Fioretti décembre 2019

Le Pape François nous exhorte à la sincérité, l'humilité et le courage, en cette fin d'année 2019.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti décembre 2019

Descendons des piédestaux de notre orgueil

Angelus du 1er janvier 2020 :

« Chers frères et sœurs, descendons des piédestaux de notre orgueil – nous avons tous la tentation de l’orgueil – et demandons la bénédiction de la Sainte Mère de Dieu, l’humble Mère de Dieu. Elle nous montre Jésus: laissons-nous bénir, nous ouvrons notre cœur à son bonté. Ainsi l’année qui commence sera un chemin d’espérance et de paix, non pas en paroles, mais par des gestes quotidiens de dialogue, de réconciliation et de souci de la création. »

La confrérie de « Saint Pilate »

À Sainte Marthe, le 16 décembre 2019 :

« Jésus exhortait les gens, les guérissait, enseignait et faisait des miracles, et irritait ainsi les grands prêtres, parce que par sa douceur et son dévouement envers les gens, Il attirait tout le monde à Lui. Tandis qu'eux, les fonctionnaires, étaient respectés par le peuple, qui toutefois ne s'approchait pas d'eux “parce qu'ils ne leur faisaient pas confiance”. Ils s'entendent donc pour "mettre Jésus dans un coin". Et ils lui demandent : ‘Avec quelle autorité fais-tu cela? En fait, tu n'es pas prêtre, docteur en droit, tu n'as pas étudié dans nos universités. Tu n'es rien du tout”.

Jésus, avec intelligence, répond par une autre question et place les grands prêtres au pied du mur en leur demandant si Jean-Baptiste baptisait en vertu d’une autorité qui lui venait du ciel, c'est-à-dire de Dieu, ou bien des hommes. Si nous disons: ‘Du ciel’, Il nous dira: ‘Pourquoi n'avez-vous pas cru ?’ Si nous disons: ‘Des hommes’, les gens viendront contre nous. Ils se lavent donc les mains et disent : ‘On ne sait pas’. C'est là l'attitude du médiocre, du menteur de la foi.

[…] Les chrétiens tièdes font comme les disciples d’Emmaüs. Ils ne se fient pas à ce que leur ont dit les femmes. Ils entrent ainsi dans la confrérie de Saint Pilate. [...] Mettre Dieu dans un coin et s'en laver les mains sont deux attitudes dangereuses, c'est comme si on défiait Dieu. Pensons à ce qui arriverait si le Seigneur nous mettait aussi dans un coin. Nous n'entrerions jamais au paradis. Et que se passerait-il si le Seigneur s'en lavait les mains ? Pauvres de nous ! »

Aujourd’hui, dans le monde, tant de chrétiens sont persécutés avec des gants blancs

Audience générale du 11 décembre 2019 :

« Aujourd’hui, dans le monde, en Europe, tant de chrétiens sont persécutés et donnent leur vie pour leur foi, ou sont persécutés avec des gants blancs, c’est-à-dire laissés de côté, marginalisés… Le martyre est l’aire de la vie d’un chrétien, d’une communauté chrétienne. Il y aura toujours des martyrs parmi nous : c’est le signe que nous sommes sur la voie de Jésus. C’est une bénédiction du Seigneur, qu’il y ait dans le peuple de Dieu quelqu’un ou quelqu’une qui donne ce témoignage du martyre. »

Les œuvres de miséricorde n’ont pas besoin d’être présentées comme un trophée

Angelus du 8 décembre 2019 :

« Marie se définit en se remettant à Dieu : elle se professe “la servante du Seigneur”. Le “oui” de Marie à Dieu assume depuis le début l’attitude du service, de l’attention aux besoins d’autrui. La visite à Elisabeth, qui suit immédiatement l’Annonciation, en témoigne concrètement. La disponibilité envers Dieu se rencontre dans la disponibilité à se charger des besoins du prochain. Tout cela sans bruit et sans ostentation, sans chercher les places d’honneur, sans publicité, parce que la charité et les œuvres de miséricorde n’ont pas besoin d’être présentées comme un trophée. Les œuvres de miséricorde se font dans le silence, de façon cachée, sans se vanter de les faire. Dans nos communautés aussi, nous sommes appelés à suivre l’exemple de Marie, en pratiquant le style de la discrétion et de la vie cachée. »

Si un évêque, un cardinal, un pape ne devient pas petit, il ne sera pas un vrai pasteur, mais, au mieux, un simple chef de bureau

À Sainte-Marthe, le 3 décembre 2019 :

« La révélation de Dieu se fait dans la petitesse. La petitesse, l'humilité et... beaucoup de choses, mais dans la petitesse. Les grands sont puissants, pensons à la tentation de Jésus dans le désert, comme Satan est puissant, maître du monde entier : "Je te donne tout, si tu...". Au lieu de cela, les choses de Dieu commencent par la germination, à partir d'une semence, de petites choses.

[…] Chacun doit donc se faire petit, même s’il est prêtre, évêque, cardinal, pape… S’il ne devient pas petit, il ne sera pas un vrai pasteur, mais, au mieux, un simple chef de bureau. Cette invitation à se faire petit s'applique à tout le monde, de ceux qui ont une fonction qui semble plus importante dans l'Église, à la pauvre vieille dame qui fait de la charité en secret. […]

Et Jésus parle de cette petitesse dans l'Évangile. Dans une communauté chrétienne où les fidèles, les prêtres, les évêques, ne prennent pas ce chemin de la petitesse, il n'y a pas d'avenir, il va s'écrouler. Nous l'avons vu dans les grands projets de l'histoire: des chrétiens qui ont essayé de s'imposer, avec force, grandeur, conquêtes... […] Si tu te sens petit dans ta prière, avec tes limites, tes péchés, comme ce publicain qui priait au fond de l’église, honteux : “Aie pitié de moi qui suis pécheur”, tu avanceras. Mais si tu crois être un bon chrétien, tu prieras comme ce pharisien qui est sorti sans être justifié : “Je te rends grâce, Dieu, parce que je suis grand”. Non, remercions Dieu parce que nous sommes petits. »

La Curie romaine n’est pas un immeuble ou une armoire pleine de vêtements à porter pour justifier un changement

Discours à la Curie romaine, 21 décembre 20198

« La Curie romaine n’est pas un corps détaché de la réalité –même si le risque est toujours présent–, mais doit être conçue et vécue dans l’aujourd’hui du chemin parcouru par les hommes et les femmes, dans la logique du changement d’époque. La Curie romaine n’est pas un immeuble ou une armoire pleine de vêtements à porter pour justifier un changement. La Curie romaine est un corps vivant, et elle l’est d’autant plus qu’elle vit l’intégralité de l’Évangile. »