Voyage du pape François au Chili et au Pérou

Pour son 22e voyage apostolique, le Pape François se rend du 15 au 21 janvier au Chili et au Pérou. Retrouvez ici ses homélies et discours. Cet article sera mis à jour tout au long du voyage du Saint Père

Du Pape
Opus Dei - Voyage du pape François au Chili et au Pérou

21 janvier :

SAINTE MESSE Base aérienne Las Palmas, Lima

texte intégral


extraits :

- « la mesure de l’humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre […] Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n’est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine » (Benoît XVI, Lett. enc. Spe salvi, n. 38.)

- A la différence de Jonas, Jésus, face à un événement douloureux et injuste comme le fut l’arrestation de Jean, entre dans la ville, il entre en Galilée et commence, à partir de ce petit village à semer ce qui sera le début de la plus grande espérance : le Royaume de Dieu est proche, Dieu est au milieu de nous.

- Jésus continue à marcher et il réveille l’espérance qui nous libère des connexions vides et des analyses impersonnelles et il nous invite à nous impliquer comme un ferment là où nous sommes, là où il nous revient de vivre, dans ce petit coin de chaque jour.

- Aujourd’hui le Seigneur t’invite à parcourir la ville avec lui, il t’invite à parcourir ta ville avec lui. Il t’invite à être un disciple missionnaire, et à faire ainsi partie de ce grand chuchotement qui veut continuer à résonner dans les divers recoins de notre vie : Réjouis-toi, le Seigneur est avec toi !

20 janvier :

MESSE

HOMÉLIE DU SAINT-PÈRE

Esplanade côtière de Huanchaco (Trujillo)

texte intégral

extraits :

- Jésus sur la croix veut être proche de chaque situation douloureuse pour nous donner la main et nous aider à nous relever. Car il est entré dans notre histoire, il a voulu partager notre chemin et toucher nos plaies. Nous n’avons pas un Dieu insensible à ce que nous éprouvons et à ce que nous souffrons, au contraire, au cœur de la souffrance il nous donne la main.

- Parce que la foi nous ouvre à un amour concret, non d’idées, concret, fait d’œuvres, de mains tendues, de compassion ; un amour qui sache construire et reconstruire l’espérance quand tout semble perdu. Ainsi, nous devenons participants de l’action divine, telle que nous la présente l’apôtre Jean quand il nous montre que Dieu essuie les larmes de ses enfants. Et cette mission divine, Dieu l’accomplit avec la même tendresse que celle d’une mère qui cherche à faire sécher les larmes de ses enfants.

- Remplissez toujours vos vies de l’Évangile. Je voudrais vous encourager à être une communauté qui se laisse oindre par son Seigneur avec l’huile de l’Esprit. Il transforme tout, renouvelle tout, consolide tout. En Jésus, nous avons la force de l’Esprit pour ne pas rendre naturel ce qui nous fait du mal, - ne pas en faire quelque chose de naturel - pour ne pas rendre naturel ce qui assèche notre cœur, et pire, ce qui nous vole l’espérance.


19 janvier :

RENCONTRE AVEC LES POPULATIONS DE L'AMAZONIE

DISCOURS DU SAINT-PÈRE

texte intégral

extraits :

- j’ai voulu venir vous rendre visite et vous écouter, afin que nous soyons unis dans le cœur de l’Église, afin de partager vos défis et de réaffirmer avec vous une option sincère pour la défense de la vie, pour la défense de la terre et pour la défense des cultures.

- La défense de la terre n’a d’autre finalité que la défense de la vie.

- Continuez à défendre ces frères les plus vulnérables. Leur présence nous rappelle que nous ne pouvons pas disposer des biens communs au rythme de l’avidité et de la consommation. Il faut des limites qui nous aident à nous prémunir contre toute volonté de destruction massive de l’habitat qui nous conditionne.

- La culture de nos peuples est signe de vie. L’Amazonie, outre qu’elle constitue une réserve de biodiversité, est également une réserve culturelle que nous devons sauvegarder face aux nouveaux colonialismes. La famille est – comme l’a dit l’un d’entre vous – et a toujours été l’institution sociale qui a contribué le plus à maintenir vivantes nos cultures. Aux moments de crise par le passé, face aux différents impérialismes, la famille des peuples autochtones a été le meilleur rempart de la vie. Un effort spécial nous est demandé pour ne pas nous laisser attraper par les colonialismes idéologiques sous le couvert de progrès qui imprègnent peu à peu en dissipant les identités culturelles et en établissant une pensée uniforme, unique… et fragile.

- Le Christ s’est incarné aussi dans une culture, la culture juive, et à partir d’elle, il s’est offert à nous comme nouveauté pour tous les peuples, de façon que chacun, à partir de son identité, se retrouve personnellement en lui. Ne succombez pas aux essais, perceptibles, visant à déraciner la foi catholique de vos peuples

RENCONTRE AVEC LA POPULATION

SALUT DU SAINT-PÈRE

Institut Jorge Basadre (Puerto Maldonado)

texte intégral

extraits :

- Cette région est désignée par ce très beau nom : Mère de Dieu. Je ne peux m’empêcher de me référer à Marie, jeune fille qui vivait dans un village éloigné, perdu, considéré également par beaucoup comme une ‘‘terre qui n’appartenait à personne’’. C’est là qu’elle a reçu la salutation la plus grande dont une personne puisse faire l’expérience : être Mère de Dieu ; il y a des joies que seuls les tout-petits peuvent sentir. (...) Et là où il y a une mère, une famille et une communauté, les problèmes peuvent ne pas disparaître, mais il est certain qu’on trouve la force de les affronter d’une manière différente.

- Il semblerait que le consumérisme asservissant de certains ne parvient pas à percevoir l’ampleur de la souffrance qui asphyxie d’autres. C’est une culture anonyme, sans liens et sans visages, la culture de marginalisation. C’est une culture sans mère qui ne veut que consommer.


18 janvier :

SAINTE MESSE DE LA VIERGE DU CARMEL
ET PRIÈRE POUR LE CHILI

texte intégral de l'homélie


extraits : en parlant de l'Evangile des Noces de Cana :

- l’Évangile est une constante invitation à la joie. Dès le début, l’Ange dit à Marie : « Réjouis-toi » (Lc 1, 28). Réjouissez-vous, dit-il aux pasteurs ; réjouis-toi, dit-il à Élisabeth, femme âgée et stérile… ; réjouis-toi, fit entendre Jésus au bon larron, car aujourd’hui tu seras avec moi au paradis (cf. Lc 23, 43).

- Dans ce climat de fête, l’Évangile nous présente l’intervention de Marie pour que la joie prévale. Elle fait attention à tout ce qui se passe autour d’elle et, en tant que bonne mère, elle ne reste pas tranquille et ainsi elle arrive à se rendre compte que pendant la fête, dans la joie partagée, quelque chose était en train de se passer (...)Et c’est ainsi que Marie marche dans nos villages, dans nos rues, sur nos places, dans nos maisons, dans nos hôpitaux. Marie est la Vierge de Tirana ; la Vierge Ayquina (...) qui [nous] accompagne dans nos ennuis de famille inextricables, ceux-là mêmes qui semblent nous étouffer le cœur, afin de s’approcher des oreilles de Jésus et de lui dire : regarde, « ils n’ont pas de vin ».

- Marie, femme de peu de mots, mais bien concrets, s’approche également de chacun de nous rien que pour nous dire : « Ce qu’il vous dira, faites-le ».

- Comme les servants de la fête, apportons ce que nous avons, aussi insignifiant semble-t-il. Comme eux, n’ayons pas peur de ‘‘donner un coup de main’’, et que notre solidarité ainsi que notre engagement pour la justice fassent partie de la danse ou du chant que nous pouvons entonner pour notre Seigneur.

16 janvier :

texte intégral : Messe pour la Paix et la justice – Homélie du Saint Père – Santiago du Chili

extraits :

- les béatitudes naissent du cœur compatissant de Jésus qui rencontre le cœur compatissant et qui a besoin de compassion d’hommes et de femmes qui veulent et désirent une vie bénie ; d’hommes et de femmes qui savent ce qu’est la souffrance ; qui connaissent le désarroi et la douleur qu’on éprouve quand ‘‘tout s’affaisse sous vos pieds’’ ou que ‘‘les rêves sont noyés’’ et que le travail de toute une vie s’écroule ; mais qui sont davantage tenaces et davantage combatifs pour aller de l’avant ; qui sont davantage capables de reconstruire et de recommencer.

- Les béatitudes naissent du cœur miséricordieux qui ne se lasse pas d’espérer. Et il fait l’expérience que l’espérance « est le jour nouveau, l’extirpation d’une immobilité, la remise en cause d’une prostration négative » (Pablo Neruda, El habitante y su esperanza, p. 5).

- Et face à la résignation qui, comme une méchante rumeur, compromet les relations vitales et nous divise, Jésus nous dit : heureux ceux qui œuvrent pour la réconciliation. Heureux ceux qui sont capables de se salir les mains et de travailler pour que d’autres vivent en paix. Heureux ceux qui s’efforcent pour ne pas semer de la division. Ainsi, la béatitude fait de nous des artisans de paix ; elle nous invite à nous engager pour que l’esprit de réconciliation gagne de l’espace parmi nous.

- Construire la paix est un processus qui nous place en face d’un défi et stimule notre créativité à créer des relations permettant de voir dans mon voisin non pas un étranger, un inconnu, mais un enfant de ce pays.


texte intégral : Visite au centre pénitencier féminin – Salutation du Saint Père – Santiago du Chili – 16 janvier 2018

extraits :

- Je voudrais en ce jour faire appel à cette capacité de faire naître l’avenir, capacité de faire naître l’avenir qui vit en chacune d’entre vous.

- Être privé de la liberté, ce n’est pas la même chose que d’être privé de la dignité,(...) Chaque effort qui se fait pour lutter en vue d’un lendemain meilleur – même si bien des fois il semble tomber dans un sac troué – portera toujours des fruits et sera récompensé.(...) la dignité génère la dignité.

- En entrant là où la fille était, Jésus la prit par la main et lui dit : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi » (Mc 5, 21). Pour tous, elle était morte ; pour Jésus, non.

Ce genre d’initiatives constitue un signe vivant de ce Jésus qui entre dans la vie de chacun d’entre nous, qui va au-delà de toute moquerie, qui ne considère aucune bataille comme perdue, au point de nous prendre par la main et de nous inviter à nous lever.