Euphrasie Kouassi Yao : « Nous ne luttons pas contre les hommes, nous luttons à leurs côtés »

Madame Kouassi Yao, ministre ivoirienne, a reçu le 17e prix Harambee 2026, récompensant son action en faveur d’un féminisme de coopération et du leadership de la femme africaine comme moteur de paix.

Le 3 mars dernier, la Représentation de la Commission Européennes à Madrid a été le cadre de la reconnaissance de plus de 35 ans consacrés à l’équité. Euphrasie Kouassi Yao - ancienne ministre de la promotion de la femme en Côte d’Ivoire et actuellement conseillère spéciale du Premier Ministre ivoirien - a reçu le 17e prix Harambee pour la promotion et l’égalité de la femme africaine. Lui ont remis cette distinction : le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, ainsi que la princesse Thérèse de Bourbon-Siciles, présidente d’honneur de Harambee ONGD et le directeur général des Laboratoires Pierre Fabre, Nicolas Zombré, sponsor du prix.

Lors de son intervention, Madame la ministre a souligné sa vision du progrès social : je veux être très claire - notre combat n’est pas dirigé contre les hommes. Au contraire, nous luttons à leurs côtés. Elle a défendu avec fermeté la masculinité positive comme moteur de changement, soulignant que son engagement ne recherche ni la division ni l’exclusion, mais souhaite promouvoir la coopération en rejetant toute domination de l’autre afin d’arriver à un équilibre réel et à une paix durable.

Femmes, communauté et leadership : la formule d’une paix durable

La lauréate a réaffirmé sa conviction que les femmes africaines ont des talents innés qui n’ont besoin que de conditions appropriées pour se développer. Pour elle, le leadership féminin est une question de survie communautaire ; les femmes ont surtout besoin d’être écoutées, de confiance, de formation et d’outils, et surtout d’être parties prenantes tout au long du processus.

Ce leadership se reflète dans les jalons de son parcours : elle est la première femme de son pays à occuper une chaire Unesco (« Eau, femme et pouvoir de décision ») et a été récemment nommée Ambassadrice mondiale de la paix par la FFPM.[1] Ses initiatives ont eu des impacts chiffrés réels, comme par exemple d’atteindre la quasi parité aux inscriptions en école primaire en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, elle a promu le COCOFCI (Compendium des Compétences Féminines de Côte d’Ivoire) qui est un réseau de plus de 19 500 femmes, reconnue par l'Unesco et l’Union Africaine comme un modèle de réussite unique en son genre.

Soutien institutionnel en faveur de l’action sociale

Cet événement a été soutenu par la présence de Daniel Calleja, directeur de la Représentation de la Commission Européenne en Espagne, qui a tenu un discours de bienvenue en soulignant à quel point la lauréate incarne les valeurs de dignité et de solidarité de l’Union Européenne. Antonio Hernández Deus, président de Harambee, l’a décrite comme une promotrice de paix durable par le biais d’une non-violence active ; Nicolas Zombré a souligné que prendre soin d’une seule personne constitue déjà le premier pas pour améliorer le monde.

Le maire de Madrid a clôturé l’acte en remerciant la ministre pour son travail infatigable et en rappelant la valeur inestimable de ce type d’initiatives sociales au profit de personnes concrètes, en réaffirmant que le progrès véritable naît de la volonté de contribuer au développement d’autrui.

Utilisation du prix : La dotation du prix permettra de financer un projet de mentorat dans la région de Gbêkê en faveur de 50 femmes rurales entrepreneures ainsi qu’un programme éducatif de leadership pour 350 élèves du secondaire. Après ces festivités à Madrid, un hommage a été rendu à la ministre le 5 mars au club de tennis de Valence.


[1] FFPM = Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale