Mgr Oscar Romero s’est senti renforcé dans sa foi par saint Josémaria

Mgr Oscar Romero, l’évêque martyr de San Salvador, sera béatifié le 23 mai prochain, a annoncé le postulateur de la cause Mgr Vincenzo Paglia.

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Mgr Joaquín Alonso

Mgr Oscar Romero, l’évêque martyr de San Salvador, sera béatifié le 23 mai prochain, a annoncé le postulateur de la cause Mgr Vincenzo Paglia.

Mgr Joaquin Alonso, prêtre de l'Opus Dei, se souvient de la rencontre entre Mgr Romero et saint Josémaria, à Rome, en 1974.

Depuis 1953 Mgr Joaquín Alonso, né à Séville en 1929, docteur en Droit canonique, vit à Rome où il a travaillé aux cotés de saint Josémaria et du bienheureux Alvaro et ensuite auprès prélat de l'Opus Dei. Il est en outre Théologien Consulteur de la Congrégation pour la cause des Saints.

Mgr Alonso, comment avez-vous fait la connaissance d'Oscar Romero ?

Cela a eu lieu à Rome en 1974. Il y était arrivé le 30 octobre – ce n'était pas la première fois qu'il se rendait dans la capitale italienne – et saint Josémaria qui devait le recevoir quelques jours plus tard, le 8 novembre, me demanda de le rencontrer. Mgr Romero avait été nommé évêque de Santiago de Maria, au Salvador, peu de jours avant de commencer ce voyage.

Il me dit que ce voyage à la Ville Éternelle était providentiel, car il lui donnait la possibilité de s'éloigner de son cadre habituel, de prendre un peu de distance et de la hauteur pour considérer son petit monde quotidien qui, disait-il, lui pesait. Il ressentait le poids de la charge et de la responsabilité du nouveau siège épiscopal et éprouvait le besoin de se sentir écouté et encouragé.

Quels souvenirs avez-vous gardé de ces moments ?

Pour moi, cette visite a été l'occasion de parler longtemps et assez à fond avec Mgr Romero. Ce furent des conversations fraternelles et très sacerdotales. Entre autres, il me dit que, depuis le début des années soixante, il avait choisi comme directeur spirituel un prêtre de l'Opus Dei, Juan Aznar, décédé en mars 2004.

Plus tard j'ai eu connaissance de certains détails relatifs à ses rapports avec l'abbé Aznar. Par exemple, en 1970 il lui avait confié dans une lettre : « Personne ne comprend mieux mon âme que vous » et en 1973, en lui adressant ses vœux pour Noël, il écrivait : « Je n'oublie aucun de vos sages conseils ». Le bienheureux Oscar Romero était un prêtre reconnaissant, et j'ai été ému en apprenant qu'il était mort précisément pendant qu'il célébrait l'Eucharistie, action de grâce par excellence.

Comment s'est déroulée la rencontre entre Mgr Romero et saint Josémaria ?

Saint Josémaria l'a reçu le 8 novembre. L'entretien dura environ une heure et, à la fin, Mgr Romero me confia que cette rencontre l'avait profondément marqué. Il m'a dit qu'il s'était senti renforcé dans sa foi par saint Josémaria et que le fondateur de l'Opus Dei, en l'accueillant avec une accolade, lui avait donné la certitude d'être aimé et entouré. Mgr Romero a désigné saint Josémaria comme « un homme de Dieu » et a profité de cette rencontre pour l'inviter à visiter l'Amérique Centrale, ce qu'il put faire en 1975.

Le père Romero a pu, lors de ce voyage, saluer le bienheureux Paul VI et a eu la joie d'entendre de sa part des paroles d'encouragement. Ensuite il m'a dit que ce voyage lui rappelait ses premières années de sacerdoce et qu'il le considérait comme un cadeau de Dieu.

Cette relation s'est-elle poursuivie par la suite ?

Je me souviens que le 26 juin 1978 – troisième anniversaire du départ au ciel de saint Josémaria – il est venu célébrer la Messe dans la crypte de Sainte Marie de la Paix, où reposaient alors les restes du fondateur. Mgr Vives et moi étions ses assistants. Il a prononcé une brève homélie, pleine d'affection et de reconnaissance envers saint Josémaria, affirmant que dès le premier moment où ils ont fait connaissance, il s'est senti considéré comme un frère. Il a consigné ces paroles dans une lettre.

Cela s'est produit, comme je l'ai dit, en 1978, une année après que Mgr Romero a été nommé archevêque de San Salvador. A cette époque c'était un autre prêtre de l'Opus Dei qui le suivait sur le plan spirituel, ce qu'il a publiquement évoqué.

Qu'avez-vous pensé à la nouvelle de sa mort ?

J'ai été fortement ému par cette tragique nouvelle et, en même temps, j'ai ressenti le désir de l'accompagner dans ma prière et de recourir à son intercession pour l'Église en Amérique Latine. J'ai également remercié le Seigneur de m'avoir donné cette chance de connaître personnellement cet homme de Dieu.