Le célibat sacerdotal

Lundi 8 mars, une journée de réflexion réunissait à Paris Mgr Yves Le Saux, Mgr Tony Anatrella et l'abbé Laurent Touze sur la question du célibat des prêtres.

Cette nouvelle journée de formation pour prêtres, organisée à l'initiative du forum sacerdotal Fonblin, avait pour objet une question brûlante d'actualité : le célibat des prêtres.

L'Église peut-elle ou doit-elle supprimer le célibat ? C'est la question à laquelle tâchait de répondre l'abbé Laurent Touze, professeur à l'Université pontificale de la Sainte-Croix, à Rome.

L'abbé Laurent Touze

Pour ce spécialiste de la question – il y a consacré un livre, « L'avenir du célibat sacerdotal » publié aux éditions « Parole et Silence / Lethielleux » – il n'y a pas de doute : célibat et sacerdoce sont liés. Le célibat, école de don de soi pour l’Église, permet au prêtre d’incarner dans sa vie les sacrements reçus et célébrés.

Comment expliquer alors l'existence de prêtres mariés dans certains rites catholiques ?

Le sacrement de l'Ordre se décline en trois degrés : évêque, prêtre et diacre. Cette tripartition suppose, comme l'a explicité le concile Vatican II, que la théologie du presbytérat (ce qu'est un prêtre) soit étudiée à la lumière de celle de l'épiscopat (ce qu'est un évêque). Or l'épiscopat, qui constitue la plénitude de l'ordre, est toujours réservé aux hommes célibataires.

L'existence de prêtres mariés dans certains rites orientaux serait alors une situation d'exception dans l'histoire de l'Église sur laquelle, peu à peu, l'on aurait tendance à revenir.

L'intervention de Mgr Anatrella, psychanalyste de formation, consistait en un examen critique des objections au célibat apostolique, et une interrogation sur le fait de savoir quelles sont les possibles interactions de cette façon de vivre avec la psychologie. Un exposé brillant qui démontrait comment l'immaturité psychologique, cause de bien des problèmes, se rencontre à tous les âges et dans tous les états de vie. Et combien le ministère est un espace d’épanouissement affectif et humain. 

L'après-midi donna la parole à Mgr Le Saux, évêque du Mans, qui examina les conditions pour vivre heureusement et au quotidien le célibat.

Reprenant à son compte les propos des intervenants du matin, cet ancien responsable des vocations de la communauté de l'Emmanuel a rappelé d'une part que ce n'est pas le séminariste qui construit sa vocation – c'est Dieu qui la donne – et d'autre part, que l'on ne peut choisir ce que l'on n'a pas compris.

Mgr Le Saux, évêque du Mans.

Pour aider les hommes appelés au sacerdoce à être épanouis dans leur vocation, il faut d'abord bien les former. Mais il est aussi (ou surtout) nécessaire de leur apprendre à aimer l'Église comme institution – et souffrir avec elle des faiblesses de ses membres – et à aimer leurs frères les hommes.

Une journée riche en enseignements et en débats autour de questions qui préoccupent au premier plan les prêtres mais aussi tous les catholiques.