Saint Joseph a été représenté à plusieurs reprises dans l’art, bien avant la Renaissance, comme plutôt jeune, dans la force de l’âge : dans le sarcophage paléochrétien de Proconnèse (Mariage de la Vierge, Musée du Puy-en-Velay, 4e siècle), à Rome (5e siècle), plus tard, dans les chapiteaux de Moissac (12e s.) ainsi que dans les enluminures parisiennes et dans la sculpture de Reims. La variante orientale et latine d’un Joseph très âgé (caractérisé par sa barbe blanche) avait pour but catéchétique de souligner la virginité de Marie.

Avec les mûrissement de la doctrine et de la piété, on a compris qu’un vieillard n’aurait pas pu affronter les efforts de la fuite en Égypte et de la sustentation de la famille. Joseph montre une personnalité affirmée ; son sens de la justice, envers Dieu et le prochain, se manifeste dans le souci pour son Épouse et pour son Fils adoptif. Une longue série de services prêtés avec dévouement et sans chagrin.
Les étapes de Bethléem, d’Égypte, de Nazareth, montrent bien que « Saint Joseph n'était pas un rêveur, bien que le songe ait été la porte par laquelle Dieu est entré dans sa vie. C'était un homme pratique et sobre, un homme de décision, capable d'organisation… avec un sens de l'action, avec la capacité de répondre aux défis, de trouver des moyens de survivre » (Benoît XVI, homélie inédite 22/12/2013). « La forte personnalité humaine de Joseph se détache des récits évangéliques : il n’apparaît jamais comme un homme timide ou craintif devant la vie ; il sait au contraire faire face aux problèmes, sortir des situations difficiles et assumer avec responsabilité et initiative les tâches qui lui sont confiées » (Saint Josémaria, Quand le Christ passe §40).

Jeune époux, jeune père d’adoption, Joseph a apporté au foyer son énergie pour faire avancer les choses et faire grandir les personnes : nourriture, habillement, logement, réparations, relations sociales, projets, solution des imprévus. Surtout l’éducation de l’Enfant, qu’il faisait grandir avec constance. Il gagnait sa vie avec effort et s’occupait des siens avec tendresse et respect.
Jeune époux, jeune père d’adoption, Joseph a apporté au foyer son énergie pour faire avancer les choses et faire grandir les personnes
Joseph maîtrisait son corps et son temps pour être au service des autres. « Pour vivre la vertu de la chasteté, il n’est pas nécessaire d’attendre d’être vieux ou de manquer de force. La chasteté naît de l’amour et, pour un amour pur, la force et la joie de la jeunesse ne sont pas un obstacle. Saint Joseph était jeune, de cœur et de corps, quand il épousa Marie, quand il connut le mystère de sa Maternité divine et vécut près d’elle, en respectant l’intégrité que Dieu voulait léguer au monde comme un signe de plus de sa venue parmi les créatures. Qui ne sait pas comprendre un tel amour est bien ignorant de ce qu’est l’amour véritable, et méconnaît le sens chrétien de la chasteté » (Saint Josémaria, ibidem).
son amour s’est renouvelé comme l’élan des aigles.
Le temps passant, Joseph a connu la fatigue et le poids des jours, la diminution de ses forces physiques, mais son amour s’est renouvelé comme l’élan des aigles. Il a déployé son imagination créatrice pour enseigner et encourager Jésus dans sa croissance.

Joseph eut l'honneur de le porter dans ses bras, de le conduire par la main, de le presser sur son cœur, de le couvrir de baisers, de le nourrir et de veiller à sa garde (saint Bernard)
« Dieu le trouva, comme son aïeul David, un homme selon son cœur, puisqu'il lui confia son plus saint mystère, lui révéla les secrets les plus cachés de sa sagesse, lui fit connaître une merveille qu'aucun des princes de ce monde n'a connu, lui accorda la grâce de voir ce dont la vue fut ardemment désirée mainte fois par une foule de rois et de prophètes, d'entendre celui qu'ils n'ont point entendu; non-seulement il lui fut donné de le voir et de l'entendre, mais il eut l'honneur de le porter dans ses bras, de le conduire par la main, de le presser sur son cœur, de le couvrir de baisers, de le nourrir et de veiller à sa garde » (Saint Bernard, Homélies en louange de la Vierge 2 §17).
