne fût ni conservateur ni progressiste, mais que nous soyons tous synodaux.

Il a précisé que la doctrine n'est pas remise en question par le synode qui ne cherche qu'à trouver de meilleures réponses pastorales. Dans ce sens, nous espérons qu'il y aura de nouvelles façons de voir et des propositions qui nous aideront à être plus près des problèmes des familles pour répondre aux défis actuels. Il nous faut trouver de nouveaux langages pour communiquer la foi et le synode peut sans aucun doute beaucoup apporter dans ce sens.
Le pape a dit aussi que l'expression d'avis différents dans le synode fait partie du processus et que, en tant que Souverain Pontife, il est le garant de l'unité dans cet échange d'avis différents. Dans l'Opus Dei, chacun est en mesure d'avoir son avis personnel en maintenant toujours son union avec le pape. Ceci étant, en tant qu'institution, nous nous sommes engagés à soutenir les orientations pastorales données par le Pape.


Quel message adressez-vous aux fidèles de l'Opus Dei en Argentine, aux coopérateurs et à ceux qui participent aux activités de formation qui ont tous compris qu'ils ne vont plus vous voir si souvent désormais ?
- L'Œuvre est une grande famille. Il est donc important de partager notre joie avec les autres, surtout avec les plus nécessiteux, et toujours très unis à notre Prélat et au Pape. Que chacun et chacune à sa place soit un témoin de la foi, de la générosité, de la fidélité au pape, de l'engagement solidaire, de la joie, du travail bien fait au service des autres. Qu'au lieu de se replier sur soi dans une recherche individualiste de bien-être, et de s'enfermer dans des problèmes personnels asphyxiants, on joue le tout pour le tout pour Dieu et pour les autres, car cela en vaut bien la peine.

Lien avec l'interview dans AICA online.