Méditation : Lundi de la 6ème Semaine de Pâques

Les thèmes proposés pour la méditation du jour sont : le regard tourné vers le ciel ; la vie éternelle ne nous écarte pas du monde ; Jésus est le chemin.

Opus Dei - Méditation : Lundi de la 6ème Semaine de Pâques

- Le regard tourné vers le ciel

- La vie éternelle ne nous écarte pas du monde

- Jésus est le chemin


« QUE VOTRE cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » (Jn 14, 1). C’est ce que Jésus a dit au cours de la Dernière Cène. Le Seigneur exprime son immense affection pour ceux qui l’avaient suivi pendant trois années. En même temps, il leur annonce certains événement douloureux qui vont arriver : la trahison de l’un de ses intimes et les reniements de Pierre. Des moments durs pour ses disciples, aussi Jésus ne veut-il pas que le cœur leur manque. Devant l’imminence de ces grosses difficultés, le Seigneur invite les siens à tourner leur regard vers le ciel. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? (Jn 14, 2).

Le ciel est le but final de notre chemin. Certes, nous aimons ce monde, issu des mains de Dieu. Notre cœur se réjouit d’y trouver tant de bonnes choses. Nous nous savons aimés du Seigneur déjà sur terre et cela nous comble de joie. Or, nous savons aussi que cette joie trouve sa plénitude dans la perspective de la joie définitive. « Je suis heureux, affirmait saint Josémaria, fort de la certitude du Ciel que nous atteindrons, si nous restons fidèles jusqu’au dernier moment ; du bonheur que nous aurons, quoniam bonus, car mon Dieu est bon et sa miséricorde est infinie » [1]

Ne jamais perdre de vue l’espérance du ciel, voilà qui nous est toujours d’un grand secours. Cela nous permet d’avoir un jugement droit sur tout ce qui nous arrive, aussi bien sur les choses agréables que sur les choses désagréables. « Seule la foi dans la vie éternelle nous fait aimer vraiment l’histoire et le présent, mais sans attachements, dans la liberté du pèlerin, qui aime la terre parce qu’il a le cœur au Ciel » [2]. La vie éternelle est la récompense qui ne déçoit pas, le moment où nous serons intimement unis à Dieu et à une foule de gens. Tous nos efforts auront valu la peine. « Je dis qu’il importe essentiellement d’avoir une ferme résolution de ne point s’arrêter qu’on ne soit à la fontaine, quelque difficulté qui arrive, quelque obstacle que l’on rencontre, quelque murmure que l’on entende, quelque peine que l’on souffre, quelque fortune que l’on coure, quelque apparence qu’il y ait de ne pouvoir résister à tant de travaux, et enfin, quand on croirait devoir en mourir, et que tout le monde devrait s’abîmer » [3].


COMMENT sera le ciel ? En quoi consiste l’éternité ? Comment pourrons-nous goûter l’amour infini de Dieu sans nous lasser ? La foi nous dit que ce sera le moment d’un bonheur plénier, la béatitude tant attendue, mais que nous ne pouvons pas comprendre clairement tout cela. « L’expression “vie éternelle” cherche à donner un nom à cette réalité connue inconnue. Il s’agit nécessairement d’une expression insuffisante, qui crée la confusion. En effet, “éternel” suscite en nous l’idée de l’interminable, et cela nous fait peur ; “vie” nous fait penser à la vie que nous connaissons, que nous aimons et que nous ne voulons pas perdre et qui est cependant, en même temps, plus faite de fatigue que de satisfaction, de sorte que, tandis que d’un côté nous la désirons, de l’autre nous ne la voulons pas. Nous pouvons seulement chercher à sortir par la pensée de la temporalité dont nous sommes prisonniers et en quelque sorte prévoir que l’éternité n’est pas une succession continue des jours du calendrier, mais quelque chose comme le moment rempli de satisfaction, dans lequel la totalité nous embrasse et dans lequel nous embrassons la totalité. Il s’agirait du moment de l’immersion dans l’océan de l’amour infini, dans lequel le temps – l’avant et l’après – n’existe plus. Nous pouvons seulement chercher à penser que ce moment est la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l’immensité de l’être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie » [4].

Quoi qu’il en soit, nous avons la certitude que le Seigneur, au moment de nous rappeler à lui, ira bien plus loin que nos attentes. Après tout, c’est lui qui nous prépare une place (cf. Jn 14, 2). Or, la pensée du ciel ne nous écarte pas des affaires de ce monde. Bien au contraire : par notre don quotidien aux autres, par des actions qui peuvent sembler insignifiantes, nous préparons notre cœur à recevoir ce bonheur qui va se déverser sur nous. « L’espérance ne m’écarte pas des choses de cette terre, disait saint Josémaria. Elle me rapproche au contraire de ces mêmes réalités d’une façon nouvelle » [5]


LES PROPOS du Seigneur cette nuit-là étaient d’une compréhension difficile pour ses apôtres. Thomas montre sa perplexité sans chercher à la cacher : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » (Jn 14, 5). Jésus y répond très concrètement : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

Sur notre chemin vers la vie éternelle, nous pourrons toujours nous adresser à Jésus pour qu’il nous oriente. Nous pouvons avoir confiance en lui : « N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait ! » [6]. Si le Christ est le chemin, la vérité et la vie, nous devons lire tout ce qui nous arrive à la lumière de sa personne. Dans cette tâche, la lecture assidue des Évangiles est d’un grand secours. « Le Seigneur nous a appelés, nous autres catholiques, pour que nous le suivions de près et, dans ce texte saint, tu découvriras la Vie de Jésus. Mais en outre tu dois y découvrir aussi ta propre vie » [7]. Beaucoup de saints ont trouvé la clé pour comprendre ce qui leur arrivait après avoir lu tel ou tel passage de l’évangile. C’est là que nous trouvons la voix du Christ pour renouveler notre désir d’arriver au ciel avec lui.

Nous demandons à notre Mère de nous aider à « porter à tous l’Évangile de la vie qui vainc la mort ; qu’elle intercède pour nous afin que nous acquérions la sainte audace de chercher de nouvelles voies pour que le don du salut parvienne à tous » [8]



[1]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 208.

[2]. Benoît XVI, Angélus, 1er novembre 2012.

[3]. Sainte Thérèse d’Avila, Chemin de la perfection, ch. XXI, 2.

[4]. Benoît XVI, Spe salvi, n° 12.

[5]. Saint Josémaria, Amis de Dieu, n° 208.

[6]. Saint Jean Paul II, Homélie, 22 octobre 1978.

[7]. Saint Josémaria, Forge, n° 754.

[8]. Pape François, Message, 4 juin 2017.