50 ans de la Résidence Bauloy

Le samedi 3 octobre, Mgr Lejeusne, évêque référendaire pour la pastorale des jeunes et des vocations, a célébré une messe d’action de grâce en l’église Saint-François, à Louvain-la-Neuve, à l’occasion des 50 ans de la résidence universitaire Bauloy. La célébration, qui a rassemblé environ 150 personnes, a été animée par la chorale congolaise Bens Bagula.

Dans son homélie, le célébrant a insisté sur l’importance de rencontrer le Seigneur dans la vie quotidienne des étudiants. « À l’exemple de sainte Thérèse de Lisieux, pour être des apôtres du Christ, il nous faut d’abord accepter d’être petits. Il faut aussi laisser mûrir dans notre cœur et dans notre intelligence ce que Dieu attend de nous.

Ces 50 ans de la résidence Bauloy sont l’occasion de voir combien Dieu est bon avec chacun d’entre nous. Durant nos études, il nous a été donné de mettre le Christ au centre de notre vie. Et il est bon, tout au long de notre existence, de le mettre et de le remettre au centre. C’est le sens du projet de la résidence Bauloy.

Nous rendons grâce au Seigneur d’avoir trouvé sur notre route des personnes qui ont répondu à l’appel du Christ et se sont mises au service de son règne à travers le projet de la résidence. À notre tour, nous devons poursuivre la route et transmettre aux jeunes ce que nous avons nous-mêmes reçu.

Durant nos études, nous avons beaucoup reçu en termes de formation humaine, intellectuelle et spirituelle. Nous qui avons tant reçu, transmettons à ceux qui nous suivent ce qui nous a été donné, à commencer par notre rencontre avec le Christ. Transmettons gratuitement ce que nous avons reçu gratuitement. C’est ce que je vous souhaite pour les années à venir : vous êtes envoyés pour annoncer la bonté de Dieu pour notre humanité ».

Invité pour l’occasion, le philosophe Hervé Pasqua, professeur à l’Université Côte d’Azur, à Nice, a donné une conférence intitulée « L’idée d’université selon saint John Henry Newman ». Le choix du sujet n’était pas fortuit : lorsque Newman fut appelé, en 1851, à participer à la création d’une université catholique à Dublin, c’est sur le modèle de Louvain que celle-ci devait être conçue. Celui du conférencier ne l’était pas davantage : après avoir soutenu sa thèse à l’UCL, Hervé Pasqua a conservé des liens étroits avec Louvain, notamment à travers sa collaboration avec la Revue philosophique de Louvain.

Réunie à l’auditoire Sainte-Barbe, une centaine de personnes ont assisté à l’exposé du professeur Pasqua, qui avait pour sous-titre « Interdisciplinarité et unité du savoir selon John Henry Newman (1801-1890) ». À travers The Idea of a University, œuvre née des circonstances à partir des conférences que Newman entreprit de rédiger en 1851 et dont l’édition définitive parut en 1889, se dessine une conception de l’université comme lieu où se transmet « l’universalité du savoir ». Celle-ci ne consiste pas en une juxtaposition de disciplines indépendantes : les différents savoirs doivent au contraire être mis en relation et ordonnés dans un ensemble cohérent. Dans cette perspective, la métaphysique joue un rôle essentiel : « science de l’être », elle permet de dépasser la fragmentation des connaissances particulières et de maintenir l’unité du savoir en le rapportant au réel.

Mais le savoir universitaire ne se réduit pas davantage à une accumulation de connaissances : il doit éclairer et élargir l’esprit. L’université dispense ainsi, selon Newman, une éducation davantage qu’une simple instruction. Sa mission est de former l’intelligence, de développer la capacité de raisonner, de rechercher la vérité et de penser de manière autonome. Cette conception, qui vise la formation de « tout l’homme », conduit également Newman à reconnaître une place essentielle à la théologie. Dès lors que l’université a pour vocation d’enseigner l’universalité du savoir, elle ne peut en exclure la « science de Dieu ». Métaphysique et théologie contribuent ainsi, chacune dans son ordre propre, à préserver l’unité du savoir par-delà la diversité et la nécessaire autonomie des disciplines.