DOSSIER DE PRESSE - Guadalupe Ortiz de Landazuri

Dossier de presse sur Guadalupe Ortiz de Landazuri, fidèle de l'Opus Dei, qui sera béatifiée le 18 mai 2019, à Madrid.

Opus Dei - DOSSIER DE PRESSE - Guadalupe Ortiz de Landazuri
  • Brève biographie de Guadalupe ORTIZ de LANDAZURI (1916-1975)
  • Chronologie de la cause de canonisation
  • Guérison miraculeuse d'Antonio Jesús Sedano Madrid, attribuée à Guadalupe Ortiz de Landázuri.
  • Questions au postulateur de la cause, Antonio Rodriguez de Rivera, prêtre
  • Références bibliographiques et électroniques

Guadalupe Ortiz de Landazuri est née à Madrid, en Espagne, le 12 décembre 1916. Elle était la quatrième enfant et seule fille du couple Manuel Ortiz de Landazuri et de Eulogia Fernandez-Heredia. Elle fut éduquée par ses parents dans la foi chrétienne. Lorsqu’elle était encore petite, son frère Francisco qui la précédait est décédé.

À l’âge de 10 ans, elle a déménagé avec sa famille à Tetuan dans le Nord de l’Afrique, où son père, qui était militaire, était affecté. Dès son enfance, deux traits ont marqué définitivement sa personnalité : la force d’âme et le courage.

En 1932 la famille est rentrée à Madrid, où elle a terminé ses études secondaires à l’Institut Miguel de Cervantes. En 1933, elle commence ses études de Chimie à l’Université Central. Sur soixante-dix étudiants, il n’y a que cinq filles. Elle s’inscrira ensuite en doctorat parce qu’elle souhaite se consacrer à l’enseignement. Ses camarades gardent d’elle le souvenir d’une jeune femme sérieuse dans ses études, très sympathique et « fan » d’imprévu.

Pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), son père est fait prisonnier et il est condamné à être fusillé. Guadalupe, alors âgée de 20 ans, accompagnée de son frère Eduardo et de leur mère, a pu, quelques heures avant l’exécution, prendre congé de son père et l’apaiser en ces moments difficiles. Elle pardonna de tout cœur à ceux qui avaient condamné son père. En 1937, avec son frère et sa mère, elle réussit à passer dans l’autre zone de l’Espagne où elle retrouva son frère Manolo. La famille s’est installée à Valladolid jusqu’à la fin de la guerre.

De retour à Madrid en 1939, Guadalupe a commencé à faire des cours dans le collège de la Bienaventurada Virgen María et au Lycée Français. En assistant à la messe, un dimanche de 1944, elle s’est sentie « touchée » par la grâce de Dieu. En rentrant chez elle, elle a rencontré un ami et lui a manifesté son désir de parler à un prêtre. Il lui a donné le numéro de téléphone de Josémaria Escriva. Le 25 janvier, elle s’est rendue au premier centre de femmes de l’Opus Dei, rue Jorge Manrique, pour s’entretenir avec lui. Guadalupe gardait le souvenir de ce rendez-vous : celui d’une découverte de l’appel de Jésus Christ à l’aimer par dessus tout, dans et par son travail professionnel et dans la vie ordinaire : voilà le message que Dieu voulait rappeler aux hommes en se servant de l’Opus Dei. Après avoir considéré ce message dans sa prière et à la suite d’une retraite spirituelle, elle décida le 19 mars de répondre « oui » au Seigneur. Guadalupe avait 27 ans. À partir de ce moment-là, elle intensifia sa relation avec Dieu. Elle accomplissait ses tâches avec amour et s’arrangeait pour prier auprès du tabernacle.

L’Opus Dei vivait ses premières années et, parmi les nombreuses tâches à mener de front, il était important d’assurer le service domestique des résidences d’étudiants qui s’installaient à Madrid et à Bilbao. Pendant quelques années Guadalupe s’est consacrée à ces travaux. Aux difficultés de cette époque de pénurie et de cartes de rationnement, venait s’ajouter l’apprentissage de ces tâches pour lesquelles elle n’avait pas de facilités particulières. Elle entretenait cependant sa passion pour la chimie qu’elle parvenait toujours à travailler.

Pendant l’année scolaire 1947-1948, elle assuma la direction de la résidence universitaire Zurbaran. Elle avait un contact facile avec les étudiantes qui répondaient avec confiance à sa patience et à l’affection dont elle faisait preuve, tout comme à son sens de l’humour avec lequel elle les aidait dans leurs études et sur un plan plus personnel.

Le 5 mars 1950, à l’invitation de saint Josémaria, elle part répandre le message de l’Opus Dei au Mexique. Enthousiaste, elle a confié ce travail apostolique à Notre-Dame de Guadalupe. Elle s’inscrit en doctorat de chimie pour terminer ses études. Avec d’autres personnes, elle installe une résidence d’étudiantes, ne cessant d’encourager les résidentes au sérieux dans le travail, en leur ouvrant des horizons de service de l’Église et de la société. Son intérêt particulier pour les pauvres et pour les personnes âgées était notoire. Entre autres initiatives, elle créa avec une de ses amies médecin un dispensaire ambulant : elles faisaient du porte à porte dans les quartiers les plus défavorisés, pour proposer gratuitement des consultations et des médicaments. Dans des régions montagneuses et isolées du pays, elle s’est lancée dans la formation culturelle et professionnelle de paysannes qui bien souvent n’avaient pas la moindre instruction.

Guadalupe avait un grand cœur et un caractère résolu, qu’elle cherchait à maîtriser en s’exprimant avec délicatesse et douceur. Son optimisme chrétien et son sourire habituel attiraient les autres et sa joie s’exprimait très souvent par des chansons même si elle ne chantait pas particulièrement bien. L’historienne Beatriz Gaytan rappelle : « Quand je pense à elle, malgré les années écoulées, j’entends toujours son rire. Guadalupe était un sourire permanent : accueillante, affable et simple ». Pendant les années passées au Mexique, elle fut une des promotrices de Montefalco, hacienda coloniale alors en ruines qui est devenue centre de séminaires, de rencontres et de retraites ainsi que siège de deux institutions à caractère éducatif : le lycée Montefalco et l’école rurale El Peñon.

En 1956, elle déménage à Rome pour collaborer plus étroitement avec saint Josémaria dans le gouvernement de l’Opus Dei. Cette même année apparaissent les premiers symptômes d’une affection cardiaque et elle doit être opérée. Malgré son bon rétablissement, sa cardiopathie s’aggrave et elle doit retourner définitivement en Espagne. Elle reprend son activité académique et centre sa recherche sur « les réfractaires isolants en rapport aux cendres des cosses de riz ». Ces travaux lui valurent le prix Juan de la Cierva et ils permirent la conclusion de sa thèse de doctorat qu’elle put soutenir le 8 juillet 1965. Elle poursuivit ses cours de chimie dans l’Institut Ramiro de Maeztu pendant deux ans, et pendant dix ans dans l’Escuela Femenina de Maestria industrial dont elle devint la sous-directrice. À partir de 1968 elle participa à la conception et mise en marche du Centro de Estudios e Investigaciónde Ciencias Domésticas (CEICID) dont elle sera la sous-directrice et professeur de chimie des textiles. Les personnes qui l’ont fréquentée de près témoignent davantage de sa compréhension que de son exigence à l’égard des autres ; elles affirment qu’on voyait sa quête de Dieu le long de ses journées, car elle se savait regardée par Dieu et par la sainte Vierge et qu’elle faisait de fréquentes visites au tabernacle, pour parler en tête à tête avec Jésus dans le Saint-Sacrement, tout en pensant à ses élèves et en préparant ses cours avec rigueur et application. Elle avait beaucoup d’amies ; elle leur consacrait du temps et ses meilleures énergies, sans négliger pour autant celles qui habitaient avec elle dont elle s’occupait avec beaucoup d’affection.

Malgré sa maladie cardiaque, Guadalupe ne se plaignait pas et cherchait à ne pas montrer combien marcher, monter des escaliers, etc., la fatiguait. Elle s’efforçait d’écouter les autres avec intérêt, de passer inaperçue et de ne pas centrer la conversation sur elle. En 1975, les médecins décidèrent de l’opérer et elle quitta Madrid pour rentrer à la Clinique Universitaire de Navarre. Elle fut opérée le 1er juillet. Peu de jours auparavant, le 26 juin, le fondateur de l’Opus Dei mourut à Rome. Guadalupe en fut très peinée, mais elle accueillit la nouvelle dans la paix et dans la joie, le sachant en présence de Dieu. C’est avec cette même sérénité qu’elle fit face à sa propre mort. Son opération réussit, mais elle eut une insuffisance respiratoire pendant sa convalescence. Elle est morte le 16 juillet 1975 en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel. Le 5 octobre 2018, ses restes ont été transférés de Pampelune à l’Oratoire del Caballero de Madrid.

16 juillet 1975 : Guadalupe meurt à Pampelune (Espagne), en odeur de sainteté.

6 janvier 2001 : le prélat de l’Opus Dei, Mgr Javier Echevarría, nomme l’abbé Benito Badrinas Amat postulateur de la cause de béatification et de canonisation de Guadalupe.

30 mars 2001 : la Congrégation pour les Causes des Saints, sur la demande de l’archevêque de Madrid, le Cardinal Rouco Varela et avec l’accord de l’archevêque de Pampelune, Mgr Fernando Sebastián, transfère la compétence pour l’instruction diocésaine de la cause de Pampelune à Madrid.

3 novembre 2001 : la Congrégation pour les Causes des Saints donne le nihil obstat pour commencer le procès de canonisation de Guadalupe.

18 novembre 2001 : première session du procès sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté de Guadalupe dans le diocèse de Madrid, présidée par le Cardinal Rouco Varela.

23 janvier 2002 - 11 décembre 2003 : en 66 sessions, le tribunal interroge 32 témoins, à Madrid.

6 - 28 mai 2003 : en 37 sessions, le tribunal écoute les déclarations de 22 témoins, dans la ville de Mexico, pour vérifier in situ l’extension de la renommée de sainteté de Guadalupe.

9 mai 2002 - 13 décembre 2004 : les membres de la commission historique recueillent tous les documents concernant la Servante de Dieu pour les présenter au tribunal.

10 mai 2002 - 3 janvier 2005 : les experts théologiens étudient les écrits de Guadalupe et présentent leurs conclusions.

18 mars 2005 : session de clôture du procès diocésain, présidée par l’archevêque de Madrid.

23 avril 2005 : les documents de l’enquête diocésaine sont remis à la Congrégation pour les Causes des Saints ; ils représentent 3008 pages, en 7 volumes.

12 mai 2005 : le prélat de l’Opus Dei nomme l’abbé Antonio Rodriguez de Rivera postulateur de la cause de canonisation auprès de la Congrégation pour les Causes des Saints.

17 février 2006 : la Congrégation pour les Causes des Saints valide le procès diocésain sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté de la Servante de Dieu.

5 mai 2006 : la Congrégation nomme le Père Cristoforo Bove, O.F.M.Conv. rapporteur chargé de la rédaction de la Positio super vita, virtutibus et fama sanctitatis de Guadalupe.

25 mai 2007 - 16 janvier 2008 : le procès sur la guérison miraculeuse d'Antonio Jesús Sedano Madrid, attribuée à l’intercession devant Dieu de Guadalupe, se déroule dans le diocèse de Barcelone.

21 janvier 2008 : les documents du procès diocésain sur la guérison d'Antonio Jesús Sedano Madrid sont remis à la Congrégation pour les Causes des Saints.

24 octobre 2008 : la Congrégation valide le procès réalisé par le diocèse de Barcelone sur la guérison d'Antonio Jesús Sedano Madrid.

4 août 2009 : le postulateur remet à la Congrégation la Positio. Elle se compose de quatre parties : histoire de la cause et sources (25 pages), biographie documentée (159 pages), étude critique des vertus (215 pages) et summarium des déclarations des témoins du procès et des écrits de Guadalupe (656 pages).

7 juin 2016 : les consulteurs théologiens de la Congrégation pour les Causes des Saints, après étude de la Positio, ont donné une réponse positive à la question de l'exercice héroïque des vertus par Guadalupe, de sa renommée de sainteté et des faveurs.

2 mai 2017 : les cardinaux et les évêques membres de la Congrégation réunis en session ordinaire se prononcent en faveur de l’héroïcité des vertus et de la renommée de sainteté de Guadalupe.

4 mai 2017 : le Pape François autorise la Congrégation pour les Causes des Saints à publier le décret sur les vertus de la Servante de Dieu Guadalupe Ortiz de Landazuri.

5 octobre 2017 : les experts médecins consultés par la Congrégation étudient la documentation concernant la guérison d'Antonio Jesús Sedano Madrid ; ils en concluent que cette guérison instantanée, complète et permanente n’a pas d’explication scientifique.

1er mars 2018 : le collège des théologiens de la Congrégation se prononcent positivement pour l’attribution de la guérison extraordinaire d'Antonio Jesús Sedano Madrid à l’intercession de Guadalupe.

5 juin 2018 : les cardinaux et les évêques membres de la Congrégation réunis en session ordinaire affirment que la guérison extraordinaire d'Antonio Jesús Sedano Madrid doit être attribuée à l’intercession de Guadalupe.

8 juin 2018 : le Pape François autorise la Congrégation à publier le décret sur le miracle attribué à l’intercession Guadalupe.

18 mai 2019 : se tiendra la béatification de Guadalupe à Madrid, sa ville natale.


L’été 2002, Antonio, 76 ans et veuf depuis 1991, souffrait, près de son œil droit, d'une lésion cutanée, à l’aspect d’un bouton, brûlante, et qui lui faisait mal. Ce bouton qui n'a pas disparu au cours de trois semaines, inquiétait ses trois enfants et ses amis. Cependant, aucun traitement ne fut appliqué.

En raison de ses difficultés visuelles, Antonio avait prévu une consultation ophtalmologique, en vue d'une éventuelle opération de la cataracte, dans un centre de soins, à Barcelone, où il vivait. Lors de la consultation, du 2 août, il en profita pour montrer à l'ophtalmologiste sa lésion cutanée, près de l'œil. Le docteur, se doutant bien qu’il s'agissait d'une tumeur, l'envoya directement à l'Hôpital Clinique de Barcelone pour un examen de cette lésion cutanée.

Le 30 octobre, il fut donc reçu à l'hôpital par le chef du service d'ophtalmologie, qui ratifia le diagnostic clinique d’un carcinome basocellulaire, sous la forme d'ulcus rodens. Il s'agit de l'une des tumeurs malignes les plus courantes à la surface de la peau, dont souffrent habituellement les personnes âgées et qui apparaît le plus souvent sur la tête et le cou. Son évolution progressive entraîne une destruction locale des tissus. Le traitement est habituellement chirurgical et la plupart du temps, il conduit à la guérison du patient.

Dans le cas d'Antonio, la tumeur, de la taille d'une lentille, était menaçante car, en raison de son emplacement, si près de l'œil, elle pouvait facilement envahir des organes délicats tout proches. Le médecin dit à Antonio que sa lésion demandait une intervention chirurgicale et l'envoya chez un spécialiste en chirurgie plastique. Considérant que le diagnostique était pertinent et qu'un traitement immédiat était nécessaire, le médecin lui décrivit le type de tumeur dont il souffrait. Le lendemain, un chirurgien plasticien examina Antonio et confirma le diagnostic précédent : il s'agissait d'un carcinome basocellulaire. Sans plus attendre, il préconisa une opération urgente pour l'extirper et expliqua au patient qu'il s'agissait donc d'une tumeur maligne qui pouvait cependant être enlevée avec une intervention chirurgicale, dans les meilleurs délais.

Antonio, fut profondément remué par le diagnostic de ce cancer. Ses proches remarquèrent son stress qui ne fit que croître car la tumeur s’aggravant, elle devint ulcéreuse et commença à saigner.

À l'Oratoire Sainte-Marie de la Résidence Bonaigua, où il allait souvent à la messe, Antonio trouva une image avec la prière pour la dévotion privée de la Servante de Dieu Guadalupe Ortiz de Landázuri, et sa petite biographie. Il eut soudain une sympathie personnelle et spirituelle pour elle et se mit à lui demander constamment sa guérison. Ses enfants firent de même ainsi que d'autres membres de sa famille, auxquels Antonio avait donné aussi cette image de la Servante de Dieu.

Avant de connaître la date de son intervention, Antonio, qui souffrait d’autres ennuis de santé, était effrayé et découragé. Cette peur ne fit que croître à l’approche de la date de l’opération. Un soir, alors qu'il était particulièrement nerveux, il saisit l’image de la prière à Guadalupe, et s’adressa à elle spontanément, avec une grande foi : "Tu peux le faire, fais que je n'aie pas à me faire opérer, ce n'est n’est rien pour toi !".

Après avoir invoqué Guadalupe, Antonio s'est calmé, a dormi d’une traite jusqu’au lendemain matin où il s'est réveillé serein et bien reposé. En se regardant dans la glace, il a découvert que sa blessure avait disparu. Il n’en revenait pas; il pensait que cela ne pouvait arriver qu’aux autres, mais pas à lui. Son état d’esprit changea du tout au tout. Ce matin-là, il plaisanta avec sa fille lorsqu’il lui annonça la nouvelle. Elle n’en croyait pas ses yeux, tout comme sa sœur qui découvrit aussi que la tumeur avait disparu du jour au lendemain, sans en laisser la moindre trace. Antonio annonça aussi la nouvelle à son fils ainsi qu’à ses amis. Il appela le secrétariat du chirurgien spécialiste pour annuler l’intervention puisqu’il n’y a avait rien à opérer.

Lorsque le chirurgien plasticien examina son patient, il constata la totale disparition du cancer, dont il méconnaissait la cause. Effrayé de prime abord, il lui demanda : "Où avez-vous été opéré ?" Antonio raconta alors les détails de sa guérison par l'intercession de Guadalupe Ortiz de Landázuri. La guérison du jour au lendemain, était inexplicable. Dans son rapport médical, il écrivit à cette date : "La lésion a disparu après une prière à la servante de Dieu Guadalupe Ortiz de Landazuri ». Cette guérison fut confirmée lors d’examens successifs.

Antonio Jesús Sedano Madrid décéda douze ans plus tard (en 2014) à 88 ans, d'une pathologie cardiaque. Le cancer de la peau, guéri par l'intercession de Guadalupe Ortiz de Landázuri, n'eut plus aucune suite.

Comme la guérison semblait être un événement extraordinaire, l'Archevêque de Barcelone, suivant les indications prévues pour ces cas-là, décréta le 18 mai 2007 l'instruction d'un procès canonique sur le miracle et nomma un tribunal diocésain pour l'enquête. Le procès se déroula du 25 mai 2007 au 17 janvier 2008.Le 24 octobre 2008, la Congrégation pour les Causes des Saints sanctionna la validité de ce procès diocésain.

Le 5 octobre 2017, le conseil des médecins de la Congrégation pour les Causes des Saints a examiné le cas. Les médecins ont mis en évidence les aspects les plus pertinents de la guérison à l'étude : le pertinent processus diagnostique de la lésion, confirmé par des spécialistes médicaux, et surtout sa guérison en quelques heures, sans aucun traitement. Les experts de cette congrégation ont déclaré que les faits n'étaient pas explicables du point de vue scientifique.

Par la suite, le cas fut soumis à l'examen des théologiens consultants qui, lors de la session du 1er mars 2018, ont déclaré que le rapport de la guérison miraculeuse d'Antonio avec l'invocation de Guadalupe Ortiz de Landázuri avait été vérifié, en dehors de tout doute raisonnable.

Finalement, lors de la session ordinaire du 5 juin 2018, les cardinaux et les évêques membres de la Congrégation pour les Causes des Saints ont statué qu'il est solidement prouvé que le cas est à considérer comme un miracle.

Le 8 juin 2018, le Saint-Père François, après avoir reçu du Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, le rapport de tout ce qui vient d'être dit, a déclaré que les preuves du miracle réalisé par Dieu par l'intercession de la vénérable servante de Dieu, Guadalupe Ortiz de Landázuri, ont été constatées.


1. Pourriez-vous nous dire en quelques mots qui était Guadalupe Ortiz de Landázuri ?

C'était une grande dame, joyeuse et humble, qui jouissait d'un grand prestige professionnel et ne vivait que pour aider les autres dans leurs besoins spirituels et matériels. Elle était éprise de Dieu, pleine de foi et d'espérance.

Née à Madrid, le 12 décembre 1916, en la fête de la Notre Dame de Guadalupe, elle fit des études de Chimie à l’Université Centrale. Elles n’étaient que 5 femmes dans sa promotion. Étudiante brillante, elle se fait remarquer par son sérieux et son sourire contagieux.

Elle achève ses études, après la guerre civile, et trouve un poste d’enseignante en Physique-Chimie au Lycée Français de Madrid, et chez les religieuses Irlandaises.

Au début de 1944, elle rencontre l'Opus Dei. Son premier contact avec saint Josémaria la marque profondément. Plus tard, elle dira : "J'avais le sentiment que Dieu me parlait à travers ce prêtre ». La même année, elle demande à être admise dans cette institution de l’Église. À Madrid et à Bilbao, elle dirige des centres de jeunes filles. En 1950, elle s'installe au Mexique pour commencer le travail apostolique des femmes de l’Opus Dei : une aventure vécue avec une générosité et une foi énormes. Entre autres, elle crée, dans une zone rurale, un centre de formation humaine et professionnelle au profit des paysannes de l’État de Morelos

En 1956, elle s'installe à Rome, où elle collabore avec saint Josémaria à la direction de l'Opus Dei. Deux années plus tard, pour des raisons de santé, elle rentre en Espagne et reprend l'enseignement et la recherche. Elle achève sa thèse de doctorat en chimie avec la plus haute qualification, et le prix Juan de la Cierva. Elle est l'une des pionnières du Centre d'études et de recherche en sciences domestiques (CEICID). Par la suite, elle reçoit la médaille du Comité international de la Rayonne et des Fibres Synthétiques pour ses travaux de recherche sur les fibres textiles.

À 58 ans, 20 jours après le départ au Ciel de Saint Josémaria , elle décède, à Pampelune, le 16 juillet 1975, en la fête de Notre Dame du Carmel, des suites d’une pathologie cardiaque et avec une renommée de sainteté.

2. Pourquoi l'Église a-t-elle décidé d'ouvrir son processus de canonisation ?

Parce que ceux qui l'ont connue en Espagne, au Mexique et en Italie sont convaincus de sa sainteté, c'est-à-dire de l'exemplarité de sa conduite chrétienne. Et parce que beaucoup d'autres qui, après sa mort, ont entendu parler de sa vie héroïque, se tournent vers son intercession devant Dieu pour lui demander des faveurs. Et que disent-ils de Guadalupe ? En voici quelques extraits :

  • « Nous l’avons toujours considérée comme quelqu’un d’extraordinaire, remarquable par ses vertus ». « Elle a laissé un souvenir de sainteté indélébile ».
  • « Elle laissait nettement percevoir qu’elle était une enfant de Dieu et qu'elle tenait à être fidèle à sa volonté ».
  • « Elle était amoureuse du Seigneur, pleine d'une joie profonde qu’elle vous communiquait rien qu’à la voir ». « Elle avait une joie débordante et habituelle ; en riant, elle vous offrait un bout du Ciel ».
  • « J'ai été impressionné par son recueillement, chaque jour à la messe et à la Communion, par son intense façon de prier qui nous encourageait à faire de même ».
  • « Son grand amour pour l'Église la poussait à prier quotidiennement pour le Saint-Père ».
  • Elle travaillait « unie au Seigneur, veillant à aimer et à aider tous ceux qui l'entouraient, avec une vibration apostolique que même la maladie n’arriva pas à atténuer ».

- « Je désire sa canonisation parce que je la considère comme une sainte et que je crois que sa vie est un exemple important pour le monde d'aujourd'hui ».

3. Vous avez étudié en profondeur la vie de la Guadalupe. Personnellement, qu'est-ce qui vous impressionne le plus chez elle ?

Ce qui m'a le plus frappé, c'est son oubli d’elle-même. Elle pensait constamment au Seigneur et aux autres. Voici, par exemple, ce qui se passa au Mexique en 1952. Au cours d’une retraite spirituelle pour étudiantes, dans une maison nouvellement construite et presque non meublée, elle fit la dernière causerie sur les vertus chrétiennes, dans le jardin, toutes assises sur l’herbe. Elle sentit qu’un insecte venait de la piquer, elle avait très mal. Elle ne sut que bien plus tard que ce fut une piqûre venimeuse. Cependant, elle n’interrompit pas sa causerie pour que personne ne s’en inquiète. Et en effet, personne n’en sut rien. Elle en est tombée malade, prise d’une très forte fièvre, elle dû garder le lit pendant presque deux semaines. Sans la moindre plainte, de son lit, elle exerça ses fonctions jusqu’à ce que quelqu’un d’autre la remplace. Toutes furent témoins non seulement de son courage pour ne pas se plaindre, ou pour ne pas en parler, mais de son intérêt pour celles qui venaient la voir auprès de qui elle faisait un profond travail apostolique.

L'oubli de soi et son intense vie spirituelle, en faisaient un volcan d'initiatives et d'activités au profit humain et spirituel des autres. Son courage et sa force d’âme sont tout aussi frappants. Cette force fut en partie humainement forgée, lors son séjour à Tétouan où son père officier était affecté et où elle fréquenta une école de garçons, où elle était la seule fille. Guadalupe déploya incroyablement cette force et cette foi quand, auprès de sa mère et de son frère, dans la nuit du 7 au 8 septembre 1936, au cœur de la guerre civile espagnole, elle entoura son père qui allait être exécuté au petit matin. Guadalupe, sans verser une larme, l’aida à prier et à se préparer à aller à la rencontre de Dieu.

4. Quels traits de caractère de Guadalupe vous plairait-il de souligner ?

Beaucoup de gens qui l'ont connue soulignent sa joie débordante, son sourire habituel. Accueillant joyeusement tout le monde, elle transmettait sa paix et sa confiance aussi bien aux paysannes qu’aux étudiantes, qu’aux grandes dames de la société. Sa joie n'était pas le fruit d’un effort humain, mais la conséquence de se savoir enfant de Dieu, de son intimité avec le Christ, c'est-à-dire d’un don de l'Esprit Saint. Aussi était-elle persévérante et sereine, et son apostolat, son service envers l'Église et la société n’en étaient que plus féconds.

Voici le témoignage d’une jeune étudiante, qui connut Guadalupe un an après son arrivée au Mexique : "J'avoue que j'étais curieuse de la rencontrer, parce que tout le monde me parlait de son rire, de sa joie permanente’’. Et son frère Eduardo, médecin, à son chevet au dernier instant : "C'était le grand "secret" de Guadalupe : Prendre toujours du bon côté, - tout était bon – tout ce qui lui arrivait. Autour d’elle, dans ces heures angoissantes de la mort, tous étaient émerveillés par son sourire inoubliable ».

5. Peut-on dire que Guadalupe incarne "l'esprit des Béatitudes" dont parle le Pape François dans Gaudete et Exsultate ?

Bien sûr, je le pense, parce que sa vie, toute normale et en même temps pleine de Dieu, est une splendide invitation à s'ouvrir aux autres. Son exemple nous encourage à quitter nos aises pour nous donner au service des autres. Sur le chemin des Béatitudes, Guadalupe nous aide à découvrir que c'est seulement avec le Christ que nous pouvons avoir une joie profonde et permanente, comme l'explique le Pape dans Gaudete et Exsultate.

6. Y a-t-il une dévotion populaire ? Qu'est-ce que les gens demandent à Guadalupe Ortiz de Landázuri ?

La dévotion privée à Guadalupe se répand de plus en plus. Beaucoup de gens écrivent à la postulation pour faire part des grâces que Dieu leur a accordées, après avoir invoqué Guadalupe. Au cours des 10 dernières années, nous avons reçu des récits de faveurs de l'Espagne, du Mexique, de la Belgique, de l'Italie, du Portugal, de la Lituanie, du Kenya, de l'Inde, du Venezuela, de l'Équateur, du Guatemala, de Porto Rico, des États-Unis et du Canada. Un autre signe clair de sa renommée de sainteté est qu'à Zamora - dans l'état de Michoacán, au Mexique – on a ouvert une école primaire sous le nom de "Colegio Guadalupe Ortiz de Landázuri". Cette initiative a été promue par des personnes qui, ayant lu sa biographie, ont été touchées par sa sainteté, son professionnalisme et son dévouement à l'enseignement et à la formation des jeunes.

Les personnes qui ont eu recours à l'intercession de Guadalupe ont reçu de nombreuses grâces : des guérisons, des faveurs liées à la grossesse et à l'accouchement, l’obtention d'un emploi, la conciliation du travail et de la famille, la résolution de problèmes économiques, la réconciliation familiale, le rapprochement de Dieu des amis et des collègues de travail, etc.

7. Le Pape François vient d'approuver un miracle attribué à l'intercession de Guadalupe Ortiz de Landázuri, en quoi consiste-t-il ?

Il s'agit de la guérison, en une nuit, d'un carcinome basocellulaire. Le 28 novembre 2002, la personne atteinte de ce cancer de la peau, situé près de son œil droit, invoque Guadalupe avec foi et intensité avant d'aller se coucher, et lorsqu'il se réveille le lendemain, le 29 novembre, il découvre qu'il est guéri : la lésion a complètement disparu et n’a laissé aucune trace. Les experts médicaux de la Congrégation ont jugé que ce fait n'a pas d'explication scientifique. Les consultants théologiens et, plus tard, les cardinaux et les évêques, ont considéré qu'elle était à attribuer à l'intercession devant Dieu de Guadalupe.


Biographie

  • Mercedes Eguíbar Galarza, Guadalupe Ortiz de Landázuri: trabajo, amistad y buen humor, Madrid, Ediciones Palabra, 2001, 294 pages.

Bulletins

  • Amparo Catret Mascarell y Mar Sánchez Marchori, Se llamaba Guadalupe. Una mujer dedicada al servicio de los demás, Madrid, Ediciones Palabra, 2002, 31 pages.
  • Mercedes Eguíbar Galarza, Guadalupe Ortiz de Landázuri, Palabra, Madrid, Ediciones Palabra, 2007, 77 pages.
  • “Guadalupe Ortiz de Landázuri”, Ecclesia, Vol. LXI, No. 3078, 2001, page 1838.
  • Lucina Moreno-Valle y Mónica Meza, “Montefalco, 1950: una iniciativa pionera para la promoción de la mujer en el ámbito rural mexicano”, en Studia et Documenta: Revista del Instituto Histórico San Josemaría Escrivá, Número 2, Rome, 2008, pages 205-229.
  • Guadalupe Ortiz de Landázuri, Vídeo, 2005, 36 min. Fundación Beta Films (http://www.betafilms.org).

Articles de dictionnaires

  • José Martín Brocos Fernández, “Ortiz de Landázuri y Fernández de Heredia, María Guadalupe”, en Diccionario biográfico español, Vol. XXXIX, Madrid, Real Academia de la Historia, 2012, pages 115-116.
  • Mercedes Eguíbar Galarza, “Ortiz de Landázuri, Guadalupe”, en José Luis Illanes Maestre [ed.], Diccionario de San Josemaría Escrivá de Balaguer, Burgos, Monte Carmelo - Instituto Histórico Josemaría Escrivá, 2013, pages 926-927.

Articles de presse

  • Mercedes Montero Díaz, “Los comienzos de la labor del Opus Dei con universitarias: la Residencia Zurbarán de Madrid (1947-1950)”, en Studia et Documenta: Revista del Instituto Histórico San Josemaría Escrivá,Número 4, Rome, 2010, pages 15-44.
  • José Carlos Martín de la Hoz, “Información sobre las causas de canonización de algunos fieles del Opus Dei”, en Studia et Documenta: Revista del Instituto Histórico San Josemaría Escrivá,Número 7, Rome, 2013, pages 433-449.

Documentaire en DVD

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Photographies

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