Combat, proximité, mission (24) Artisans de paix (II) : Ferment pour un monde réconcilié

Écouter, s’exprimer, comprendre, rechercher des points de rencontre, fuir les simplifications : tel est le chemin pour parvenir à une paix « désarmée et désarmante ».

Lire la première partie de "Artisans de Paix (I) : une logique qui change tout." 


La pace sia con voi ! C’est ainsi, avec les paroles de Jésus ressuscité, que le pape Léon XIV saluait pour la première fois le monde[1] . Depuis lors, il n’a cessé de parler de la paix qui s’impose de plus en plus clairement comme l’un des thèmes dominants de son pontificat. L’Église, disait le pape quelques jours plus tard, doit être un « signe d’unité et de communion, qui devienne ferment pour un monde réconcilié »[2] . Il faisait ainsi écho à ces paroles que saint Paul reprend dans sa lettre aux Colossiens, et qui faisaient très probablement déjà partie de la prière des premiers chrétiens : « que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix » (Col 1,20).

La paix est la conséquence de la victoire intérieure

La bataille entre la logique de l’amour crucifié et la logique du pouvoir, de la force, de la séduction, commence en nous. Nous remarquons les blessures, les insécurités, les peurs qui nous poussent à nous méfier des autres ou à les juger. À côté des bonnes intentions que la grâce de Dieu met dans notre cœur, peuvent facilement surgir la colère, l’envie, la vengeance, l’impatience, l’affirmation de soi, la rancœur, la voracité, la haine. C’est pourquoi, plus la vie spirituelle du monde se refroidit, plus les gens se retrouvent en colère, indignés, offensés, aigris.

La colère, moteur de ces différentes formes de rancœur qui envahissent les cœurs et les sociétés, est une passion particulière, non seulement parce qu’elle nous éloigne parfois du bien, mais aussi parce que, bien souvent, elle s’en empare et le corrompt de l’intérieur, lorsqu’elle se croit légitimée pour défendre une « cause juste ». C’est alors que surgit cette colère, qui fait « perdre son sang-froid, perdre le contrôle, et s’écarter ainsi de la voie juste ; mais la colère agit souvent aussi sur le chemin du bien lui-même : elle utilise, par exemple, la justice pour attiser la rage. La colère justifie des actes agressifs et violents inacceptables au nom d’un argument en faveur du bien ou de la foi. Lorsque la colère, en effet, est justifiée, on ne s’en éloigne plus »[3] . Il peut même arriver que l’on envie celui qui s’impose et obtient ce qu’il veut par « la démonstration de la force »[4] . Ainsi, il peut nous sembler que nous faisons bien, par exemple, de juger sévèrement ceux qui agissent contre les valeurs chrétiennes, allant jusqu’à les critiquer durement ; ou de nous réjouir du malheur d’autrui lorsqu’il s’agit d’« ennemis » ; ou encore de partager avec légèreté des commentaires blessants, voire des insultes, sur les réseaux sociaux. Et pourtant, la Sagesse biblique nous met en garde : « N’envie pas l’homme violent, n’adopte pas ses procédés » (Pr 3,31).

La famille, le travail, la société ont besoin d’« artisans de paix », de chrétiens qui savent que la paix, « comme toutes les choses artisanales, se construit à partir du petit pour atteindre le grand »[5] . Là où il y a une famille unie, on trouve quelqu’un qui œuvre pour la paix ; une personne, ou plusieurs, qui s’accusent elles-mêmes avant d’accuser les autres, qui font le premier pas, qui cherchent à semer des paroles de paix dans des discussions amères ou houleuses, qui sourient, qui cherchent des solutions. Là où il y a un quartier uni, on trouve quelqu’un qui est capable de bien traiter celui qui a parlé en mal de lui dans son dos, qui puise sa force dans la prière et rend le bien pour le mal, qui a su voir un frère là où il ne semblait y avoir qu’un ennemi, un concurrent, un adversaire ; quelqu’un qui discute les idées, mais n’attaque pas les personnes[6]. Là où il y a un foyer de paix dans la société, il y a quelqu’un qui a su surmonter la rancœur, la vengeance, le ressentiment, et qui s’est ouvert au sacrifice d’une partie de lui-même pour construire un espace commun : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21).

Pour « noyer le mal dans l’abondance du bien »[7] , pour transmettre la paix, il faut la conquérir dans son cœur. « La paix est la conséquence de la victoire. La paix exige de moi une lutte continuelle »[8], une purification de la sensibilité afin que la logique de Dieu m’éloigne de l’orgueil et de la violence. Nous vivons une époque où l’on se méfie de ceux qui cultivent la paix, comme s’ils étaient tièdes ou timorés. En réalité, la paix est le fruit d’un caractère mûr et d’une force intérieure : celle de chercher à construire, à comprendre et à aller de l’avant ; de laisser passer une provocation ; de pardonner à celui qui nous fait du mal ; de supporter avec patience, comme Jésus, celui qui nous insulte.

Aimer, c’est prendre des risques

« Je connais bien [leur] sentiment d’impuissance face à des dynamiques de pouvoir qui les dépassent »[9], disait le pape Léon XIV aux chrétiens du Moyen-Orient dans son message de Noël depuis le balcon de la loggia du Vatican. Face à l’injustice organisée, la tentation du pouvoir devient plus insidieuse. Nous voulons la réhabilitation. Ces paroles sibyllines résonnent à nos oreilles : s’il est le Fils de Dieu, « qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons » (Mt 27, 42). Et pourtant, le témoignage chrétien, celui qui suscite chez les autres le repentir et l’ouverture à la foi, passe par le don de soi et le sacrifice : c’est le message de la paix. Lorsque nous semons la graine de la paix, le résultat est incertain : aimer, c’est prendre des risques. Le mauvais larron s’est plié à la logique des railleries et du mépris. Mais seule la graine de paix peut porter le fruit de l’Esprit : « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).

Parfois, nous pouvons perdre le contrôle et semer la discorde, maltraiter, nous disputer, murmurer. Plus tard, peut-être, nous reconnaissons que nous n’avons pas raison, nous voyons le mal que nous avons fait et nous nous proposons de rectifier. C’est un premier grand pas qui concerne le domaine de bon nombre de nos combats quotidiens. Mais un défi plus pressant surgit lorsque nous nous demandons comment répondre au mal alors que nous avons raison. Comment répondre à la violence, au mensonge, à l’erreur, au préjudice, à la provocation lorsque nous sommes innocents, comme Jésus ? Certains ont voulu distiller de l’Évangile une attitude pacifiste édulcorée. D’autres brandissent, en le sortant de son contexte, ce moment où Jésus dit qu’il n’est pas venu apporter la paix, mais l’épée (cf. Mt 10,34).

Dans ses premières paroles en tant que pape, Léon XIV exprimait un souhait : « je voudrais que ce salut de paix entre dans votre cœur, atteigne vos familles, toutes les personnes, où qu'elles se trouvent, tous les peuples, toute la terre »[10]. Mais cette paix n’est pas une sorte de rêve doré qui se réaliserait comme par magie. En effet, disait le Pape dans une catéchèse : « Jésus nous enlève la paix, si nous pensons à la paix comme une tranquillité inerte. Celle-ci, cependant, n’est pas la vraie paix. Parfois, nous voudrions être « laissés en paix » : que personne ne nous dérange, que les autres n’existent plus. Ce n’est pas la paix de Dieu. La paix que Jésus apporte est comme un feu et nous demande beaucoup. Elle nous demande, surtout, de prendre position. Face aux injustices, aux inégalités, là où la dignité humaine est bafouée, là où les personnes fragiles sont privées de parole : prendre position »[11].

Cette exhortation rappelle les paroles de saint Josémaria devant des milliers de personnes réunies sur le campus de l’Université de Navarre : « Prenez donc mes paroles pour ce qu’elles sont : une exhortation à exercer vos droits, tous les jours, et pas seulement dans les situations difficiles ; à vous acquitter noblement de vos obligations de citoyens – dans la vie politique, dans la vie économique, dans la vie universitaire, dans la vie professionnelle – en assumant hardiment toutes les conséquences de vos décisions libres, en endossant vos actes avec l’indépendance personnelle qui est la vôtre. Et cette mentalité laïque de chrétiens vous permettra d’éviter toute intolérance, tout fanatisme, et pour le dire positivement, elle vous permettra de vivre en paix avec tous vos concitoyens et d’encourager la bonne entente entre les différents ordres de la vie sociale »[12].

La paix, un don du ciel qui se construit sur terre

« J’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32). La croix est l’action de Dieu dans l’histoire, et la paix est l’action de Dieu dans notre cœur. C’est pourquoi, pour paraphraser saint Josémaria, notre apostolat peut aussi s’expliquer comme une surabondance de la paix que nous avons reçue de Dieu pour remplir toutes nos relations de justice et de charité[13]. « La paix est une valeur et un devoir universels ; (…) elle se fonde sur une conception correcte de la personne humaine et requiert l’édification d’un ordre selon la justice et la charité »[14].

Bien que la logique de Dieu soit exigeante, nous voyons peut-être comment la mettre en œuvre dans les relations familiales, amicales et de voisinage ; ainsi que dans le domaine des institutions ecclésiastiques et des ONG. Mais comment faire résonner cette lecture de l’Évangile face aux conflits armés, aux luttes politiques, aux codes impitoyables de la concurrence sur le marché, aux petites et grandes corruptions, au caractère agressif de l’activisme numérique, aux scandales médiatiques, aux batailles culturelles pour retrouver les valeurs perdues ?

Saint Jean-Paul II proposait une éducation urgente à la paix : « Face aux tragédies qui continuent d’affliger l’humanité, les hommes sont tentés de s’abandonner au fatalisme, comme si la paix était un idéal inaccessible. L’Église, au contraire, a toujours enseigné et continue d’enseigner une évidence très simple : la paix est possible. Plus encore, l’Église ne se lasse pas de répéter : la paix est nécessaire »[15]. C’était le même esprit que l’on retrouve dans les conseils de saint Josémaria, qui, tout comme le pape polonais, n’a pas connu de temps de paix et a subi la guerre dans sa chair, avec tout ce que cela implique : violence, haine, rancunes tenaces, et toutes les conséquences possibles des années les plus sombres de la mémoire récente[16]. Et pourtant, « au milieu de ce cataclysme mondial, de tant de haine et de tant de destruction », il insistait auprès de nous sur le fait que « nous avons été appelés à être des semeurs de paix »[17].

La paix se cultive sur le sol de l’unité de vie : avec la graine du service, de l’amitié et du dialogue. « Avec sa grâce, nous pouvons et devons tous faire notre part pour rejeter la haine, la violence, la confrontation et pratiquer le dialogue, la paix, la réconciliation »[18]. Mère Teresa de Calcutta a popularisé une formule chrétienne de la paix : « Le fruit du silence est la prière. Le fruit de la prière est la foi. Le fruit de la foi est l’amour. Le fruit de l’amour est le service ; et le fruit du service est la paix »[19].

Chaque geste de gratuité, chaque acte de bienveillance, chaque œuvre silencieuse accomplie par amour, engendre la réconciliation et l’espoir chez ceux qui nous entourent. Il ne s’agit pas seulement d’éviter les conflits, mais d’alléger les souffrances des autres, en suivant la logique de l’amour qui ne cherche ni reconnaissance ni récompense. La paix grandit lorsque nous servons, lorsque nous donnons sans rien attendre en retour, lorsque nous relevons celui qui est tombé et accompagnons celui qui est dans le besoin[20]. La paix se multiplie dans les œuvres de miséricorde.

L’amitié, dont saint Josémaria fut un grand maître, est une autre semence de paix : « Chez un chrétien, chez un enfant de Dieu, l’amitié et la charité ne font qu’un : une lumière divine qui communique sa chaleur »[21]. Si l’amitié est construite sur l’intérêt mutuel, elle se reconstruit en faisant la paix. Lorsque l’amitié personnelle s’étend, elle devient amitié sociale. Naît alors l’affection, « le plus répandu des amours »[22], qui constitue le premier pas pour voir en chaque personne un frère ; « Il est quelque chose de fondamental et d’essentiel à reconnaître pour progresser vers l’amitié sociale et la fraternité universelle : réaliser combien vaut un être humain »[23].

Dans cette optique, il est possible de se rendre compte que « l’amitié peut changer (…) le monde, l’amitié est le chemin vers la paix »[24]. De ce regard porté sur l’autre comme un frère naît le choix du dialogue comme forme que prend la communication lorsqu’elle devient service et fraternité. « Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact, tout cela se résume dans le verbe ‘‘dialoguer’’ »[25]. Le dialogue est l’air qui maintient la paix vivante dans les relations, il désamorce l’hostilité. C’est la « maison de paix »[26] où l’on cherche et partage la vérité, en partant de la vérité fondamentale de la dignité de notre interlocuteur.

Au-delà des différences

Le dialogue fortifie les relations, car il unit dans la différence : « L’amitié véritable requiert aussi un effort cordial pour comprendre les convictions de nos amis, même si nous ne parvenons ni à les partager, ni à les accepter »[27]. La paix ne craint pas la pluralité ; elle l’embrasse. C’est la liberté de l’opinion. C’est pourquoi, expliquait saint Josémaria, « dans l’Opus Dei le pluralisme est voulu et aimé, non pas simplement toléré et en aucune façon entravé. Quand j’observe, parmi les membres de l’Œuvre, tant d’idées diverses, tant d’attitudes divergentes – concernant les questions politiques, économiques, sociales ou artistiques, etc. – je m’en réjouis, car c’est le signe que tout fonctionne à la face de Dieu comme il se doit »[28].

Répondant à une question sur l’actualité politique, le Père a récemment rappelé cette même caractéristique essentielle de l’Œuvre : « personne dans l'Opus Dei ne leur dira, pour qui voter, qui soutenir, ou quelle cause promouvoir. Il serait également inapproprié de créer, même indirectement, une atmosphère dans les activités de formation qui suppose qu'il n'y a qu'une seule option légitime pour les membres de l'Opus Dei. Aimer la liberté, c'est aimer le pluralisme »[29].

Cultiver le dialogue implique de travailler les petites vertus relationnelles qui le rendent possible. La cordialité, l’empathie, la clarté, la cohérence, la gentillesse, l’authenticité, la prudence ou la détermination lorsque le dialogue semble inutile… sont autant de dispositions du cœur qui facilitent la compréhension[30]. Celui qui dialogue sait qu’on ne peut pas dire n’importe quoi de n’importe quelle manière ; il est conscient que la langue peut détruire ce qui unit et répandre un poison mortel (cf. Jc 3,6). Dans son message de Carême, Léon XIV nous a invités à « une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix »[31].

La vérité et la charité sont les ailes du dialogue. Il y a ceux qui érigent un mur doctrinal pour cacher leur incapacité à s’entendre avec les autres ; d’autres diluent leurs convictions dans le consensus ambiant pour éluder le témoignage de la foi. Aucune de ces deux attitudes n’exprime un véritable dialogue, car elles fuient la patience, l’humilité et le courage qui le rendraient possible.

Écouter, s’exprimer, comprendre, rechercher des points de rencontre, fuir les simplifications : tel est le chemin pour parvenir à une paix « désarmée et désarmante »[32] et l’apprentissage pour devenir « des agents de communion, capables de briser la logique de la division et de la polarisation ; de l’individualisme et de l’égocentrisme »[33]. Centrés sur le Christ, comme le disait le Pape aux influenceurs, « pour vaincre la logique du monde, des fake news et de la frivolité, par la beauté et la lumière de la vérité »[34].

* * *

Se centrer sur le Christ signifie regarder le monde avec les yeux du Christ sur la croix, et regarder la croix comme Marie l’a contemplée, tandis qu’une épée lui transperçait l’âme. Le rosaire, en particulier, « est une prière orientée par nature vers la paix, du fait même qu’elle contemple le Christ (...). Celui qui intériorise le mystère du Christ – et c’est précisément ce à quoi tend le rosaire – apprend le secret de la paix et en fait un projet de vie. (...) Tout en nous faisant contempler le Christ, le rosaire fait de nous aussi des artisans de paix dans le monde »[35].

Partager le regard de Jésus signifie assumer la responsabilité de voir les autres comme des frères, avec la même attitude contemplative que celle avec laquelle nous voulons regarder le tabernacle. À partir de ce regard du cœur, la vie se renouvelle dans une véritable fraternité, et là où régnait auparavant la discorde, fleurit la paix durable que seul Dieu peut donner. Il ne s’agit pas d’idéaux lointains, mais de décisions quotidiennes. Chacun de ces actes a un effet multiplicateur : c’est le levain dans la pâte. Chaque geste de pardon, chaque réconciliation, chaque parole qui unit, est un acte de rédemption qui ouvre une nouvelle voie. Ainsi, avec cette logique artisanale, « nous contribuerons à dissiper cette angoisse, cette crainte d’un avenir fait de rancœurs fratricides, et à ancrer dans les âmes et dans la société la paix et la concorde : la tolérance, la compréhension, le respect, l’amour »[36].


[1] Léon XIV, Discours prononcé le jour de son élection, 8 mai 2025.

[2] Léon XIV, Homélie à l'occasion du début de son pontificat, 18 mai 2025.

[3] F. Rosini, L'art du bon combat, Cristiandad, Madrid 2023.

[4] Léon XIV, Homélie de la messe de Noël, 25 décembre 2025.

[5] François, Homélie à Santa Marta, 8 septembre 2016.

[6] Cf. Saint Josémaria, Catéchèse en Amérique, n° 224, pp. 575-576 : « Cela dit, je peux et je dois vous dire de ne pas vous livrer à des attaques personnelles ; de défendre votre programme sans attaquer personne en tant que personne : ni les personnalités actuelles, ni celles du passé récent ; sinon, dans un pays, il n’y aura jamais personne de bien qui voudra se sacrifier pour faire avancer le pays ; car on dira : après, tout s’effondre, on me maltraite, ainsi que mes enfants, ma famille, tout le monde ; une persécution après l’autre. C’est de la folie. Donc oui : que les gens bien s’intéressent à la politique. Je sais bien que je ne suis pas d’accord avec toi ; car tu as cité cela comme exemple ; mais tu m’as donné l’occasion de rappeler qu’il ne doit pas y avoir de haine ».

[7] Saint Josémaria, Sillon, n° 864.

[8] Saint Josémaria, Chemin, 308.

[9] Léon XIV, Message urbi et orbi, 25-12-2025.

[10] Léon XIV, Discours le jour de l’élection, 8 mai 2025.

[11] Léon XIV, Audience, 22-11-2025. On peut également rappeler l’allusion du pape François aux mouvements sociaux : « nous devons replacer au centre la dignité humaine et, sur ce pilier, doivent être construites les structures sociales alternatives dont nous avons besoin. Il faut le faire avec courage, mais aussi avec intelligence. Avec ténacité, mais sans fanatisme. Avec passion, mais sans violence. Et tous ensemble, en affrontant les conflits sans y rester piégés, en cherchant toujours à résoudre les tensions pour parvenir à un niveau supérieur d’unité, de paix et de justice » (Discours aux participants à la 1ère Rencontre mondiale des mouvements populaires, 28-10-2014).

[12] Saint Josémaria, Entretiens, n° 117.

[13] Cf. Saint Josémaria, Chemin, n° 961 ; Forge, n° 856 ;Amis de Dieu, n° 239.

[14] Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n° 494.

[15] Saint Jean-Paul II, « Un engagement toujours actuel : éduquer à la paix » (8 décembre 2003, souligné dans l’original). Cf. également Benoît XVI, « Heureux ceux qui œuvrent pour la paix », Message pour la XLVèmeJournée mondiale de la paix 2013 (8-12-2012) : « La béatitude de Jésus dit que la paix est à la fois un don messianique et une œuvre humaine ».

[16] Cf. Benoît XVI, Discours lors d’une rencontre avec des jeunes, Sulmona, 4 août 2010 : « Oui, la mémoire historique est véritablement un “pas de plus” dans la vie, car sans mémoire, il n’y a pas d’avenir. On disait autrefois que l’histoire est la maîtresse de la vie. La culture consumériste actuelle tend au contraire à réduire l’homme au présent, à lui faire perdre le sens du passé, de l’histoire ; mais ce faisant, elle le prive aussi de la capacité de se comprendre lui-même, de percevoir les problèmes et de construire l’avenir. C’est pourquoi, chers jeunes, je veux vous dire : le chrétien est quelqu’un qui a une bonne mémoire, qui aime l’histoire et s’efforce de la connaître ».

[17] Saint Josémaria, Lettre 7, n° 58.

[18] Léon XIV, Message urbi et orbi, 25-12-2025.

[19] Cité par saint Jean-Paul II, Discours, 20 octobre 2003.

[20] Cf. J. Marrodán, « Le défi du “nous” », sur opusdei.org.

[21] Saint Josémaria, Forge, n° 565. Cf. également Lettre4, n° 25 : « Tel est notre esprit, et nous le démontrerons toujours en ouvrant les portes de nos maisons à des personnes de toutes idéologies et de toutes conditions sociales, sans aucune distinction, le cœur et les bras prêts à accueillir tout le monde. Nous n’avons pas pour mission de juger, mais le devoir de traiter fraternellement tous les hommes. Il n’y a pas une âme que nous excluions de notre amitié, et personne ne doit s’approcher de l’Œuvre de Dieu et repartir les mains vides : tous doivent se sentir aimés, compris, traités avec affection. J’aime aussi le dernier petit pauvre qui se trouve en ce moment dans le coin le plus reculé du monde, en train de faire le mal, et, avec la grâce de Dieu, je donnerais ma vie pour sauver son âme ».

[22] C. S. Lewis, Les quatre amours, Rayo, New York 2006, p. 43.

[23] François, Fratelli tutti, n° 106.

[24] Léon XIV, Dialogue avec les jeunes à la veille du jubilé, 2 août 2025.

[25] François, Fratelli Tutti, n° 198.

[26] Léon XIV, « Que la paix soit avec vous tous : vers une paix “désarmée et désarmante” », Message pour la LIXème Journée mondiale de la paix, 2026.

[27] Saint Josémaria, Sillon, n° 746.

[28] Saint Josémaria, Entretiens, n° 67.

[29] F. Ocáriz, « Aimer la liberté implique d’aimer le pluralisme », Entretien, The Pillar, 2 novembre 2024, sur opusdei.org.

[30] Cf. saint Jean-Paul II, « Le dialogue pour la paix, une urgence de notre temps », Message pour la XVIème Journée mondiale de la paix de 1983 (8 décembre 1982).

[31] Léon XIV, Message pour le Carême (5 février 2026).

[32] Léon XIV, Message pour la LIXème Journée mondiale de la paix, 2026 ; Discours le jour de l’élection, 8 mai 2025.

[33] Léon XIV, Salutation aux influenceurs et aux missionnaires numériques, 29 juillet 2025.

[34] Ibid.

[35] Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, n° 40. Cf. Saint Josémaria, En dialogue avec le Seigneur, n° 58 : « Priez (...) pour la paix dans le monde : qu’il n’y ait pas de guerres, que les guerres et les haines prennent fin. Priez pour la paix sociale : qu’il n’y ait pas de haine de classe, que les gens s’aiment ; qu’ils sachent vivre ensemble, qu’ils sachent s’excuser, qu’ils sachent pardonner ; sinon, je ne vois l’amour du Christ nulle part ».

[36] Saint Josémaria, Lettre3, n° 38.

Juan Pablo Cannata – Carlos Ayxelà