Méditation : 5ème dimanche de saint Joseph

Cinquième réflexion à méditer pendant les sept dimanches de Saint-Joseph. Les thèmes abordés sont : Joseph accueille les plans divins ; trouver Dieu dans la vie quotidienne ; la cohérence de Dieu

- Joseph accueille les plans divins

- Trouver Dieu dans la vie quotidienne

- La cohérence de Dieu

LA VIE ORDINAIRE fourmille d’occasions et de décisions marquant un cap bien précis et dont certaines se révèlent d’une importance transcendantale pour notre avenir. Si nous avons habituellement besoin de réfléchir en la présence de Dieu, à plus forte raison dans ces situations particulières. « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse » (Mt 1, 20), a dit l’ange au patriarche. Saint Matthieu nous dit que Joseph a réfléchi dans sa prière sur ce qui lui arrivait afin de savoir comment agir. C’est pourquoi il « se présente comme une figure d’homme respectueux, délicat qui, sans même avoir l’information complète, opte pour la renommée, la dignité et la vie de Marie. Et, dans son doute sur la meilleure façon de procéder, Dieu l’aide à choisir en éclairant son jugement » .

C’est par la foi que Sainte Marie a conçu le Christ, car elle a accueilli les plans du Seigneur et cru à l’accomplissement des paroles que l’ange lui avait dites. Le même raisonnement peut s’appliquer à saint Joseph, puisque lui aussi a accueilli ce qui lui a été dit de la part de Dieu. Le saint patriarche a eu confiance en ces paroles et il s’est personnellement impliqué dans ce qui lui avait été annoncé. Il a fait sien le plan de Dieu, sûr qu’il était bon, non seulement pour l’humanité en général mais aussi pour lui-même : il était heureux de s’insérer dans cette histoire qui était devenue pour lui son plan, celui-là même qu’il devait mettre à exécution. Dans le langage commun, nous disons que la reproduction d’une œuvre d’art est « fidèle » si elle reflète le projet originel de l’artiste. Or, c’est avec des créatures dotées d’une liberté authentique que Dieu se met en rapport ; c’est pourquoi l’art consiste pour nous à apprendre tout au long de notre vie à accueillir les plans de Dieu en y découvrant leur bonté pour nous et pour ceux qui nous entourent.

Saint Joseph évolue dans des situations tout à fait normales : le travail, la famille, la vie ordinaire… C’est là qu’il apprend à accueillir le don de Dieu et à le faire passer dans la vie. Cette attitude est nécessaire pour tous les chrétiens. Nous pouvons demander au saint patriarche de renouveler notre regard et notre cœur afin d’avoir assez de fraîcheur pour nous ouvrir aux dons et aux plans divins.


NOUS SOMMES TOUS appelés à former des foyers qui, à l’imitation de celui du Christ, tiennent leurs portes grandes ouvertes. Accueillir, c’est avoir le courage de recevoir les autres avec tendresse, de reconnaître ce qui est bon, de promouvoir, d’avoir de l’initiative, de ne pas se résigner à la commodité de ce qui est déjà connu ni céder à la passivité. Accueillir, c’est avoir une disposition permanente d’ouverture aux besoins des autres. Joseph « est fortement et courageusement engagé. L’accueil est un moyen par lequel le don de force qui nous vient du Saint Esprit se manifeste dans notre vie » . Le saint patriarche est un homme fidèle qui s’ouvre, en premier lieu, à la voix de Dieu. Mais qui accueille aussi le clair-obscur de l’histoire dans laquelle il se voit impliqué, relevant les défis que le monde et ceux qui l’entourent jettent sur sa mission. « Le réalisme chrétien, qui ne rejette rien de ce qui existe, revient encore une fois. La réalité, dans sa mystérieuse irréductibilité et complexité, est porteuse d’un sens de l’existence avec ses lumières et ses ombres. C’est ce qui fait dire à l’apôtre Paul : « Nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien » (Rm 8, 28). Et saint Augustin ajoute : « …même en ce qui est appelé mal ». Dans cette perspective globale, la foi donne un sens à tout évènement, heureux ou triste » .Saint Josémaria aimait remarquer que saint Joseph cherche sans cesse la meilleure manière d’accomplir les plans divins, devenus désormais les siens : « Quand il revint d’Égypte, apprenant qu’Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode son père, il craignit de s’y rendre. Il a appris à agir selon le plan divin et, pour confirmer que ce qu’il entrevoit est la volonté de Dieu, il reçoit l’indication de se retirer en Galilée » . Sur le chemin que nous devons parcourir pour accomplir la mission que Dieu nous a confiée nous aurons autant de pas en avant que de reculs. Or, dans ces moments aussi, qui pourraient nous sembler mauvais, nous pouvons découvrir la voix de Dieu qui nous console, nous instruit et nous éclaire. « Accueillir ainsi la vie nous introduit à un sens caché. La vie de chacun peut repartir miraculeusement si nous trouvons le courage de la vivre selon ce que nous indique l’Évangile. Et peu importe si tout semble déjà avoir pris un mauvais pli et si certaines choses sont désormais irréversibles. Dieu peut faire germer des fleurs dans les rochers » .


« REMARQUEZ L’AMBIANCE où le Christ naît. Là-bas, tout nous parle de ce don sans conditions : Joseph — toute une histoire de durs événements, combinés avec la joie d’être le gardien de Jésus — met en jeu sa réputation, la sereine continuité de son travail, la tranquillité de l’avenir ; toute son existence est une prompte disponibilité pour ce que Dieu lui demande. Marie se manifeste à nous comme la servante du Seigneur (Lc 1, 38) qui, par son fiat, transforme son existence entière en une soumission au dessein divin de salut […]. À Bethléem personne ne se réserve quoi que ce soit. Là-bas on n’entend pas parler de ma réputation, ni de mon temps, ni de mon travail, ni de mes idées, ni de mes goûts, ni de mon argent. Là-bas, tout est mis au service de ce jeu grandiose de Dieu avec l’humanité » . Pour accueillir la réalité et les autres comme le saint patriarche l’a fait, nous devons nous appuyer sur la force de Dieu plutôt que sur la nôtre ; ainsi, nous serons prêts à apprendre de tous et de tout, y compris de nos erreurs, puisque, derrière, nous découvrirons toujours le murmure divin. « La vie spirituelle que Joseph nous montre n’est pas un chemin qui explique, mais un chemin qui accueille. C’est seulement à partir de cet accueil, de cette réconciliation, qu’on peut aussi entrevoir une histoire plus grande, un sens plus profond » .

Saint Joseph n’a pas fait la sourde oreille à l’annonce de l’ange et s’est mis en route vers l’endroit qui lui semblait le meilleur pour Jésus ; il n’avait pas non plus discuté avec son épouse du fait de savoir comment elle aurait dû réagir en apprenant qu’elle allait enfanter un fils. En cherchant un abri pour l’Enfant qui allait naître, il ne s’est pas lamenté à chacun des endroits où il essuyait un refus. Au moment où la menace d’Hérode s’est manifestée, il ne s’est pas non plus obstiné à rester à Bethléem, aussi injuste que ce départ précipité pour l’Égypte pût lui sembler. Saint Josémaria remarque que, dans chacun de ces événements, le saint patriarche « apprit ainsi que les plans surnaturels ont une cohérence divine, parfois en contradiction avec les plans humains » . Voilà pourquoi nous avons besoin de demander la sagesse du père terrestre de Jésus pour comprendre la logique divine et accueillir ainsi, comme venant de Dieu, les événements et les gens qui nous entourent.


[1]. Pape François, Lettre apost. Patris corde, n° 4.

[2]. Ibid.

[3]. Ibid.

[4]. Saint Josémaria, Quand le Christ passe, n° 42.

[5]. Pape François, Lettre apost. Patris corde, n° 4.

[6]. Saint Josémaria, Lettre 14 février 1974, n° 2.

[7]. Pape François, Lettre apost. Patris corde, n° 4.