Nos enfants et la liberté

Les parents sont les principaux éducateurs de leurs enfants, aussi bien humainement que surnaturellement parlant. Ils sont tenus d’assumer la responsabilité de cette mission qui leur demande la compréhension, la prudence, d’apprendre à apprendre, d’aimer envers et contre tout et d’être attachés à leur donner le bon exemple.

Pour parler avec Dieu

Amis de nos enfants

Les parents sont les principaux éducateurs de leurs enfants, aussi bien humainement que surnaturellement parlant. Ils sont tenus d’assumer la responsabilité de cette mission qui leur demande la compréhension, la prudence, d’apprendre à apprendre, d’aimer envers et contre tout et d’être attachés à leur donner le bon exemple. .

L’imposition autoritaire et violente n’est pas une méthode adroite. L’idéal des parents est plutôt d’arriver à être des amis de leurs enfants; des amis auxquels on confie les soucis, on parle des ses problèmes, dont on attend un secours efficace et aimable.

Les parents sauront trouver du temps pour être avec leurs enfants et parler avec eux. Les enfants sont ce qu’il y a de plus important : plus importants que les affaires, que le travail, que le repos. Dans ces conversations, il faut les écouter attentivement, s’efforcer de les comprendre, savoir reconnaître la part de vérité — ou l’entière vérité — qu’il peut y avoir dans certaines de leurs révoltes. Et, en même temps, les aider à canaliser droitement leurs soucis et leurs rêves, leur apprendre à bien considérer les choses et à raisonner; ne pas leur imposer une conduite mais leur montrer les motifs, surnaturels et humains, qui conseillent de l’adopter. En un mot, respecter leur liberté, car il n’est pas de véritable éducation sans responsabilité personnelle, ni de responsabilité sans liberté.

Quand le Christ passe, n. 27

La liberté, ce grand bien

Mais le conseil n’enlève rien à leur liberté, car en leur donnant des éléments pour juger, on offre un large éventail de possibilités de choix et on fait que ce choix ne soit pas déterminé par des facteurs irrationnels. Après avoir écouté le point de vue des autres et tout bien pesé, le moment vient où il faut choisir ; et alors personne n'a le droit de faire violence à la liberté. Les parents doivent résister à la tentation de se réaliser indûment eux-mêmes chez leurs enfants — de les façonner à leur goût—, ils ont à respecter les penchants et les aptitudes que Dieu donne à chacun. C’est normalement facile si l’amour qu’on leur porte est vrai. Et, y compris dans le cas limite où l'enfant fait un choix que les parents ont de bonnes raisons d’estimer erroné, voire une source de malheur. La solution n'est pas dans la violence mais dans la compréhension et — plus d'une fois — il faut demeurer près de lui, l'aider à surmonter les difficultés et, s'il est nécessaire, à tirer tout le bien possible de ce mal.

Les parents qui aiment vraiment, qui cherchent sincèrement le bien de leurs enfants, après avoir donné les conseils et les indications opportunes, doivent se retirer délicatement pour que rien ne nuise au grand bien qu'est la liberté, qui met l'homme en mesure d'aimer et de servir Dieu. Ils doivent se souvenir que Dieu Lui-même a voulu qu'on L'aime et qu'on Le serve en toute liberté, qu'Il respecte toujours nos décisions personnelles. Dieu laissa l'homme — nous dit l'Écriture — aux mains de son libre arbitre (Eccli 15, 14).

Entretiens, 104

Les parents peuvent et doivent prêter à leur enfants leur précieux secours : leur découvrir de nouveaux horizons, leur communiquer leur expérience, les faire réfléchir afin qu'ils ne se laissent pas entraîner par des états d’âme passagers, leur présenter un tableau réaliste des choses. Ils le feront souvent sous la forme d’un conseil personnel ; ou bien, en les encourageant à consulter d'autres personnes compétentes : un ami sincère et loyal, un prêtre sage et pieux, un expert en orientation professionnelle.

Dans sa justice et sa miséricorde, infinies et parfaites, Dieu a le même amour pour tous et traite de façon sans égale, ses enfants sans pareils. En effet, l’égalité ne tient pas à loger tout le monde à la même enseigne.

Sillon, 601

Dans un climat de paix

La paix conjugale doit créer l’ambiance familiale car elle est la condition nécessaire pour une éducation profonde et efficace. Que les enfants trouvent chez leurs parents un exemple de don de soi, d’amour sincère, d’entraide mutuelle, de compréhension et que les bisbilles du quotidien ne leur cachent pas la réalité d’un amour capable de tout surmonter.

Entretiens 108

Vous êtes en droit de me demander : mais alors, avons-nous le droit de nous disputer de temps en temps ? Et je vous répondrai : en effet, de temps en temps, c’est même nécessaire. C’est une manifestation d’amour. Mais peu souvent, en tête à tête. Vous n’allez pas vous disputer devant les enfants, les amis, les voisins, vos proches, comme sur une place publique, n’est-ce pas ? Se taper dessus ? Non ! Soufflez-vous un mot à l’oreille et attendez le soir. Calmement. Et le soir venu, qui de vous d’eux va avoir le toupet de dire à l’autre que c’est lui qui a raison quand même?

Demandez-vous pardon, embrassez-vous tendrement, en pensant à la première fois où vous le fîtes, et aimez-vous car le Seigneur aime votre tendresse.

Demandez-vous pardon, embrassez-vous tendrement, en pensant à la première fois où vous le fîtes, et aimez-vous car le Seigneur aime votre tendresse.

Vous constaterez que tout va bien.

Rencontres avec Josémaria Escriva, Sao Paulo, 1-6-1974

Il vaut mieux se laisser leurrer de temps en temps car la confiance faite aux enfants fait qu’ils aient honte d’en avoir abusé et qu’ils rectifient. Autrement, sans liberté, sans confiance en eux, ils vont être encouragés à toujours vous tromper.

Entretiens, 100

Amis de Dieu

Enseigner — par l'exemple d'abord et la parole ensuite — en quoi consiste la véritable piété. La bigoterie, triste caricature pseudo-spirituelle, n’est normalement que le fruit d'un manque de doctrine ainsi que d'une certaine déformation humaine; il est donc logique qu'elle répugne à ceux qui aiment la sincérité et l'authenticité.

J'ai vu avec joie la façon dont la piété chrétienne s’enracine chez les jeunes, ceux d'aujourd'hui comme ceux d'il y a quarante ans quand ils voient qu’elle découle d’une vie sincère ; qu’ils réalisent que prier c’est c'est parler avec Dieu, comme l'on parle avec un père, avec un ami : sans anonymat, dans une rencontre personnelle, dans un entretien en tête à tête. Et que l’on fait en sorte que leur âme comprenne que les paroles de Jésus-Christ sont une invitation à la rencontre confiante : vos autem dixi amicos (Jn 15, 15), je vous ai appelés amis ; que l’on fait vigoureusement appel à leur foi de sorte qu'ils voient que le Seigneur est le même hier et aujourd'hui et toujours (He 13, 8).

Par ailleurs, il est très important de leur faire voir que cette piété naïve et cordiale exige l’exercice des vertus humaines et que l’on ne saurait la réduire à quelques actes de dévotion hebdomadaires ou quotidiens. Elle doit en effet pénétrer la vie entière, donner un sens au travail, au repos, à l’amitié, aux loisirs, à tout. Nous ne saurions être des fils de Dieu que par à coups. Or pour nous pénétrer de ce sens de la filiation divine, noyau de notre piété, il faut consacrer des instants précis à le considérer profondément.

Entretiens, 102

L’enfant apprend à placer le Seigneur au cœur de ses affections premières, les plus essentielles. Il apprend à traiter Dieu comme un Père et la Sainte Vierge comme une Mère. Il apprend à prier selon l’exemple des parents. Si l’on comprend tout cela, on devine le grand travail apostolique des parents, tenus d’être sincèrement pieux afin de pouvoir transmettre, plutôt qu’enseigner, cette piété à leurs enfants.

Et les moyens ? Il y a des actes de piété, peu nombreuses, courtes et habituelles, que les familles chrétiennes ont de tout temps pratiquées. Je les trouve merveilleuses : bénir les repas, dire le chapelet tous ensemble, même si en ce moment il y en a qui s’en prennent à cette dévotion mariale si solide ; les prières du matin et du soir.

Des coutumes diverses et variées selon les lieux. Je pense que l’on doit toujours cultiver l’une de ces dévotions pour que tous les membres de la famille s’y mettent tout simplement, sans bigoterie.

On arrivera bien de la sorte à faire que Dieu ne soit pas considéré comme un étranger, quelqu’un que l’on ne va visiter qu’une fois par semaine, le dimanche, à l’église ; qu’il soit considéré et traité comme ce qu’il est réellement : au cœur du foyer aussi, car, comme le Seigneur l’a bien dit : là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux (Mat 18, 20).

Entretiens 103