Fioretti mars 2018

Quelques mots du Pape François extraits de sa prédication de la Semaine Sainte : "Jésus s’appelle Jésus, il ne s’appelle pas Ponce Pilate. Jésus ne sait pas se laver les mains: il ne sait que prendre des risques ! »

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti mars 2018

Jésus s’appelle Jésus, il ne s’appelle pas Ponce Pilate

Le 29 mars 2018, à la maison d’arrêt de Regina Coeli, à Rome :

« Le service : vraiment il y a des gens qui ne facilitent pas cette attitude, des gens orgueilleux, des gens odieux, des gens qui nous souhaitent peut-être du mal; mais nous sommes appelés à les servir davantage.

Et il y a aussi des gens qui souffrent, qui sont écartés par la société, au moins pour un moment, et Jésus va là pour leur dire: “Tu es important pour moi”. Jésus vient nous servir, et le signe que Jésus nous sert ici aujourd’hui, à la prison de Regina Coeli, c’est qu’il a voulu choisir douze d’entre vous, comme les douze apôtres, pour le lavement des pieds. Jésus prend des risques pour chacun de nous. Sachez ceci: Jésus s’appelle Jésus, il ne s’appelle pas Ponce Pilate. Jésus ne sait pas se laver les mains: il ne sait que prendre des risques ! »

Attention à la “culture de l’adjectif” !

Homélie de la messe chrismale, le 29 mars 2018 :

« La proximité est la clé de l’évangélisateur car elle est une attitude-clé dans l’Évangile (le Seigneur l’utilise pour décrire le Royaume). Nous considérons pour acquis le fait que la proximité est la clé de la miséricorde, parce que la miséricorde, comme une “bonne Samaritaine”, ne serait pas ce qu’elle est si l’on ne s’efforçait pas toujours de réduire les distances. Mais je crois que nous avons besoin de mieux percevoir le fait que la proximité est aussi la clé de la vérité. Peut-on supprimer les distances dans la vérité ? Oui, on le peut. La vérité n’est pas seulement en effet la définition qui permet de nommer les situations et les choses en les tenant à distance avec des concepts et des raisonnements logiques. Elle n’est pas seulement cela. La vérité est aussi fidélité (emeth), celle qui te permet de désigner les personnes par leur nom propre, comme le Seigneur les nomme, avant de les classifier ou de définir “ leur situation”. Et là, il y a cette habitude – mauvaise, non ? – de la “culture de l’adjectif” : celui-là est comme ci, celui-ci est comme ça … Non, il est enfant de Dieu. Ensuite, il aura des vertus et des défauts, mais la vérité fidèle de la personne et non pas l’adjectif devenu substance. »

Quand nous nous approchons du sacrement de la pénitence, ne pensons pas que nous allons chez le teinturier

À Sainte-Marthe, le 22 mars 2018 :

« Comme pour Abraham, notre joie consiste à exulter dans l’espérance, car si chacun de nous sait qu’il n’est pas fidèle, Dieu l’est. Pensons à ce qu’a vécu le bon larron. Ce Dieu fidèle ne peut se renier, il ne peut nous renier son amour, il ne peut renier son peuple, il ne peut renier parce qu’il nous aime. Voilà la fidélité de Dieu ? Par pitié ! Quand nous nous recourons au sacrement de la Pénitence, ne pensons pas que nous allons chez le teinturier pour qu'il nous enlève les taches. Non. Nous y allons pour recevoir l’embrassade d’amour de ce Dieu fidèle, qui ne cesse de nous attendre. Toujours ! »

Les commérages sont un terrorisme

À des jeunes dans une réunion pré-synodale à Rome, le 19 mars 2018 :

« Le commérage, pour moi, est une des choses les plus graves des communautés chrétiennes. Mais savez-vous que les commérages sont un terrorisme ? Oui, parce qu’un bavard fait comme un terroriste : il s’approche, il parle de quelqu’un, lance la bombe du commérage, détruit et s’en va. »

Ne soyons pas des chrétiens rassasiés par l’apéritif

À Sainte Marthe, le 12 mars 2018 :
« Le Seigneur suscite notre désir d’avoir la joie d’être avec lui. Quand le Seigneur passe par notre vie et opère un miracle chez chacun d’entre nous, chacun sait ce qu’il fait dans notre vie. Mais ça ne se termine pas là. Il y a aussi une invitation à aller de l’avant, à continuer de cheminer, à ‘chercher le visage de Dieu”, à continuer à cheminer […] Que pensera Jésus de tant de chrétiens qui en restent à la première grâce reçue, et se comportent comme s’ils étaient au restaurant, tellement rassasiés par l’apéritif qu’ils rentrent chez eux en ignorant que le meilleur reste à venir. Il y a beaucoup de chrétiens trop tranquilles, qui ne se mettent pas en chemin. Enterrés dans les affaires de chaque jour. Bons, très bons, mais qui ne grandissent pas, qui restent petits. Des chrétiens en stationnement. Des chrétiens enfermés dans une cage, et qui ne savent pas voler, sur ce si beau rêve auquel le Seigneur nous appelle […] Quelle est la mesure de mon désir ? […] Demandons au Seigneur la grâce de la magnanimité, la grâce du risque. »

La foi n’est pas un spectacle

À Sainte-Marthe, le 5 mars 2018 :

« Quand Jésus se rend à la synagogue de Nazareth (Lc 4, 24-30), les gens sont d’abord étonnés et contents, Mais un de ces amateurs de ragots s’est exclamé: “Mais c’est le fils du charpentier. Que va-t-il nous apprendre ? Dans quelle université a-t-il étudié ça ?”. Oui ! “c’est le fils de Joseph”. Ils ont commencé à échanger leurs opinions ; et leur attitude change ; ils veulent le tuer. Ils passent de l’admiration, de l’émerveillement à la volonté de le tuer. Eux voulaient le spectacle : “Mais qu’il fasse des miracles, comme ceux qu’il a faits en Galilée, et nous croirons”. Et Jésus explique : “Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays”. Car nous résistons au fait que l’un de nous puisse nous corriger. Il faut que ce soit quelqu’un qui arrive avec un spectacle, pour nous corriger. Et la religion n’est pas un spectacle. La foi n’est pas un spectacle : c’est la Parole de Dieu et l’Esprit-Saint qui agit dans les cœurs ».